Belgique – België

P.P.

5640 Mettet

BC 1655

 

 

 

Bureau de dépôt :

Mettet

Trimestriel

avril – juin 2007

N° Agr. : P201036

Zone de Texte: Bulletin des Amis d’Ermeton N° 22
Juin 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Édit. resp. : Sœur Loyse Morard, Monastère Notre-Dame
	 Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps « ordinaire »

 

Le temps pascal s’est achevé. Avec la liturgie, nous sommes entrés dans le temps dit « ordinaire ». Aux vigiles de la Pentecôte, un court passage de l’évangile de Jean résonnait à nos oreilles à la fois comme une conclusion et une introduction. Comme une synthèse certainement, à graver dans notre cœur. Conclusion du temps pascal et ouverture à la vie de tous les jours… : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur… Et l’évangéliste de commenter cette exclamation solennelle: Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (Jn 7,37-38).

Conclusion du temps pascal, le cri de Jésus résume à sa façon tout ce que la liturgie nous a fait vivre depuis le début du carême. Le carême, qu’est-ce d’autre sinon un temps qui nous est donné pour creuser notre soif, pour mieux la ressentir sans nous en distraire ? Si quelqu’un a soif… Notre vie à la suite du Christ commence là. Saint Benoît dira : S’il cherche vraiment Dieu … (RB 58,7). Il y a, à la racine de nous-mêmes, une soif, un désir fondamental qu’il nous faut rejoindre et honorer. Le Saint Esprit est là, déjà.

Si, à la fin du carême, les jours saints nous font revivre la passion, la mort et la résurrection de Jésus, n’est-ce pas pour nous apprendre à venir à lui, pour nous « éduquer », nous conduire hors de nous-mêmes, et nous faire communier à son propre mystère ? Le temps pascal, lui, nous est donné tout entier pour boire longuement, pendant cinquante jours, à la source jaillie du cœur de Jésus sur la croix. Enfin, à la Pentecôte, l’Esprit Saint vient libérer la source dans notre propre cœur : Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur.

La source qui a jailli du côté de Jésus sur la croix se répand toujours et continue à féconder les cœurs, de proche en proche. Du cœur de l’homme assoiffé de vérité et d’amour, en passant par le corps de Jésus offert à son Père sur la croix, jusqu’à l’Église comme plénitude de communion dans l’amour, l’Esprit de Dieu trace une ligne unique sur laquelle nous sommes et qu’il veut prolonger à travers nous. Le mystère de Dieu est un ; il enveloppe l’espace et le temps. La Pentecôte nous a rappelé que nous en faisons partie.

Au moment où recommence ce que la liturgie appelle « le temps ordinaire », il faut donc célébrer la Source de notre vie véritable. Elle est dans le cœur de Dieu, dans l’amour réciproque du Père et du Fils qui nous est offert et partagé ; elle est dans l’Esprit Saint. La Bible l’appelle Créateur et Consolateur. Créateur parce que nous lui devons cette soif d’amour qui définit notre vie humaine. Consolateur parce que, au-delà de toutes nos errances, il reprend tout ce qui vient de Jésus pour nous l’expliquer (Jn 16,14), pour nous donner d’en vivre à notre tour, dans la foi, à partir de notre propre cœur. Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur : le cœur de Jésus d’abord mais aussi le nôtre, puisque nous croyons en lui. La phrase est ambiguë et il est bon qu’elle le soit. L’Esprit Saint veut identifier notre cœur à celui de Jésus et nous avons toute notre vie, ordinaire, pour nous y prêter.

Mais l’évangile, nous le savons, lie le don de l’Esprit à la « gloire » de Jésus manifestée sur la croix. C’est sur la croix que Jésus a remis son souffle et que l’eau vive est sortie de son côté transpercé. Le rocher doit être frappé pour que la source jaillisse (Ex 17,6 ; Nb 20,11). L’Esprit en nous porte ses fruits quand nous le laissons féconder les peines de notre vie ordinaire : Amour, joie, paix, patience, humilité, maîtrise de soi (Ga 6,22) ne nous sont pas naturels. Ils viennent d’ailleurs. Ils sont, au quotidien, l’eau vive qui jaillit de notre cœur, frappé par l’épreuve ou les chocs de la vie ; non pas du « cœur » sentimental, mais du cœur profond, intime, du cœur où l’Esprit de Dieu pénètre et œuvre en secret.

Maintenant, le « temps ordinaire » est là devant nous, offert à ce travail de l’Esprit dont nous sommes le terrain. L’Esprit de Dieu œuvre sans cesse en nous, dans nos souffrances autant que dans nos joies, au cœur de nos tracas quotidiens comme dans la détente des vacances qui approchent. Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié (1 P 4,11): saint Benoît fait sienne cette recom-mandation de l’Écriture qu’il adresse aux artisans du monastère pour les aider à bien orienter leurs activités commerciales (RB 57,8). Ne vient-elle pas rejoindre aussi chacun et chacune d’entre nous, au sein de ses multiples activités, tout au long des jours « ordinaires » qui s’écoulent ? Ces jours alors sont-ils si ordinaires ?

Sœur Loyse

 

Zone de Texte: « AMIS D’ERMETON »

La « Journée des Amis » est fixée, cette année, au dimanche 14 octobre.
Vous trouverez en encart l’invitation et les renseignements utiles pour vous inscrire dès à présent. Merci de nous réserver cette date.

 

Un regard sur les enfants,

 

En novembre 2006, sœur Marie-Élisabeth a été appelée à présenter à un groupe d'inspecteurs de religion son expérience des rencontres avec les enfants vécues au monastère. Elle partage sa réflexion avec les lecteurs de l'Amandier.

 

L'Amandier : Des enfants auprès d'une communauté de moniales ! Que peuvent-ils bien venir y chercher ?

Sœur Marie-Élisabeth : Avant tout, il me semble utile de préciser de quel lieu je parle. Je suis moniale depuis 1994, après avoir été durant 25 ans religieuse apostolique. S’il semble normal qu’une religieuse apostolique soit catéchiste, enseignante ou animatrice de jeunes, il peut sembler plus étonnant qu’une moniale ait quelque chose à dire au sujet des enfants. Cela tient tout d’abord à l’amitié et l’intérêt qu’ils m’ont toujours portés et que je leur ai rendus. (N’avais-je pas choisi la profession d’institutrice maternelle après avoir songé à celle d’éducatrice ?) Mais cela tient aussi à ma communauté qui accepte que j’accueille des enfants au monastère. Non seulement elle le supporte, mais elle m’encourage à le faire. Aussi, si j’emploie fréquemment le « nous », c’est parce que ce que je vis avec les enfants est soutenu par toutes les sœurs de la communauté.

L'A. : Les rencontres pour enfants ont-elles quelque chose à voir avec la fondation de Dom Vandeur ?

S. M.-E. : A mes yeux, oui ! Je pense que la communauté peut retrouver dans l'accueil des enfants quelque chose de la mission « d'éducation à la foi » voulue par Dom Vandeur. Moine de Maredsous, fondateur de la communauté en 1917, il voulait que l’enseignement de la piété de l'Église, piété à base dogmatique puisque liturgique, constitue l'objet de l'apostolat des bénédictines nouvelles[1] qu’il entendait fonder. Cette inspiration des origines reste vivante aujourd’hui parmi nous. C’est la raison pour laquelle notre communauté organise tout au long de l’année des sessions centrées principalement sur l’initiation biblique et liturgique. Celles-ci sont animées par des moniales ou par des intervenants extérieurs.

L'A. : Comment les animations destinées aux enfants ont-elles débuté ?

S. M.-E. : Le premier groupe a été suscité par des parents désireux de participer aux journées d’initiation biblique organisées trois fois par an et animées par Sœur Loyse. Que faire avec les enfants pendant ce temps ? Au même moment, ma filleule, alors âgée de 10 ans, trouvait qu’elle n’avait pas assez d’occasions de me rencontrer. C’est ainsi que, parallèlement aux journées pour adultes, ont été créées les journées des « Détectives de la Bible ». Les adolescents étaient invités à vivre la même journée, sur le même thème, avec sœur Marie-Paule. Les premiers membres du groupe des adolescents ont été fournis par un groupe d’enfants du village voisin de Graux, que nous avions accompagnés dans leur préparation à la profession de foi. Mais ils n’ont pas persévéré très longtemps.

Dans un premier temps, ce sont plutôt les enfants (sept réguliers – une dizaine à chaque rencontre) qui ont accompagné leurs parents et répondu à l’invitation. Mais au terme d’un premier cycle d’environ cinq ans, les aînés de ces enfants - devenus adolescents, et formant entre eux une sorte de petite communauté amicale - ont désiré continuer à se rencontrer et ont fondé le « groupe des ados ». Ils recommencent le cycle, mais avec des yeux neufs, disent-ils. Ils sont cependant présents de manière irrégulière. Mais ils aiment participer au « W.E. monastique des 13-16 ans » et sont prêts, dans la mesure de leur temps libre – tous sont en secondaire et certains pensent déjà à l’université qu’ils rejoindront l’an prochain – à « donner un coup de mains » pour l’animation des enfants. Plusieurs d’entre eux participent aussi à des week-ends et sessions de communautés nouvelles, telles que Tibériade, Marie-Jeunesse, etc…

L'A. : Y a-t-il d'autres groupes qui viennent au Monastère ?

S.M-E. : Le second appel nous est venu d’une équipe de catéchistes désemparés de ne pouvoir vivre la retraite de profession de foi à l’endroit qu’ils fréquentaient habituellement. Avec eux et pour eux, nous avons créé un schéma de retraite.

Ce schéma, comme celui des journées bibliques, est adaptable et nous permet de répondre à des demandes variées : un week-end de Foyers Notre-Dame, des retraites d’un jour, d’un week-end ou de trois jours. A chaque fois, nous modulons notre proposition en concertation avec les adultes accompagnateurs.

Avec des groupes de confirmands (ou d’enfants qui se confessent pour la première fois et même, une fois, avec un groupe de premiers communiants), nous avons accompli une démarche similaire. La journée sur la confirmation est centrée sur la Bible et la liturgie de la confirmation, les journées pour les petits de la première communion sur l’Ancien et le Nouveau Testaments et la célébration de la première confession sur l’évangile.

D’autres enfants viennent en groupes de classes (généralement de 1ère année de rénové) pour recevoir un témoignage de vie monastique. Plusieurs sœurs acceptent volontiers ce type de service. Nous organisons alors une visite du monastère (ateliers et chapelle où la disposition des lieux se prête bien à un enseignement sur la Bible et sur l’Église), en complément avec le témoignage.

L'A. : Vous accueillez aussi des élèves de rhétorique en groupe ou seuls pour des retraites. Comment cela se passe-t-il ?

S. M.-E. : Peut-être est-ce un autre sujet, mais il y a aussi des jeunes qui passent quelques jours de retraite au monastère (en 5e ou 6e année d’humanités). Là aussi la réflexion tourne autour de la Bible et de la liturgie. Certains jeunes n’hésitent pas à venir seuls quand aucun autre élève ne désire ce type de séjour. Ce sont alors généralement des moments très riches et qui parfois se prolongent par du courrier ou des courriels.

L'A. : Que partagez-vous de votre vie monastique avec ces différents groupes ?

S. M.-E. : Dès le début, sœur Marie-Paule et moi avons travaillé en équipe, l’une et l’autre étant inexpérimentées : elle auprès des enfants (elle est formée à l’enseignement secondaire), moi dans la vie monastique. Aujourd'hui, sœur Marie-Paule, absorbée par son travail de cellérière et les diverses réunions occasionnées par les travaux, se retire quelque peu. Sœur Marie-Christine est entrée dans l'équipe, mais la démarche reste dans la même ligne.

Après réflexion, nous avons décidé de partager aux enfants et aux jeunes ce qui fait le cœur de notre vie monastique : la lectio divina, la prière liturgique, le silence, la dimension ecclésiale. C’était un pari qui n’était pas gagné d’avance ! Aujourd’hui encore, certains catéchistes hésitent quand nous leur proposons cette démarche pour la première fois.

Notre souci a été, nous adressant à des enfants, de les prendre assez au sérieux pour avoir l’audace de leur proposer cet essentiel et de leur montrer par notre attitude et notre enthousiasme qu’ils entrent ainsi dans un monde qui en vaut la peine et que cette démarche est bien celle que, comme adultes, nous continuons à vivre.

Depuis ce moment, nous nous présentons à eux avec notre Bible et notre pratique de la lectio, notre expérience de vie et le désir de partager.

C’est peut-être cela et notre goût de le faire qui nous ont permis une fois d’animer une journée de retraite pour des enfants et des parents ensemble, tous suivant la même démarche.

Les enfants participent aussi à la liturgie de la communauté : l’office de midi le plus souvent, avec les psaumes chantés et récités, la lecture d’un passage biblique, une oraison. Nous « n’arrangeons » rien pour eux, mais prions avec eux la liturgie du jour. Il est frappant de voir combien les enfants se débrouillent facilement dans le psautier et combien ils participent avec plaisir au chant ou à la lecture des psaumes. Sans doute ne comprennent-ils pas tout… Mais nous-mêmes qu’en est-il ? La liturgie est pourtant le lieu où nous apprenons Dieu de la meilleure manière qui soit, me semble-t-il. C’est en tout cas, un des lieux où, comme moniales bénédictines, nous avons quelque chose à partager avec les autres chrétiens.

Pour la retraite de profession de foi (qui peut se déployer sur un, deux ou trois jours, suivant la demande), nous proposons également les valeurs que nous croyons nécessaires à la recherche de Dieu :

-          consacrer du temps au silence et au partage,

-          aller à la rencontre de croyants de la Bible (dans l’Ancien et le Nouveau Testaments),

-          découvrir le témoignage de quelques croyants de notre temps,

-          lire l’icône de la Trinité,

-          prendre le temps de la détente et du jeu dans le parc,

-          passer ensemble une journée de paix et de joie...

L'A. : Tout cela demande une préparation sérieuse, avez-vous une « méthode » ou/et du matériel didactique pour vous y aider ?

S. M.-E. : Bien que je sois institutrice maternelle de formation, je n’ai que très peu recours à du « matériel didactique » préexistant tel que jeux, livres, disques, vidéos… C’est peut-être quelque chose qui caractérise ma « méthode » depuis que je suis au monastère. (J’ai auparavant « fait » pendant 12 ans la catéchèse en paroisse avec des « méthodes » proposées aux catéchistes de paroisse.)

Mais, pour se présenter ainsi, sans filet, devant un groupe d’enfants, il est indispensable d’avoir bien et même très bien préparé son intervention. Non pas tellement de savoir quel « truc » on va employer pour maintenir l’attention, mais – s’agissant de la Parole de Dieu – de s’être soi-même laissé interpeler par elle, de savoir d’où elle vient, dans quel contexte elle a surgi, quel est son genre littéraire… et de l’avoir laissé résonner dans notre propre vie. Les « trucs », généralement, me sont dictés par les enfants. Il est clair cependant que les documents apportés par sœur Marie-Christine, elle-même enseignante depuis de nombreuses années, vont certainement enrichir encore notre travail. Cela d'autant plus qu'ils rejoignent vraiment le parcours biblique que nous suivons déjà.

Et pourtant, nous avons fait quelques choix :

-          Pour la participation à la liturgie, les enfants ont en mains le psautier que nous-mêmes employons. Une brève explication leur permet de s’y retrouver sans peine.

-          De même, pour la découverte de l’Ancien Testament lors des journées bibliques, nous leur présentons la Bible de Jérusalem dans sa version intégrale. C’est la manière que nous avons trouvée de leur faire prendre conscience qu’il ne s’agit pas d’une « affaire d’enfants », mais tout bonnement d’une « affaire de chrétiens ». Cela nous permet aussi de disposer du texte intégral plutôt que d’extraits choisis, tels que ceux que l’on trouve dans les bibles pour enfants.

En ce qui concerne les journées bibliques : à la fin de la journée, les enfants font une « conférence » aux parents. La forme de leur intervention vient du groupe – de sa constitution, de ses capacités, de l’âge moyen, du type de relations qui règne ce jour-là…. Panneau, mime, dessin, texte « à trous »… que les parents peinent parfois quelque peu à reconstituer !

L'A. : A partir de quel âge accueillez-vous les enfants ?

S. M.-E. : Les enfants que nous recevons sont très divers : de 5 à 14 ans. Jusqu’il y a peu, tous formaient un seul groupe. Cela n’était pas facile, mais permettait une entraide entre les grands et les petits. Il en est né une communauté fraternelle qui se manifeste encore.

De temps en temps, cela m’a permis de (ou obligée à) prendre des décisions qui semblaient sur le moment un peu « osées ». C’est ainsi qu’un jour où les petits étaient trop fatigués alors que les grands étaient encore pleins d’allant, j’ai « lâché » le groupe des grands et leur ai demandé de faire un panneau « résumant » le livre du Deutéronome. Le résultat a été extraordinaire… et je n’y ai été pour rien. Pendant ce temps-là, nous avons regardé une vidéo biblique apportée par un des petits.

Dans le groupe, certains enfants sont très intelligents et très dociles, d’autres le sont nettement moins… Mais, peu à peu, tout cela est devenu communauté et chacun a marché dans le respect mutuel. Si bien que maintenant, les ados continuent parfois à demander des nouvelles des petits quand ils ne les voient plus régulièrement.

L'A. : Y a-t-il une collaboration des « ados » à l’animation des plus jeunes ?

S. M.-E. : Pour la première fois, cette année, ce sont les six adolescents (dont la plus jeune avait 13 ans) qui ont animé la « journée-vacances » des enfants. Ils ont, de main de maître, organisé jeux et animations pour 31 enfants. Cela aussi est le fruit des journées bibliques.

Malgré tout, il faut bien avouer que la plupart des groupes que nous recevons sont des groupes d’enfants, motivés par la foi chrétienne, dont les parents sont engagés et soutiennent leur démarche, les accompagnent ou s’intéressent à ce qu’ils font dans ce domaine.

Une seule fois, j’ai eu un problème que je n’ai pu résoudre. Au terme d’une journée préparatoire à la profession de foi, alors que chacun réfléchissait à la rédaction de son texte, j’ai trouvé un enfant en larmes. M’approchant, je l’entendis me dire : « Je ne veux pas faire ma profession de foi. Je le dis depuis deux ans à mes parents et ils m’obligent. » Que se passait-il ? Quelle réalité se cachait derrière cette détresse ? Cet enfant passait une journée au monastère… J’ai interpellé le catéchiste. Je n’ai jamais su ce qui s’était passé ensuite… Je pense encore très souvent à cet enfant.

L'A. : Souvent les enfants sont accompagnés de leurs catéchistes. Ceux-ci sont-ils eux aussi investis dans la démarche ?

S. M.-E. : Les catéchistes bénévoles sont généralement très demandeurs, pour eux-mêmes, d’un temps de réflexion et de prière. Je suis toujours émue de voir qu’aux moments de silence, à l’office ou lors de la contemplation de l’icône de la Trinité, les adultes participent intensément, comme à égalité.

C’est ce visage d’Église que les adultes contribuent à donner à la démarche des enfants qui me semble très motivant. Ici, pas d’enfants et d’adultes, mais des croyants à l’écoute ensemble. Telle est, me semble-t-il, la richesse de ces groupes. A la fin du cycle des journées bibliques, les enfants ont reçu un « certificat de ‘Détective de la Bible’ » signé par tous les adultes présents !

L'A. : Qu'ajouteriez-vous pour conclure ?

S. M.-E. : Inutile de vous dire que le regard que je porte sur les enfants est plein d’espérance, vous l’avez senti !

Bien sûr, les enfants que je côtoie sont souvent – au niveau de la foi – des enfants privilégiés. Mais comme tous les autres, ils ont des souffrances qui peuvent être aussi profondes que de porter en soi-même une grave épreuve de santé.

Je constate pourtant que même les enfants moins privilégiés peuvent – au prix de l’amitié qu’ils rencontrent dans l’Eglise (que nous représentons à leurs yeux) – découvrir qu’ils sont aimés personnellement par Dieu, que Jésus est une présence amie à leurs côtés et l’Esprit une force dans l’épreuve. Ainsi un enfant handicapé dont les parents ont demandé qu’il puisse faire sa première communion dans notre chapelle, et qui vient montrer fièrement à un copain la place qu’il a occupée ce jour-là.

Je m’aperçois qu’ils peuvent accueillir un enseignement qui ne part pas « de la vie » (selon l’expression employée auparavant), mais de la Parole de Dieu. Ils en découvrent l’actualité pour eux et pour le monde. J’ai encore en mémoire la réflexion d’un enfant au moment où nous parlions de l’histoire des rois – qui n’est pas une histoire irénique ! Une fillette me dit : « Mais… c’est plein de guerres, la Bible ! Ils se tuent tout le temps… C’est comme maintenant ! Mais Dieu continue ! »

Je crois aussi qu’il ne faut pas craindre d’aborder avec eux des textes difficiles ! Après avoir lu dans la Bible le récit de Caïn et Abel (en parallèle avec une journée animée par monsieur l’abbé Wenin), je propose à chacun de choisir une œuvre d’art illustrant le récit et d’y ajouter ce qui manque à leurs yeux. Un enfant met une bulle dans la bouche d’Abel et y inscrit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » « Pourquoi écris-tu cela ? » « Mais, parce qu’il ressemble à Jésus ! ». Les Pères de l’Église ne disaient pas autre chose !

Je crois en eux, c’est vrai ! Mais je crois surtout en l’Eglise lorsqu’elle se fait communauté et accueille tous ses enfants avec affection, quel que soit leur âge, leur passé, leurs projets, leurs joies et leurs souffrances. Et les enfants sont capables de vivre en Eglise…, si les adultes qu’ils rencontrent leur en montrent la route. Cela est vrai partout.

C’est parce que je crois en l’Église que, lorsque j’entends parler de catéchèse intergénérationnelle, je me sens très directement concernée ! L'Église ne peut marcher à la suite du Christ que si chacun de ses membres accepte d'être toujours à nouveau mis en route par l' Esprit. N'est-ce pas ce que saint Benoît demande à chacun de ceux qui désirent « chercher Dieu » ?

Sœur Marie-Élisabeth

 

 

Découvrir Bose (suite)

Zone de Texte: L’Amandier est le Bulletin des Amis d’Ermeton. Il paraît quatre fois par an : en janvier, avril, juillet et octobre. Il donne régulièrement des nouvelles de la communauté et de ses projets et rappelle les activités proposées à l’accueil. Il est soutenu et promu par un groupe d’Amis qui proposent : 
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Monsieur Rahier, un ami d'Ermeton bien connu de tous les autres, est revenu émerveillé de quelques jours passés en Italie, dans la communauté monastique de Bose qui est elle-même amie d'Ermeton depuis une dizaine d'années. Nous lui avons demandé de partager son enthousiasme avec les lecteurs de l'Amandier (voir L’Amandier n° 21, mars 2007). Il nous livre ici la deuxième partie de son témoignage, suivie de quelques textes significatifs.

Frère Enzo

Le frère Enzo nous a rejoints le dimanche matin pour nous accueillir, faire connaissance, voir comment se déroulait notre séjour. Je ne l'avais encore jamais rencontré. Ce que je savais de lui, je l'avais appris des sœurs d'Ermeton et surtout par mes lectures qui m'avaient fait découvrir sa carrure prophétique, ses étonnantes connaissances bibliques, ses grandes orientations spirituelles, sa réputation et son rayonnement bien au-delà de l'Italie, ses réalisations à Bose. J'ai été frappé par sa grande simplicité, son humilité, son regard profond, son accueil souriant et si chaleureusement humain. Avant de le quitter, je lui ai demandé, tout ému, comment je devais l'appeler, il m'a dit en souriant : simplement frère Enzo.

J'ai pensé que pour découvrir les racines, le cœur et l'âme de Bose, il fallait un peu se pencher sur son fondateur, son identité, son itinéraire.

Pour ce faire, j'ai puisé toute mon information dans les deux livres suivants :

1.      Enzo Bianchi et la communauté de Bose, du Père Mario Torcivia, éditions Salvator

2.      Bose, la radicalité de l'évangile, de Robert Masson, éditions Parole et Silence

Enzo Bianchi naît en 1943 dans un village d'agriculteurs au sud du Piémont, au sein d’une famille pauvre. Sa mère Angela est une chrétienne convaincue, d'une pratique religieuse assidue. Elle est de santé très fragile.

Elle avait confié son fils à toutes les protections divines. A celle aussi de son mari, qui n'était pas spécialement porté sur les choses de la religion. Il était plus sensible à ce qui lui semblait l'espérance des pauvres. Il était communiste ce qui était courant dans ces classes déshéritées. Et comme il avait promis à son épouse de ne pas faire obstacle aux aspirations religieuses de son fils, l'homme tint parole. (Masson)

Avant de mourir sa maman avait aussi décidé de confier l'éducation scolaire et surtout religieuse de l'enfant à deux femmes du village. L'une est institutrice, l'autre employée des postes. Ces deux femmes célibataires vivent ensemble, partagent leurs ressources, mènent une vie ascétique, font preuve d'une grande générosité pour les plus démunis. Elles partagent ce qu'elles ont et ce qu'elles sont, ce qu'elles vivent. Elles sont cultivées et ont une formation religieuse solide. Elles auront une influence déterminante sur la vie d'Enzo. Toutes deux sont mortes à un âge très avancé dans la communauté de Bose. Enzo a 8 ans à la mort de sa maman.

L'adolescence d'Enzo est une période féconde au niveau des études et de son engagement dans l'Action Catholique. Il réfléchit déjà à certains problèmes de la vie de l'Église. Il s'engage politiquement dans le mouvement des jeunes de la Démocratie Chrétienne pour rendre service à l'Église mais aussi à la Cité. Il s'inscrit à la faculté d'Économie et de Commerce de l'Université de Turin. Il est promis à une belle carrière politique.

Ses années universitaires coïncident avec la tenue à Rome du Concile Vatican II. De nombreuses communautés de base et des groupes spontanés apparaissent. Créé en 1963, l'un d'eux survit jusqu'en 1966. A partir de 1964, il s'est installé dans une maison louée par Enzo à Turin. En 1965, ce groupe qui compte des hommes et des femmes n'appartenant pas seulement à l'Église catholique se dénomme « Fraternité Œcuménique de la Via Pave ». Il se réunit chaque lundi et Enzo commente une page d'Écriture.

Rencontre avec l'Abbé Pierre

Enzo passe 40 jours de l'été 1965 dans la communauté de l'abbé Pierre qui lui fait changer radicalement d'opinion. Il découvre aussi la spiritualité de Charles de Foucauld et sa vraie vocation, la vie monastique. Il va, dès ce moment, chercher un endroit où la vivre concrètement. Ce sera le petit village de Bose.

Le 8 décembre 1965, jour de la clôture de Vatican II, Enzo Bianchi se rend à Bose fixant ainsi la date du début de sa vie monastique.

Le 4 octobre 1966, fête de François d'Assise, le groupe œcuménique tient son premier chapitre à Bose et prend la décision de louer certaines maisons du hameau. Dix hommes et dix femmes de la Fraternité avaient émis le souhait de mener une vie monastique avec Frère Enzo mais ont abandonné ensuite. Enzo se retrouve seul. Il démarre malgré tout les activités de la « Fraternité oecuménique de Bose ». Les quelques deux années de solitude sont fécondes au milieu de difficultés matérielles considérables. Le Cardinal Pellegrino, archevêque de Turin, a adhéré aux orientations d'Enzo et va soutenir et encourager efficacement et fidèlement son projet.

Après cette période de solitude à Bose, Enzo Bianchi part quelques mois en dehors de l'Italie. En 1967, il rencontre le monde grec orthodoxe en s'arrêtant au Mont Athos, puis fait la connaissance à Istanbul du patriarche œcuménique de Constantinople. Il fait aussi un arrêt à l'abbaye bénédictine de la Pierre-qui-Vire et aux abbayes cisterciennes de Bellefontaine et de Tamié en France.

Il fréquente également Taizé, centre de renouvellement réputé de la vie religieuse et monastique. Il se lie d'amitié profonde avec le Frère Roger Schütz, prieur et fondateur de cette communauté protestante.

C'est ici que prend fin l'expérience solitaire d'Enzo Bianchi.[2]

 

 

Je voudrais maintenant relever quelques points saillants qui m'ont touché plus particulièrement. D'autres jailliront plus tard, beaucoup plus tard peut-être.

A Bose, tout part du vécu. Rien n'est délibéré. Les événements entraînent les orientations. C'est ainsi que le groupe spontané des débuts composé à la fois d'hommes et de femmes, de catholiques et d'un pasteur protestant, mènera à la mixité et donnera la dimension interconfessionnelle de la future communauté monastique.

La vie est toute remplie par la prière, le silence des lieux, le travail, la pauvreté, la lectio divina, le tout vécu dans la radicalité évangélique. Tout contribue à construire solidement et durablement la communauté monastique. Il y a peu de paroles, mais les êtres rencontrés sont habités par Dieu.

Je le redis, combien j'ai été frappé par l'accueil spontané de Bose. Ce qui fait le miracle, c'est qu'à travers les personnes, c'est le Christ qui accueille. « Le véritable accueil, c'est le Christ qui le fait. »

Les moines et les moniales sont adossés au désert en permanence mais ils regardent vers le monde tout proche. J'ai été bouleversé lorsque, le samedi et le dimanche, j'ai vu depuis très tôt dans la journée de petits groupes arriver par les chemins qui mènent au Monastère. Ils sont très divers: personnes seules, couples, de tous âges, handicapés aussi. Ils viennent « voir ». J'ai observé leurs visages. Beaucoup sont recueillis, silencieux, graves. Ils sont tous différents comme on l'est dans le monde d'où ils viennent. J'ai appris que leurs motivations sont très variées. Ce n'est pas pour certains une démarche religieuse. J'ai deviné dans ces foules beaucoup de détresses humaines, de cœurs révoltés, de désarroi. Peut-être certains ne savent-ils pas ce qu'ils cherchent, mais ils sont là, attirés par une force mystérieuse, sans parfois bien comprendre. Et beaucoup sentent, je pense, que ce lieu est accueillant, que des moines et moniales, s'ils le veulent, les écoutent avec respect et discrétion, comme ils sont, là où ils en sont, dans le silence peut-être. Et que ce serait avec « l'oreille du cœur » que les cris et les palpitations du monde seraient perçus. Je reste marqué par ce spectacle émouvant et j'imagine sans difficulté ces foules au temps de Jésus accourant vers lui, aspirées comme par un aimant. C'est un morceau du monde en soif d'écoute, en soif d'amour, qui défilait devant moi. Et j'avais envie de me joindre à cette foule assoiffée.

La Règle de Bose est inspirée par la Règle de saint Benoît, le père des moines d'occident, mais est aussi redevable à saint Pacôme et saint Basile, ces pères de l'Orient. Depuis que je vis de la Règle de saint Benoît, ici au Monastère, j'ai toujours aimé le dernier chapitre (ch. 73) où Benoît invite notamment à compléter sa « petite règle pour débutants » par les enseignements de saint Basile et des évêques des premiers siècles. J'ai toujours pensé que saint Benoît fermait sa règle en l'ouvrant. Je me sentais à l'aise dans la Règle de Bose. Et je suis revenu avec le désir de toujours vivre davantage de la Règle de saint Benoît. Elle est inépuisable et je découvre toujours plus que je ne suis pas très loin.

Le samedi, j'ai pris le repas de midi avec des frères protestants suisses des cantons de Genève et du Valais. Plusieurs pasteurs étaient accompagnés de leurs parents et amis. Ce fut un exercice pratique d'œcuménisme et de partage vraiment fraternel. Tout était clair et simple. Ils venaient de participer à une retraite sur la lectio divina. Ils m'ont dit combien ils étaient attachés à la communauté monastique de Bose qu'ils fréquentaient régulièrement. Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer des orthodoxes venus quelques jours auparavant à Bose. La Parole de Dieu si présente faisait des miracles dans ces rencontres inattendues. Je me disais que le vivre ensemble valait bien mieux que de savants discours théologiques, utiles certes, mais pas nécessairement premiers en définitive.

Des moines au travail aux moines en prière à l'église. La communauté a décidé de ne pas avoir d'habit monastique propre, mais de s'habiller comme des gens de la société civile, sous le signe pourtant de la pauvreté, de la discrétion et de l'absence de toute originalité. C'est seulement pendant la liturgie, depuis 1984, que les frères et sœurs revêtent une coule blanche, dont le seul but est de rappeler que la personne tout entière est revêtue du Christ et d'exprimer autrement que par la parole leur louange au Seigneur. (Torcivia p. 77)

J'avais eu des contacts avec beaucoup de frères et sœurs au travail ou lors de rencontres. Et je les identifiais clairement. Je les ai retrouvés à l'église et, là, je ne les reconnaissais plus. Quelque chose de mystérieux se passait. Ils n'étaient plus qu'une grande unité. Mystère de la prière et force de la liturgie. Quelqu'un les unifiait vraiment.

Les offices de la journée sont sobres, particulièrement soignés et recueillis. On se sent dans le vrai temps de Dieu. Les offices sont chantés en alternance groupe hommes et femmes souvent à l'unisson avec accompagnement discret de l'orgue, parfois du violoncelle et de la cithare. Quelquefois des solistes travaillant leurs connaissances musicales se détachent du groupe pour chanter en polyphonie. J'ai découvert que pour moi ces offices étaient toujours neufs. Mais Dieu n'est-il pas toujours neuf ?

 

 

L'après Bose

Mon séjour à Bose est terminé depuis plusieurs mois. Et voilà que maintenant j'éprouve la sensation profonde d'y être encore bien présent par la prière, par la pensée, par le cœur. Je reste profondément marqué par ce que j'ai vu et senti qui se vivait vraiment là-bas. Il y a pour moi un après Bose que je vis ici au Monastère Notre-Dame comme la présence d'un absolu plein d'étincelles d'espérance, de joie, de confiance, de lumière. J'ai la certitude aujourd'hui encore – et je pressens que cela peut durer – d'être mystérieusement soutenu, éclairé, porté, comme si j'y étais encore. J'y reste vraiment de cœur et d'âme. C'est bien difficile à manifester, mais c'est ce que j'éprouve. Il est des choses qu'on abîme en les exprimant. Vertu du silence.

C'est ce qui me pousse à reproduire ici des vérités profondes, des pensées fortes, des conseils porteurs captés si souvent là-bas, mûris et approfondis ici et si présents en moi (cf. annexe 4). J'éprouve plus que jamais le besoin de me les rappeler. Beaucoup sont du frère Enzo. J'ai un grand désir, jour après jour, d'essayer de les vivre dans le concret, de les laisser « fermenter » au cœur de partages, de les laisser me renouveler. Et quand je m'éveille la nuit, il m'arrive, surpris, d'être encore comme habité par eux. Mystère des retombées d'un témoignage vécu dans tout son absolu, sa rigueur, sa fraîcheur. On ne peut parler que de ce qu'on vit ou de ce que l'on tente loyalement de vivre au mieux.

Je continue à entrevoir, transposé dans mon quotidien, comme un chemin clair, solide, beau, abrupt parfois aussi, comme bien des passages de nos « aujourd'hui ». Chaque jour à vivre pleinement est un chemin pascal avec ses croix grandes ou petites suivies, quand on sait attendre et discerner, de grandes ou petites résurrections. Sur ce chemin, nous ne sommes jamais seuls. Et je m'efforce bien souvent de rassembler dans l'Unité ce que je tente de vivre. Être porté par une intuition forte, puissante, qui serait un peu la synthèse de tout ce qui importe, qui me permettrait plus facilement de l'avoir accessible à tous instants. C'est une recherche permanente et docile de la force invincible de l'Amour qu'est Dieu, de la puissance infinie du Dieu humble et souffrant, de Dieu tout puissant dans sa fragilité même. Tout se vit en Jésus-Christ.

Les quelques grandes choses qui importent dans la vie, on doit garder les yeux fixés sur elles, on peut laisser tomber sans crainte tout le reste. Et ces quelques grandes choses, on peut les retrouver partout, il faut apprendre à les redécouvrir sans cesse en soi pour s'en renouveler (Etty Hillesum, Une vie bouleversée, dans Etudes, janvier 2007, La puissance de Dieu).

 

 

Quand on se risque à parler des choses de Dieu, on ne sait jamais où cela conduit, on perçoit rapidement ses limites. Alors il vaut mieux se taire et retrouver la prière dans le silence de son cœur.

C'est ce que j'ai souvent perçu en livrant ce que j'ai écrit sur Bose.

Je vais donc me taire et tenter de retrouver l'Essentiel simplement en moi et chez les autres dans la vie d'aujourd'hui.

Je vais me taire, mais je ne vais pas pour autant fermer la porte.

La porte du pavillon Saint-Benoît reste largement ouverte à tous mes amis et amies et à tous ceux et celles qui souhaiteraient me poser des questions sur Bose, sur le pendant Bose et sur mon après Bose. Je serai heureux de les écouter vraiment, j'essaierai de répondre à leurs questions, de compléter leur information.

C'est le moment pour moi de rendre grâce et de remercier encore une fois tous mes frères et sœurs de Bose qui font vraiment partie de ma famille spirituelle. Ils sont présents dans ma prière quotidienne, dans mes pensées et dans mon cœur. Je partage leurs joies comme toutes leurs peines.

Mes remerciements vont aussi à mes sœurs d'Ermeton, mon monastère depuis si longtemps, dont mon épouse fut si proche aussi, pendant de longues années. Elles nous firent découvrir l'immense richesse bénédictine. Elles furent à l'écoute si aimante de nos joies et de nos peines. Je ne pourrai jamais dire tout ce que nous leur devons.

Sans elles il n'y aurait jamais eu de Bose pour moi, ce lieu d'une infinie Présence, ce « lieu de nulle part ».

Albert Rahier

Annexes

Dates significatives de l'histoire de la communauté monastique de Bose

8 décembre 1965

Arrivée d'Enzo Bianchi à Bose, à la clôture du concile Vatican II

août - septembre 1966

Camp de travail du groupe œcuménique de Turin (fondé par Enzo Bianchi) pour restaurer l'église romane de San Secundo, en ruines

8 septembre 1966

Bénédiction de l'église romane restaurée, en présence d'une cinquantaine d'amis et de quelques prêtres et religieux liés au groupe œcuménique

29 juin 1968

Le cardinal Michele Pellegrino se rend à Bose, où il donne une conférence et célèbre l'eucharistie dans la petite église primitive. Il assume la responsabilité de la partie catholique de la fraternité.

octobre 1968

Arrivée à Bose des deux premiers frères, de la première sœur et d'une sœur de Grandchamp pour commencer la vie commune, monastique et œcuménique. Le card. Pellegrino délègue le père Eugenio Costa s.j. comme son représentant pour les membres catholiques de la communauté.

22 avril 1973

A l'aube de Pâques, devant l'Église représentée par de nombreux amis, parents et hôtes, en présence du père Eugenio Costa, s.j. délégué du card. Pellegrino pour les catholiques, et du Pasteur Gay, les premiers sept frères émettent leur profession monastique définitive selon la règle de Bose.

 

Itinéraire d'initiation monastique à Bose

-          quelques mois pour prendre connaissance de la communauté

-          postulat d'environ 6 mois

-          noviciat d'environ 4 ans

-          accueil liturgique dans la communauté

-          probation d'environ 3 ans

-          profession monastique définitive dans la communauté devant l'Église

 

Description d'une journée communautaire, d'après un discours d'un frère de Bose (Torcivia)

« Pour vivre concrètement le primat de la Parole de Dieu, chaque frère et sœur est invité à se lever à 4h30, pour consacrer au moins une heure de temps à la lectio divina personnelle sur un texte d'Écriture choisi par la Communauté, pour souligner l'importance de l'écoute de la Parole, seule et véritable source de la communion. À 6 heures, a lieu le premier des trois moments de prière commune de la journée : l'Office du matin. Suit, de 6h45 à 7 heures, le bref chapitre quotidien, ouvert par la lecture cursive des principales règles monastiques de l'antiquité, avec évidemment la Règle de Bose ; le chapitre est l'occasion de la correction fraternelle, de l'échange d'informations sur la journée et l'hospitalité. De 7h00 à 8h00, une autre heure de silence est laissée à chacun pour la prière personnelle et les lectures spirituelles.

À 8 heures, un triple tintement de cloche marque la fin du grand silence (démarré la veille à 20 heures par un autre triple tintement de cloche) et le début de la journée de travail. De 8h00 à 12h00, chacun mène ses activités professionnelles, tandis qu'on se retrouve tous à 12h30 dans la chapelle pour la seconde prière commune de la journée : l'Office de midi. À la fin de l'Office, selon une tradition commune à l'Orient et à l'Occident chrétiens, le déjeuner suit immédiatement, pris en silence et en écoutant de la musique classique ou, lorsqu'on l'estime nécessaire, en écoutant une lecture importante pour la vie de la Communauté. Ce silence est, également, l'occasion de réfléchir à la Parole écoutée lors de l'Office de Midi, et de reprendre contact avec la Parole de Dieu méditée au cours de la lectio divina. Le travail reprend à 14 heures et se prolonge généralement jusqu'à 17 heures lorsqu'un triple tintement de cloche signale le début d'une heure supplémentaire consacrée à la lecture et à la prière dans sa cellule, soit au ménage et à la lessive. À 18h30, commence la dernière prière commune de la journée : l'Office du soir. Suit le dîner qui se déroule dans un climat de dialogue et d'échange fraternel. Pour favoriser la communication authentique et partagée, il n'y a pas de grand réfectoire unique pour la communauté et les visiteurs, mais différentes salles de petite et moyenne taille où les frères et sœurs présents avec les hôtes cherchent à tenir un discours unique et à favoriser l'écoute mutuelle. À 20 heures, commence enfin le grand silence et chacun se retire dans sa cellule pour la méditation personnelle, la récitation des complies et le repos. »

 

Quelques extraits d'écrits d'Enzo Bianchi et divers

On commence à devenir chrétien quand on pressent de quel amour on est aimé. (R. Masson)[3]

« Nous sommes de simples laïcs chrétiens », ne cesse de redire Enzo, reprenant les mots prononcés par Saint Pachôme, dans le désert d'Egypte, devant le patriarche Athanase d'Alexandrie. C'est une humilité dont le propos n'est pas pour peu dans le rayonnement de Bose. Ces moines et ces moniales ont choisi la solitude, non pas l'esseulement. Les monastères dans leur ensemble sont dans ce cas. Ils s'établissent en règle générale sur les abords du monde, mais pas à l'écart. (E. Bianchi - R. Masson)

Ce qui parle à Bose comme en beaucoup d'autres lieux du genre, ce sont des existences habitées qui n'ont pas seulement recours aux mots pour dire ce qui les fait vivre. (R. Masson)

Jésus appelle chacun à une vie belle, bonne, heureuse. Il y a comme une urgence à retrouver cette saveur oubliée de l'Évangile. (Enzo Bianchi, La saveur oubliée de l'Évangile)

L'homme moderne vit hors de lui-même en quelque sorte exproprié de son être. Nos contemporains ne font que courir d'une activité à une autre, sans jamais s'arrêter. L'accès à une vie intérieure suppose qu'on se rende présent à soi-même. Je ne suis pas que la somme de mes activités, de mes titres. Mon être profond réclame du temps libre, de la gratuité, du temps perdu, dit-on, pour accéder à la surface de ma conscience…Sans ce dialogue intérieur entre soi et soi, sans activité réflexive, la prière tourne à la dévotion, à l'activité pieuse un peu stérile.

Ce n'est pas une spiritualité à bon marché que les hommes attendent quand ils se retrouvent dans un lieu comme Bose, dans une démarche d'exigences. « Les hommes sont volontiers religieux, ils sont plus lents à croire », observe Enzo. Pour s'en persuader, il suffit d'ouvrir l'Évangile, se rappeler toutes ces prières satisfaites dont le Christ nous assure qu'elles n'auront pas l'agrément de Dieu. L'aspiration la plus profonde à Bose est de vivre ce que le fondateur de cette communauté désigne comme un compagnonnage des hommes (E. Bianchi, Chrétien que dis-tu de toi-même ? et R. Masson).

L'endroit où s'établissent des moines est hautement significatif. Le monastère a toujours sous les yeux la ville. Derrière, c'est le désert, le lieu inhabité, le silence et la solitude, deux dimensions indispensables aux moines. Ils contemplent la vie de l'Église dont ils ne se séparent jamais. Ils restent en contact avec l'un et l'autre, et pour les deux montent son intercession et sa prière en solidarité totale, d'une intensité telle qu'elle l'amène à porter le péché d'autrui avec les siens. Le moine n'a rien à revendiquer. Il demande simplement qu'on le laisse là, à son poste, là où n'importe qui peut s'approcher pour lui dire : « Frère, dis-moi une parole ! », écho de sa soif de Dieu, de son expérience de pécheur pardonné, écho de la parole de Dieu entendue au plus secret de son cœur dans le désert, écho – parfois du silence – d'un Dieu qui invite le moine à s'asseoir aux côtés des athées, au plus profond de leur enfer. Bien des gens croient que le moine a choisi la meilleure part (cf. Lc 10, 42). En vérité le moine est un homme qui ne veut pas occuper le premier rang ; son modèle est le publicain de la parabole qui se tient au fond du temple (Lc 18, 13). Le moine reste un pèlerin, mais d'abord et surtout un étranger. (E. Bianchi, Comme un étranger)

« Si Dieu n'était qu'un objet de discussion – un Dieu dont on parle – je ne croirais pas en lui. Mon Dieu, est un Dieu à qui je peux parler. Voilà la raison de ma foi. » Les chrétiens peuvent se reconnaître à plus d'un titre dans cet abord de la foi. Ils ne se contentent pas de croire en Dieu. Ils croient Dieu sur parole. Il s'est donné la peine de devenir l'un de nous pour nous apprendre la profondeur de son amour pour nous tous. (Martin Buber)

« Montre-nous le Père, cela nous suffit » (Jn 14,8). Jésus a évangélisé Dieu, au sens où il l'a rendu Bonne Nouvelle, Évangile, en racontant Dieu dans sa propre vie. (Enzo Bianchi)

Jésus a mis fin, une fois pour toutes, à ces récits de Dieu. Il les a évangélisés. Cela a des conséquences déterminantes : si Jésus, durant sa vie, n'a jamais puni personne, il n'est pas permis d'affirmer que Dieu, durant notre vie, peut nous punir ; si Jésus a toujours aimé et pardonné les pécheurs, Dieu ne les répudie pas. En un mot, ce que Jésus n'a pas raconté de Dieu, il n'est pas possible de le projeter sur Dieu lui-même. (E. Bianchi)

Certes, il y a la croix. Mais, apprenons à la considérer à travers celui qui y est monté et non l'inverse. C'est lui, Jésus, qui dévoile sur la croix la gloire authentique de Dieu, son amour fou pour nous, sa capacité à souffrir par amour pour nous. Cette suivance exige qu'on l'assume jour après jour, sans nier la fatigue, et dans les pleurs au besoin. Comme des êtres séduits par l'amour de Dieu, manifesté en Jésus. Celui qui ne vit pas la suivance en fils libre mais en esclave, s'en va tôt ou tard, faute de demeurer toujours auprès du Seigneur. (Enzo Bianchi, Vie intérieure, vie spirituelle)

Interroge ton cœur ! S'il est plein de charité, tu as l'Esprit de Dieu en toi. (Saint Augustin)

Le problème aujourd'hui, c'est le consentement perpétuel, le oui pour la vie. On est devenu vulnérable à l'incertitude, plus conscient aussi peut-être, de nos propres fractures. Pourtant, il y a la joie à Bose, qu'on lit sur les visages qui ont pour eux une grâce relative de jeunesse. (R. Masson)

On se souvient alors d'une vérité d'évidence : Dieu ne nous a pas laissé des écrits, mais des vies qui nous parlent de lui. Elles le font avec chaleur au contact de ces frères et sœurs qui redonnent à ces visages d'hommes et de femmes une beauté qui se passe d'attraits. (R. Masson)

Je crois être passé par un itinéraire de conversions progressives, d'un côté j'ai la curieuse impression que plus j'avance moins je sais. Comme si la foi nous menait progressivement à une ignorance fondamentale, à une nudité, à un silence habité d'une Présence dont on ne peut rien dire. Me reste au fond du cœur l'image d'un homme, Jésus, dont l'existence est un chef-d'œuvre, une vie fidèle, bonne, belle, unifiée, intériorisée, totalement donnée aux autres, une vie qui me raconte et me révèle l'amour incommensurable de Dieu, son Père. (Enzo Bianchi)

Le moine n'a rien à revendiquer, souligne frère Enzo. Aujourd'hui moins que jamais. Il demande simplement qu'on le laisse à son poste, là où n'importe qui peut s'approcher pour en recevoir une parole. Attention aux affirmations rapides qui nous donnent à croire que le moine a choisi la meilleure part. Et si c'était la plus difficile ? Celle qui passe les mots, mais n'en a pas moins à dire. Il ne va pas de soi de répondre d'existences dont les hommes de ce temps ne voient pas le pourquoi. Une vie de moine, c'est comme la foi. Ca ne sert à rien et cela change tout. Parfois, cela va très loin. (E. Bianchi suivi d'un commentaire de R. Masson)

Le cinquième évangile que tout le monde devrait pouvoir lire, c'est notre vie. (Henri Vergès)

L'Église est essentielle pour la vie du chrétien. Le christianisme ne peut pas se réduire à un mouvement ni à quelques références éthiques et spirituelles à Jésus de Nazareth, et les croyants ne peuvent pas rester longtemps des croyants nomades ou des croyants pèlerins qui participent par intermittence à de grandes rencontres ou fréquentent des hauts lieux spirituels. (E. Bianchi, Conférence à la Compagnie des pasteurs de Genève)

On n'est pas croyant une fois pour toutes, sinon dans le sens qu'il y a eu un acte d'adhésion au Seigneur voulu comme définitif, un acte scellé par le baptême, mais qui n'a pas rendu inaccessible au péché. (E. Bianchi)

Or Jésus a évangélisé Dieu au sens où il a rendu Dieu bonne nouvelle, il a rendu Dieu évangile : en racontant Dieu dans sa propre vie, Jésus a jugé toutes les images et tous les visages de Dieu que les hommes se fabriquent de leurs propres mains. (E. Bianchi)

Notre vie propose-t-elle une forme d'homme, un mode humain de vivre qui raconte Dieu, à travers Jésus-Christ ? C'est sur ce point que nous serons jugés, et non sur autre chose, car au dernier jour, Jésus, en tant que juge, nous demandera : m'avez-vous reconnu, et avez-vous par conséquent reconnu Dieu, dans celui qui avait faim, soif, dans celui qui était nu, prisonnier, étranger, dans celui qui était dernier, victime (cf. Mt 25, 31 – 46) ? Voilà où se trouve l'image de notre Dieu : c'est l'homme que nous devons rencontrer pour rencontrer Dieu ! (E. Bianchi)

 

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Mars

Le 3, journée biblique sur Elie animée par Mère Loyse. Un bon nombre de participants et 34 enfants étudient le même thème, accompagnés par sœur Marie-Élisabeth et sœur Marie-Christine. Sœur Marie-Paule s’occupe des ados.

Dans le cadre du cycle « samedis de carême » organisé à Maredsous, sœur Marie-André (membre de la commission pour le Dialogue Interreligieux Monastique), participe à la rencontre consacrée au bouddhisme tibétain.

Le 8, sœur Marie-David se rend au collège Pie X de Châtelineau pour donner aux élèves de 3ième et 4ième année de l’enseignement secondaire général, un témoignage sur sa vie de moniale.

Les 9 et 10, « Ateliers de la Parole » animés par madame Lesage.

Du 12 au 15, session « URC-jeunes » (jeunes contemplatives). L’animation sur « le Deutéro-Isaïe » est assurée par Mère Loyse.

Le 13,  réunion des libraires religieux chez les trappistines de Brialmont. Sœur Nicole y participe.

Accueil du Doyen de Fosses et de ses prêtres.

Le 15, accueil des prêtres du Doyenné de Walcourt avec l’abbé Piveta.

Le 16, sœur Marie-Pierre Fosse rejoint à Maredsous le groupe qui a participé à Louvain-La-Neuve à l’hommage rendu à Jean Pirotte à l’occasion de son éméritat.

Le 17, Kathleen Henri émet sa profession d’oblate séculière de notre monastère, au cours de l’eucharistie présidée par le père Maurice Bogaert, de Maredsous.

Le 19, sœur Marie-Paule se rend chez les bénédictines de Pradines (France), pour une session de travail de la section « textes » de la CFC (Commission Francophone Cistercienne, travaillant pour la liturgie).

Sœur Birgitta anime une journée sur la « Lectio Divina. »

Le 21, nous accueillons un bon nombre de membres du « Collectif des femmes » de Louvain-La-Neuve. La communauté les rencontre autour d’un goûter. Chaque personne expose ses activités propres au sein de cette magnifique entreprise, présidée par madame De Wan. Chaque section a pour but d’aider les femmes étrangères arrivant en Belgique à s’insérer au mieux dans leur pays d’accueil. Les services sont multiples et variés.

Le 22, Mère Loyse, sœur Marie-François et sœur Madeleine vont chez les bénédictins de Clerlande aux funérailles du Père Bénédict Gillès de Pélichy, frère de sœur Marie-Daniel.

Du 23 au 26, retraite inter-oblature animée par sœur Hildegard sur le thème : « Rencontrer le Dieu vivant dans sa Parole ».

Le 27, accueil du Doyen de Gembloux et de ses prêtres.

Le 28,  réunion des archivistes des communautés religieuses à Celles. Mère Loyse et sœur Marie-Pierre Fosse y participent.

Sœur Birgitta s’occupe d’un groupe de jeunes de langue allemande en retraite à Maredsous.

Le 30,  sœur Marie-Paule et sœur Marie-Pierre Fosse rencontrent des prisonniers à la prison de Jamioulx.

Le 31,  sœur Marie-Élisabeth anime une récollection pour un groupe de paroissiens de Marchienne-au-Pont.

Accueil d’un groupe d’Auvelais.

Avril

Le 5, début du triduum pascal qui sera suivi par de nombreux hôtes. L’abbé André Haquin donne les trois conférences préparatoires à la liturgie des jours saints, sur le thème « Le Christ ressuscité, notre Sauveur et notre frère. »

Le 12, répétition de chant avec le Père Stéphane de Maredsous et Florence Stache en vue de la messe de dimanche prochain qui sera radiodiffusée par la RTBF. C’est la première d’une série qui couvrira tous les dimanches du temps pascal, y compris l’Ascension et la Pentecôte. Nos frères de Maredsous assureront la présidence des célébrations.

Le 14,  sœur Claire fête aujourd’hui son jubilé de 25 ans de profession monastique. Le Père Nicolas, de Maredsous, préside l’eucharistie au cours de laquelle sœur Claire renouvelle ses vœux en présence de la communauté, de sa famille et de ses amis.

Le 15,  première eucharistie diffusée sur les ondes. Célébrant : Père Jean-Daniel. A l’orgue : Père Stéphane, de Maredsous. Les chants sont menés de « main de maître » par Florence Stache.

Dans l’après-midi a lieu, dans notre chapelle, un magnifique concert offert par l’ensemble « Cellomania ». Créé en 2005 par Eric Chardon, professeur de violoncelle et de musique de chambre dans plusieurs académies, cet ensemble réunit des élèves anciens et actuels de ses classes d’académie de la région de Charleroi. Le but de cet ensemble est de faire découvrir au public le son du violoncelle et la diversité des possibilités de l’instrument. « Cellomania » aime mêler au son de son instrument celui de la harpe et du piano. Un enchantement ! Un public assez nombreux répond à l’invitation. Les bénéfices du concert sont destinés au financement des travaux à la ferme.

Le 21, une réunion inter-oblatures se tient chez les bénédictins du Mont-César à Leuven. Sœur Bénédicte et sœur Élisabeth s’y rendent.

Le 22,  messe radiodiffusée. Célébrant : Père Jean-Marie. A l’orgue : Père Stéphane, de Maredsous.

Les 25 et 26, session annuelle de travail pour les collaborateurs de la revue Feu Nouveau, sous la direction de l’abbé Jacques Thunus.

Le 29,  messe radiodiffusée. Célébrant : Père Maurice. A l’orgue : Père Stéphane, de Maredsous.

Sœur Dominique, petite sœur de Jésus, rencontre la communauté. Elle nous parle de ses responsabilités et de l’organisation des fraternités à travers le monde.

Mai

Le 1er, sœur Marie-Cécile se rend à l’abbaye de la Paix Notre-Dame à Liège pour le jubilé de 50 ans de profession monastique de sœur Marie-Paul Haelewyck tandis que Mère Loyse, sœur Marie-Pierre Fosse, et sœur Marie-Christine vont à Rixensart pour le jubilé de Mère Christiane.

Du 4 au 6, retraite de séminaristes du diocèse de Malines-Bruxelles du séminaire Jean XXIII à Leuven.

Le 6, messe radiodiffusée. Célébrant : Père Jean-Marie. A l’orgue : Carl Van Eyndhoven, professeur au Lemmensinstituut de Leuven.

Le 7, nous apprenons le décès, à Maredsous, du Père Abbé Ambroise Watelet, président émérite de la Congrégation de l’Annonciation.

Récollection sur la « Lectio Divina » par sœur Birgitta.

Le 10,  Mère Loyse, sœur Marie-David et sœur Miryam vont à la veillée de prière pour le Père Ambroise.

Le 11,  funérailles du Père Ambroise. Mère Loyse et six sœurs s’y rendent.

Le 13, messe radiodiffusée. Célébrant : Père Ignace. A l’orgue : Père Nicolas, de Maredsous.

Le 17,  messe radiodiffusée. Célébrant : Père Jean-Daniel. A l’orgue : Fabien Moulaert.

Le 20, messe radiodiffusée. Célébrant : Père Willibald. A l’orgue :                           Kris Wittevrongel, professeur au Lemmensinstituut de Leuven.

Liliane et Robert Berger conduisent sœur Marie-David à Strasbourg pour son dernier examen, qui aura lieu le 22, en vue de la licence en théologie.

Le 27, Pentecôte. Dernière messe radiodiffusée. Célébrant : Père Daniel. A l’orgue : Père Stéphane, de Maredsous. C’est ici l’occasion de remercier chaleureusement tous les artistes qui se sont succédé à l’orgue, chaque dimanche du temps pascal, pour nous accompagner. Merci surtout au Père Stéphane et à Florence Stache qui nous ont aidées avec dévouement, compétence et amitié à la préparation et à l’exécution des chants de ces messes radio. Sans eux nous aurions été bien démunies...

Du 28 au 1er Juin, session sur Jean Cassien donnée par Françoise Morard. 23 participants, la plupart moines et moniales.

Signalons que, pendant ces derniers mois, nous avons accueilli un nombre important d’enfants se préparant à leur profession de foi. Sœur Marie-Elisabeth et sœur Marie-Christine les ont pris en charge avec compétence. Les réunions des différentes fraternités continuent à leur rythme.

 

Sœur Marie-François

 

 

 

La lampe et le lampadaire

 

« On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5,15).

Sous la rubrique « La lampe et le lampadaire », l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

 

Zone de Texte: Les murs extérieurs sablés Il y a eu un an que le chantier de restauration de la ferme s’est ouvert, le 15 mai 2006. Grâce à un temps exceptionnellement clément durant tout l’hiver, les travaux ont pu se poursuivre à peu près sans interruption au rythme prévu. Le gros œuvre est maintenant presque achevé. Il le sera tout à fait quand paraîtra le prochain Amandier.

L’ensemble est sous toit. Les murs extérieurs sont sablés, le crépissage est commencé. Les travaux d’installation du chauffage ont débuté également : panneaux solaires pour l’eau sanitaire, et chaudière au bois (pellets). Les châssis de portes et de fenêtres seront posés avant les congés, le plafonnage suivra. Les travaux nécessaires à l’installation électrique sont en cours. On se penche sur l’aménagement intérieur : carrelage, peinture, téléphonie ….

Zone de Texte: La chaudière au bois (pellets) et Mère Loyse

Zone de Texte: Les panneaux solairesBref, le chantier bat son plein et l’équipe des sœurs chargées de le mener à bien est de plus en plus sollicitée. Aucune réflexion préalable n’est superflue. La fidélité du groupe d’amis qui nous y aide chaque semaine n’a pas fléchi depuis un an. L’assiduité de chacun aux réunions de chantier est sans faille. Nous mesurons de plus en plus combien les conseils dont nous sommes si bien entourées nous sont précieux.

Zone de Texte: Mr Paquet, architecte, Mr Hendrickx, Sr Marie-Paule, un ouvrier, Sr BirgittaBien sûr, les soucis ne manquent pas, tant au niveau financier qu’au niveau des choix techniques et des décisions à prendre. Nul n’est à l’abri d’une erreur, mais la vigilance de notre architecte et de notre entrepreneur, conjuguée avec celle de l’équipe responsable, est un solide appui et, jour après jour, une cause d’action de grâces pour toute la communauté.

Zone de Texte: Sur le toit : 
Sr Birgitta, Mr Hendrickx, Sr Marie-Paule

Zone de Texte: UNE FOIS ENCORE, DES AMIS OFFRENT UN CONCERT AU PROFIT DES TRAVAUX.
La chorale dirigée par Mr Van Cauwenberghe se produira le samedi 28 juillet 2007 à 15h. dans la chapelle du Monastère. Cette chorale d’hommes, composée de 20 personnes, interprétera de la musique romantique basée surtout sur le répertoire de Peter Benoît (compositeur flamand formé à Paris). P.A.F. libre. Notez la date dès à présent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Mr Hendrickx, Sr Birgitta, Sr Marie-Paule, Mme Hubert, Mr Alfano, entrepreneur, Mr Paquet

 

 

 

 

Comptes bancaires

DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC : GKCCBEBB)

 

Pour la France :

Société Générale Givet : 0003729001810 (IBAN : FR76 30003 00581 00037290018 10),

(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)

avec la mention « la lampe et le lampadaire »

La couleur des temps :

le mystère du Christ d’un avent à l’autre

 

Du dimanche 19 août à 16h. au vendredi 24 août à 17h.

 

Une session d’initiation à la liturgie portant sur l’année liturgique, animée par l’abbé Paul De Clerck, professeur honoraire à l’Institut Supérieur de Liturgie (Paris) et directeur de la revue La Maison-Dieu, avec la communauté d’Ermeton, en collaboration avec la communauté de Maredsous.

Des exposés :

·    Débuts du christianisme, rapport au monde juif

·    Apparition des grandes fêtes

·    Les fêtes des saints au premier millénaire

·    Temporalité, conception chrétienne du temps

·    Fêtes modernes

·    Le calendrier d’aujourd’hui, l’apport du Concile Vatican II

·    Zone de Texte: SESSION LITURGIQUE DE L’ÉTÉ 2007
Le lectionnaire de carême

Les intervenants :

·    Abbé Paul De Clerck

·    P. Nicolas Dayez, osb, Maredsous

·    Abbé Jacques Thunus, directeur de la revue Feu Nouveau

·    P. Christophe Monsieur, O.Praem.

Travail en atelier

Chant : texte et musique - Pères de l’Église – Lectionnaire - Textes liturgiques

Sans oublier

·    les Offices avec la communauté

·    des temps de rencontre et d’échange

·    une excursion

Le tout dans un climat fraternel.

P.A.F. séjour et animation : 225 € - Étudiants et moins de 25 ans : 100 €

(Un acompte de 90 € confirme l’inscription.)

Sur les pas de saint Benoît…

La session « La Règle sur le terrain » (voir Amandier nos 17 et 20) a permis à sœur Marie-Christine et sœur Marie-Élisabeth de découvrir Rome avec le regard de Benoît, de partager ses questions face à la vie étudiante de son temps, de mieux comprendre ses réactions et certains chapitres de sa Règle. Elles continuent ici leur partage.

De Nursie à Rome

Zone de Texte: La vallée de NursieDe la petite ville fortifiée de Nursie (que sœur Marie-Christine nous a présentée dans le dernier numéro de l'Amandier), il nous faut maintenant passer avec Benoît à la grande ville de Rome, de la vie d'une vallée profonde des Apennins à la vie d'une grande cité ouverte à toutes les influences, de l'enseignement donné à la maison par un grammaticus à la vie étudiante menée en groupe.

Passer « physiquement » de Nursie à Rome nous a permis d'imaginer un peu le grand changement de vie que dut assumer Benoît vers l'âge de 16 à 17 ans.

Zone de Texte: Le forum romainMais, si la différence est grande aujourd'hui, elle l'était tout autant, si pas davantage, au temps de Benoît. En effet, la venue à Rome représentait, pour un jeune Sabin, une ouverture formidable au point de vue culturel, mais aussi ecclésial.

Zone de Texte: Le ColiséeBenoît découvre une ville magnifique, dont les bâtiments sont recouverts de marbre. Ces bâtiments qui nous semblent encore tellement imposants aujourd'hui - alors qu'ils ne sont plus que des ruines depuis longtemps dépouillées des ornements qui faisaient leur gloire - devaient être impressionnants pour un jeune venu de la montagne ! Il découvre les thermes, les aqueducs, les basiliques… Il se rend probablement dans ces thermes, comme à la basilique de Maxence où se tiennent les grandes réunions du peuple. Il découvre les « plaisirs » des bains publics, leur ambiance, leurs tentations… (On s'y baigne et on s'y « amuse » sans distinctions de classe, de rang social, de sexe… même si, là comme ailleurs, la fortune permet ce que ne peut obtenir la pauvreté.)

Au milieu de toutes ces richesses qui demeurent visibles, il peut en même temps expérimenter les désordres sociaux et les intrigues qui se nouent jusque dans l'Église. Si on admet la date de 480 pour la naissance de Benoît, celui-ci n'a que 18 ans lorsque les chrétiens se déchirent autour de deux papes. La société civile et politique est, elle aussi, en crise. De 493 à 526, un roi Ostrogoth, un étranger, Théodoric, règne à Rome. C'est un temps de paix politique, mais les Romains ont dû faire face à plusieurs sacs de leur ville (trois fois durant la vie de Benoît, six en 150 ans) et donc à une très grande misère. Pourtant, même dans ces circonstances, ils continuent à demander « du pain et des jeux ».

Benoît voit clairement les dangers qu'il lui faut affronter, il ne présume pas de ses forces, il recule. Il veut plaire à Dieu seul et prend distance afin de ne pas sombrer. Il s'aperçut que c'était l'occasion pour beaucoup de tomber dans l'abîme des vices : aussi - pour ainsi dire - à peine avait-il mis les pieds dans le monde, qu'il les retira, de peur que pour avoir pris quelque contact avec ladite science, il ne soit en contrepartie précipité tout entier dans l'abîme (Grégoire le Grand, Dialogues)

Tout ce qu'il voit à Rome, tout ce contexte à la fois social, politique et religieux qu'il expérimente, lui restera présent et marquera la Règle qu'il écrira pour ses moines.

La pauvreté de la société atteindra son monastère, c'est pourquoi il parle du manque de ressources, du travail des mains, parfois accablant, et du cellérier qui ne peut accorder ce qu'on lui demande.

S'il crée une milice du Christ, c'est qu'il sait ce que cela veut dire : il a connu celles de Théodore ou de Totila. Il sait ce qu'est un vrai roi pour avoir vu régner des rois étrangers, violents, avides, et la paix lui apparaît comme le bien véritable qu'il désire voir régner parmi ses frères. Quand tous sont forcés à de multiples déplacements par la guerre et les troubles, il propose aux moines de se tenir fermement attachés au Christ et de trouver en lui leur vrai lieu.

Dans un temps difficile, Benoît appelle ses communautés à s'ouvrir aux pauvres et aux étrangers, à accueillir chacun sans faire les distinctions qui ont habituellement cours dans la société. Ora et labora : pour unir les classes sociales, il faut que tous travaillent et lisent. Il s'oppose en cela à la société de son temps dont les classes sont fortement stratifiées et ne permettent que rarement à quelqu'un de s'élever.

Mais qu'avons-nous vu à Rome ?

Zone de Texte: San Benedetto in PiscinulaQuels monuments nous ont parlé de Benoît ? Dès la première sortie, nous avons visité l'église San Benedetto in Piscinula. Elle est actuellement confiée à la garde d’une communauté récemment fondée : les « Héraults du Christ ».

Mais, d'après la tradition, et c'est ce qui nous y a amenés, la chapelle latérale contient la « cellule » habitée par Benoît au cours de son séjour à Rome.

Zone de Texte: « cellule de St Benoît »Un lieu minuscule nous a été présenté… où il nous a été possible de faire mémoire de son choix radical pour Dieu. Désirant plaire à Dieu seul, … il se mit en quête d'un genre de vie sainte. Aussi se retira-t-il savamment ignorant et sagement inculte. (Grégoire le Grand, Dialogues)

Il faudrait aussi parler de toutes les églises et basiliques que nous avons visitées en soulignant, en ce qui me concerne, la visite à la tombe de Pierre. Elle a été pour moi un moment fort. Ainsi, notre foi est fondée sur ce « Roc » ! Un homme qui, comme tout homme, a connu les grands élans, les doutes, les retours, la mort… et qui a trouvé sens à sa vie en l'unissant à celle de Jésus de Nazareth, tenant ferme lorsqu'il lui fut demandé compte de sa foi… jusqu'au don de sa vie dans le martyre. Les tombes de tous ceux qui, à sa suite, ont guidé l'Église, à travers vents et marées.

Les vêpres avec nos frères bénédictins à Saint-Paul-hors-les-murs, l'accueil reçu à la procure générale de la congrégation de Subiaco, le baptistère de Saint-Jean de Latran (source de tous les baptistères), les catacombes de Priscilla, la rencontre avec le Père Abbé Primat au Collège Saint-Anselme… : des lieux, mais surtout des personnes, d'hier et d'aujourd'hui … Une famille vivante, hier et aujourd'hui !

 

Sœur Marie-Élisabeth (à suivre)

 

Pour les jeunes : du 30 juillet au 3 août 2007

 

Quelques sœurs d’Ermeton proposent aux jeunes désireux de vivre un temps de convivialité alliant amitié, prière et travail un

 

Camp Prière et Travail

 

 
 

 

 


 

Si tu es âgé de 16 à 25 ans,

si tu cherches à vivre un temps de vacances « différent »,

viens et vois...

 

 

 

La matinée sera consacrée à différents travaux dans le parc du monastère, le jardin ou dans certains ateliers.


L’après-midi, nous permettra des rencontres autour de la Bible, de la vie monastique ou de la vie tout court…

 

Des temps seront consacrés au partage d’expériences et à la participation à la prière liturgique de la communauté.

Que les musiciens n’oublient pas d’apporter leurs instruments et les dessinateurs leurs crayons, les talents de chacun sont les bienvenus !

 

P.A.F. 50 € (ou selon les possibilités)

 

 

Inscriptions :    Sr Hildegard : Tél. 071/72 00 48 Fax 071/72.73.92

                        accueil@ermeton.be (site www.ermeton.be)

 

N’hésite pas à parler de ce camp autour de toi….

Page des jeunes

 

Les scouts ont 100 ans !

Les « jeunes amis d'Ermeton » sont nombreux et divers, garçons et filles, entre 6 et 18 ans.

Alors que Marie-Alice (18 ans) nous a partagé l'expérience vécue à « Toussaint 2006 » (voir Amandier n° 20), nous avons cette fois interviewé Aloïs (10 ans). Avec les scouts de l'unité de Saint-Gérard il a participé, à Bruxelles, aux manifestations commémorant le lancement du premier camp scout par Baden Powell, le 1er août 1907.

 

L'Amandier : Aloïs, tu t'es levé tôt le dimanche 29 avril et tu es parti de grand matin ! Ton papa nous a dit que tu étais très pressé de te rendre à la gare de Tamines. Qui y as-tu retrouvé ? Où alliez-vous ainsi tous ensemble ?

Aloïs : J'ai retrouvé tous mes amis et nous avons pris le train pour aller au stade Roi Baudouin à Bruxelles, pour voir le spectacle organisé pour les 100 ans des scouts.

L'A. : Mais, n'es-tu pas trop jeune pour être scout ? A partir de quel âge peut-on devenir membre d'une unité scoute ? Devient-on scout tout de suite ?

Aloïs : L'âge minimum pour s'inscrire chez les scouts est 6 ans. On fait alors partie de la grande famille scoute composée des baladins (6 à 8 ans), des louveteaux (8 à 12 ans), des éclaireurs (12 à 16 ans) et des pionniers (16 à 18 ans).

L'A. : Et toi, à quelle branche du scoutisme appartiens-tu ?

Aloïs : Je suis chez les « louveteaux », je fais partie de la meute de la 53e unité.

L'A. : Pourquoi parle-t-on de « louveteaux » ? Peux-tu nous l'expliquer ?

Aloïs : Je ne comprends pas encore très bien cela, mais je sais qu'il y a un rapport avec le badge de « la mue », c'est-à-dire avec la croissance. Le slogan de la meute c’est « je vis pleinement avec les autres ».

L'A. : Tu te réjouissais beaucoup de cette journée. Que vous avait-on annoncé de si attirant ?

Aloïs : Avant de partir, je savais qu'on allait faire un pique-nique, un jeu et aussi qu'il y aurait un spectacle au stade Roi Baudouin.

L'A. : Quelle a été ta première impression en arrivant à Bruxelles ?

Aloïs : Je me suis senti un peu bouleversé ! J'étais comme emporté par tout ce monde… Quand je suis rentré, j'ai dit à papa : « C'était géant ! » Difficile de dire autre chose !

L'A. : Comment s'est passée la journée ?

Aloïs : Je suis resté toute la journée avec ma troupe. On ne peut pas dire vraiment ce qu'on a fait. On pourrait dire : pas grand-chose. On a surtout marché… mais on était très contents d'être ainsi tous ensemble. J'ai rencontré des scouts néerlandophones et aussi des guides (ce sont des filles !).

L'A. : Pourquoi aimes- tu tant participer aux activités scoutes ?

Aloïs : J'aime participer aux activités parce qu'on ne reste pas tout le temps devant la télé le dimanche et qu'on peut réaliser toutes sortes d'activités de groupe.

L'A. : Comment fonctionne une meute ?

Aloïs : Les chefs de meute sont responsables de nous pendant les activités. Le responsable des louveteaux porte le totem de Kaa, le chef des scouts celui d'Akela.

L'A. : Connais-tu déjà la loi scoute ? Quel est le point que tu préfères ? Et celui que tu trouves le plus difficile à mettre en pratique ?

Aloïs : Le point que je trouve le plus difficile (mais aussi celui que je préfère !) c'est : ne pas rejeter les autres.

 

L'Amandier : Grand merci, Aloïs ! Grâce à toi, nous connaissons un peu « de l'intérieur «  ce que tu as vécu à Bruxelles et ce que tu vis avec ta meute. Nous te souhaitons bonne route ! (Merci aussi à ta grande sœur qui t'a aidé à écrire les réponses à nos questions !)

 

Echos de quelques membres de la 53e Unité de Saint-Gérard de Brogne

"Très impressionnant de se trouver au milieu de 95.000 jeunes, une ambiance du tonnerre, des cris de joie, des "applauses" qui donnent des frissons ainsi qu'une émotion qui monte et nous fait perdre une petite larme. Une très bonne entente entre les Flamands et les Wallons. Rassembler tant de jeunes prouve que tout est possible dans notre petite Belgique." (s) Cacatoès

Du côté des animateurs : "A 9h, le premier groupe faisait son apparition, puis un deuxième, un troisième, un quatrième, un cinquième… et ça n'en finissait pas. Voir autant de scouts rassemblés, garçons et filles, néerlandophones et francophones, c'est tout simplement formidable… Le seul inconvénient, et je sais que beaucoup ont été déçus, c'est le cas de nos louveteaux : c'est qu'ils n'ont pas pu faire toutes les activités, voire rien… Il y avait tout de même 95.000 scouts et guides ! " (s) Babiroussa, "buisson ardent"

En conclusion : "Il me tarde de raconter cette formidable aventure à mes petits-enfants… en espérant évidemment qu'ils soient scouts ! Merci B.P."

 
 

 

 

 

 

 

 

 


Calendrier

Juillet

3 – 7

Hébreu biblique

Fr. Étienne Demoulin, osb, Wavreumont

 

9 - 13

Grec biblique

Abbé Robert Henrotte

 

16 - 23

Retraite en silence pour tous

Père Jacques de l’Arbre, s.j.

30 Juillet - 3 Août

Camp prière et travail

Quelques sœurs d’Ermeton

Août

6 – 10

Traditions juives et Nouveau testament

Père Claude Tassin, cssp

 

11 - 15

Retraite en néerlandais

Sr Hildegard Geerinck, Ermeton

 

19 - 24

Session « L’année liturgique »

Abbé Paul De Clerck

 

27

Journée des enfants

Sr M.-Élisabeth, Sr M.-Christine et des ados

Septembre

3 - 16

Pas d’hôtes en séjour

 

17

Récollection - Lectio Divina

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

 

29

Osée

Sr Loyse Morard, Ermeton

Octobre

14

16e rencontre des Amis d’Ermeton

 

27

La lettre aux Philippiens

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

Novembre

3 - 4

Un W.E. « vie monastique »

Sr M.-Élisabeth et Sr M.-Christine, Ermeton

 

9 - 11

L’Évangile de Marc

Mme Corina Combet

Décembre

14 - 16

Hébreu biblique

Fr. Etienne Demoulin, osb, Wavreumont

 

23 - 25

Célébrations de Noël

Abbé Joseph Bayet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: L’AMANDIER EST LE BULLETIN DES AMIS D’ERMETON…
L’Amandier paraît quatre fois par an. Il donne régulièrement des nouvelles de la communauté, de ses projets et rappelle les activités proposées à l’accueil. Il est soutenu et promu par un groupe d’Amis qui proposent : 
Pour la Belgique :
Abonn. ordinaire : 8 €	
Abonn. de soutien : 10 €	
Abonn. d’honneur : 15 €
À verser au compte n° 000-3204631-42 Nicole Lambot—l’Amandier, rue du Monastère,1 à 5644 Ermeton-sur-Biert. 
Pour les autres pays :
Abonn. ordinaire : 10 €	Abonn. de soutien : 12 €	Abonn. d’honneur : 15 €
À verser au compte (IBAN BE77 0003 2046 3142) BIC BPOTBEB1 Nicole Lambot—l’Amandier, rue du Monastère,1 à B - 5644 Ermeton-sur-Biert. 
Pour la France : Société Générale Givet : 0003729001810
(IBAN : FR76 30003 00581 00037290018 10), 
(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)
avec la mention "Amandier 2007"
L’excédent des frais d’impression est affecté entièrement à la rénovation de l’accueil. N’oubliez pas d’inscrire vos nom et adresse complète avec la mention « Abonnement Amandier 2007 ».

Contenu

Le temps ordinaire

Sœur Loyse

2 – 3

Un regard sur les enfants

Sœur Marie-Élisabeth

4 - 11

Découvrir Bose (suite)

Albert Rahier

11 – 22

Nouvelles de la communauté

Sœur Marie-François

22 – 25

La lampe et le lampadaire

 

26 – 27

Session liturgique : La couleur des temps

 

28

Sur les pas de Saint Benoît

Sœur Marie-Élisabeth

29 – 31

Pour les jeunes : camp prière et travail

 

32

Page des Jeunes

Aloïs Dubé

33 – 34

Calendrier

 

35

Abonnement – contenu

 

36

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne manquez pas de noter les dates suivantes :

·   28 juillet : concert au Monastère

·   du 30 juillet au 3 août : pour les jeunes, camp prière et travail

·   du 19 au 24 août : session d’initiation liturgique « La couleur des temps »

·   le dimanche 14 octobre : Journée des Amis d’Ermeton



[1] Cf. Premier projet manuscrit, 17 décembre 1914, p. 3.

[2] On trouvera en annexe :

1/ Les dates significatives de l'histoire de la communauté de Bose

2/ L'itinéraire d'initiation monastique

3/ La description d'une journée monastique

[3] N.B. Les citations de R. Masson sont extraites de son livre "Bose la radicalité de l'Évangile"