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Belgique – België P.P. 5640 Mettet BC 1655 |
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Bureau de
dépôt : Mettet Trimestriel Juillet-septembre
2007 N° Agr. : P201036 |



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Liturgies d’automne
Le 3 août
dernier, 17e vendredi du temps ordinaire, le lectionnaire liturgique
proposait à notre méditation un extrait du chapitre 23 du Lévitique, un de ces passages dont, habituellement, on ne fait pas
sa lectio divina préférée. Ce
chapitre reprend une des versions, la plus longue et la plus récente, du
calendrier des fêtes bibliques annuelles. En l’entendant proclamer, une triple
formule, répétée pour chacune des trois grandes fêtes, a attiré mon attention
parmi tous les détails du rituel. La question a surgi : pourquoi cette
insistance et que peut-elle signifier pour nous ?
Le cycle des
fêtes d’Israël est à l’origine de notre année liturgique. Celle-ci, en effet,
commémore le déroulement de la vie de Jésus, de sa naissance à son retour
glorieux, dont l’événement central - mort et résurrection - a coïncidé avec la
première des grandes fêtes bibliques :
Un peu
d’histoire est éclairant. De savantes études ont montré que le cycle liturgique
de la Bible gravite autour des deux pôles parallèles de l’année cosmique, les
équinoxes de printemps et d’automne. Autour de l’équinoxe de printemps s’est
développée jadis, chez les bergers nomades, la célébration nocturne du
sacrifice d’un agneau pour garantir la protection des troupeaux pendant leur
transhumance. Autour de l’équinoxe d’automne, les sédentaires, de leur côté,
avaient coutume de célébrer la joie des récoltes, le renouveau de la fécondité
agraire dû au retour de la pluie, et la royauté, considérée comme responsable
et garante de cette fécondité. Dès le début de l’histoire biblique, un
rapprochement complexe s’est opéré entre les traditions cultuelles pastorales,
familières aux ancêtres d’Israël, et les traditions cultuelles agraires,
propres aux habitants de Canaan.
Moïse, à la
tête d’un groupe de pasteurs semi-nomades immigrés en Égypte depuis plusieurs
générations, avait « libéré » les siens du joug égyptien en un moment
coïncidant avec la transhumance des troupeaux au printemps et le sacrifice
nocturne qui l’inaugurait. Le souvenir fondateur attaché à cette coïncidence
s’est ainsi transmis et développé en Israël au cœur de la célébration des rites
printaniers : c’est la fête de Pâque. Ce même groupe élargi et devenu
sédentaire au contact des habitants de Canaan, a lui aussi rendu grâces en
automne pour les récoltes ; il a fêté la royauté de son Dieu qui lui avait
donné la terre au terme d’une longue errance dans le désert: c’est la fête des
Tentes. Une troisième fête, agraire également, dite des Semaines ou de la
Pentecôte, célébrait les moissons, sept semaines après la fête de printemps.
Israël y rattachait artificiellement le souvenir du don de la Loi au Sinaï.
Toutes ces festivités, païennes à l’origine, ont donc reçu une signification
religieuse nouvelle, liée à l’histoire du peuple de Dieu. Ainsi s’est formé le
calendrier liturgique de la Bible.
Ce schéma
bipolaire s’est reproduit dans l’année liturgique chrétienne. La chose est
évidente pour la fête de l’équinoxe de printemps, Pâques, à laquelle se rattache
Le mystère de
la mort et de la résurrection du Christ se retrouve ainsi aux deux pôles de
l’année liturgique, comme pour soutenir tout l’édifice du temps qui passe. Nous
sommes sans cesse en tension entre le temps historique d’une part, avec ce que
Jésus y a vécu et ce que nous y vivons à notre tour, et le temps eschatologique
d’autre part, c’est-à-dire l’accomplissement définitif de ces événements dans
l’éternité. Enracinés dans l’histoire, nous sommes tendus vers l’éternité. Nous
cheminons dans l’espérance. Notre foi d’aujourd’hui repose sur celle de tous
les croyants qui nous ont précédés, qui ont vécu les événements, les ont
traversés, en ont été transformés, en ont témoigné et les ont célébrés de
génération en génération, au point de nous permettre aujourd’hui d’en vivre
toujours à nouveau, comme si nous en étions les contemporains. La mort et la
résurrection de Jésus sont de tous les temps ; elles appartiennent au
passé, donnent sens au présent, orientent l’avenir définitivement. La liturgie
nous les rend présentes tout au long de l’année qui s’écoule.
Mais la
liturgie n’exerce pas son action seulement du dehors ; elle ne se contente
pas de raviver des souvenirs, ni même d’exhorter ou d’enseigner. Elle nous
transforme au-dedans. Parce qu’elle est prière, elle engage le cœur et toute la
vie de ceux qui
Relisons un
par un ces trois préceptes du Lévitique.
Le premier nous rappelle d’abord que la foi nous met toujours en
communion : Il y aura pour vous une
assemblée sainte, littéralement une
convocation de sainteté. Personne ne rencontre Dieu tout seul car Dieu nous
« con-voque ». Il nous appelle toujours ensemble ;
personnellement, mais ensemble. Le seul fait d’être rassemblés parle de lui. Se
réunir pour prier rend visible sa sainteté. Catéchèse fondamentale qu’aucune
autre ne peut remplacer. Israël rassemblé communie à la sainteté de Dieu pour
…Non pas
automatiquement cependant. Pour rencontrer Dieu et le manifester, il ne suffit
pas d’être en groupe. Israël, esclave en Égypte, était un groupe, non une
communauté. Il n’avait pas été « convoqué » parce qu’il n’avait pas
encore été libéré. La deuxième prescription du Lévitique nous avertit : Vous
ne ferez aucun travail d’esclave. La vraie prière jaillit d’un cœur
libéré : libre et attentif à le rester. Chaque fête liturgique commémore
le don gratuit de cette libération d’où provient toute liberté véritable. Celle
d’Israël est le fruit du choix de Dieu, de sa compassion pour ses enfants, du
salut qu’il leur a offert, de l’alliance qu’il a conclue avec eux et qui se
renouvelle pour chaque génération. Pas de prière sans liberté, donnée, reçue et
gardée vivante. Pour rencontrer Dieu, il faut s’affranchir soi-même de ses
servitudes quotidiennes car la véritable prière est incompatible avec
l’esclavage. Dieu ne nous veut pas soumis ; il nous veut tout à la fois
libres et obéissants. Lui obéir, c’est refuser d’être esclave. La célébration
liturgique revigore ce refus. Elle fait goûter à nouveau la liberté que Dieu
nous donne, elle la fait affirmer, ratifier, montrer. Ensemble et
personnellement. Ensemble parce que personnellement.
Toute fête
enfin comporte un repas. Vous offrirez au
Seigneur des nourritures préparées au feu. La quantité de ces nourritures
n’est pas précisée, ni leur qualité. Seul compte le mode de préparation :
les mets offerts à Dieu doivent être « passés par le feu ».
Consumés ? purifiés ? brûlés ? rôtis à point ? L’essentiel
est ailleurs. C’est le feu lui-même qui est indispensable à l’offrande, comme
l’amour l’est à
Chaque saison
qui passe nous en rapproche peu à peu. Qu’en cette fin de l’été, la liberté et
l’ardeur de l’amour intensifient encore notre communion. Dans l’espérance.
Sœur Loyse,
25 août 2007
Issu du Monastère Sainte-Gertrude de
Louvain-la-Neuve, l’atelier de céramique a installé son four, ses émaux et son
savoir-faire dans le local « Saint Martin » d’Ermeton. Peut-être
avez-vous découvert quelques-unes de ses œuvres au magasin du Monastère ou sur
le site des « Boutiques de Théophile »[1] ?
L’Amandier vous offre l’occasion
de faire plus ample connaissance avec son histoire et son projet, à travers le
récit de sœur Anne, qui préside à sa destinée depuis plusieurs années.
Céramique
ou modelage ? Certains d’entre vous s’en souviennent : l’atelier a pris
successivement ces deux appellations, en réalité assez proches. Par
« modelage », on entend l’action de modeler, de pétrir une substance
malléable pour obtenir une certaine forme, mais aussi le résultat de cette
action, l’ouvrage ainsi modelé. Quant au terme « céramique »,
emprunté au grec
,
« d'argile » (dér. de
« vase d'argile »), il représente à la
fois l’art et la technique de fabrication d’objets à partir de l'argile qui
subit l’épreuve du feu. Pour sa part, sœur Anne définit plutôt le modelage
comme la sculpture de l’objet au doigt, et la céramique comme l’œuvre passée au
four. Si le travail de l’atelier implique bien ces deux types d’actions, le
terme de céramique, plus précis, sera retenu à l’avenir pour le désigner.
L’atelier de
céramique a plus d’un demi-siècle. A l’abbaye Sainte-Gertrude de Louvain, il
fut inauguré par sœur Marie-Jacques et sœur Marie-Bénédicte, remplacée ensuite
par sœur Marie-Jean. Les sœurs formaient une
excellente équipe. Jusqu’à un âge avancé, sœur Marie-Jacques poussait
(« estampait ») l’argile dans des moules « simples », et
sœur Marie-Jean, une véritable artiste qui avait réalisé des miniatures,
affinait et émaillait les objets après la cuisson.
Installé ensuite à Louvain-la-Neuve, l’atelier
accueillit en 1982 une certaine Anne Lejeune, alors postulante, pour son plus
grand bonheur. L’usage voulait que les postulantes s’initient au travail manuel
dans deux ateliers. Entre modelage et reliure, le cœur de la future sœur Anne
penchait sans hésiter en faveur du premier choix qui lui fut proposé pour aider
puis remplacer sœur Marie-Jacques. Au début, elle remplissait donc les moules
et enfournait les objets.
La
technique du moule simple a des avantages mais demande beaucoup d’énergie
physique pour y « pousser » l’argile. En 1994, lors d’un stage à
l’abbaye de Jouarre dans le diocèse de Meaux, sœur Anne découvre la technique
du moule « double » (recto et verso) et décide de l’adopter.
Aujourd’hui,
elle bénéficie à son tour de collaborations efficaces : sœur Marie-Cécile,
sœur Madeleine et sœur Marie-David qui débute dans le métier. Parfois d’autres
bonnes volontés essayent de répondre au mieux aux nombreuses commandes.
Moule simple,
moule double ? Quelques explications s’imposent. Avant
1994, les sœurs utilisaient une argile compacte, estampée dans des moules en
plâtre à une face. Il était possible de préparer ainsi une vingtaine de pièces
en une heure. Les pièces démoulées étaient corrigées puis séchées à l’air
libre, avant d’être poncées avec du papier de verre pour en enlever les
dernières aspérités. Elles étaient ensuite lavées avec une éponge humide,
rincées et essuyées. Une sœur procédait alors à l’émaillage, puis les pièces
étaient enfournées (de manière très rapprochée mais sans se toucher) et cuites
une seule fois (ou « mono-cuisson »). A la sortie du four, les moins
réussies pouvaient éventuellement recevoir une seconde couche d’émail et subir
une dernière cuisson.
La
technique adoptée depuis 1994 consiste à verser de l’argile liquide (« barbotine »)
dans des moules doubles, toujours en plâtre et creux, au moyen d’un bec verseur
à l’embouchure fine. Sœur Anne utilise un mélange d’argile rouge et blanche qui
donne à la pâte cuite une jolie couleur rose. Les deux parties du moule sont assemblées
au moyen d’une lanière de caoutchouc tendu et l’argile stagne dans les moules
durant une heure environ. Pendant ce temps, le moule absorbe l’humidité et une
croûte d’argile se forme sur ses bords. L’argile liquide restante est alors
récupérée et la membrane continue de sécher dans son moule pendant plusieurs
heures. Le temps de séchage varie suivant le climat mais aussi suivant le taux
d’humidité dans l’atelier (le chauffage en hiver vaut parfois mieux qu’un été
pluvieux !). Sorties des moules, les pièces sont corrigées si nécessaire
puis à nouveau séchées à l’air libre. Les voici prêtes pour la première cuisson
(ou « cuisson biscuit »). A l’atelier Saint Martin, sœur Anne ne fait
pas monter la température au-delà de 650 degrés car la résistance de la pièce
cuite est suffisante pour les opérations ultérieures et, grand avantage, la
surface reste très perméable à l’émail. En fin de cuisson, elle attend que la
température du four soit descendue à 100 degrés, puis les pièces sont sorties,
poncées, essuyées avec une éponge humide et enfin émaillées. A 1050 degrés, la
seconde cuisson vitrifie l’émail et donne aux couleurs leur vraie teinte, celle
que vous pouvez admirer au magasin du monastère.
Un autre regard…
Sœur
Anne apprécie beaucoup le travail à l’atelier de céramique. Au cœur de la vie
monastique, il lui permet de pratiquer la prière dans un silence habité par la
présence de Dieu, au service d’un art religieux de qualité : des objets
sobres, solides et beaux, évocation spirituelle, invitation au questionnement
et à l’intériorité.
Ainsi
l’atelier produit-il un artisanat religieux dépouillé : des vierges, des
croix, des crèches de Noël et de petites plaquettes (avec texte ou
illustration). Dans le même esprit, l’atelier répond à des demandes d’objets
particuliers, en un ou plusieurs exemplaires et dans des formats très divers,
comme, par exemple, un saint patron pour une paroisse, la porte d’un prieuré ou
récemment 840 souvenirs identiques pour un diocèse ! Sœur Anne et ses
collaboratrices essayent de rejoindre au mieux les attentes des clients et se
réjouissent de pouvoir, de temps en temps, créer une pièce nouvelle et unique.
Ne serait-ce pas la raison pour laquelle sœur Marie-Cécile avait emporté de la
terre glaise en vacances ? Noël approche…
Depuis
quelques mois, dans la perspective du nouveau magasin du Monastère et
encouragée par plusieurs amis, sœur Marie-David, qui n’en est qu’à ses débuts,
s’est risquée à la confection de quelques objets non religieux :
bougeoirs, petits animaux - éléphants, tortues, chouettes…-, exposés dans les
vitrines de la porterie.
Mentionnons
enfin, last but not least, les «
familles de tortues » réalisées par sœur Anne, il y a un an, au
profit des travaux de rénovation de l’accueil (voir L’Amandier, n° 20) !
Merci, une fois de plus, à tous nos amis qui en ont adopté une !
L’Université de Paix
Apprendre à gérer les conflits
Durant l’année scolaire 2006-2007, Sœur Birgitta
a suivi une formation proposée par l’Université de Paix, à Namur. Elle explique
volontiers aux lecteurs de L’Amandier le but et l’intérêt de cette formation et
ce qu’elle en a retiré.
Depuis
septembre 2006 jusqu’en juin 2007, j’ai eu la chance de pouvoir suivre, à
l’Université de Paix, à Namur, la formation proposée en « gestion positive des
conflits ». De quoi s’agit-il ?
Le 10 décembre 1958,
Dominique Pire recevait le Prix Nobel de la Paix pour son action en faveur des
personnes déplacées. Il se sentit aussitôt investi d’une mission dépassant tout
ce qu’il avait entrepris jusqu’alors : contribuer à une paix durable dans
le monde.
Faisant face à ce qu’il
considère dès lors comme de nouvelles responsabilités, il perçoit l’énorme
travail qui peut être réalisé avec les nombreux jeunes du monde entier qui souhaitent
lui apporter leur aide bénévole. Ces jeunes représentent une force potentielle
immense. C’est ainsi que naît le projet d’un centre de formation afin de
concrétiser l’idée du dialogue fraternel. En 1960, Dominique Pire fonde
L'Université de Paix (qui portait d’abord le nom de « Centre Mahatma Gandhi »).
Son objectif est de promouvoir le dialogue tel qu’il le définit : Le Dialogue consiste pour chacun à
mettre provisoirement entre parenthèses ce qu'il est et ce qu'il pense pour
essayer de comprendre et d'apprécier, même sans le partager, le point de vue de
l'autre... Centre de réflexion et de formation, l'Université de
Paix contribue à faire connaître des moyens possibles pour prévenir la violence
et y faire face, à l'école, dans la famille, dans le quartier... Depuis plus de
10 ans, son travail concret est axé sur la gestion positive des conflits.
Attirée par
l’objectif de la formation, j’ai donc adressé ma demande d’inscription à
l’Université de Paix et j’ai eu la chance d’être acceptée. En tout, nous sommes
18 personnes, hommes et femmes, d’âges différents, de métiers différents,
venant de toute la Belgique francophone et du Luxembourg, avec pour intérêt
commun le désir de contribuer par le
dialogue à l’établissement d’un climat de Paix[2] autour de nous. Nous avons
suivi dix sessions, une par mois, toujours le samedi et le dimanche. Au cours
de l’année, nous avons appris à nous connaître et développer entre nous
confiance, sympathie et même amitié. L’engagement à suivre cette formation
était parfois lourd à porter –autant pour la communauté que pour moi – mais chaque session a récompensé cet effort.
J’ai participé à ces week-ends avec beaucoup de plaisir, tant l’enrichissement
était grand.
Lors de
chaque activité, le développement d’aptitudes, l’acquisition d’outils, de
techniques, et l’évaluation de leurs effets nous étaient proposés. Ainsi nous
avons appris à connaître nos potentialités comme nos limites, et à appréhender
positivement les situations difficiles ou conflictuelles.
De même, nous
avons appris à clarifier les enjeux, les besoins, les objets de conflit, au
niveau personnel comme au sein d’un groupe, et à approprier des méthodes pour
favoriser la coopération, le travail en groupe ou en équipe, pour acquérir des
comportements permettant de prévenir ou de transformer la violence.
Pendant le
premier week-end, chacun des participants avait l’occasion de se rendre compte
de ce que représente pour lui le concept « conflit ». J’ai consenti
sans peine à la définition formulée par l’Université de Paix : Les conflits naissent d’une opposition de
buts, d’une collision de désirs, de valeurs ou d’intérêts. Ils seront
destructeurs ou nous permettront de ‘grandir’ en fonction de la manière
dont ils seront résolus. Nous avons revu les attitudes possibles face à un
conflit et évalué leur pertinence en fonction de différentes situations.
Même au
monastère, je me trouve mêlée à des zizanies, des disputes, des conflits. Je ne
peux qu’approuver l’idée que la résolution des conflits soit constructive. Cela
me demande de la réflexion, de la confrontation, un choix et un dépassement de
moi-même. Vouloir éviter les conflits n’aide ni les individus ni les
communautés, car alors on n’avance plus mais on se paralyse dans son désir de
maintenir un équilibre plus ou moins harmonieux.
Nous avons
découvert que, par notre système de perception, nous nous construisons une
représentation mentale du monde. Mais si nous percevons et nous représentons
les choses différemment des autres, il n’est pas étonnant que nous éprouvions
de grandes difficultés à nous comprendre mutuellement. Alors naissent les
tensions, les résistances, les conflits et même la violence.
Une écoute
attentive, incluant le décodage du langage non verbal, permet de découvrir
l’autre dans ce qu’il vit ou ce qui l’émeut et de prévenir les conflits. La
communication non violente, se basant sur les expériences de Marshall
Rosenberg, n’est pas seulement un outil pour continuer le dialogue en cas de
conflit mais elle est autant un art de vivre. Dans un esprit de bienveillance,
il s’agit de recevoir avec attention les sentiments, les besoins et les
demandes de l’autre sans critique, sans jugement ni reproche, tout en exprimant
de même, en vérité et avec clarté, ce qui se passe en moi. Il ne s’agit
nullement d’avoir appris un « truc » pour gérer notre environnement
(manipulation) mais de pouvoir construire le respect, la compréhension et la
confiance dans une relation. En lisant ces propos, on peut croire que tout est
facile (« on n’a qu’à… ») Mais si j’essaye de les vivre, je me rends
compte, combien c’est difficile et enrichissant en même temps.
Je suis très
heureuse et reconnaissante d’avoir pu suivre cette formation et je suis ravie
de pouvoir partager et transmettre ce que j’ai acquis, lors de retraites pour
des jeunes ou pour des adultes. La violence verbale, physique et psychique nous
laisse souvent démunis, nous fait peur et nous fait réagir de manière défensive
et agressive. Apprendre les outils qui favorisent l’écoute, la communication et
la coopération ouvre un chemin vers plus d’humanité. Cette voie est inscrite
dans la Bible. Le message biblique nous ouvre le regard, change nos cœurs et
notre esprit pour aboutir à une nouvelle façon de vivre et d’agir, ancrée dans
la charité, la justice et la paix. Je suis convaincue que cette démarche nous
aide à transformer la violence pour restaurer l’amour.
Sœur
Birgitta

A l’occasion des Messes
radiodiffusées
Il signe « Jean
Présence » et c’est tout un programme. A l’occasion des messes
radiodiffusées à partir d’Ermeton, dont il assumait le commentaire, nous avons
découvert avec lui quelque chose du monde de la radio. L’équipe pastorale des
messes radio et TV ne comprend pas seulement des techniciens mais aussi des
bénévoles qui font leur travail de manière très professionnelle. Robert,
Bernadette, Aloïs et Sœur Marie-Élisabeth ont interviewé Jean Présence pour les
lecteurs de l’Amandier.
L’Amandier : La
radio semble faire partie intégrante de votre vie, quand et comment y avez-vous
pris goût ?
Jean Présence : J’ai toujours été
fasciné par les micros. Petit, j’admirais celui que les forains utilisaient
pour les besoins de leur sonorisation sur les champs de foire. Plus grand, je
me suis ensuite intéressé à l’aspect technique, construisant du matériel
d’amplification avec de vieux composants récupérés. Dans le même temps, la
radio était le seul média qui trônait à la maison et c’était l’époque où on
n’entendait pas la radio mais où on l’écoutait. Des émissions comme « Les
routiers sont sympa » peuplaient mes soirées à l’internat où je
poursuivais mes études. Jean-Claude Mennessier, Fabrice, Patrick Duhamel et
bien d’autres étaient autant d’amis que je n’avais pourtant jamais rencontrés.
L’A. : Avez-vous immédiatement travaillé avec des
professionnels ? « La Une » est-elle votre seul terrain de mise
en pratique de ce hobby ?
Jusqu’il y a
quatre ans où j’ai été appelé à œuvrer pour le compte des messes
radiodiffusées, je n’ai jamais approché les médias professionnels si ce n’est à
titre d’invité. Par contre depuis 1980, avec l’avènement des radios locales,
j’ai eu l’occasion d’offrir mes services à plusieurs d’entre elles à travers
différentes provinces. Actuellement, en parallèle avec mes prestations à la
RTBF, je gère avec un comité une radio érigée en ASBL sur laquelle j’interviens
régulièrement.
L’A : Quels avantages découvrez-vous à ce moyen de
communication ?
J. P. : A titre
personnel, j’y ai toujours vu un loisir (je ne suis pas sportif, il faut bien
s’occuper). Malheureusement, l’évolution du phénomène radio locale et le manque
d’intérêt qui y règne font que ce hobby devient souvent une charge en capital
temps et financièrement parlant. J’essaye toutefois d’y rester fidèle. Pour
l’auditeur comme pour l’animateur, c’est aussi un moyen extraordinaire de créer
des liens. Nombres d’auditeurs sont devenus des amis. Les émissions publiques
et les animations extérieures achèvent de sceller ces amitiés. J’ajouterai
encore la fierté de promouvoir le travail artistique de talents belges, de
donner écho de manifestations culturelles locales au sens le plus large du
terme. Les messages personnels du style dédicaces donnent l’accès à l’antenne à
des personnes qui en seraient privées sans les radios locales.
L’A. : Pourquoi avoir accepté de commenter bénévolement
les messes radiodiffusées ?
J.P. : Vous parlez
d’accepter. Il faut savoir que j’ai surtout longtemps refusé. Le temps me
manque cruellement pour ce genre d’engagement et je n’estimais pas avoir les
compétences requises. C’était sans compter que j’avais été repéré dans le même
genre d’animation mais cette fois au niveau local et en parfait amateur. Les
pressions de mes collaborateurs, les encouragements des autres, l’envie aussi
de « jouer dans la cour des grands » ont fait le reste. En septembre
2004, je commentais ma première messe radiodiffusée depuis Florennes, non sans
avoir auparavant rencontré mon prédécesseur, le Chanoine Louis Dubois pour
faire le plein de conseils. Je considère aussi ce travail comme un service
d’Eglise. Peut-être était-ce le dessein de Dieu que cette demande de
collaboration me parvienne.
L’A : Qu’est-ce que cela vous apporte au fil du
temps ?
J.P. : Les
retombées sont souvent inconnues, parfois éloignées dans le temps et l’espace
(on peut nous recevoir dans le monde entier) ou parviennent à d’autres personnes
que moi. Il y a bien sûr les réactions des connaissances qui manquent sans
doute de partialité, des collaborateurs et celles des paroisses où nous
passons. De temps à autre, je prends acte d’un courrier et je suis tout étonné
de l’impact que des paroles prononcées dans un recoin d’une petite église de
notre diocèse peuvent avoir. Cela me responsabilise très fort dans l’écriture
de mes commentaires. Récemment une paroisse vient de me demander de bien
vouloir prendre un atelier en charge à l’occasion d’une vaste entreprise de
rencontre intergénérationnelle. Je rencontre aussi des acteurs liturgiques de
tout poil. Il m’est déjà arrivé d’en « détourner » occasionnellement
au profit de ma propre paroisse.
L’A. : Pouvez-vous nous parler des préparatifs nécessaires
(installation du matériel, liaison avec la RTBF, texte des interventions au
cours de la messe…) ?
J.P. : Le domaine
technique relève uniquement de la compétence des techniciens de la RTBF. Pour
faire simple, je puis toutefois vous dire que nous n’agissons pas autrement que
tout un chacun installant une amplification dans son église, sauf que dans le
cas qui nous occupe le son capté n’est pas acheminé vers des haut parleurs mais
vers les émetteurs grâce à une ligne téléphonique. C’est réducteur comme
explication car il ne faut pas négliger la qualité du matériel employé et toute
la compétence de ceux qui l’utilisent, fruit de plusieurs années d’étude. Mon
rôle personnel consiste à rédiger mes commentaires et à prendre préalablement
contact avec les différents intervenants lors de l’office, de manière à faire
tenir la célébration le plus exactement possible dans l’horaire qui nous est
imparti. Le commentateur est en quelque sorte les yeux et l’oreille de
l’auditeur, le garant du temps et, sur place, l’interface entre la communauté
qui nous accueille, l’équipe technique et le secrétariat pour faire suivre le
texte des homélies disponibles pour nos auditeurs.
L’A : Comment se faire complice des assemblées
(communautés, paroisses) qui ne sont pas connues la première semaine ?
Est-il facile de tenir compte de l’officiant, de l’organiste, des
intervenants ? Est-il aisé pour ceux-ci de comprendre rapidement ce que
l’on attend d’eux ? Cela occasionne-t-il du stress dans l’assemblée
célébrante ?
J.P. : Les gens qui
nous accueillent sont conscients de rendre un service aux auditeurs et de
l’exigence que cela demande au niveau qualitatif. C’est notre commun
dénominateur à tous. Personne n’est obligé de nous accepter, ceux qui le font
relèvent le pari dans son intégralité et ne ménagent aucun effort pour parvenir
à un excellent résultat. Les contacts se nouent donc habituellement très bien
et très vite. Un outil tel que Internet nous aide pas mal au niveau de la
communication. L’expérience facilite évidemment les choses. L’expérience du
commentateur qui communique les écueils à éviter et celle de la communauté
locale qui, de semaine en semaine, s’enhardit dans le projet. C’est un
véritable travail d’équipe où chacun reçoit les consignes utiles à heure et à
temps. A cet égard, l’horloge est un outil incontournable. On n’évite pas le
stress du direct à certains moments mais, si les mêmes acteurs se retrouvent de
façon hebdomadaire, il s’estompe.
L’A. : A quoi servent les messes que vous
commentez ? Qui atteint-on par la voix des ondes ? Avez-vous parfois
des feed-back de personnes qui vous écoutent ?
J.P. : On peut
tenter de deviner qui nous écoute, car nous n’aurons jamais la réponse. Tout
d’abord, il y les personnes fragilisées, malades, seniors, prisonniers,…
Beaucoup d’entre elles n’ont pas ou plus la possibilité de faire entendre leur
voix, de nous écrire. Il y a ensuite la masse des auditeurs fidèles à La
Première ou qui nous rejoignent intentionnellement ou occasionnellement. Mais
voilà, qui pense à adresser un courrier pour dire qu’il est fidèle à telle ou
telle émission ? A titre personnel, nous ne le faisons sans doute pas,
alors pourquoi l’attendre de la part d’autrui ? Quand nous recoupons les
témoignages qui nous parviennent, on peut dire que l’auditeur des messes radio
n’a pas de portrait type. Il ne faut surtout pas croire que c’est toujours un
chrétien convaincu. Des personnes peuvent très bien ne jamais mettre les pieds
dans une église et suivre notre programme par nostalgie, pour garder un lien si
étroit soit-il avec la foi de leur enfance, par fidélité à la chaîne… Potentiellement,
le monde entier peut nous capter grâce à internet et de façon plus particulière
grâce au relais de RTBF International ou même en fréquence modulée à Kinshasa.
Les demandes du texte de l’homélie sont un petit baromètre mais fluctuant sans
doute. Ne nions quand même pas que nous comptons des auditeurs qui par manque
de mobilité s’associent de tout coeur à notre prière par la voix des ondes.
Pour eux, nous constituons une véritable assemblée dominicale. J’aime aussi à
croire qu’il est bon que l’Eglise puisse garder ce type d’émission de manière à
s’assurer une visibilité sur la place publique, un peu dans l’esprit de ce qui
s’est vécu dans le cadre du congrès Bruxelles-Toussaint. Les autres courants
philosophiques veillent aussi à se faire entendre et cela me semble légitime.
Je terminerai en disant que les quelques réactions qui nous parviennent sont
bien en dessous du nombre d’auditeurs réel. Une anecdote ou deux: en 2004 un
quartier de Kinshasa avait sonorisé le marché pour entendre la messe célébrée
par un enfant du pays. Une autre fois, c’est en lavant sa voiture dans la rue
qu’un auditeur a reconnu ma voix. Je connais même une moyenne surface qui
diffuse la messe dans ses rayons.
L’A. : Comment choisissez-vous les endroits où vous
installer ? Est-ce toujours accepté ?
J.P. : C’est un
travail de concertation coordonné par l’abbé Philippe Mawet, responsable
pastoral des messes radio et TV, de Frank Goderniaux, qui assiste et coordonne
le service, et de toute une équipe de délégués diocésains. Chaque diocèse
recèle un délégué attitré à cette tâche. Pour Namur, nous pouvons compter sur
Jean-Marie Jadot, Doyen à Arlon. L’avis du commentateur est également pris en
considération. Il faut bien sûr pouvoir concilier les ressources des paroisses
et communautés en matière de musique, de chants, d’horaire et veiller à une
dispersion géographique équitable. Certaines demandes peuvent émaner des
communautés elles-mêmes.
L’A. : A quel rythme travaillez-vous ? Tous les
dimanches ?
Depuis le
départ du Chanoine Dubois, chaque diocèse possède son propre commentateur. Les
diocèses francophones se succèdent donc les uns aux autres. Pour des raisons
pratiques, nous restons environ huit dimanches dans la même localité. Nous
essayons que notre présence à un endroit donné constitue un tout au niveau du
temps de l’année liturgique. Avec vous à Ermeton, nous avons vécu le temps de
Pâques. Concrètement, je suis au micro une quinzaine de dimanches par an.
Jean
Présence
Quelques
jours au Maroc
Du 28 mai au 3 juin 2007, sœur Marie-André a
participé à Midelt (Maroc), à une rencontre du D.I.M. (Dialogue Interreligieux
Monastique). Elle relate son voyage pour les lecteurs de l’Amandier et explique
l’intérêt et les enjeux de la rencontre.
Le Dialogue
Interreligieux Monastique
En ce début
du 3e millénaire, le sigle OSB mérite plus que jamais d’être
interprété « on se ballade ! » Cela se
vérifie en particulier, depuis 36 ans, pour les moines et moniales coordinateurs
des commissions européennes pour le Dialogue Interreligieux Monastique (le DIM
pour les initiés) qui se retrouvent chaque année dans un pays européen. Ces
commissions ont été fondées, à partir de 1977, pour susciter dans les
monastères bénédictins et cisterciens de tous les continents diverses activités
et rencontres leur permettant d’entrer en contact avec des communautés d’autres
traditions religieuses et de faire grandir la connaissance mutuelle. L’histoire
est déjà longue, trop longue pour être racontée dans ces pages. Toujours est-il
que, depuis 1997, j’ai eu le privilège de ne manquer aucun de ces rendez-vous
fraternels : Zundert (Pays-Bas), Montserrat (Barcelone), Vienne, La
Pelouse (Suisse), Assise, En Calcat (France), Rome, pour ne citer que quelques
lieux. C’est ainsi que 2007 nous vit prendre l’envol vers le Maroc pour y tenir
la 36ème réunion européenne.
Il peut
paraître paradoxal que la commission européenne se soit réunie au Maroc !
Pourtant il a semblé bon, alors que nos monastères s’efforcent d’avoir des
contacts avec des émigrés musulmans de leur entourage, de mieux comprendre d’où
ils viennent, leurs racines, leur culture, leur quotidien, mais aussi de
découvrir ce que vivent les chrétiens en terre d’Islam et le dialogue de
proximité qu’ils s’efforcent d’y pratiquer. Les moines cisterciens de
Notre-Dame de l’Atlas, à Midelt, à quelque 200 km au sud-est de Fès et à
Rencontre avec les moines
de Notre-Dame de l’Atlas
Nous ne
sommes pas près d’oublier l’accueil fraternel et généreux qui nous fut réservé
par la communauté de quatre Frères, (il n’y a pas de chrétiens parmi les 40 000
habitants de la ville) dont il importe de rappeler brièvement l’histoire.
En 1986,
l’archevêque de Rabat demanda à l’Ordre des Cisterciens de fonder au Maroc une
« annexe » pour manifester par
sa vie, autant auprès des chrétiens que des musulmans, la dimension contemplative
de toute vie de foi. Le 26 janvier 1988, deux Frères arrivèrent pour fonder
l’ « annexe » de Fès, bientôt rejoints par deux autres. En 1996,
le monde entier a suivi intensément les tragiques événements de
Tibhirine en Algérie: l’arrestation de sept Frères le 26 mars, leur
assassinat le 31 mai. Deux rescapés gagnèrent la communauté de Fès qui prit le
nom de N.D. de l’Atlas et qui, en 2000, accepta l’offre des Sœurs Franciscaines
de Marie de s’installer dans leur petit couvent de Midelt. Le Prieuré
Notre-Dame de l’Atlas, la « Kasbah Myriem », y est donc actuellement,
gardant dans son enceinte la maison des Sœurs et l’atelier artisanal où elles
accueillent et forment une dizaine de musulmanes (broderie, tapis de toutes
dimensions). Les trois Frères entretiennent de nombreuses relations avec la
population berbère : participation aux obsèques, aux circoncisions, aux
ruptures de jeûne, relation de travail, etc.
La communauté
se compose du prieur titulaire, le P. Jean-Pierre Flachaire, plein de
sollicitude pour ses deux compagnons, providentiellement épargnés le 26 mars
1996 : le P. Amédée (87 ans, ancien Père Blanc en Tunisie, entré à
Tibhirine en 1947) et le P. Jean-Pierre (81 ans, ancien Père mariste). Le P.
Jacques-Emmanuel Voisin, ancien Abbé de Rochefort (Belg.) les aide temporairement.
C’est avec une émotion profonde que nous avons écouté les Frères nous partager
très simplement ce qu’ils avaient vécu à Tibhirine et ce dont ils s’efforcent
de témoigner à Midelt : leur fidélité à la prière communautaire (le
tintement des cloches alterne avec les appels des muezzins), leurs relations
respectueuses avec leur personnel, leurs voisins, sans aucune pensée de
prosélytisme, mais en offrant une présence d’amitié gratuite. Nous avons eu la
joie de célébrer ensemble la fête de la Visitation qui est une fête quasi patronale de la communauté, depuis ses origines
et dont Christian de Chergé ne cessa de scruter le mystère car il était convaincu que cet épisode de la Vierge est
le vrai lieu théologico-scripturaire de la mission dans le respect de
l’ ‘Autre’ que l’Esprit a déjà investi. Tous nous avons été impressionnés
par la joie et surtout par l’espérance en l’avenir de nos Frères de l’Atlas qui
occuperont désormais une grande place dans notre prière.
Rencontre
avec Mgr Vincent LANDEL, Archevêque de Rabat
Mgr Vincent
LANDEL, archevêque de Rabat et président de la Conférence des Evêques du Nord
de l’Afrique, attendait les membres du groupe arrivant de Barcelone, Bruxelles,
Paris et Rome, à l’aéroport de Casablanca avec son mini-bus. De main de maître,
par des routes généralement excellentes et de multiples virages, il nous
conduisit à travers la plaine puis le Moyen Atlas jusqu’à Midelt en quelque six
heures de trajet (476 km). C’était pour la plupart d’entre nous le premier
contact avec la terre marocaine profonde, bien différente de la région côtière
fréquentée par les touristes. Autrefois « grenier de Rome », la
région de la plaine offre des champs de céréales, des vignes et des vergers,
mais dès qu’on s’approche du Moyen Atlas, il n’y a plus que des ‘forêts’ de
petits cèdre rabougris et peu de terres cultivables : le sol, agglomérat
d’argile et de tuf volcanique, rend impossible toute mécanisation et n’offre
que de maigres touffes d’épineux aux troupeaux de moutons, chèvres, vaches et
mulets, gardés souvent par de jeunes enfants. Nous avions l’estomac creux, les
genoux raides et un peu le vertige en sortant du car vers 20 h 30. Les Frères
de l’Atlas nous réservèrent un accueil chaleureux et … reconstituant !
Le lendemain,
Mgr Vincent, après avoir présidé l’Eucharistie, nous a parlé à cœur ouvert de
son diocèse qui, sur les 33 millions d’habitants du pays (il y en avait 9
millions en 1956), ne compte que 30 000 chrétiens d’une trentaine de
nationalités (il y en avait 300 000 en 1956), soit 1 chrétien pour 1000
musulmans (un marocain ne peut qu’être musulman ; s’il se convertit, il
perd sa nationalité, doit quitter le pays sans pouvoir y revenir et sa famille
célèbre ses funérailles comme s’il était mort !). Le diocèse de Rabat (25 000
chrétiens – le second diocèse, celui de Tanger, en compte quelque 5000) s’étend
sur 2000 km du nord au sud et 1000 km de l’ouest à l’est.
Avec grande
simplicité, Mgr Vincent aborda quelques-uns des problèmes auxquels les chrétiens
sont affrontés : conditions politiques dans un Etat musulman très
sourcilleux pour tout ce qui ressemble à du prosélytisme (les évangélistes
américains, bardés de dollars, nuisent fort aux relations) et donc surveillance
sourcilleuse de tous les étrangers, résidants et autres, qui jouissent certes
d’une liberté de culte, mais dans un contexte de non-liberté de conscience;
nombre restreint d’agents pastoraux chrétiens : 40 prêtres de 30
nationalités, 150 religieux et religieuses (surtout des Franciscaines
Missionnaires de Marie) de 25 nationalités, 3 monastères de
contemplatifs : les 3 Trappistes de N.D. de l’Atlas à Midelt, des
Clarisses mexicaines à Casa, des Clarisses melkites à Tazert ; le problème
des mariages mixtes, surtout de ceux qui sont contractés par Internet (moyen de
pouvoir gagner l’Europe) : un chrétien qui veut épouser une musulmane doit
se convertir à l’Islam et les enfants seront nécessairement musulmans ;
problèmes des milliers d’étudiants subsahariens, souvent chrétiens, qui,
refusés par suite des quotas limitatifs imposés par les universités européennes,
n’ont d’autre recours que de poursuivre leurs études dans l’une des 19
universités marocaines (n.b. : un marocain ne se considère pas comme
africain, mais comme arabe, il considère par contre - vestige du passé - tout
africain comme un esclave) et qui constituent les forces vives de l’Eglise au
Maroc au point de vue de l’animation liturgique et pastorale ; drame des
migrants clandestins de plus en plus nombreux ; problèmes de la quinzaine
d’écoles chrétiennes, marocanisées mais non nationalisées, formant 12 000
élèves, tous musul-mans, ainsi que leurs directeurs et professeurs ; last but not least, le problème des
extrémistes islamistes et de la colonisation insidieuse par les Emirats arabes.
Cette
présentation de la réalité ecclésiale marocaine nous permet de comprendre le
rôle des communautés chrétiennes, si réduites et dispersées soient-elles, et le
témoignage de communion qu’elles portent si leurs membres, malgré la
surveillance constante dont ils sont l’objet (même si l’Eglise catholique est
officiellement reconnue par l’Etat), sont vraiment des hommes et des femmes de
Dieu. Mgr Vincent a terminé son partage par une note d’espérance : malgré
toutes ces difficultés, une avancée dans le dialogue de vie et le dialogue
spirituel est possible si les interlocuteurs se reconnaissent ensemble sur le
chemin vers Dieu.
Nous sommes
infiniment reconnaissants à Mgr Vincent de nous avoir ouvert son cœur d’évêque
et d’avoir pris soin de charger un chauffeur marocain de venir nous reprendre
le samedi matin. Suivant un autre itinéraire de 540 km, celui-ci nous a fait
découvrir d’autres aspects du pays et la cathédrale de Rabat.
Rencontre
avec le Père Abbé Primat, Dom Notker Wolf
Cette année
encore, le P. Notker Wolf, primat de la Confédération
bénédictine,
malgré ses voyages à travers le monde, a passé deux jours parmi nous et nous a
enrichis de son expérience, plus particulièrement en Asie, et encouragés de ses
conseils. Lié au DIM depuis quelque 30 ans, ayant accueilli dans son monastère
le premier groupe de moines japonais, il porte depuis quelques années un
intérêt particulier au monachisme en Chine et en Corée, deux pays où le
dialogue de vie s’inscrit dans des contextes très simples. Il estime toutefois
qu’il ne faut pas négliger la problématique européenne où certains musulmans ne
cachent pas qu’ils veulent islamiser l’Europe. Ici, au Maroc, on voit les minarets, on sent la grandeur de Dieu, la
religion s’exprime et se voit. Cela doit nous inspirer une façon d’être, en
Europe, pour que les musulmans voient, dans nos monastères, que les chrétiens
sont aussi des hommes de prière. Chacun est convaincu de posséder la vérité
mais n’est pas toujours disposé à reconnaître le droit de l’autre à penser de
même. Cela pose la nécessité de mieux se connaître en menant d’abord avec les
musulmans un dialogue de vie qui permettra d’aborder ensuite un dialogue plus
intellectuel. Il faut que les protagonistes affermissent leur propre identité.
Le Père Abbé
exprime aussi la nécessité de chercher de nouvelles formes de vie bénédictine
et de composer une règle de vie adaptée pour les oblats bénédictins dont
l’apport peut être si important. Pour ce qui concerne les Echanges Spirituels,
il invite à sortir de la focalisation sur le Japon et à se tourner vers la
Corée où 80% des moines bouddhistes sont célibataires.
Quelques
aphorismes du Père Abbé:
-
Seule l’acceptation de l’altérité peut
permettre le dialogue.
-
Prendre l’interlocuteur au sérieux, sur
un pied d’égalité.
-
Aimer ce que l’autre aime.
-
Se dire : « et homme a été
créé comme moi-même, il est aimé de Dieu comme moi-même. »
-
La réciprocité n’est pas une condition de
départ, mais le fruit de la confiance.
-
Se
souvenir que le mot « religion » est occidental et ne dit pas assez
le caractère englobant de la relation religieuse. Nous devions annoncer
-
Veiller à introduire les jeunes dans nos
activités interreligieuses pour préparer la relève.
-
Faire preuve d’une compréhension
particulière à l’égard des « recommençants ».
Avant de nous
quitter, le
Rencontre
avec le Père Jacques LEVRAT
Nous avons eu
la chance d’accueillir pour notre journée de réflexion l’éminent islamologue,
Jacques Levrat, prêtre Fidei Donum envoyé au Maroc en 1967 où il fut
successivement, à Rabat, aumônier de la paroisse
universitaire,
pendant 8 ans vicaire général, membre depuis 30 ans du Groupe de Recherche
Islamo-Chrétien (le GRIC) qui a déjà publié
La première
partie de son exposé a évoqué l’aspect plutôt universitaire de son action, puis
il nous a livré ses convictions personnelles au terme de 40 ans d’expériences
au Maroc. Notons quelques remarques qui ont émaillé le début de son exposé. Il
faut parler de choc des ignorances plutôt que des cultures. Le dialogue est
toujours un risque. Si l’autre me modifie, quelque chose en moi meurt, autre
chose naît. Dans le vrai dialogue, il y a le mystère pascal de mort et de résurrection.
Découvrir ce qu’il y a de plus précieux dans l’autre : l’image de Dieu,
mais l’autre nous fait découvrir la part christique en nous. Il est capital de
commencer tout dialogue en écoutant l’autre. Il a proposé de distinguer les
termes ‘conversation’, ‘négociation’ et ‘dialogue’. Par ‘conversation’, on
entend l’art de la rencontre limitée par les conventions sociales. Par
‘négociation’, le caractère politique, avec le problème des frontières, de la
solution pratique, du consensus. Dans le ‘dialogue’, on vise la découverte du
meilleur de l’autre et cela ouvre les chemins nouveaux. Chacun est interpellé
dans sa propre foi par la foi de l’autre. Ma préoccupation est d’être changé,
moi, par la visitation de l’autre. L’effet de la rencontre chez l’autre ne
m’appartient pas. Nous sommes soucieux du dialogue, mais il faut surtout faire
confiance à l’Artisan.
Jo Van
Haeperen, oblat
du Monastère de Clerlande et délégué de l’A.I.M. a fait un exposé
sur: L’idée de médiation dans la doctrine mystique d’Ibn Arabi.
L’idée que
nous nous faisons couramment de l’Islam considéré comme orthodoxe, c’est qu’il
n’admet aucun intermédiaire entre Dieu et l’homme. Et cela au nom de l’absolue
souveraineté de Dieu. Il n’empêche que la science mystique et les voies de
l’initiation mystique ont acquis droit de cité en Islam depuis al-Ghazali. Le
soufi andalou Ibn Arabi fut l’un des maîtres de la doctrine mystique en Islam.
Son influence reste encore bien vivante aujourd’hui.
Aux yeux
d’Ibn Arabi, le rôle du mystique est d’actualiser l’universelle présence de
Dieu. C’est par son intermédiaire que toute réalité s’unifie pour témoigner de
l’unicité de Dieu. Il est le pôle qui attire tous les êtres et les situe dans
l’orbite du divin. L’image du pôle encore trop impersonnelle est relayée par
celle de l’Homme parfait. Celui-ci est le miroir dans lequel Dieu se reflète et
à l’aune duquel toute réalité épanouit sa propre capacité à refléter Dieu. Sans
l’activité de l’Homme parfait, l’univers s’effiloche, les êtres à la dérive
s’enfoncent dans le néant. La médiation qu’exerce l’Homme parfait présente une
incontestable affinité avec celle que l’apôtre Paul reconnaît au Christ.

La rencontre
avec les Franciscaines Missionnaires de Marie de Tattiouine fut sans
conteste la plus marquante. Entassés dans deux taxis (Mercedes d’un âge
certain !) et la voiture du Prieuré, nous avons parcouru
Nous avons
abordé avant de nous quitter la question de l’avenir des Echanges Spirituels,
du choix et de la préparation des participants. La présence de plus en plus
visible et durable de l’Islam dans nos pays, devrait inciter les monastères à
s’éveiller à cette nouvelle réalité. Un dialogue de voisinage reste à inventer
avec les communautés musulmanes proches de nos monastères.
Désormais le
Maroc occupe une place privilégiée dans mon coeur et dans ma prière. Bien
souvent je revois les visages de Mgr Landel, des trois frères de N.D. de
l’Atlas, des trois sœurs Franciscaines, d’Omar et des chauffeurs dont j’ai
admiré les délicates attentions. Plus « on se ballade»,
plus le cœur, la louange et l’intercession s’élargissent …
Sœur
Marie-André
Le
1er, sœur
Le
2,
journée biblique animée par Mère Loyse sur Amos.
Sœur Anne et sœur
Marie-David vont à Orval pour la bénédiction du nouvel abbé, le Père
Le
3,
jubilé de 50 ans de profession de sœur Gertrude-Marie, du monastère de
l’Annonciation, à Liège. Toutes les sœurs de Louvain-la-Neuve sont invitées à
l’eucharistie, suivie d’un goûter.
Le
9,
nous apprenons avec joie la réussite des derniers examens de sœur Marie-David.
Elle obtient de la Faculté de Théologie Catholique de l’Université de
Strasbourg sa licence en théologie, après avoir suivi les cours du
télé-enseignement.
Le
11,
les membres du groupe biblique de sœur Marie-André se réunissent au monastère.
Le
12,
sœur Miryam reçoit une formation au soin des personnes âgées chez les sœurs de
Charité de Namur. (voir p. 29)
Le
13,
la réunion des chantres belges se tient au monastère. Sœur Hildegard, sœur
Marie-
Le
19,
sœur Nicole participe à la réunion de la MRB (Mutuelle des Religieux de
Belgique) à Bruxelles. Dans la soirée, sœur Ria et sœur Raphaël, novice, nous
arrivent de Béthanie jusqu’au surlendemain.
Le
20,
réunion des hôtelier(e)s à
Le
21,
Mère Loyse, sœur Marie-Pierre Fosse et sœur Marie-Élisabeth vont à Louvain pour
assister à la soutenance de thèse, brillante, du frère Sabino, de Bose, qui
obtient le grade de docteur en philologie et lettres. Sujet :
« L’opera di Isacco de Ninive nelle tradizione manoscritta siriaca ».
Le
22,
récollection de la Fraternité des Veilleurs (pasteur Vilain). Mère Loyse assure
l’animation.
Le
26, sœur Nicole va à Bruxelles pour une réunion de
la Mutuelle Saint-Michel.
Le
28, Mère Loyse se rend à Brialmont pour la remise
des diplômes aux élèves de l’ITIM.
Juillet
Le
3,
réunion de la MRB à Bruxelles, pour sœur Nicole. A l’accueil, début d’une session d’hébreu donnée par le
Le
6,
conférence de l’
Le
7,
en tant que membre de la commission du DIM (Dialogue Inter-Monastique), sœur
Marie-André se rend au centre de Tihange pour une rencontre avec les moines
tibétains.
Durant toute la session
d’hébreu, le
Le
8,
sœur Birgitta accueille les animateurs du groupe qu’elle a accompagné lors des
JMJ de Cologne. La communauté les rencontre après les vêpres et sœur Birgitta
prolonge la soirée avec eux en partageant leur souper.
Le
9,
nous apprenons le décès de Marie-Henriette Mortehan, oblate séculière du
monastère.
Commencement de la
session de grec biblique avec l’abbé Robert Henrotte. Sœur Marie-Pierre Fosse y
participe activement.
Le
11,
fête de Saint Benoît. Mère Loyse, sœur Marie-François et sœur Marie-Bernadette
vont à Maredsous pour le jubilé de 50 ans de profession monastique du père
Christian et des frères Dominique et Ferdinand.
Le
13, Mère Loyse et sœur Marie-François vont à
Ferrière pour les funérailles de Marie-Henriette Mortehan. La famille les
reçoit très cordialement après la célébration.
La session de grec
terminée, l’abbé Henrotte partage notre échange du soir.
Du
16 au 22,
retraite prêchée par le Père Jacques de L’Arbre s.j. pour les hôtes.
Le
17,
nous accueillons trois sœurs du monastère de Saint-Thierry qui passeront leurs
vacances parmi nous jusqu’au 28.
Le
23,
anticipation de la fête de Mère prieure, après les vêpres. Une séance
récréative est donnée par quelques sœurs dont celles de Saint-Thierry
séjournant chez nous. Un programme varié réjouit tout le monde.
Le
24,
le Père Simon-Pierre, de Wavreumont, qui séjourne au Pérou est heureux de
célébrer l’eucharistie avec nous en cette fête de
Le
28,
un concert a lieu dans notre chapelle à 15h. Au programme : des œuvres du
compositeur belge Peter Benoît, né le 17 août 1834, qui a rétabli la tradition
du chant populaire et s’est fait le défenseur du mouvement musical flamand. Le
concert est donné par les chorales d’hommes « Cibus Spiritualis » et
« Sint Barbara », dirigées respectivement par Marcel Van Cauwenberge
et Jos Van den Borre. Quelques pièces d’orgue sont interprétées par Jos Van den
Borre. Pour l’occasion, certains morceaux sont donnés par les deux chorales
réunies. La chapelle accueille un bon nombre de personnes. Un goûter est servi
aux choristes à la fin du concert. La recette est destinée au financement des
travaux à la ferme.
Le
30,
Mère Loyse et sœur Marie-André vont aux funérailles de sœur Pia Valeri à
Rixensart. Cette dernière a beaucoup travaillé au dialogue interreligieux.
Sœur Marie-
Deux jeunes participent
au camp « Prière et travail ». Sœur Marie-
Août
Le
2,
l’abbé Marcel Bastin, en séjour à l’accueil, partage notre rencontre du soir.
Le
4,
Mère Loyse et sœur Miryam participent, à Saint-Servais, à l’eucharistie en rite
congolais, célébrée pour la maman d’Agnès Maluta, décédée il y a un mois. Agnès
expliquera à la communauté le sens de tous les rites.
Du
6 au 10,
pour la communauté et les hôtes, session par le Père Claude Tassin, professeur
à l’Institut Catholique de Paris, sur le sujet : « Les tradi-tions
juives anciennes, un éclairage fécond pour le Nouveau Testament ».
Du
11 au 15,
retraite en néerlandais donnée à l’accueil par sœur Hildegard. « Met de
pelgrimsweg in het hart » (Ps.83, 6).
Le
15,
rencontre avec le
La suite des nouvelles d’août
paraîtra dans le prochain numéro.
A la librairie d’Ermeton
Deux livres attendus depuis longtemps… pour
rejoindre deux passions… !
Ancien Testament hébreu/français inter-linéaire
L’ouvrage (2780 pages) comprend le texte de la
Bible hébraïque (BHS), une traduction interlinéaire mot à mot et, en bas de
page, le texte de la TOB et de la Bible en français courant.
Exceptionnel !
Le 26 octobre
2007, peut-être pas à 00h01, mais dès 8h30, vous trouverez le dernier tome de
« Harry Potter » dans notre librairie !
« Génial »,
diront les fans.
« Les
soeurs sont devenues folles », penseront d'autres.
Un brin de
fantaisie, certes.
Mais sans,
pour autant, vendre son âme au diable.
En effet,
certains ont diabolisé Harry Potter, bien souvent d'ailleurs sans l'avoir lu.
J'ai lu les six tomes, je suis en train de lire le dernier (in english,
c'est plus long...) et vraiment, je me demande toujours ce qu'on peut reprocher
à cette belle série de romans.
Tout d'abord,
c'est de la belle littérature. Je ne connais pas assez l'anglais pour juger la
qualité linguistique de l'original, mais la traduction française est
remarquable, agréable à lire. On ne sent pas
Les sept
livres forment un tout, pas seulement une suite chronologique. Un petit conseil:
en attendant le 26 octobre, relisez les six tomes précédents, cela vous
facilitera la lecture du dernier et vous le fera encore mieux goûter. On y
retrouve en effet des éléments de chacun des romans précédents.
Dans cette
série, on retrouve du Charles Dickens (l'orphelin maltraité par son oncle, logé
sous l'escalier, par exemple) et tout l'imaginaire de notre culture occidentale
: Nicolas Flamel, la pierre philosophale, les sorciers avec leurs grimoires...
Ne prenons pas un air choqué. N'avez-vous pas rêvé, enfant, en lisant ou voyant
les merveilleux films de Walt Disney, « Blanche-Neige et les sept
nains », « Cendrillon » avec sa marraine la bonne fée,
n'avez-vous pas craint la fée Carabosse ? Pourquoi Dumbeldore et son école de
sorciers seraient-ils plus dangereux ?
De plus, dans
ces romans, il y a un fond qui mérite attention. Certaines phrases, souvent
prononcées par le fameux Dumbeldore, ont saveur de sentences à retenir et
méditer. Vous souvenez-vous de celle-ci dans le tome 2, La Chambre des secrets:
« Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes, beaucoup plus que nos
capacités » ?
Face au mal
qui semble de plus en plus l'emporter, face à Voldemort et ses Mangemorts,
Harry reste bon, il ne cède pas à la spirale de
Ces romans ne
parlent pas de Dieu, pourquoi alors, au nom de la foi, diaboliser ces écrits
tout à fait profanes ? Serions-nous inquiets ? Pourquoi ? N'est-ce pas
l'occasion de se demander : quelle est l'image de Dieu que je me fais ? Est-il
pour moi un grand « magicien » ? Alors Harry Potter peut sembler un
concurrent dangereux. Si non, il ne l'est pas, pas plus qu'Hercule Poirot ou
Maigret. Lire un bon roman est une excellente détente. L'humour et l'amour qui
sont présents dans ces livres ne peuvent que nous faire du bien. C'est pour
cela que la librairie du Monastère s'offre la fantaisie de vendre le dernier « Harry
Potter », dès sa sortie en français.
Alors ? Au 26
octobre ?
Sœur Marie-
Une
entraide fraternelle :
Mes premiers
pas à l'infirmerie
Un stage à "Béthanie" chez les Sœurs de
Charité de Namur (12-14 juin 2007)
Récemment nommée responsable de l’infirmerie, en
remplacement de sœur Bénédicte, sœur Miryam – qui n’est pas infirmière ! –
a été fraternellement initiée à quelques rudiments de sa nouvelle charge, grâce
à l’entraide pratiquée par les Sœurs de Charité de Namur qui comptent parmi les
proches amies d’Ermeton. Elle partage ici sa reconnaissance.
Depuis trois
mois environ, j'ai reçu la responsabilité de l'infirmerie. Puisque je n'ai pas
de formation d'infirmière, je suis allée trois jours à Béthanie, dans la
maison de repos des Sœurs de Charité de Namur destinée principalement aux
religieuses âgées de la Congrégation. J'aime partager l’expérience que j’y ai
faite, parce que j'ai été accueillie d'une façon extrêmement gentille, aussi
bien par les sœurs que par le personnel. Toutes étaient d'une amabilité et
d'une disponibilité très grandes pour s'occuper de moi, particulièrement Sœur
Gerda, responsable de la communauté, et Catherine, l'infirmière en chef.
Celle-ci a suivi, durant deux ans en Suisse, une formation supplémentaire en
gériatrie et soins palliatifs, afin de pouvoir s'occuper de personnes âgées ou
en fin de vie. Au moment de mon stage, elle n’était à Béthanie que depuis trois
mois. Elle n'en était pas à son premier travail, elle avait déjà de
l'expérience mais j’ai été émerveillée par la façon dont elle faisait son
travail : non seulement elle connaît son métier mais surtout on sent
qu'elle croit à ce qu'elle fait, avec une conviction personnelle, basée sur ses
études.
Au moment de
partir, j’ai dit à sœur Gerda et à Catherine : Merci beaucoup de tout le
temps que vous m’avez donné, parce que vous avez quand même votre travail et je
suis venu y ajouter quelque chose de plus. Elles m'ont répondu toutes les deux – et de la part d'une
laïque, cela m’a paru encore plus touchant –
mais c'est gai de pouvoir aider une autre
communauté, de pouvoir partager, échanger, s'encourager…
En plus de
tout ce que j'ai pu vivre à Béthanie, cette réponse, si spontanée et
fraternelle, m'a tellement touchée que je suis heureuse de la partager avec les
lecteurs de l’Amandier.
Sœur
Miryam
« On
n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le
lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt
5,15).
Sous la
rubrique « La lampe et le lampadaire », l'Amandier informe les Amis
d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et
les nécessités qui s'y attachent.
Après les
congés du bâtiment, les travaux ont repris à la ferme et se sont poursuivis
presque sans interruption malgré les intempéries de l’été. Celles-ci n’ayant
commencé qu’une fois le toit posé, nous n’avons donc guère enregistré de
retards si ce n’est en ce qui concerne le crépissage des façades.
La pose des
châssis de fenêtre et de portes est en cours ; les travaux d’égouttage se
poursuivent à l’extérieur du bâtiment. Le sablage des murs, extérieurs et
intérieurs, est achevé. À l’intérieur, le gros œuvre est pratiquement terminé.
Électriciens, chauffagistes, plafonneurs, monteurs de l’installation sanitaire
et monteurs de l’ascenseur s’affairent. On étudie maintenant le choix des
carrelages et des peintures, tout en commençant à
imaginer plus
concrètement l’emplacement des meubles…
A la
prochaine rencontre des Amis d’Ermeton, le 14 octobre, ceux-ci pourront donc
admirer, de l’extérieur, l’ensemble du bâtiment en bonne voie d’achèvement et
se réjouir déjà à l’idée de fêter dans un an son inauguration !
D’ici là, il
faudra encore y passer beaucoup de temps et y mettre beaucoup de forces. Du
côté de la communauté, l’équipe de chantier compte désormais un membre de plus
en la personne de Sœur Marie-David, qui vient de terminer ses études et n’a
heureusement rien perdu de son intérêt pour la vie pratique. Aucune réflexion
n’est de trop quand il faut prévoir l’avenir et poser en conséquence des choix
peut-être irréversibles…
L’encouragement
de nos amis continue à nous porter de mille façons. Il n’est pas mots pour les
en remercier. Le silence et la prière s’en chargent.
Comptes
bancaires
DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC :
GKCCBEBB)
Pour
Société
Générale Givet : 0003729001810 (IBAN
: FR76 30003 00581 00037290018 10),
(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)
avec
la mention « la lampe et le lampadaire »

La matière de
ce numéro étant trop abondante, nous avons dû renoncer à regret à faire
paraître la Page des jeunes et Sur les pas de Saint Benoît.
Mais les
articles préparés trouveront place dans le numéro de décembre.
Merci aux
collaborateurs qui avaient tout fait pour que leur copie nous parvienne à temps.
C’est
le moment
de
renouveler votre abonnement à l’Amandier

L’Amandier paraît quatre fois par an. Il
donne régulièrement des nouvelles de la communauté, de ses projets et rappelle
les activités proposées à l’accueil. Il est soutenu et promu par un groupe
d’Amis qui proposent :
Pour
|
Abonn. ordinaire : 8 € |
Abonn.
de soutien : 10 € |
Abonn. d’honneur : 15 € |
À verser au compte n° 000-3204631-42 Nicole Lambot—l’Amandier, rue du
Monastère,1 à 5644 Ermeton-sur-Biert.
Pour les autres pays :
|
Abonn. ordinaire : 10 € |
Abonn.
de soutien : 12 € |
Abonn. d’honneur : 15 € |
À
verser au compte (IBAN BE77 0003 2046 3142) BIC BPOTBEB1 Nicole
Lambot—l’Amandier, rue du Monastère, 1 à B - 5644 Ermeton-sur-Biert.
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la mention "Amandier 2008"
L’excédent
des frais d’impression est affecté entièrement à la rénovation de l’accueil.
N’oubliez pas d’inscrire vos nom et adresse complète avec la mention
« Abonnement Amandier 2008 ».
|
Contenu |
||
|
Liturgie d’automne |
Sœur
Loyse |
2 – 5 |
|
Du
spirituel dans l’art – Un atelier de céramique au monastère |
Geneviève
Bricoult |
6 – 8 |
|
L’université
de Paix |
Sœur
Birgitta |
9 – 11 |
|
À
l’occasion des messes radiodiffusées |
Jean
Présence |
12 – 16 |
|
Quelques
jours au Maroc |
Sœur
Marie-André |
16 – 24 |
|
Quelques
nouvelles de la communauté |
Sœur
Marie-François |
24 – 27 |
|
À la
librairie d’Ermeton |
Sœur
Marie-Paule |
27 – 29 |
|
Une
entraide fraternelle |
Sœur Miryam |
29 – 30 |
|
La
lampe et le lampadaire |
Sœur Loyse |
30 - 31 |
|
Abonnement
– contenu |
|
32 |