L'INITIATION CHRETIENNE : UNE NOTION BOULEVERSANTE
P.De Clerck
Nous pensons comme nous
agissons. Nous réfléchissons à partir de ce que nous sommes accoutumés de
faire. Nous sommes habitués à voir que de petits enfants sont baptisés, que
vers 6-7 ans ils reçoivent pour la première fois la communion, que certains
d'entre eux, plus tard, participent à la catéchèse, et que quelques uns sont
ultérieurement confirmés, le plus souvent à l'âge de l'adolescence. Cette
description des faits, stupéfiante de banalité, parvient cependant à causer
l'insatisfaction des théologiens, de certains d'entre eux du moins.
Pourquoi donc? N'est-ce pas
la pratique séculaire de l'Eglise? Non. En fait on se trouve en présence d'une
pratique éclatée, qui sépare dans les faits mais plus encore dans les esprits
des réalités qui par nature devraient tenir ensemble.
Signification de l'expression
« initiation chrétienne »
C'est toute la force
subversive de la notion d'initiation chrétienne. L'expression fut utilisée par
les Pères de l'Eglise, principalement aux 4e et 5e siècles, pour désigner les
trois sacrements que nous appelons aujourd'hui baptême, confirmation et
eucharistie[1].
Au cours du moyen âge, quand tous les adultes d'Occident ou presque étaient
baptisés, la notion tomba en désuétude. Il est cependant piquant de constater
que son vocabulaire et ses rites furent repris dans le contexte du noviciat de
la vie religieuse (les voeux, analogues aux promesses de baptême; le changement
de nom...).
C'est Mgr L.Duchesne qui la
remit en honneur, dans son grand livre Origines du culte chrétien
(Paris, 1889). Depuis lors, elle a fait son chemin dans le Mouvement
liturgique; elle a acquis droit de cité après la seconde guerre mondiale et a
reçu sa consécration en étant adoptée par Vatican II. Les décrets Ad gentes
(n° 14) et Presbyterorum ordinis (n° 2) citent « les sacrements de
l'initiation chrétienne » ; la constitution sur la liturgie demande que « le
lien intime de ce sacrement [la confirmation] avec toute l'initiation
chrétienne soit plus clairement manifesté » (n° 71); et surtout, la
Constitution apostolique ouvrant le Rituel de la confirmation souhaite que
grâce à lui « l'unité de l'initiation chrétienne apparaisse en pleine lumière
». Dès lors, les Rituels issus de Vatican II pour le baptême et la confirmation
portent le titre général L'initiation chrétienne.
Quel est donc le sens de
l'expression? Elle n'est pas à entendre d'abord au sens banal de formation progressive,
de cheminement catéchuménal, même si dans l'usage actuel elle englobe le
catéchuménat, ce qui n'était pas vrai chez les Pères. Elle est prise davantage
au sens où l'utilisent les ethnologues quand ils décrivent les rites
d'initiation des civilisations traditionnelles, rites par lesquels passent les
jeunes pour devenir adultes et appartenir véritablement à la société. En
théologie sacramentaire, l'initiation chrétienne désigne les sacrements de
baptême, confirmation et eucharistie par lesquels on est fait chrétien; comme
le disent les Praenotanda du Rituel de l'initiation chrétienne des
adultes, « l'initiation des chrétiens n'est rien d'autre que la première
participation sacramentelle à la mort et à la résurrection du Christ » (n° 8).
Deux précisions. La notion ne
veut donc pas souligner que l'on aurait besoin de temps pour être initié aux
sacrements; elle n'est pas synonyme de parcours catéchuménal. Elle attire
d'abord l'attention sur l'unité des trois sacrements qui font les chrétiens; on
devient membre du corps du Christ par l'initiation chrétienne. En outre il ne convient pas d'accentuer les
relents ésotériques que la notion pourrait évoquer dans l'esprit de certains;
un homme comme saint Ambroise invitait tout simplement à « croire et à être initié
à Dieu »[2].
La notion d'initiation
chrétienne véhicule donc deux affirmations centrales, qui interrogent toutes
deux notre pastorale et notre manière spontanée d'envisager le baptême, la
confirmation et la première communion. Elle met l'accent sur l'unité de ces
trois sacrements, alors que dans nos esprits ils sont devenus largement
autonomes. Elle attire ensuite l'attention sur la manière dont on devient
chrétien: par initiative divine plus que par volonté personnelle.
1. L'unité des trois
sacrements de l'initiation
Il faut bien reconnaître que
notre pastorale sépare aujourd'hui ce qui était autrefois unifié. Nos
mentalités sont marquées par l'autonomisation croissante qu'ont connue ces
trois sacrements au long de l'histoire occidentale. En effet, la situation
normale, durant l'Antiquité, était la célébration unifiée de l'initiation
chrétienne (de ce qu'on appelle aujourd'hui baptême, confirmation et
eucharistie), le plus souvent à Pâques. Lorsque le nombre de chrétiens devint
tel qu'il ne fut plus possible de les réunir tous en une communauté locale,
dans les grandes villes, Orient et Occident se sont engagés dans deux voies
différentes. Le premier a préféré garder l'unité des trois sacrements en
faisant du prêtre leur ministre ordinaire; en d'autres termes, le prêtre est
devenu en Orient comme un petit évêque, responsable de la communauté locale
avec présidence tant de l'eucharistie que de l'initiation chrétienne dans sa
totalité. L'Occident a préféré maintenir le lien de l'initiation chrétienne à
l'évêque, pour la confirmation; le pôle pneumatologique de l'initiation a pour
ministre l'évêque, responsable dernier de l'Eglise locale, ce qui met en haut
relief le rapport entre l'Esprit et l'Eglise[3].
Mais la conséquence en a été que si le prêtre baptise en l'absence de l'évêque,
la confirmation est reportée à plus tard. Ce fut la cause principale de
dissociation entre baptême et confirmation, en Occident. Au 12e siècle, on en
vint à séparer même l'eucharistie du baptême; on préféra en effet que les
enfants aient atteint « l'âge de raison » avant de communier. Depuis lors, les
Occidentaux non seulement distinguent mais séparent, dans les célébrations
sacramentelles comme dans les réflexions théologiques et pastorales, les trois
sacrements qui autrefois étaient célébrés en même temps, et qui le sont
toujours en Orient. La délimitation des sept sacrements, qui date du milieu du
12e siècle, est typique de cet état de choses, puisque l'on y compte baptême et
confirmation pour deux sacrements distincts.
Réagir contre la séparation
des trois sacrements
Parler d'initiation
chrétienne, c'est considérer qu'il y a dans cette histoire non seulement une
évolution, mais une dérive, et qu'il est temps de réagir. Le concile a fait
sauter le verrou principal; la constitution Lumen Gentium affirme que «
Ils [les évêques] sont les ministres originaires de la confirmation ». Que se
cache-t-il derrière cet adjectif, qui remplace le terme "ordinaire"
auquel on était habitué? Le choix du mot "originaire" est dû à la
volonté d'affirmer qu'il en était bien ainsi à l'origine, même si les Orientaux
ont pris une autre voie qui se trouve par le fait même légitimée; ne plus
qualifier l'évêque de ministre ordinaire, c'est donc ouvrir la possibilité que
d'autres, en pratique des prêtres, puissent être occasionnellement ministres de
la confirmation.
Mais à vrai dire, le but de
cette affirmation n'est pas d'abord de permettre à des prêtres de confirmer. Il
est plutôt de mettre en relief, et en pratique, l'unité des trois sacrements de
l'initiation. La visée du concile est de retrouver la dynamique de
l'initiation, quitte à autoriser des prêtres à confirmer puisque l'absence de
l'évêque fut et reste la cause principale de dissociation entre baptême et
confirmation.
Est-ce une raison
archéologique, et la volonté de faire comme autrefois? Non, pas matériellement
du moins, car on ne refait pas l'histoire. Le motif n'est pas non plus ce qu'on
a appelé l'oecuménisme du sourire, au sens où l'on aurait voulu faire plaisir
aux Orientaux. La raison en est proprement théologique; c'est la signification
même du baptême, de la confirmation et de l'eucharistie qui sont en jeu, avec
leur visée de faire de nous des chrétiens. En d'autres termes, la décision
conciliaire considère que les effets non voulus de la dissociation entre
baptême et confirmation étaient devenus trop importants, au sens où la
confirmation était perçue comme une réalité autonome, consistante en elle-même,
avec le risque d'ailleurs qu'on en gonfle articiellement l'importance, ou qu'on
lui confère généreusement des significations sans fondement.
L'unité du mystère pascal
Parler d'initiation
chrétienne, c'est situer ces sacrements dans une même visée. C'est comprendre
qu'on ne devient pas chrétien à part entière par le seul baptême, avec la
conséquence qu'on cherche alors pour la confirmation un autre but. C'est
reconnaître que l'on est fait chrétien par l'entrée dans le mystère pascal en
toutes ses dimensions. Ce dernier consiste dans la mort et la résurrection du
Christ, mais aussi dans le don de l'Esprit, et encore dans la naissance de
l'Eglise; de ces trois aspects, les deux premiers sont invisibles, le troisième
en est en la manifestation, le sacrement pourrait-on dire. Une des raisons pour
lesquelles nous ne sommes pas habitués à considérer les choses ainsi est la
présentation lucanienne du don de l'Esprit, lors de la fête juive de Pentecôte,
renforcée par l'année liturgique chrétienne; elles étalent dans le temps le
mystère qui est un, et que saint Jean, pour sa part, nous présente tout entier
le jour de Pâques. C'est ce soir-là en effet que le ressuscité, ayant souhaité
par deux fois la paix aux disciples, leur dit solennellement:
«
"Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie". Cela dit, il
souffla sur eux et leur dit: "Recevez l'Esprit Saint" » Jn 20, 21-22.
On devient donc chrétien en
étant plongé par le baptême dans la mort et la résurrection du Christ, mais
aussi en recevant le don de l'Esprit, et en se rassemblant pour être nourri de
la Parole de Dieu et du pain et du vin sanctifiés par l'Esprit en corps et du
sang du Christ; la communion eucharistique scelle l'insertion dans le Corps du
Christ, elle est le fondement sacramentel de la communauté chrétienne. Il faut
remarquer d'ailleurs à quel point le modèle de l'initiation chrétienne est
subtilement agencé; le baptême et la confirmation ne sont célébrés qu'une fois;
ils nous branchent sur le mystère pascal à la racine de nous-mêmes, en vue de
porter des fruits tout au long de notre existence. Mais l'eucharistie, elle, se
répète. On est donc fait chrétien par deux actes ponctuels et irréitérables,
mais encore par un troisième qui nous introduit dans la durée, nous invite
chaque dimanche à retrouver nos frères et soeurs à la table de la Parole et de
l'eucharistie, et nous fait saisir que ce qui a été réalisé une fois pour
toutes, à la racine de nous-mêmes, doit prendre corps tout au long de notre
existence, dans les diverses circonstances qu'elle va nous faire vivre.
Tout cela se trouve résumé
dans le n° 34 des Notes doctrinales et pastorales du Rituel de
l'Initiation chrétienne des adultes :
«
Selon l'usage le plus ancien, toujours observé dans la liturgie romaine
elle-même, un adulte ne sera pas baptisé sans recevoir la confirmation aussitôt
après le baptême, sauf si une raison grave s'y oppose.
Ce
lien manifeste l'unité du mystère pascal, le rapport étroit entre la mission du
Fils et le don de l'Esprit Saint, et la conjonction de ces sacrements par
lesquels le Christ et l'Esprit se communiquent avec le Père aux baptisés ».
Le premier paragraphe indique la discipline à suivre, le second en donne les raisons. La première est l'unité du mystère pascal. Elle peut nous surprendre, tant nous sommes habitués, à partir du baptême des petits enfants, à un étalement des trois sacrements; ce dispositif nous fait perdre de vue que l'on devient chrétien non par le seul baptême, mais par l'insertion dans le mystère pascal. Or celui-ci n'est pas «simple», car l'amour du Père se manifeste autant par la mission du Fils que par le don de l'Esprit. C'est la deuxième raison invoquée; elle nous fait prendre conscience des relations intrinsèques entre baptême et confirmation; même si ces deux sacrements se trouvent séparés dans le temps, ils ne se comprennent que dans leurs rapports mutuels, comme Pâques et Pentecôte, ainsi que saint Jean nous les présente. La troisième raison pourrait ne pas nous atteindre, car nous ne sommes pas habités par la conviction de l'unité de ces trois sacrements; mais c'est bien toute la portée de l'expression « initiation chrétienne ».
Pour les adultes
Pour les adultes, la
célébration unifiée de l'initiation chrétienne ne devrait pas poser de
problème. La question d'un étalement des trois sacrements provient-elle
d'ailleurs d'une autre cause que de l'habitude de les dissocier pour les
enfants? J'en verrais pour preuve le fait que l'on songe à remetre à plus tard
la confirmation, mais pas l'eucharistie; or, si l'on s'interrogeait sur
l'évolution des catéchumènes et leur capacité psychologique à entrer dans ces
trois sacrements, ne penserait-on pas plutôt à célébrer ensemble le baptême et
la confirmation, mais à attendre quelque peu avant de leur proposer la
participation à l'eucharistie?
Mais le réflexe n'est pas
celui-là. C'est probablement l'indice que des causes extérieures entrent en
considération. Effectivement, on entend dire qu'ultérieurement la confirmation
offre une excellente occasion à l'évêque de faire une visite pastorale. Une
fois de plus, la confirmation sert à autre chose! Et la visite de l'évêque ne
sera-t-elle pas d'autant plus gratuite qu'elle n'est pas nécessitée par la
confirmation ?
On argumente aussi à partir
des néophytes, et de l'intérêt pour eux d'être relancés, quelque temps après le
baptême et l'eucharistie; la confirmation leur offrirait une excellente
occasion de reprise. Une fois encore, la confirmation se trouve instrumentalisée,
mise au service d'un autre projet que son contenu propre. S'il s'avère
nécessaire aux néophytes de voir leur parcours ultérieur jalonné d'étapes et de
reprises communes, créons-en! Nous le
ferons d'ailleurs mieux si nous évitons de penser que la confirmation a été
inventée pour cela, et qu'elle serait censée répondre comme par miracle aux
difficultés d'insertion des néophytes dans les communautés chrétiennes de la
fin du XXe siècle !
Pour les enfants
L'étalement des trois
sacrements de l'initiation chrétienne est un héritage de la tradition
occidentale, pour les enfants. Vu la particularité du baptême des petits
enfants, qui les inscrit dans une logique d'éducation et d'insertion
progressive dans le mystère pascal et dans l'Eglise, l'étalement peut se
comprendre, surtout si on lui attribue des vertus pédagogiques plutôt que de
lourdes raisons théologiques.
A l'intérieur de ce
dispositif, l'intérêt de la notion d'initiation chrétienne consiste à offrir
une vue globale de leur devenir chrétien plutôt que de le couper en tranches
séparées. La confirmation peut être célébrée après le baptême reçu dans la
toute petite enfance, mais il est essentiel de la situer dans le même processus
que le baptême (et la première communion), comme une étape ultérieure du même
itinéraire. Contrairement à ce que nous pensons trop facilement, tout n'est pas
fait au baptême; on n'est qu'au premier tiers de l'initiation! Cette
autosuffisance du baptême, dans nos esprits, n'est-elle d'ailleurs pas la
raison de nos difficultés à situer la confirmation? Dans la mesure où nous
considérons que le baptême est complet en lui-même, il nous faut bien trouver
d'autres raisons à la confirmation...[4].
2. Les trois sacrements qui font les chrétiens
La notion d'initiation chrétienne contient un
second intérêt majeur. Elle nous fait saisir que nous devenons chrétiens par la
célébration des trois sacrements de baptême, confirmation et eucharistie. Et
non en payant notre carte de club. Ou par engagement volontaire. Le fait que
l'on ne se baptise pas soi-même mais que l'on soit baptisé par quelqu'un, que
le verbe confirmer ne se conjugue qu'au passif (je suis confirmé,
et non je confirme) et plus largement que l'on reçoive les
sacrements met d'ailleurs en relief un trait fondamental du christianisme:
c'est Dieu qui fait le premier pas, c'est lui qui nous aime le premier, c'est
lui qui nous fait vivre (nous sauve). Le fait d'être baptisé par un ministre
montre que la grâce nous vient de Dieu, à travers le geste accompli par
quelqu'un qui n'est qu'un serviteur. La seule condition, de notre part, est
d'acquiescer, de correspondre, de dire oui; car en christianisme l'engagement
est indispensable; l'évangile le réclame même radical, mais il est toujours
second, fruit de la découverte de Dieu et non condition mise par Dieu (« mérite
») pour nous trouver aimables. On est fait chrétien par la grâce de Dieu; la
notion d'initiation chrétienne le rappelle vivement.
Ceci ne nous surprend pas
pour le baptême; la figure du baptême des petits enfants met d'ailleurs en vive
lumière la prévenance de Dieu, avant toute réponse possible de la part de la
conscience de l'enfant. C'est moins évident pour la confirmation. Si cette
dernière était plus clairement située à l'intérieur de l'initiation chrétienne,
dans le dispositif pastoral et dans nos esprits, on chercherait moins à lui
donner des significations adventices, à en faire un sacrement qui prépare à des
ministères laïcs, une célébration de l'engagement définitif, ou plus simplement
une occasion de reprise personnelle d'un baptême reçu dans l'inconscience.
Selon le modèle de l'initiation chrétienne, le sacrement de la persévérance est
manifestement l'eucharistie, à laquelle nous sommes conviés chaque dimanche,
plutôt que la confirmation qui ne se célèbre qu'une fois[5]!
Ainsi, l'étude de la portée
de la notion d'initiation chrétienne nous mène à une redécouverte de
l'importance de l'eucharistie! Constatons que c'est un sacrement auquel on ne
prépare pas. Oui, on prépare les enfants à la première communion; mais est-ce
le même projet? Le grand mérite de la notion d'initiation chrétienne est de
situer chacun des trois sacrements à sa place, dans un cadre d'interprétation
globale, et par le fait même de mettre en haut relief le plus grand d'entre eux,
l'eucharistie.
L'initiation chrétienne, une
notion bouleversante? Oui, car elle ne se contente pas de bénir nos pratiques
et nos habitudes de penser en les recouvrant d'une expression traditionnelle.
Elle les interroge et les met en cause. Son plus grand intérêt est bien là:
nous faire réfléchir à la manière dont nous proposons aujourd'hui à des
personnes d'être faites participantes de la mort et de la résurrection du
Christ, de recevoir le Souffle même de Dieu, et d'être nourries, dans l'action
de grâce, par sa Parole, et par le corps et le sang de son Fils.
[1] Le lecteur qui voudrait en savoir plus sur l'utilisation de la notion chez les Pères et dans la tradition lira avec profit l'article du père P.-M.Gy, « La notion chrétienne d'initiation. Jalons pour une enquête », dans La Maison-Dieu 132, 1977-4, p.33-54.
[2] Ambroise de Milan, Sur Abraham II,5, 22, cité par le père Gy, p.41.
[3] Comme d'ailleurs dans la succession des propositions du Credo, où l'article sur l'Eglise suit celui sur l'Esprit Saint. J.-P.Bouhot a insisté sur cet aspect de la confirmation dans son livre La confirmation, sacrement de la communion ecclésiale, Lyon, 1968.
[4] Je n'entrerai pas ici dans la question délicate de l'ordre de succession des trois sacrements, à laquelle faisait allusion la parenthèse dans le paragraphe ci-dessus. On comprend, après tout ce qui a été dit sur le rapport entre l'initiation chrétienne et le mystère pascal, que la question n'est pas indifférente; mais il faut reconnaître que l'Occident n'a pas porté beaucoup d'attention à la chose, et que le dispositif pastoral actuel intervertit la succession de la première communion et de la confirmation.
[5] A partir de cette réflexion, ne peut-on pas se demander si les efforts de la pastorale des jeunes sont le plus souvent bien orientés? N'est-il pas plus fécond pour l'insertion dans une communauté d'Eglise d'y venir régulièrement pour la célébration eucharistique, plutôt que d'être très impressionné par une fête d'un jour? N'est-ce pas l'heure d'oser faire retentir, non pas l'obligation dominicale, mais l'invitation du Seigneur à sa table, chaque dimanche?