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Belgique – België P.P. 5640 Mettet BC 1655 |
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Bureau de
dépôt : Mettet Trimestriel avril –
juin 2007 N° Agr. : P201036 |



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Le temps « ordinaire »
Le temps
pascal s’est achevé. Avec la liturgie, nous sommes entrés dans le temps dit « ordinaire ».
Aux vigiles de la Pentecôte, un court passage de l’évangile de Jean résonnait à
nos oreilles à la fois comme une conclusion et une introduction. Comme une
synthèse certainement, à graver dans notre cœur. Conclusion du temps pascal et
ouverture à la vie de tous les jours… : Si
quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en
moi ! Comme dit l’Écriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son
cœur… Et l’évangéliste de commenter cette exclamation solennelle: Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir
ceux qui croiraient en lui (Jn
7,37-38).
Conclusion du
temps pascal, le cri de Jésus résume à sa façon tout ce que la liturgie nous a
fait vivre depuis le début du carême. Le carême, qu’est-ce d’autre sinon un
temps qui nous est donné pour creuser notre soif, pour mieux la ressentir sans
nous en distraire ? Si quelqu’un a
soif… Notre vie à la suite du Christ commence là. Saint Benoît dira : S’il cherche vraiment Dieu … (RB 58,7). Il y a, à la racine de
nous-mêmes, une soif, un désir fondamental qu’il nous faut rejoindre et
honorer. Le Saint Esprit est là, déjà.
Si, à la fin
du carême, les jours saints nous font revivre la passion, la mort et la
résurrection de Jésus, n’est-ce pas pour nous apprendre à venir à lui, pour nous « éduquer », nous conduire hors de
nous-mêmes, et nous faire communier à son propre mystère ? Le temps
pascal, lui, nous est donné tout entier pour boire longuement, pendant cinquante jours, à la source jaillie du
cœur de Jésus sur
La source qui
a jailli du côté de Jésus sur la croix se répand toujours et continue à
féconder les cœurs, de proche en proche. Du cœur de l’homme assoiffé de vérité
et d’amour, en passant par le corps de Jésus offert à son Père sur la croix,
jusqu’à l’Église comme plénitude de communion dans l’amour, l’Esprit de Dieu
trace une ligne unique sur laquelle nous sommes et qu’il veut prolonger à
travers nous. Le mystère de Dieu est un ; il enveloppe l’espace et le
temps. La Pentecôte nous a rappelé que nous en faisons partie.
Au moment où
recommence ce que la liturgie appelle « le temps ordinaire », il faut
donc célébrer la Source de notre vie véritable. Elle est dans le cœur de Dieu,
dans l’amour réciproque du Père et du Fils qui nous est offert et
partagé ; elle est dans l’Esprit Saint. La Bible l’appelle Créateur et
Consolateur. Créateur parce que nous lui devons cette soif d’amour qui définit
notre vie humaine. Consolateur parce que, au-delà de toutes nos errances, il reprend tout ce qui vient de Jésus pour
nous l’expliquer (Jn 16,14), pour nous donner d’en vivre à
notre tour, dans la foi, à partir de notre propre cœur. Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur : le cœur de
Jésus d’abord mais aussi le nôtre, puisque nous croyons en lui. La phrase est
ambiguë et il est bon qu’elle le soit. L’Esprit Saint veut identifier notre
cœur à celui de Jésus et nous avons toute notre vie, ordinaire, pour nous y
prêter.
Mais
l’évangile, nous le savons, lie le don de l’Esprit à la « gloire » de
Jésus manifestée sur
Maintenant,
le « temps ordinaire » est là devant nous, offert à ce travail de
l’Esprit dont nous sommes le terrain. L’Esprit de Dieu œuvre sans cesse en
nous, dans nos souffrances autant que dans nos joies, au cœur de nos tracas
quotidiens comme dans la détente des vacances qui approchent. Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié (1 P 4,11): saint Benoît fait sienne
cette recom-mandation de l’Écriture qu’il adresse aux artisans du monastère
pour les aider à bien orienter leurs activités commerciales (RB 57,8). Ne vient-elle pas rejoindre
aussi chacun et chacune d’entre nous, au sein de ses multiples activités, tout
au long des jours « ordinaires » qui s’écoulent ? Ces jours
alors sont-ils si ordinaires ?
Sœur Loyse

Un regard sur les enfants,
En novembre 2006, sœur Marie-Élisabeth a été
appelée à présenter à un groupe d'inspecteurs de religion son expérience des
rencontres avec les enfants vécues au monastère. Elle partage sa réflexion avec
les lecteurs de l'Amandier.
L'Amandier : Des
enfants auprès d'une communauté de moniales ! Que peuvent-ils bien venir y
chercher ?
Sœur Marie-Élisabeth :
Avant tout, il me semble utile de préciser de quel lieu je parle. Je suis
moniale depuis 1994, après avoir été durant 25 ans religieuse apostolique. S’il
semble normal qu’une religieuse apostolique soit catéchiste, enseignante ou
animatrice de jeunes, il peut sembler plus étonnant qu’une moniale ait quelque
chose à dire au sujet des enfants. Cela tient tout d’abord à l’amitié et
l’intérêt qu’ils m’ont toujours portés et que je leur ai rendus. (N’avais-je
pas choisi la profession d’institutrice maternelle après avoir songé à celle
d’éducatrice ?) Mais cela tient aussi à ma communauté qui accepte que
j’accueille des enfants au monastère. Non seulement elle le supporte, mais elle
m’encourage à le faire. Aussi, si j’emploie fréquemment le « nous »,
c’est parce que ce que je vis avec les enfants est soutenu par toutes les sœurs
de la communauté.
L'A. : Les rencontres
pour enfants ont-elles quelque chose à voir avec la fondation de Dom Vandeur ?
S. M.-E. : A
mes yeux, oui ! Je pense que la communauté peut retrouver dans l'accueil des
enfants quelque chose de la mission « d'éducation à la foi » voulue
par Dom Vandeur. Moine de Maredsous, fondateur de la communauté en 1917, il
voulait que l’enseignement de la piété de l'Église, piété
à base dogmatique puisque liturgique, constitue l'objet de l'apostolat des
bénédictines nouvelles[1] qu’il entendait
fonder. Cette inspiration des origines reste vivante
aujourd’hui parmi nous. C’est la raison pour laquelle notre
communauté organise tout au long de l’année des sessions centrées
principalement sur l’initiation biblique et liturgique. Celles-ci sont animées
par des moniales ou par des intervenants extérieurs.
L'A. : Comment les animations
destinées aux enfants ont-elles débuté ?
S. M.-E.
: Le premier
groupe a été suscité par des parents désireux de
participer aux journées d’initiation biblique organisées trois fois par an et
animées par Sœur Loyse. Que faire avec les enfants pendant ce temps ? Au
même moment, ma filleule, alors âgée de 10 ans, trouvait qu’elle n’avait pas
assez d’occasions de me rencontrer. C’est ainsi que, parallèlement aux journées
pour adultes, ont été créées les journées des « Détectives de la
Bible ». Les adolescents étaient invités à vivre la même journée, sur le
même thème, avec sœur Marie-

Dans un premier temps, ce sont plutôt les enfants (sept réguliers –
une dizaine à chaque rencontre) qui ont accompagné leurs parents et répondu à
l’invitation. Mais au terme d’un premier cycle d’environ cinq ans, les aînés de
ces enfants - devenus adolescents, et formant entre eux une sorte de petite
communauté amicale - ont désiré continuer à se rencontrer et ont fondé le
« groupe des ados ». Ils recommencent le cycle, mais avec des yeux
neufs, disent-ils. Ils sont cependant présents de manière irrégulière. Mais ils
aiment participer au « W.E. monastique des 13-16 ans » et sont prêts,
dans la mesure de leur temps libre – tous sont en secondaire et certains
pensent déjà à l’université qu’ils rejoindront l’an prochain – à « donner
un coup de mains » pour l’animation des enfants. Plusieurs d’entre eux
participent aussi à des week-ends et sessions de communautés nouvelles, telles
que Tibériade, Marie-Jeunesse, etc…
L'A. : Y a-t-il d'autres groupes qui
viennent au Monastère ?
S.M-E. : Le second appel nous est venu d’une équipe de catéchistes désemparés de ne pouvoir
vivre la retraite de profession de foi à l’endroit qu’ils fréquentaient
habituellement. Avec eux et pour eux, nous avons créé un schéma de retraite.
Ce schéma,
comme celui des journées bibliques, est adaptable et nous permet de répondre à
des demandes variées : un week-end de Foyers Notre-Dame, des retraites
d’un jour, d’un week-end ou de trois jours. A chaque fois, nous modulons notre
proposition en concertation avec les adultes accompagnateurs.
Avec des groupes de confirmands (ou
d’enfants qui se confessent pour la première fois et même, une fois, avec un
groupe de premiers communiants), nous avons accompli
une démarche similaire. La journée sur la confirmation est centrée sur la Bible
et la liturgie de la confirmation, les journées pour les petits de la première
communion sur l’Ancien et le Nouveau Testaments et la célébration de la première
confession sur l’évangile.
D’autres enfants viennent en groupes de
classes (généralement de 1ère année de
rénové) pour recevoir un témoignage de vie monastique. Plusieurs sœurs
acceptent volontiers ce type de service. Nous organisons alors une visite du
monastère (ateliers et chapelle où la disposition des lieux se prête bien à un
enseignement sur la Bible et sur l’Église), en complément avec le témoignage.
L'A. : Vous accueillez aussi des
élèves de rhétorique en groupe ou seuls pour des retraites. Comment cela se
passe-t-il ?
S. M.-E. : Peut-être est-ce un
autre sujet, mais il y a aussi des jeunes qui passent quelques jours de
retraite au monastère (en 5e ou 6e année d’humanités). Là
aussi la réflexion tourne autour de
L'A. : Que partagez-vous de votre vie monastique avec
ces différents groupes ?
S. M.-E. : Dès le début, sœur
Marie-
Après
réflexion, nous avons décidé de partager aux enfants et aux jeunes ce qui fait
le cœur de notre vie monastique : la lectio divina, la prière
liturgique, le silence, la dimension ecclésiale. C’était un pari qui n’était
pas gagné d’avance ! Aujourd’hui encore, certains catéchistes hésitent
quand nous leur proposons cette démarche pour la première fois.
Notre souci
a été, nous adressant à des enfants, de les prendre assez au sérieux pour avoir
l’audace de leur proposer cet essentiel et de leur montrer par notre attitude
et notre enthousiasme qu’ils entrent ainsi dans un monde qui en vaut la peine et
que cette démarche est bien celle que, comme adultes, nous continuons à vivre.
Depuis ce
moment, nous nous présentons à eux avec notre Bible et notre pratique de la
lectio, notre expérience de vie et le désir de partager.
C’est
peut-être cela et notre goût de le faire qui nous ont permis une fois d’animer
une journée de retraite pour des enfants et des parents ensemble, tous suivant
la même démarche.
Les enfants
participent aussi à la liturgie de la communauté : l’office de midi
le plus souvent, avec les psaumes chantés et récités, la lecture d’un passage
biblique, une oraison. Nous « n’arrangeons » rien pour
eux, mais prions avec eux la liturgie du jour. Il est frappant de voir combien
les enfants se débrouillent facilement dans le psautier et combien ils
participent avec plaisir au chant ou à la lecture des psaumes. Sans doute ne
comprennent-ils pas tout… Mais nous-mêmes qu’en est-il ? La liturgie est
pourtant le lieu où nous apprenons Dieu de la meilleure manière qui soit, me
semble-t-il. C’est en tout cas, un des lieux où, comme moniales bénédictines,
nous avons quelque chose à partager avec les autres chrétiens.
Pour la retraite de
profession de foi (qui peut se déployer sur un, deux ou trois jours, suivant la
demande), nous proposons également les valeurs que nous croyons nécessaires à
la recherche de Dieu :
-
consacrer du temps au silence et
au partage,
-
aller à la rencontre de croyants de la
Bible (dans l’Ancien et le Nouveau Testaments),
-
découvrir le témoignage de quelques
croyants de notre temps,
-
lire l’icône de la Trinité,
-
prendre le temps de la détente et
du jeu dans le parc,
-
passer ensemble une journée de
paix et de joie...
L'A. : Tout cela demande une
préparation sérieuse, avez-vous une « méthode » ou/et du matériel
didactique pour vous y aider ?
S. M.-E. : Bien que je sois institutrice maternelle de formation, je n’ai que très
peu recours à du « matériel didactique » préexistant tel que jeux,
livres, disques, vidéos… C’est peut-être quelque chose qui caractérise ma
« méthode » depuis que je suis au monastère. (J’ai auparavant
« fait » pendant 12 ans la catéchèse en paroisse avec des
« méthodes » proposées aux catéchistes de paroisse.)
Mais,
pour se présenter ainsi, sans filet, devant un groupe d’enfants, il est
indispensable d’avoir bien et même très bien préparé son intervention. Non pas
tellement de savoir quel « truc » on va employer pour maintenir
l’attention, mais – s’agissant de la Parole de Dieu – de s’être soi-même laissé
interpeler par elle, de savoir d’où elle vient, dans quel contexte elle a
surgi, quel est son genre littéraire… et de l’avoir laissé résonner dans notre
propre vie. Les « trucs », généralement, me sont dictés par les
enfants. Il est clair cependant que les documents apportés par sœur
Marie-Christine, elle-même enseignante depuis de nombreuses années, vont
certainement enrichir encore notre travail. Cela d'autant plus qu'ils
rejoignent vraiment le parcours biblique que nous suivons déjà.
Et
pourtant, nous avons fait quelques choix :
-
Pour la
participation à la liturgie, les enfants ont en mains le psautier que
nous-mêmes employons. Une brève explication leur permet de s’y retrouver sans
peine.
-
De même, pour la
découverte de l’Ancien Testament lors des journées bibliques, nous leur
présentons
En ce qui concerne les journées bibliques : à la fin de la journée,
les enfants font une « conférence » aux parents. La forme de leur
intervention vient du groupe – de sa constitution, de ses capacités, de l’âge
moyen, du type de relations qui règne ce jour-là…. Panneau, mime, dessin, texte
« à trous »… que les parents peinent parfois quelque peu à reconstituer !
L'A. : A partir de quel âge
accueillez-vous les enfants ?
S. M.-E. : Les enfants que nous recevons sont très divers : de 5 à 14 ans.
Jusqu’il y a peu, tous formaient un seul groupe. Cela n’était pas facile, mais
permettait une entraide entre les grands et les petits. Il en est né une
communauté fraternelle qui se manifeste encore.
De
temps en temps, cela m’a permis de (ou obligée à) prendre des décisions qui
semblaient sur le moment un peu « osées ». C’est ainsi qu’un jour où
les petits étaient trop fatigués alors que les grands étaient encore pleins
d’allant, j’ai « lâché » le groupe des grands et leur ai demandé de
faire un panneau « résumant » le livre du Deutéronome. Le résultat a
été extraordinaire… et je n’y ai été pour rien. Pendant ce temps-là, nous avons
regardé une vidéo biblique apportée par un des petits.
Dans le
groupe, certains enfants sont très intelligents et très dociles, d’autres le
sont nettement moins… Mais, peu à peu, tout cela est devenu communauté et
chacun a marché dans le respect mutuel. Si bien que maintenant, les ados
continuent parfois à demander des nouvelles des petits quand ils ne les voient
plus régulièrement.
L'A. : Y a-t-il une collaboration des « ados »
à l’animation des plus jeunes ?
S. M.-E. : Pour la première fois, cette année, ce sont les six
adolescents (dont la plus jeune avait 13 ans) qui ont animé la
« journée-vacances » des enfants. Ils ont, de main de maître,
organisé jeux et animations pour 31 enfants. Cela aussi est le fruit des
journées bibliques.
Malgré
tout, il faut bien avouer que la plupart des groupes que nous recevons sont des
groupes d’enfants, motivés par la foi chrétienne, dont les parents sont engagés
et soutiennent leur démarche, les accompagnent ou s’intéressent à ce qu’ils
font dans ce domaine.
Une
seule fois, j’ai eu un problème que je n’ai pu résoudre. Au terme d’une journée
préparatoire à la profession de foi, alors que chacun réfléchissait à la
rédaction de son texte, j’ai trouvé un enfant en larmes. M’approchant, je
l’entendis me dire : « Je ne veux pas faire ma profession de foi. Je
le dis depuis deux ans à mes parents et ils m’obligent. » Que se
passait-il ? Quelle réalité se cachait derrière cette détresse ? Cet
enfant passait une journée au monastère… J’ai interpellé le catéchiste. Je n’ai
jamais su ce qui s’était passé ensuite… Je pense encore très souvent à cet enfant.
L'A. : Souvent les enfants sont
accompagnés de leurs catéchistes. Ceux-ci sont-ils eux aussi investis dans la
démarche ?
S. M.-E. : Les catéchistes bénévoles sont généralement très demandeurs,
pour eux-mêmes, d’un temps de réflexion et de prière. Je suis toujours émue de
voir qu’aux moments de silence, à l’office ou lors de la contemplation de
l’icône de
C’est ce visage d’Église que les adultes contribuent à donner à la
démarche des enfants qui me semble très motivant. Ici, pas d’enfants et
d’adultes, mais des croyants à l’écoute ensemble. Telle est, me semble-t-il, la
richesse de ces groupes. A la fin du cycle des journées bibliques, les enfants
ont reçu un « certificat de ‘Détective de
L'A. : Qu'ajouteriez-vous pour
conclure ?
S. M.-E. : Inutile de vous dire que le regard que je porte sur les
enfants est plein d’espérance, vous l’avez senti !
Bien
sûr, les enfants que je côtoie sont souvent – au niveau de la foi – des enfants
privilégiés. Mais comme tous les autres, ils ont des souffrances qui peuvent
être aussi profondes que de porter en soi-même une grave épreuve de santé.
Je
constate pourtant que même les enfants moins privilégiés peuvent – au prix de
l’amitié qu’ils rencontrent dans l’Eglise (que nous représentons à leurs yeux)
– découvrir qu’ils sont aimés personnellement par Dieu, que Jésus est une
présence amie à leurs côtés et l’Esprit une force dans l’épreuve. Ainsi un
enfant handicapé dont les parents ont demandé qu’il puisse faire sa première
communion dans notre chapelle, et qui vient montrer fièrement à un copain la
place qu’il a occupée ce jour-là.
Je
m’aperçois qu’ils peuvent accueillir un enseignement qui ne part pas « de
la vie » (selon l’expression employée auparavant), mais de
Je
crois aussi qu’il ne faut pas craindre d’aborder avec eux des textes
difficiles ! Après avoir lu dans
Je
crois en eux, c’est vrai ! Mais je crois surtout en l’Eglise lorsqu’elle
se fait communauté et accueille tous ses enfants avec affection, quel que soit
leur âge, leur passé, leurs projets, leurs joies et leurs souffrances. Et les
enfants sont capables de vivre en Eglise…, si les adultes qu’ils rencontrent
leur en montrent
C’est
parce que je crois en l’Église que, lorsque j’entends parler de catéchèse
intergénérationnelle, je me sens très directement concernée ! L'Église ne
peut marcher à la suite du Christ que si chacun de ses membres accepte d'être
toujours à nouveau mis en route par l' Esprit. N'est-ce pas ce que saint Benoît
demande à chacun de ceux qui désirent « chercher Dieu » ?
Sœur Marie-Élisabeth
Découvrir
Bose (suite)
Monsieur Rahier, un ami d'Ermeton bien connu de
tous les autres, est revenu émerveillé de quelques jours passés en Italie, dans
la communauté monastique de Bose qui est elle-même amie d'Ermeton depuis une
dizaine d'années. Nous lui avons demandé de partager son enthousiasme avec les lecteurs
de l'Amandier (voir L’Amandier n° 21, mars
2007). Il nous livre ici la deuxième partie de son témoignage, suivie de
quelques textes significatifs.
Frère Enzo
Le frère Enzo
nous a rejoints le dimanche matin pour nous accueillir, faire connaissance,
voir comment se déroulait notre séjour. Je ne l'avais encore jamais rencontré.
Ce que je savais de lui, je l'avais appris des sœurs d'Ermeton et surtout par
mes lectures qui m'avaient fait découvrir sa carrure prophétique, ses
étonnantes connaissances bibliques, ses grandes orientations spirituelles, sa
réputation et son rayonnement bien au-delà de l'Italie, ses réalisations à
Bose. J'ai été frappé par sa grande simplicité, son humilité, son regard
profond, son accueil souriant et si chaleureusement humain. Avant de le
quitter, je lui ai demandé, tout ému, comment je devais l'appeler, il m'a dit
en souriant : simplement frère Enzo.
J'ai pensé
que pour découvrir les racines, le cœur et l'âme de Bose, il fallait un peu se
pencher sur son fondateur, son identité, son itinéraire.
Pour ce
faire, j'ai puisé toute mon information dans les deux livres suivants :
1.
Enzo
Bianchi et la communauté de Bose, du Père Mario Torcivia, éditions Salvator
2.
Bose,
la radicalité de l'évangile, de Robert Masson, éditions Parole et Silence
Enzo Bianchi
naît en 1943 dans un village d'agriculteurs au sud du Piémont, au sein d’une
famille pauvre. Sa mère Angela est une chrétienne convaincue, d'une pratique
religieuse assidue. Elle est de santé très fragile.
Elle avait confié son fils à toutes les protections
divines. A celle aussi de son mari, qui n'était pas spécialement porté sur les
choses de
Avant de
mourir sa maman avait aussi décidé de confier l'éducation scolaire et surtout
religieuse de l'enfant à deux femmes du village. L'une est institutrice,
l'autre employée des postes. Ces deux femmes célibataires vivent ensemble,
partagent leurs ressources, mènent une vie ascétique, font preuve d'une grande
générosité pour les plus démunis. Elles partagent ce qu'elles ont et ce
qu'elles sont, ce qu'elles vivent. Elles sont cultivées et ont une formation
religieuse solide. Elles auront une influence déterminante sur la vie d'Enzo.
Toutes deux sont mortes à un âge très avancé dans la communauté de Bose. Enzo a
8 ans à la mort de sa maman.
L'adolescence
d'Enzo est une période féconde au niveau des études et de son engagement dans
l'Action Catholique. Il réfléchit déjà à certains problèmes de la vie de
l'Église. Il s'engage politiquement dans le mouvement des jeunes de
Ses années
universitaires coïncident avec la tenue à Rome du Concile Vatican II. De
nombreuses communautés de base et des groupes spontanés apparaissent. Créé en
Rencontre avec l'Abbé
Pierre
Enzo passe 40
jours de l'été 1965 dans la communauté de l'abbé Pierre qui lui fait changer
radicalement d'opinion. Il découvre aussi la spiritualité de Charles de
Foucauld et sa vraie vocation, la vie monastique. Il va, dès ce moment,
chercher un endroit où la vivre concrètement. Ce sera le petit village de Bose.
Le 8 décembre
1965, jour de la clôture de Vatican II, Enzo Bianchi se rend à Bose fixant
ainsi la date du début de sa vie monastique.
Le 4 octobre
1966, fête de François d'Assise, le groupe œcuménique tient son premier
chapitre à Bose et prend la décision de louer certaines maisons du hameau. Dix
hommes et dix femmes de
Après cette
période de solitude à Bose, Enzo Bianchi part quelques mois en dehors de
l'Italie. En 1967, il rencontre le monde grec orthodoxe en s'arrêtant au Mont
Athos, puis fait la connaissance à Istanbul du patriarche œcuménique de
Constantinople. Il fait aussi un arrêt à l'abbaye bénédictine de
Il fréquente
également Taizé, centre de renouvellement réputé de la vie religieuse et
monastique. Il se lie d'amitié profonde avec le Frère Roger Schütz, prieur et
fondateur de cette communauté protestante.
C'est ici que
prend fin l'expérience solitaire d'Enzo Bianchi.[2]
Je voudrais
maintenant relever quelques points saillants qui m'ont touché plus
particulièrement. D'autres jailliront plus tard, beaucoup plus tard peut-être.
A Bose, tout
part du vécu. Rien n'est délibéré. Les événements entraînent les orientations.
C'est ainsi que le groupe spontané des débuts composé à la fois d'hommes et de
femmes, de catholiques et d'un pasteur protestant, mènera à la mixité et
donnera la dimension interconfessionnelle de la future communauté monastique.
La vie est
toute remplie par la prière, le silence des lieux, le travail, la pauvreté, la
lectio divina, le tout vécu dans la radicalité évangélique. Tout contribue à
construire solidement et durablement la communauté monastique. Il y a peu de
paroles, mais les êtres rencontrés sont habités par Dieu.
Je le redis, combien
j'ai été frappé par l'accueil spontané de Bose. Ce qui fait le miracle, c'est
qu'à travers les personnes, c'est le Christ qui accueille. « Le véritable accueil, c'est le Christ qui le fait. »
Les moines et
les moniales sont adossés au désert en permanence mais ils regardent vers le
monde tout proche. J'ai été bouleversé lorsque, le samedi et le dimanche, j'ai
vu depuis très tôt dans la journée de petits groupes arriver par les chemins
qui mènent au Monastère. Ils sont très divers: personnes seules, couples, de
tous âges, handicapés aussi. Ils viennent « voir ». J'ai observé
leurs visages. Beaucoup sont recueillis, silencieux, graves. Ils sont tous
différents comme on l'est dans le monde d'où ils viennent. J'ai appris que
leurs motivations sont très variées. Ce n'est pas pour certains une démarche
religieuse. J'ai deviné dans ces foules beaucoup de détresses humaines, de
cœurs révoltés, de désarroi. Peut-être certains ne savent-ils pas ce qu'ils
cherchent, mais ils sont là, attirés par une force mystérieuse, sans parfois
bien comprendre. Et beaucoup sentent, je pense, que ce lieu est accueillant,
que des moines et moniales, s'ils le veulent, les écoutent avec respect et
discrétion, comme ils sont, là où ils en sont, dans le silence peut-être. Et
que ce serait avec « l'oreille du cœur » que les cris et les
palpitations du monde seraient perçus. Je reste marqué par ce spectacle
émouvant et j'imagine sans difficulté ces foules au temps de Jésus accourant
vers lui, aspirées comme par un aimant. C'est un morceau du monde en soif
d'écoute, en soif d'amour, qui défilait devant moi. Et j'avais envie de me
joindre à cette foule assoiffée.
La Règle de
Bose est inspirée par la Règle de saint Benoît, le père des moines d'occident,
mais est aussi redevable à saint Pacôme et saint Basile, ces pères de l'Orient.
Depuis que je vis de la Règle de saint Benoît, ici au Monastère, j'ai toujours
aimé le dernier chapitre (ch. 73) où Benoît invite notamment à compléter sa « petite
règle pour débutants » par les enseignements de saint Basile et des
évêques des premiers siècles. J'ai toujours pensé que saint Benoît fermait sa
règle en l'ouvrant. Je me sentais à l'aise dans la Règle de Bose. Et je suis
revenu avec le désir de toujours vivre davantage de la Règle de saint Benoît.
Elle est inépuisable et je découvre toujours plus que je ne suis pas très loin.
Le samedi,
j'ai pris le repas de midi avec des frères protestants suisses des cantons de
Genève et du Valais. Plusieurs pasteurs étaient accompagnés de leurs parents et
amis. Ce fut un exercice pratique d'œcuménisme et de partage vraiment
fraternel. Tout était clair et simple. Ils venaient de participer à une
retraite sur la lectio divina. Ils m'ont dit combien ils étaient attachés à la
communauté monastique de Bose qu'ils fréquentaient régulièrement. Je n'ai pas
eu l'occasion de rencontrer des orthodoxes venus quelques jours auparavant à
Bose. La Parole de Dieu si présente faisait des miracles dans ces rencontres
inattendues. Je me disais que le vivre ensemble valait bien mieux que de
savants discours théologiques, utiles certes, mais pas nécessairement premiers
en définitive.
Des moines au
travail aux moines en prière à l'église. La
communauté a décidé de ne pas avoir d'habit monastique propre, mais de
s'habiller comme des gens de la société civile, sous le signe pourtant de la pauvreté,
de la discrétion et de l'absence de toute originalité. C'est seulement pendant
la liturgie, depuis 1984, que les frères et sœurs revêtent une coule blanche,
dont le seul but est de rappeler que la personne tout entière est revêtue du
Christ et d'exprimer autrement que par la parole leur louange au Seigneur. (Torcivia
p. 77)
J'avais eu des contacts
avec beaucoup de frères et sœurs au travail ou lors de rencontres. Et je les
identifiais clairement. Je les ai retrouvés à l'église et, là, je ne les reconnaissais
plus. Quelque chose de mystérieux se passait. Ils n'étaient plus qu'une grande
unité. Mystère de la prière et force de
Les offices de la
journée sont sobres, particulièrement soignés et recueillis. On se sent dans le
vrai temps de Dieu. Les offices sont chantés en alternance groupe hommes et
femmes souvent à l'unisson avec accompagnement discret de l'orgue, parfois du
violoncelle et de
L'après Bose
Mon séjour à
Bose est terminé depuis plusieurs mois. Et voilà que maintenant j'éprouve la
sensation profonde d'y être encore bien présent par la prière, par la pensée,
par le cœur. Je reste profondément marqué par ce que j'ai vu et senti qui se
vivait vraiment là-bas. Il y a pour moi un après Bose que je vis ici au
C'est ce qui
me pousse à reproduire ici des vérités profondes, des pensées fortes, des conseils
porteurs captés si souvent là-bas, mûris et approfondis ici et si présents en
moi (cf. annexe 4). J'éprouve plus que jamais le besoin de me les rappeler.
Beaucoup sont du frère Enzo. J'ai un grand désir, jour après jour, d'essayer de
les vivre dans le concret, de les laisser « fermenter » au cœur de
partages, de les laisser me renouveler. Et quand je m'éveille la nuit, il
m'arrive, surpris, d'être encore comme habité par eux. Mystère des retombées
d'un témoignage vécu dans tout son absolu, sa rigueur, sa fraîcheur. On ne peut
parler que de ce qu'on vit ou de ce que l'on tente loyalement de vivre au
mieux.
Je continue à
entrevoir, transposé dans mon quotidien, comme un chemin clair, solide, beau,
abrupt parfois aussi, comme bien des passages de nos « aujourd'hui ».
Chaque jour à vivre pleinement est un chemin pascal avec ses croix grandes ou
petites suivies, quand on sait attendre et discerner, de grandes ou petites
résurrections. Sur ce chemin, nous ne sommes jamais seuls. Et je m'efforce bien
souvent de rassembler dans l'Unité ce que je tente de vivre. Être porté par une
intuition forte, puissante, qui serait un peu la synthèse de tout ce qui
importe, qui me permettrait plus facilement de l'avoir accessible à tous
instants. C'est une recherche permanente et docile de la force invincible de
l'Amour qu'est Dieu, de la puissance infinie du Dieu humble et souffrant, de
Dieu tout puissant dans sa fragilité même. Tout se vit en Jésus-Christ.
Les quelques grandes
choses qui importent dans la vie, on doit garder les yeux fixés sur elles, on
peut laisser tomber sans crainte tout le reste. Et ces quelques grandes choses,
on peut les retrouver partout, il faut apprendre à les redécouvrir sans cesse
en soi pour s'en renouveler (Etty Hillesum,
Une vie bouleversée, dans Etudes,
janvier 2007, La puissance de Dieu).
Quand on se
risque à parler des choses de Dieu, on ne sait jamais où cela conduit, on
perçoit rapidement ses limites. Alors il vaut mieux se taire et retrouver la
prière dans le silence de son cœur.
C'est ce que
j'ai souvent perçu en livrant ce que j'ai écrit sur Bose.
Je vais donc
me taire et tenter de retrouver l'Essentiel simplement en moi et chez les
autres dans la vie d'aujourd'hui.
Je vais me
taire, mais je ne vais pas pour autant fermer la porte.
La porte du
pavillon Saint-Benoît reste largement ouverte à tous mes amis et amies et à
tous ceux et celles qui souhaiteraient me poser des questions sur Bose, sur le
pendant Bose et sur mon après Bose. Je serai heureux de les écouter vraiment,
j'essaierai de répondre à leurs questions, de compléter leur information.
C'est le
moment pour moi de rendre grâce et de remercier encore une fois tous mes frères
et sœurs de Bose qui font vraiment partie de ma famille spirituelle. Ils sont
présents dans ma prière quotidienne, dans mes pensées et dans mon cœur. Je
partage leurs joies comme toutes leurs peines.
Mes
remerciements vont aussi à mes sœurs d'Ermeton, mon monastère depuis si
longtemps, dont mon épouse fut si proche aussi, pendant de longues années.
Elles nous firent découvrir l'immense richesse bénédictine. Elles furent à
l'écoute si aimante de nos joies et de nos peines. Je ne pourrai jamais dire
tout ce que nous leur devons.
Sans elles il
n'y aurait jamais eu de Bose pour moi, ce lieu d'une infinie Présence, ce « lieu
de nulle part ».
Albert Rahier
Annexes
Dates significatives de l'histoire de
|
8 décembre 1965 |
Arrivée d'Enzo Bianchi
à Bose, à la clôture du concile Vatican II |
|
août - septembre 1966 |
Camp de travail du
groupe œcuménique de Turin (fondé par Enzo Bianchi) pour restaurer l'église
romane de San Secundo, en ruines |
|
8 septembre 1966 |
Bénédiction de
l'église romane restaurée, en présence d'une cinquantaine d'amis et de
quelques prêtres et religieux liés au groupe œcuménique |
|
29 juin 1968 |
Le cardinal Michele
Pellegrino se rend à Bose, où il donne une conférence et célèbre
l'eucharistie dans la petite église primitive. Il assume la responsabilité de
la partie catholique de la fraternité. |
|
octobre 1968 |
Arrivée à Bose des
deux premiers frères, de la première sœur et d'une sœur de Grandchamp pour
commencer la vie commune, monastique et œcuménique. Le card. Pellegrino
délègue le père Eugenio Costa s.j. comme son représentant pour les membres
catholiques de la communauté. |
|
22 avril 1973 |
A l'aube de Pâques,
devant l'Église représentée par de nombreux amis, parents et hôtes, en
présence du père Eugenio Costa, s.j. délégué du card. Pellegrino pour les
catholiques, et du Pasteur Gay, les premiers sept frères émettent leur
profession monastique définitive selon la règle de Bose. |
Itinéraire
d'initiation monastique à Bose
-
quelques mois pour prendre connaissance
de la communauté
-
postulat d'environ 6 mois
-
noviciat d'environ 4 ans
-
accueil liturgique dans la communauté
-
probation d'environ 3 ans
-
profession monastique définitive dans la
communauté devant l'Église
Description
d'une journée communautaire, d'après un discours d'un frère de Bose (Torcivia)
« Pour
vivre concrètement le primat de la Parole de Dieu, chaque frère et sœur est
invité à se lever à 4h30, pour consacrer au moins une heure de temps à la lectio divina personnelle sur un texte
d'Écriture choisi par la Communauté, pour souligner l'importance de l'écoute de
la Parole, seule et véritable source de la communion. À 6 heures, a lieu le
premier des trois moments de prière commune de la journée : l'Office du matin.
Suit, de 6h45 à 7 heures, le bref chapitre quotidien, ouvert par la lecture
cursive des principales règles monastiques de l'antiquité, avec évidemment la Règle de Bose ; le chapitre est
l'occasion de la correction fraternelle, de l'échange d'informations sur la
journée et l'hospitalité. De 7h00 à 8h00, une autre heure de silence est
laissée à chacun pour la prière personnelle et les lectures spirituelles.
À 8 heures, un triple
tintement de cloche marque la fin du grand silence (démarré la veille à 20
heures par un autre triple tintement de cloche) et le début de la journée de
travail. De 8h00 à 12h00, chacun mène ses activités professionnelles, tandis
qu'on se retrouve tous à 12h30 dans la chapelle pour la seconde prière commune
de la journée : l'Office de midi. À la fin de l'Office, selon une tradition
commune à l'Orient et à l'Occident chrétiens, le déjeuner suit immédiatement,
pris en silence et en écoutant de la musique classique ou, lorsqu'on l'estime
nécessaire, en écoutant une lecture importante pour la vie de
Quelques
extraits d'écrits d'Enzo Bianchi et divers
On commence à devenir chrétien quand on pressent
de quel amour on est aimé. (R. Masson)[3]
« Nous sommes de simples laïcs chrétiens »,
ne cesse de redire Enzo, reprenant les mots prononcés par Saint Pachôme, dans
le désert d'Egypte, devant le patriarche Athanase d'Alexandrie. C'est une
humilité dont le propos n'est pas pour peu dans le rayonnement de Bose. Ces
moines et ces moniales ont choisi la solitude, non pas l'esseulement. Les
monastères dans leur ensemble sont dans ce cas. Ils s'établissent en règle
générale sur les abords du monde, mais pas à l'écart. (E. Bianchi -
R. Masson)
Ce qui parle à Bose comme en beaucoup d'autres
lieux du genre, ce sont des existences habitées qui n'ont pas seulement recours
aux mots pour dire ce qui les fait vivre. (R. Masson)
Jésus appelle chacun à une vie belle, bonne,
heureuse. Il y a comme une urgence à retrouver cette saveur oubliée de l'Évangile.
(Enzo
Bianchi, La saveur oubliée de l'Évangile)
L'homme moderne vit hors de lui-même en
quelque sorte exproprié de son être. Nos contemporains ne font que courir d'une
activité à une autre, sans jamais s'arrêter. L'accès à une vie intérieure
suppose qu'on se rende présent à soi-même. Je ne suis pas que la somme de mes
activités, de mes titres. Mon être profond réclame du temps libre, de la
gratuité, du temps perdu, dit-on, pour accéder à la surface de ma
conscience…Sans ce dialogue intérieur entre soi et soi, sans activité
réflexive, la prière tourne à la dévotion, à l'activité pieuse un peu stérile.
Ce n'est pas une spiritualité à bon marché que
les hommes attendent quand ils se retrouvent dans un lieu comme Bose, dans une
démarche d'exigences. « Les hommes sont volontiers religieux, ils sont
plus lents à croire », observe Enzo. Pour s'en persuader, il suffit
d'ouvrir l'Évangile, se rappeler toutes ces prières satisfaites dont le Christ
nous assure qu'elles n'auront pas l'agrément de Dieu. L'aspiration la plus
profonde à Bose est de vivre ce que le fondateur de cette communauté désigne
comme un compagnonnage des hommes (E. Bianchi, Chrétien que dis-tu de toi-même ? et R. Masson).
L'endroit où s'établissent des moines est
hautement significatif. Le monastère a toujours sous les yeux
« Si Dieu n'était qu'un objet de discussion
– un Dieu dont on parle – je ne croirais pas en lui. Mon Dieu, est un Dieu à
qui je peux parler. Voilà la raison de ma foi. » Les chrétiens peuvent se
reconnaître à plus d'un titre dans cet abord de
« Montre-nous le Père, cela nous suffit »
(Jn 14,8). Jésus a évangélisé Dieu, au sens où
il l'a rendu Bonne Nouvelle, Évangile, en racontant Dieu dans sa propre vie. (Enzo
Bianchi)
Jésus a mis fin, une fois pour toutes, à ces
récits de Dieu. Il les a évangélisés. Cela a des conséquences déterminantes :
si Jésus, durant sa vie, n'a jamais puni personne, il n'est pas permis
d'affirmer que Dieu, durant notre vie, peut nous punir ; si Jésus a toujours
aimé et pardonné les pécheurs, Dieu ne les répudie pas. En un mot, ce que Jésus
n'a pas raconté de Dieu, il n'est pas possible de le projeter sur Dieu lui-même.
(E.
Bianchi)
Certes, il y a
Interroge ton cœur ! S'il est plein de charité,
tu as l'Esprit de Dieu en toi. (Saint Augustin)
Le problème aujourd'hui, c'est le consentement
perpétuel, le oui pour
On se souvient alors d'une vérité d'évidence :
Dieu ne nous a pas laissé des écrits, mais des vies qui nous parlent de lui.
Elles le font avec chaleur au contact de ces frères et sœurs qui redonnent à
ces visages d'hommes et de femmes une beauté qui se passe d'attraits. (R. Masson)
Je crois être passé par un itinéraire de
conversions progressives, d'un côté j'ai la curieuse impression que plus
j'avance moins je sais. Comme si la foi nous menait progressivement à une
ignorance fondamentale, à une nudité, à un silence habité d'une Présence dont
on ne peut rien dire. Me reste au fond du cœur l'image d'un homme, Jésus, dont
l'existence est un chef-d'œuvre, une vie fidèle, bonne, belle, unifiée,
intériorisée, totalement donnée aux autres, une vie qui me raconte et me révèle
l'amour incommensurable de Dieu, son Père. (Enzo Bianchi)
Le moine n'a rien à revendiquer, souligne frère
Enzo. Aujourd'hui moins que jamais. Il demande simplement qu'on le laisse à son
poste, là où n'importe qui peut s'approcher pour en recevoir une parole.
Attention aux affirmations rapides qui nous donnent à croire que le moine a
choisi la meilleure part. Et si c'était la plus difficile ? Celle qui passe les
mots, mais n'en a pas moins à dire. Il ne va pas de soi de répondre
d'existences dont les hommes de ce temps ne voient pas le pourquoi. Une vie de
moine, c'est comme
Le cinquième évangile que tout le monde devrait
pouvoir lire, c'est notre vie. (Henri Vergès)
L'Église est essentielle pour la vie du
chrétien. Le christianisme ne peut pas se réduire à un mouvement ni à quelques
références éthiques et spirituelles à Jésus de Nazareth, et les croyants ne
peuvent pas rester longtemps des croyants nomades ou des croyants pèlerins qui
participent par intermittence à de grandes rencontres ou fréquentent des hauts
lieux spirituels. (E. Bianchi, Conférence à la Compagnie des pasteurs de
Genève)
On n'est pas croyant une fois pour toutes, sinon
dans le sens qu'il y a eu un acte d'adhésion au Seigneur voulu comme définitif,
un acte scellé par le baptême, mais qui n'a pas rendu inaccessible au péché. (E. Bianchi)
Or Jésus a évangélisé Dieu au sens où il a rendu
Dieu bonne nouvelle, il a rendu Dieu évangile : en racontant Dieu dans sa
propre vie, Jésus a jugé toutes les images et tous les visages de Dieu que les
hommes se fabriquent de leurs propres mains. (E. Bianchi)
Notre vie propose-t-elle une forme d'homme, un
mode humain de vivre qui raconte Dieu, à travers Jésus-Christ ? C'est sur ce
point que nous serons jugés, et non sur autre chose, car au dernier jour,
Jésus, en tant que juge, nous demandera : m'avez-vous reconnu, et avez-vous par
conséquent reconnu Dieu, dans celui qui avait faim, soif, dans celui qui était
nu, prisonnier, étranger, dans celui qui était dernier, victime (cf. Mt 25, 31 – 46) ? Voilà où se trouve l'image
de notre Dieu : c'est l'homme que nous devons rencontrer pour rencontrer Dieu !
(E. Bianchi)
Le 3, journée biblique sur
Elie animée par Mère Loyse. Un bon nombre de participants et 34 enfants
étudient le même thème, accompagnés par sœur Marie-Élisabeth et sœur
Marie-Christine. Sœur Marie-
Dans le cadre du cycle
« samedis de carême » organisé à Maredsous, sœur Marie-André (membre
de la commission pour le Dialogue Interreligieux Monastique), participe à la
rencontre consacrée au bouddhisme tibétain.
Le
8,
sœur Marie-David se rend au collège Pie X de Châtelineau pour donner aux élèves
de 3ième et 4ième année de l’enseignement secondaire général,
un témoignage sur sa vie de moniale.
Les
9 et 10,
« Ateliers de la Parole » animés par madame Lesage.
Du
12 au 15,
session « URC-jeunes » (jeunes contemplatives). L’animation sur
« le Deutéro-Isaïe » est assurée par Mère Loyse.
Le
13, réunion des libraires religieux chez les
trappistines de Brialmont. Sœur Nicole y participe.
Le
15,
accueil des prêtres du Doyenné de Walcourt avec l’abbé Piveta.
Le
16,
sœur Marie-Pierre Fosse rejoint à Maredsous le groupe qui a participé à
Louvain-La-Neuve à l’hommage rendu à Jean Pirotte à l’occasion de son éméritat.
Le
17,
Kathleen Henri émet sa profession d’oblate séculière de notre monastère, au
cours de l’eucharistie présidée par le
Le
19,
sœur Marie-
Sœur Birgitta anime une
journée sur la « Lectio Divina. »
Le
21, nous
accueillons un bon nombre de membres du « Collectif des femmes » de
Louvain-La-Neuve. La communauté les rencontre autour d’un goûter. Chaque
personne expose ses activités propres au sein de cette magnifique entreprise,
présidée par madame De Wan. Chaque section a pour but d’aider les femmes
étrangères arrivant en Belgique à s’insérer au mieux dans leur pays d’accueil.
Les services sont multiples et variés.
Le
22, Mère
Loyse, sœur Marie-François et sœur Madeleine vont chez les bénédictins de
Clerlande aux funérailles du Père Bénédict Gillès de Pélichy, frère de sœur
Marie-Daniel.
Du
23 au 26,
retraite inter-oblature animée par sœur Hildegard sur le thème : « Rencontrer
le Dieu vivant dans sa Parole ».
Le
27, accueil
du Doyen de Gembloux et de ses prêtres.
Le
28, réunion des archivistes des communautés
religieuses à Celles. Mère Loyse et sœur Marie-Pierre Fosse y participent.
Sœur Birgitta s’occupe
d’un groupe de jeunes de langue allemande en retraite à Maredsous.
Le
30, sœur Marie-
Le
31, sœur Marie-Élisabeth anime une récollection
pour un groupe de paroissiens de Marchienne-au-Pont.
Le
5, début
du triduum pascal qui sera suivi par de nombreux hôtes. L’
Le
12,
répétition de chant avec le
Le
14, sœur Claire fête aujourd’hui son jubilé de 25
ans de profession monastique. Le
Le
15, première eucharistie diffusée sur les ondes.
Célébrant : Père Jean-Daniel. A l’orgue :
Dans l’après-midi a
lieu, dans notre chapelle, un magnifique concert offert par l’ensemble
« Cellomania ». Créé en 2005 par Eric Chardon, professeur de
violoncelle et de musique de chambre dans plusieurs académies, cet ensemble
réunit des élèves anciens et actuels de ses classes d’académie de la région de
Charleroi. Le but de cet ensemble est de faire découvrir au public le son du
violoncelle et la diversité des possibilités de l’instrument.
« Cellomania » aime mêler au son de son instrument celui de la harpe
et du piano. Un enchantement ! Un public assez nombreux répond à
l’invitation. Les bénéfices du concert sont destinés au financement des travaux
à la ferme.
Le
21,
une réunion inter-oblatures se tient chez les bénédictins du Mont-César à
Leuven. Sœur Bénédicte et sœur Élisabeth s’y rendent.
Le
22, messe radiodiffusée. Célébrant : Père
Jean-Marie. A l’orgue :
Les
25 et 26,
session annuelle de travail pour les collaborateurs de la revue Feu Nouveau, sous la direction de l’abbé
Jacques Thunus.
Le
29, messe radiodiffusée. Célébrant : Père
Maurice. A l’orgue :
Sœur Dominique, petite
sœur de Jésus, rencontre
Le 1er, sœur Marie-Cécile se rend à l’abbaye de la Paix Notre-Dame à Liège
pour le jubilé de 50 ans de profession monastique de sœur Marie-Paul Haelewyck
tandis que Mère Loyse, sœur Marie-Pierre Fosse, et sœur Marie-Christine vont à
Rixensart pour le jubilé de Mère Christiane.
Du
4 au 6,
retraite de séminaristes du diocèse de Malines-Bruxelles du séminaire Jean
XXIII à Leuven.
Le
6,
messe radiodiffusée. Célébrant : Père Jean-Marie. A l’orgue : Carl Van
Eyndhoven, professeur au Lemmensinstituut de Leuven.
Le
7,
nous apprenons le décès, à Maredsous, du
Récollection sur la
« Lectio Divina » par sœur Birgitta.
Le
10, Mère Loyse, sœur Marie-David et sœur Miryam
vont à la veillée de prière pour le Père Ambroise.
Le
11, funérailles du Père Ambroise. Mère Loyse et
six sœurs s’y rendent.
Le
13,
messe radiodiffusée. Célébrant : Père Ignace. A l’orgue :
Le
17, messe radiodiffusée. Célébrant : Père
Jean-Daniel. A l’orgue : Fabien Moulaert.
Le
20, messe
radiodiffusée. Célébrant : Père Willibald. A l’orgue : Kris Wittevrongel,
professeur au Lemmensinstituut de Leuven.
Le
27,
Pentecôte. Dernière messe radiodiffusée. Célébrant : Père Daniel. A
l’orgue :
Du
28 au 1er Juin, session sur Jean Cassien donnée par Françoise
Morard. 23 participants, la plupart moines et moniales.
Signalons
que, pendant ces derniers mois, nous avons accueilli un nombre important
d’enfants se préparant à leur profession de foi. Sœur Marie-
« On
n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le
lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt
5,15).
Sous la
rubrique « La lampe et le lampadaire », l'Amandier informe les Amis
d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et
les nécessités qui s'y attachent.
![]()
Il y a eu un an que le chantier de restauration de la ferme s’est
ouvert, le 15
L’ensemble est sous toit. Les murs extérieurs sont sablés, le
crépissage est commencé. Les travaux d’installation du chauffage ont débuté
également : panneaux solaires pour l’eau sanitaire, et chaudière au bois
(pellets). Les châssis de portes et de fenêtres seront posés avant les congés,
le plafonnage suivra. Les travaux nécessaires à l’installation électrique sont
en cours. On se penche sur l’aménagement intérieur : carrelage, peinture,
téléphonie ….
![]()

Bref, le chantier bat son plein et l’équipe des sœurs chargées de le mener
à bien est de plus en plus sollicitée. Aucune réflexion préalable n’est
superflue. La fidélité du groupe d’amis qui nous y aide chaque semaine n’a pas
fléchi depuis un an. L’assiduité de chacun aux réunions de chantier est sans
faille. Nous mesurons de plus en plus combien les conseils dont nous sommes si
bien entourées nous sont précieux.
Bien sûr, les soucis
ne manquent pas, tant au niveau financier qu’au niveau des choix techniques et
des décisions à prendre. Nul n’est à l’abri d’une erreur, mais la vigilance de
notre architecte et de notre entrepreneur, conjuguée avec celle de l’équipe
responsable, est un solide appui et, jour après jour, une cause d’action de
grâces pour toute la communauté.

![]()



![]()
Comptes
bancaires
DEXIA
: 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767
7119 BIC : GKCCBEBB)
Pour
Société
Générale Givet : 0003729001810 (IBAN
: FR76 30003 00581 00037290018 10),
(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)
avec
la mention « la lampe et le lampadaire »
Du dimanche
19 août à 16h. au vendredi 24 août à 17h.
Une session d’initiation
à la liturgie portant sur l’année liturgique, animée par l’
Des
exposés :
·
Débuts du christianisme, rapport au monde
juif
·
Apparition des grandes fêtes
·
Les fêtes des saints au premier millénaire
·
Temporalité, conception chrétienne du
temps
·
Fêtes modernes
·
Le calendrier d’aujourd’hui, l’apport du
Concile Vatican II
·
![]()
Le
lectionnaire de carême
Les
intervenants :
·
·

·
Abbé
·
P. Christophe Monsieur, O.Praem.
Travail
en atelier
Chant : texte et
musique - Pères de l’Église – Lectionnaire - Textes liturgiques
Sans oublier
· les
Offices avec la communauté
· des
temps de rencontre et d’échange
· une
excursion
Le
tout dans un climat fraternel.
P.A.F.
séjour et animation : 225 € - Étudiants et moins de 25 ans : 100 €
(Un
acompte de 90 € confirme l’inscription.)
Sur les pas de saint Benoît…
La session «
De Nursie à Rome
![]()
De la petite
ville fortifiée de Nursie (que sœur Marie-Christine nous a présentée dans le
dernier numéro de l'Amandier), il
nous faut maintenant passer avec Benoît à la grande ville de Rome, de la vie
d'une vallée profonde des Apennins à la vie d'une grande cité ouverte à toutes
les influences, de l'enseignement donné à la maison par un grammaticus à la vie étudiante menée en groupe.
Passer « physiquement »
de Nursie à Rome nous a permis d'imaginer un peu le grand changement de vie que
dut assumer Benoît vers l'âge de 16 à 17 ans.
Mais, si la
différence est grande aujourd'hui, elle l'était tout autant, si pas davantage,
au temps de Benoît. En effet, la venue à Rome représentait, pour un jeune
Sabin, une ouverture formidable au point de vue culturel, mais aussi ecclésial.
![]()
Benoît découvre une
ville magnifique, dont les bâtiments sont recouverts de marbre. Ces bâtiments
qui nous semblent encore tellement imposants aujourd'hui - alors qu'ils ne sont
plus que des ruines depuis longtemps dépouillées des ornements qui faisaient
leur gloire - devaient être impressionnants pour un jeune venu de la montagne !
Il découvre les thermes, les aqueducs, les basiliques… Il se rend probablement
dans ces thermes, comme à la basilique de Maxence où se tiennent les grandes
réunions du peuple. Il découvre les « plaisirs » des bains publics,
leur ambiance, leurs tentations… (On s'y baigne et on s'y « amuse »
sans distinctions de classe, de rang social, de sexe… même si, là comme
ailleurs, la fortune permet ce que ne peut obtenir la pauvreté.)
Au milieu de
toutes ces richesses qui demeurent visibles, il peut en même temps expérimenter
les désordres sociaux et les intrigues qui se nouent jusque dans l'Église. Si
on admet la date de 480 pour la naissance de Benoît, celui-ci n'a que 18 ans
lorsque les chrétiens se déchirent autour de deux papes. La société civile et
politique est, elle aussi, en crise. De 493 à 526, un roi Ostrogoth, un
étranger, Théodoric, règne à Rome. C'est un temps de paix politique, mais les
Romains ont dû faire face à plusieurs sacs de leur ville (trois fois durant la
vie de Benoît, six en 150 ans) et donc à une très grande misère. Pourtant, même
dans ces circonstances, ils continuent à demander « du pain et des jeux ».
Benoît voit
clairement les dangers qu'il lui faut affronter, il ne présume pas de ses
forces, il recule. Il veut plaire à Dieu seul et prend distance afin de ne pas
sombrer. Il s'aperçut que c'était
l'occasion pour beaucoup de tomber dans l'abîme des vices : aussi - pour ainsi
dire - à peine avait-il mis les pieds dans le monde, qu'il les retira, de peur
que pour avoir pris quelque contact avec ladite science, il ne soit en
contrepartie précipité tout entier dans l'abîme (Grégoire le Grand, Dialogues)
Tout ce qu'il
voit à Rome, tout ce contexte à la fois social, politique et religieux qu'il
expérimente, lui restera présent et marquera la Règle qu'il écrira pour ses
moines.
La pauvreté
de la société atteindra son monastère, c'est pourquoi il parle du manque de ressources, du travail des mains, parfois accablant, et du cellérier qui ne peut accorder ce qu'on lui demande.
S'il crée une
milice du Christ, c'est qu'il sait ce
que cela veut dire : il a connu celles de Théodore ou de Totila. Il sait ce
qu'est un vrai roi pour avoir vu régner
des rois étrangers, violents, avides, et la paix
lui apparaît comme le bien véritable qu'il désire voir régner parmi ses frères.
Quand tous sont forcés à de multiples déplacements par la guerre et les
troubles, il propose aux moines de se tenir fermement attachés au Christ et de
trouver en lui leur vrai lieu.
Dans un temps
difficile, Benoît appelle ses communautés à s'ouvrir aux pauvres et aux
étrangers, à accueillir chacun sans faire les distinctions qui ont
habituellement cours dans
Mais
qu'avons-nous vu à Rome ?

![]()
Quels
monuments nous ont parlé de Benoît ? Dès la première sortie, nous avons
visité l'église San Benedetto in Piscinula.
Elle est actuellement confiée à la garde d’une communauté récemment
fondée : les « Héraults du Christ ».
Mais,
d'après la tradition, et c'est ce qui nous y a amenés, la chapelle latérale
contient la « cellule » habitée par Benoît au cours de son séjour à
Rome.
Un lieu
minuscule nous a été présenté… où il nous a été possible de faire mémoire de
son choix radical pour Dieu. Désirant
plaire à Dieu seul, … il se mit en
quête d'un genre de vie sainte. Aussi se retira-t-il savamment ignorant et
sagement inculte. (Grégoire le Grand, Dialogues)
Il faudrait
aussi parler de toutes les églises et basiliques que nous avons visitées en
soulignant, en ce qui me concerne, la visite à la tombe de Pierre. Elle a été
pour moi un moment fort. Ainsi, notre foi est fondée sur ce « Roc » !
Un homme qui, comme tout homme, a connu les grands élans, les doutes, les
retours, la mort… et qui a trouvé sens à sa vie en l'unissant à celle de Jésus
de Nazareth, tenant ferme lorsqu'il lui fut demandé compte de sa foi… jusqu'au
don de sa vie dans le martyre. Les tombes de tous ceux qui, à sa suite, ont
guidé l'Église, à travers vents et marées.
Les vêpres
avec nos frères bénédictins à Saint-Paul-hors-les-murs, l'accueil reçu à la
procure générale de la congrégation de Subiaco, le baptistère de Saint-Jean de
Latran (source de tous les baptistères), les catacombes de Priscilla, la
rencontre avec le
Sœur Marie-Élisabeth (à suivre)
Pour les jeunes : du
30 juillet au 3 août 2007
Quelques sœurs d’Ermeton proposent aux jeunes
désireux de vivre un temps de convivialité alliant amitié, prière et travail un
Camp
Prière et Travail

Si
tu es âgé de 16 à 25 ans,
si
tu cherches à vivre un temps de vacances « différent »,
viens
et vois...
La
matinée sera consacrée à différents travaux dans le parc du monastère, le
jardin ou dans certains ateliers.
L’après-midi, nous permettra des rencontres autour de la Bible, de la vie
monastique ou de la vie tout court…
Des
temps seront consacrés au partage d’expériences et à la participation à la prière
liturgique de la communauté.

Que les musiciens n’oublient pas d’apporter leurs instruments et les
dessinateurs leurs crayons, les talents de chacun sont les bienvenus !
P.A.F.
50 € (ou selon les possibilités)
Inscriptions :
Sr Hildegard : Tél. 071/72 00 48
Fax 071/72.73.92
accueil@ermeton.be (site www.ermeton.be)
N’hésite
pas à parler de ce camp autour de toi….
Page des jeunes
Les scouts ont 100 ans !

Les
« jeunes amis d'Ermeton » sont nombreux et divers, garçons et filles,
entre 6 et 18 ans.
Alors que Marie-Alice (18 ans) nous a partagé
l'expérience vécue à « Toussaint 2006 » (voir Amandier n° 20), nous avons cette fois interviewé
Aloïs (10 ans). Avec les scouts de l'unité de Saint-Gérard il a participé, à
Bruxelles, aux manifestations commémorant le lancement du premier camp scout
par Baden Powell, le 1er août 1907.
L'Amandier : Aloïs, tu t'es levé tôt le dimanche 29 avril et
tu es parti de grand matin ! Ton papa nous a dit que tu étais très pressé de te
rendre à la gare de Tamines. Qui y as-tu retrouvé ? Où alliez-vous ainsi tous
ensemble ?
Aloïs : J'ai
retrouvé tous mes amis et nous avons pris le train pour aller au stade Roi
Baudouin à Bruxelles, pour voir le spectacle organisé pour les 100 ans des
scouts.
L'A. : Mais, n'es-tu pas trop jeune pour être scout ? A
partir de quel âge peut-on devenir membre d'une unité scoute ? Devient-on scout
tout de suite ?
Aloïs : L'âge minimum pour s'inscrire chez
les scouts est 6 ans. On fait alors partie de la grande famille scoute composée
des baladins (6 à 8 ans), des louveteaux (8 à 12 ans), des éclaireurs (12 à 16
ans) et des pionniers (16 à 18 ans).
L'A. : Et toi, à quelle branche du scoutisme
appartiens-tu ?
Aloïs : Je suis chez les « louveteaux »,
je fais partie de la meute de la 53e unité.
L'A. : Pourquoi
parle-t-on de « louveteaux » ? Peux-tu nous l'expliquer ?
Aloïs : Je ne comprends pas encore très bien
cela, mais je sais qu'il y a un rapport avec le badge de « la mue »,
c'est-à-dire avec
L'A. : Tu te réjouissais beaucoup de cette journée. Que
vous avait-on annoncé de si attirant ?
Aloïs : Avant de partir, je savais qu'on allait
faire un pique-nique, un jeu et aussi qu'il y aurait un spectacle au stade Roi
Baudouin.
L'A. : Quelle a été ta première impression en arrivant
à Bruxelles ?
Aloïs : Je me suis
senti un peu bouleversé ! J'étais comme emporté par tout ce monde… Quand je suis
rentré, j'ai dit à papa : « C'était géant ! » Difficile de dire autre
chose !
L'A. : Comment s'est passée la journée ?
Aloïs : Je suis
resté toute la journée avec ma troupe. On ne peut pas dire vraiment ce qu'on a
fait. On pourrait dire : pas grand-chose. On a surtout marché… mais on
était très contents d'être ainsi tous ensemble. J'ai rencontré des scouts
néerlandophones et aussi des guides (ce sont des filles !).
L'A. : Pourquoi aimes- tu tant participer aux
activités scoutes ?
Aloïs : J'aime
participer aux activités parce qu'on ne reste pas tout le temps devant la télé
le dimanche et qu'on peut réaliser toutes sortes d'activités de groupe.
L'A. : Comment fonctionne une meute ?
Aloïs : Les chefs
de meute sont responsables de nous pendant les activités. Le responsable des
louveteaux porte le totem de Kaa, le chef des scouts celui d'Akela.
L'A. : Connais-tu déjà la loi scoute ? Quel est le
point que tu préfères ? Et celui que tu trouves le plus difficile à mettre en
pratique ?
Aloïs : Le point
que je trouve le plus difficile (mais aussi celui que je préfère !) c'est
: ne pas rejeter les autres.
L'Amandier
: Grand merci, Aloïs !
Grâce à toi, nous connaissons un peu « de l'intérieur « ce que tu as
vécu à Bruxelles et ce que tu vis avec ta meute. Nous te souhaitons bonne route
! (Merci aussi à ta grande sœur qui t'a aidé à écrire les réponses à nos
questions !)
Echos de quelques
membres de "Très
impressionnant de se trouver au milieu de 95.000 jeunes, une ambiance du
tonnerre, des cris de joie, des "applauses" qui donnent des
frissons ainsi qu'une émotion qui monte et nous fait perdre une petite
larme. Une très bonne entente entre les Flamands et les Wallons. Rassembler
tant de jeunes prouve que tout est possible dans notre petite
Belgique." (s) Cacatoès Du
côté des animateurs : "A En
conclusion : "Il me tarde de raconter cette formidable
aventure à mes petits-enfants… en espérant évidemment qu'ils soient scouts
! Merci B.P."
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Calendrier |
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Juillet |
3 – 7 |
Hébreu biblique Fr. Étienne Demoulin, osb, Wavreumont |
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9 - 13 |
Grec biblique Abbé Robert Henrotte |
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|
16 - 23 |
Retraite en silence pour tous Père Jacques de l’Arbre, s.j. |
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30 Juillet - 3 Août |
Camp prière et travail Quelques sœurs d’Ermeton |
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|
Août |
6 – 10 |
Traditions juives et Nouveau testament |
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11 - 15 |
Retraite en néerlandais Sr Hildegard Geerinck, Ermeton |
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19 - 24 |
Session « L’année liturgique » |
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27 |
Journée des enfants Sr M.-Élisabeth, Sr M.-Christine et des ados |
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Septembre |
3 - 16 |
Pas d’hôtes en séjour |
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17 |
Récollection - Lectio Divina Sr Birgitta Drobig, Ermeton |
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29 |
Osée Sr Loyse Morard, Ermeton |
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Octobre |
14 |
16e rencontre des Amis d’Ermeton |
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|
27 |
La lettre aux Philippiens Sr Birgitta Drobig, Ermeton |
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Novembre |
3 - 4 |
Un W.E. « vie monastique » Sr M.-Élisabeth et Sr M.-Christine, Ermeton |
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|
9 - 11 |
L’Évangile de Marc Mme Corina Combet |
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Décembre |
14 - 16 |
Hébreu biblique Fr. |
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|
23 - 25 |
Célébrations de Noël |

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Contenu |
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|
Le
temps ordinaire |
Sœur
Loyse |
2 –
3 |
|
Un
regard sur les enfants |
Sœur Marie-Élisabeth |
4 -
11 |
|
Découvrir
Bose (suite) |
Albert
Rahier |
11 –
22 |
|
Nouvelles
de la communauté |
Sœur
Marie-François |
22 –
25 |
|
La
lampe et le lampadaire |
|
26 –
27 |
|
Session
liturgique : La couleur des temps |
|
28 |
|
Sur
les pas de Saint Benoît |
Sœur Marie-Élisabeth |
29 –
31 |
|
Pour
les jeunes : camp prière et travail |
|
32 |
|
Page
des Jeunes |
Aloïs Dubé |
33 –
34 |
|
Calendrier |
|
35 |
|
Abonnement
– contenu |
|
36 |
Ne manquez pas de noter
les dates suivantes :
·
28
juillet : concert au Monastère
·
du 30 juillet au
3 août : pour les jeunes, camp prière et travail
·
du 19 au 24
août : session d’initiation liturgique « La couleur des temps »
·
le dimanche 14
octobre : Journée des Amis d’Ermeton
[1] Cf. Premier
projet manuscrit,
[2] On trouvera en annexe :
1/ Les dates
significatives de l'histoire de la communauté de Bose
2/
L'itinéraire d'initiation monastique
3/ La
description d'une journée monastique
[3] N.B. Les citations de R.
Masson sont extraites de son livre "Bose
la radicalité de l'Évangile"