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Venez, adorons le Seigneur
La prière est
toujours une réponse. Durant l'Avent, notre espérance qui se réveille nous rend
plus sensibles à l'appel du psalmiste: "Venez, adorons le Seigneur".
Les psaumes font résonner cet appel sous maintes formes. Nous l'entendons avec
une attention particulière en ces temps où les encouragements à la pratique de
l'adoration eucharistique se multiplient de la part de l'Église, comme vient
encore de le montrer le rassemblement "Toussaint 2006" à Bruxelles.
Pour confirmer la nécessité d'y consacrer du temps, n'a-t-on pas cité cette
phrase de Benoît XVI: "Avant toute activité et toute transformation du monde,
il doit y avoir l'adoration" ? Encore faut-il comprendre la portée
véritable d'une telle affirmation. S'agit-il seulement de souligner l'importance
d'un geste de dévotion ? ou bien plutôt d'évoquer l'attitude fondamentale du
croyant face à son Dieu ? De quelle adoration parlons-nous ? Et qu'est-ce
qu'adorer ?
Pour les
psaumes qui représentent la somme de l'enseignement biblique sur la prière,
adorer est le propre de l'attitude humaine face au Dieu Saint. Le mot lui-même
y apparaît toujours en rapport avec la sainteté de Dieu: "Adorez le
Seigneur éblouissant de sainteté" (Ps 28,2; 95,9). Lui seul est digne
d'adoration précisément parce qu'il est saint. Pourtant
Durant
l'Avent et le temps de Noël, nous revivons ces préparations passées et nous
rappelons comment le Dieu "saint" s'est fait "chair". Les
deux termes semblent contradictoires mais, en Jésus né de Marie à Bethléem, ils
coïncident jusqu'à s'identifier. Toute
Dans
l'évangile selon saint
Ne faire
qu'un avec ses actes, les habiter du dedans, s'y engager tout entier: saint
Benoît le recommande de bien des manières. Rien dans la vie quotidienne – si
pauvre soit-elle – ne doit rester étranger au désir de "chercher
Dieu". (Il suffit pour s'en convaincre d'observer dans la règle le nombre
presque incalculable de fois – plus de 200 ! – où se retrouvent les mots
"tout", "tout à fait", "de toutes façons", sans
parler de "rien" et de "toujours" !). Toute la vie, toutes
les activités sociales ou personnelles, sont polarisées vers un seul but. Il y
a une manière quotidienne, discrète, mais totale et vraie, de suivre le Christ
jusqu'au bout. Peu importe ce qu'on a à lui donner. Là tous se retrouvent et
s'unissent. Chacun s'engage, avec le Christ et comme lui. C'est la conversion
fondamentale: "Ne préférer absolument rien au Christ"; "avoir
sans cesse la crainte de Dieu devant les yeux", "fuir l'oubli en tout
temps", "obéir en toute charité"… Autant de conseils qui vont
bien au-delà de la morale ou de l'observance propre aux moines. Autant de
façons d'adorer qui se modulent à l'infini.
Les scribes
en grandes robes s'acquittent de leurs longues prières, de leurs larges
offrandes, et ils en sont quittes. Le vrai croyant n'est jamais quitte. Il y a
toujours un au-delà au don que nous pouvons offrir à Dieu. Lui seul le connaît
et l'attend. Son attente ne saurait se satisfaire d'une pratique, si répétée ou
visible soit-elle. Dieu veut que notre sainteté réponde à la sienne. Il nous
demande d'"aimer jusqu'à la fin" comme Jésus. Le geste de la veuve
anticipait l'offrande du Christ sur la croix, celle que l'eucharistie
renouvelle chaque fois. Le vrai culte est celui où nous "jetons toute
notre vie". Nul ne peut en mesurer les effets mais sa fécondité est
incalculable. "Elle a donné plus qu'eux tous": seul Jésus connaissait
le prix des deux sous déposés par la veuve. Aujourd'hui encore le don
quotidien, humble et vrai – caché le plus souvent – qui nous pousse à la prière
et à l'amour de nos proches, constitue la vraie adoration. C'est lui qui
construit l'Église, plus que toutes les manifestations visibles, comme
l'offrande de la veuve contribuait plus puissamment au maintien du temple
véritable que les fortes sommes apportées par les riches. Dieu cherche des
adorateurs en esprit et en vérité. L'adoration ne s'évalue pas aux instants
passés à genoux. Elle est don de soi sans mesure et qui s'ignore.
Nous
contemplerons bientôt les bergers et les mages se mettant en route pour adorer.
Réveillés dans leur sommeil, arrachés à leurs troupeaux ou à leurs pays,
personne ne les a vus, sauf les anges et ceux qu'ils ont découverts. Dans cet
enfant pauvre et démuni, ils ont reconnu Dieu lui-même. Ils l'ont adoré couché
dans la mangeoire, puis ils sont repartis, les uns "par un autre
chemin", les autres en racontant ce qu'ils avaient vu. Toujours inconnus
et anonymes mais transformés. Premiers adorateurs du Dieu fait chair, ils nous
précèdent et nous indiquent, comme la veuve, les voies de l'adoration
véritable: entendre, obéir, venir, tout donner et repartir vers sa vie
quotidienne dans l'émerveillement et l'humilité. Discrets et transformés.
L'Église est là et nous en sommes, si pauvres que nous soyons. Nous pouvons en
être fiers et heureux.
Sœur
Loyse, 1er décembre 2006
Des cartes de fleurs artisanales
Au magasin du monastère, les cartes ornées de
fleurs séchées rencontrent toujours du succès. L’Amandier a interrogé sur son
art sœur Claire qui les confectionne.

L’Amandier: Comment en êtes-vous arrivée à
confectionner des cartes de fleurs ?
Sœur Claire : Pour répondre à votre
question, je suis obligée de faire un petit saut en arrière. Il y a bien des
années, je voulais créer de mes mains quelque chose d'un peu original et
personnel. J'ai commencé par confectionner de très jolies petites bougies aux
tons dégradés. Tout était réussi mais elles n'ont jamais voulu brûler !
Instruite par cette expérience, je me suis appliquée à orner une bougie blanche
avec de vraies fleurs. Le résultat fut probant puisque mon "art
floral" a eu un franc succès pendant des années. Plus tard, j'ai découvert
combien une carte de fleurs pouvait être un vrai petit tableau. J'étais
littéralement subjuguée par cette forme de création.
Qu'est-ce qui vous a fait aimer les fleurs ?
Dieu éclate
dans sa création, il nous parle à travers elle. Il est difficile, me
semble-t-il, de ne pas aimer les fleurs ! Les fleurs me parlent de beauté, je
les regarde avec émerveillement, je les respecte avec amour. Je reconnais
"souffrir" un peu en les sortant de leur environnement et je me
console en pensant qu'elles meurent pour mieux vivre. C'est évident qu'il faut
aimer les fleurs pour les utiliser à bon escient (bouquets, cartes, décoration
sur bougie, signets) car égayer une carte, composer un joli bouquet exigent
quelques qualités.
Pouvez-vous nous dire où vous recherchez votre
matériel ?
Mon matériel
se trouve essentiellement dans la nature. Je peux aussi butiner discrètement
dans les bouquets de fleurs de la maison (chut !) ou sur certaines plantes
d'intérieur, mais c'est peu de chose par rapport à ma cueillette du dehors.
Trouvez-vous du matériel toute l'année ?
Non, en tout
cas pas dans notre région. Je dois me débrouiller pour récolter le maximum
pendant la période sèche; je dis "sèche" et pas caniculaire ! La
pluie et l'humidité sont aussi ennemies des fleurs à sécher. Généralement, je
peux commencer mon travail "d'herboriste" à partir de mai – juin; il
se terminera dans le courant du mois de septembre. L'exception est bien sûr de rigueur.
Que privilégiez-vous dans votre récolte ?
Notamment tout
ce qui est feuilles, mousses, fougères, etc. Mais les feuilles ne doivent pas
être trop épaisses ni trop grandes et il faut éviter à tout prix les tons
sombres. Les petites fougères qui se blottissent dans nos murs font merveille
sur les cartes (mais pas celles qui portent trop de spores). Les fleurs seront
cueillies avec délicatesse et en usant d'un bon discernement. On me demande
souvent comment mes fleurs gardent des couleurs si vives et belles. Il y a
certaines règles à connaître et à observer; ainsi je m'interdis une cueillette
à la rosée du matin ou après la pluie, car alors les couleurs ne tiennent pas. Certaines
couleurs abhorrent la sécheresse. De jolies fleurs fraîches n'ont aucune allure
une fois séchées, etc. L'expérience est évidemment la meilleure conseillère
mais il faut oser tenter ses chances sur des espèces nouvelles. On apprend
beaucoup de cette façon.
La préparation vous demande-t-elle beaucoup de
temps ?
Oui, et dans
cette préparation, il y a différentes étapes. Le travail préliminaire est la
cueillette : beau travail de patience ! Heureusement, je suis aidée, en
particulier par sœur Maria-Guadalupe, et puis plus on connaît son
"métier", plus les choses vont vite. Rentrée à la maison, j'installe
illico mon matériel sur une table : ma récolte, du papier propre, un bottin de
téléphone, une paire de ciseaux. Je pose délicatement fleur par fleur sur une
feuille propre, pliée en deux, que je glisse ensuite dans le bottin. Celui-ci
sera rempli modérément afin que les fleurs à sécher puissent être pressées sur
toute sa surface. Après environ un ou deux mois, cela dépend des fleurs et des
feuilles, je jette un coup d'œil curieux dans le bottin. Si tout est bien sec,
je trie les fleurs par couleurs (jaune, bleu, mauve, rouge et les dégradés) et
je rassemble les feuilles selon leurs grandeurs et leurs sortes. Tout cela est
fait avec ordre et méthode, saupoudré d'un zeste de fantaisie !
Sur quoi vous basez-vous pour faire vos montages
?
Une certaine harmonie dans les tons et les
grandeurs des fleurs et des feuilles me tient fort à cœur. Un élément trop
grand peut écraser tout l'ensemble. C'est difficile de dire en quoi une
composition est bonne mais cela saute aux yeux. J’aime voir les éléments danser
et s'assembler entre eux, "sortir" du cadre. Mes montages sont
parfois voulus et désirés comme tels, mais je reconnais que la nature fait bien
les choses et je suis souvent surprise du résultat.
Y a-t-il une symbolique dans vos montages ?
On peut toujours trouver une symbolique en
regardant les nuages, le ciel, des pavés, des peintures modernes, non ? Je
crois que le regard de chacun est très personnel et tant mieux ! Mais je
reconnais que certaines créations offrent une symbolique plus nette et
souhaitée. Je viens de créer mes premiers arbres, les arbres de la vie bien
entendu ! Il m'arrive de jouer le jardinier; ma carte devient alors un vrai
petit parterre aux couleurs diverses. Dernièrement, c'est un véritable bouquet
de fleurs qui est apparu devant mes yeux.
Comment vous y prenez-vous pour confectionner une
carte ? Est-ce un secret ?
Je livre très volontiers mon
"secret". Il a un double aspect : le côté pratique, assez facile à
réaliser, et le côté artistique qui ne vous est plus tout à fait inconnu après
ce que je vous ai dit.
Pratiquement, je me procure un rouleau de
film protecteur autocollant et transparent. J'en découpe un morceau de la
taille de la carte mais en y ajoutant environ un cm de chaque côté. Je dépose
la carte sur une table ou mieux une planche propre, je décolle le film
protecteur et le mets à l'envers, la face collante au dessus. Deux petits poids
sont déposés aux deux coins supérieurs. À partir de là, je crée en maniant mon
matériel avec le plus de soin possible. Personnellement, je travaille avec mes
mains et un petit couteau ou une pince. Il faut bien sûr coller les fleurs et
les feuilles à l'envers et penser que la composition du "dessin"
passera de gauche à droite. Je dois donc penser à l'envers : belle affaire ! En
finale, j'enlève les poids, je prends délicatement le film autocollant, je le
retourne et le colle bien centré sur ma carte. Je coupe les bords du surplus
d'autocollant. La carte est finie ! Je la glisse ensuite dans un gros livre
avec un poids dessus ou j'emploie une presse durant le temps nécessaire. C'est
simple n'est-ce pas ? Essayez donc !
N'est-ce pas trop indiscret de vous demander comment vous appréhendez
ce travail artisanal ?
L'indiscrétion n'est pas dans la question
mais dans la réponse ! Au chapitre 57 de sa règle, saint Benoît nous parle des
artisans du monastère dont je pense faire partie. Il est admirable de sagesse;
il ne met pas d'échelle de valeur entre les différents métiers artisanaux mais
il exige avant tout l'humilité. Je suis très consciente que mon
"métier" floral est moins rentable que l'atelier de reliure qui est
mon principal point de chute. Je peux consacrer à mon travail floral plusieurs
heures par semaine. Je reçois cela comme un cadeau, pour moi et pour ceux qui
se procureront avec joie l'un des produits de mon atelier.
Sœur Claire
Un voyage pas comme les autres
Pascale Capelle a entrepris, par étapes, le pèlerinage de Compostelle à
pied. L'Amandier lui a demandé de partager quelques impressions de l’ étape
qu’elle a vécu cet été, jusqu'ici la plus significative.
Lequel d'entre nous n'y a jamais pensé ? Faire un voyage pas comme les
autres, particulièrement significatif, à vivre comme l'un de ces moments qui
comptent tant dans une vie … Et pas n'importe quelle vie : la sienne !
Il y a certainement mille et une façons de le rêver, ce voyage … Moi, je
l'ai imaginé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Pourquoi ? Ben…
pourquoi pas !
Plus sérieusement, ce chemin-là m'a particulièrement séduite par l'idée
que j'allais mettre mes pas dans ceux de milliers d'autres qui m'ont précédée.
Difficile à expliquer … Mais cette sensation de présence aura été constante
durant les trois semaines de ma "pérégrination" : Je n'ai jamais été
seule !
Ceci dit, comment raconter le voyage ? Tant de gens ont joliment écrit
sur Compostelle… Peut-être en commençant par... le début ?!
Je suis arrivée le mercredi 26 juillet, vers 20h30, au Puy-en-Velay.
Partie de Bruxelles à midi avec mon compagnon de chemin, Eliot dit "le
coyote" : 7 kilos de muscle et de mauvaise éducation, ce petit Jack Russel
de 7 ans est avec moi depuis janvier. Dans le contrat d'adoption, j'ai glissé
le pèlerinage de saint Jacques ! Et puisque qui n'aboie mot consent …
J'ai décidé de ne me mettre en route que le vendredi matin. Cela me
laisse une journée pour la visite du Puy, de sa cathédrale et du cloître. Et
puis, j'ai un peu peur de me mettre en marche; alors je me donne la journée. Au
Puy, je loge dans le premier dortoir d'une longue série. La vieille ville est
jolie, la cathédrale impressionnante mais c'est difficile de la visiter avec
Eliot ! Soudain, rencontre surprise… Valérie et Sophie! Nous nous étions
rencontrées une petite année plus tôt à Ermeton. Quelle émotion ! Nous sommes
sans mots mais que de sourires complices. Je réalise à quel point ces deux
amies me sont précieuses ! Et chouette alors …, elles me prennent le
coyote pendant que je participe à la messe. Nous nous retrouvons une heure plus
tard. C'est ensemble que nous visiterons la ville. Je ne le sais pas encore
clairement, mais le "ton" de mon pèlerinage est donné : ce sera celui
de la rencontre, la rencontre surprise, la rencontre gaie, la rencontre bof …
Pourvu que je me laisse toucher au jour le jour.
Ce soir, le temps est de nouveau à l'orage. Je me couche tôt, demain
c'est le grand départ !
La nuit est agitée, Eliot est infernal; j'ai de la chance de ne pas me
faire virer du dortoir ! Vers minuit arrive une Bretonne. Elle est trempée ! La
pluie n'a pas cessé depuis quelques heures. Je suis inquiète : vraiment pas
malin d'avoir laissé les vêtements de pluie à Bruxelles (il me fallait de la
place pour un ou deux livres !).
6h du matin : Le réveil sonne, il pleut toujours … Je me lève ?
Pfffffffff, pas envie !
6h30 : La pluie a cessé de tomber (youpie). J'ai juste le temps de
m'habiller pour aller à la messe des pèlerins. Je repasserai prendre mon
déjeuner après. Dehors il fait froid et humide, mais la célébration est
émouvante et la bénédiction des pèlerins me laisse tremblante. J'ai les larmes
aux yeux. Nous recevons une médaille de Marie. Mon cœur bat fort … Pourvu que
personne ne l'entende !!!
La petite troupe que nous formons s'ébroue et se met en route. Et
nouvelle surprise : Valérie m'attend aux portes de la cathédrale. Elle a tenu à
m'accompagner pour mes premiers pas. Nous déjeunons ensemble. Finalement, je me
mets en route. Je sens son regard qui me suit alors que j'entame la première
montée pour quitter le Puy. Il me faudra plusieurs kilomètres pour oser
respirer un bon coup! Cette fois j'y suis! Eliot est joyeux comme peut l'être
un chien dans la nature. Et qu'elle est belle, cette nature ! Je m'en sentirais
presque légère. Pourtant je sais déjà que mon sac est bien trop lourd. Avec la
tente, je porte près de 15 kilos : dur pour mon mètre 54 !
Quinze kilomètres plus loin, Eliot s'est calmé et moi j'ai mal aux
pieds. Voici donc le deuxième "ton" de mon pélé : des douleurs aux
pieds qui vont m'accompagner jusqu'à Cahors. Bon, résumons : sac trop lourd,
chien joyeux, nature magnifique, rencontres surprises et pèlerine heureuse! OK,
la journée est bonne et c'est à Saint-Privat d'Allier que je m'arrête.
Samedi 29 juillet
Ouche ! Dure, la nuit ! Je me demande si le camping est encore de mon
âge ! Le réveil a sonné à 5h30. Une petite heure pour tout plier. Tiens, il n'a
pas plu cette nuit !
6h30 : Le chemin est magnifique mais difficile. Au détour d'une route,
dans le brouillard, la chapelle Saint-Jacques, accrochée à la falaise. J'en
reste le souffle coupé. Je repars pour aborder très rapidement une descente
infernale. La descente de Monistrol. 3h pour faire un petit
La fin de l'étape est pénible. Agressée par deux chiens qui ne jouaient
pas à faire peur, je fais la pause déjeuner au soleil. Le hic, c'est qu'Eliot
ne veut plus repartir ! Je le tire, le porte, le traîne jusqu'à Saugues : fin
de l'étape du jour.
Pour me réconforter : un gîte d'étape sympa ou je retrouve des visages
connus. Ce soir, je partage la chambre avec Maryse, Marion et Suzana. Douche,
lessive, soins des pattes et pieds, achat d'une casquette (perdu la mienne) et
de crème. Je fais tamponner ma créanciale. Le souper est chaleureux. Nous
faisons connaissance. Quant à Eliot, on ne le voit pas, on ne l'entend pas … Il
ronfle !
Dimanche 30 juillet :
Aujourd'hui, je vais jusqu'au domaine du Sauvage (ancienne ferme des
templiers). Un petit
12h30 : pause déjeuner. Je retrouve Maryse. L'endroit est magique. Un
amas de pierres énormes, venues d'on ne sait où. Nous parlons un long moment,
Maryse et moi, et je me sens bien mieux lorsque je me remets en route. Je sais
que je vais devoir faire le point mais ce sera pour ce soir au domaine. Le
chemin longe le ruisseau au travers d'une pinède, puis j'entame les deux
derniers et longs kilomètres, plein soleil, pour arriver à l'étape. Eliot est
penaud et le voir souffrir me met mal à l'aise. Enfin la ferme. Quel bel
endroit ! À l'entrée, des canards et poules que le chien ne regarde même pas et
un abreuvoir dans lequel il se plonge. J'achète des œufs, des tomates, un melon
et des pâtes à la ferme et vais me réfugier sur mon lit. Dans la chambre, il
fait frais.
Après la douche, je retrouve Monique que j'avais croisée à la gare de
Lyon. Elle me donne une super pommade pour les pattes du chien mais n'a pas
grand-chose pour mes pieds. Et à voir la grimace des autres, je me doute bien
que la plaie au talon est vilaine : la peau est à vif et la brûlure suinte.
Beurk et ouille !
Bon, c'est décidé … Demain, je prends le transbagage jusque Saint-Alban.
Il y a un centre médical. Je dois voir un médecin pour mon pied et Eliot a bien
besoin de repos.
De plus, si je veux me donner des chances de pouvoir continuer, il faut
que je m'allège. À Saint-Alban, je renverrai tout mon matériel de camping à
Bruxelles. Il est temps de "faire confiance" au chemin… C'est que
j'ai tellement peur de me retrouver sans logement ! Une crainte irraisonnée.
C'est à cause de cette crainte que je me suis autant chargée. Maintenant il va
falloir se délester de ce qui n'avait d'autre fonction que de me sécuriser.
La décision est difficile mais, une fois prise, je suis soulagée.
Lundi 31 juillet
Ouf ! J’ai survécu à la conduite du monsieur de transbagage ! Un miracle
en soi ! Il me laisse tremblante devant le bureau de poste de Saint-Alban-sur-Limagnole.
Je demande à la postière la plus grande boîte qu'elle a. Elle est habituée.
Bien d'autres pèlerins sont passés chez elle avant moi. Je n'en finis pas de
"vider mon sac". Je parle … Je parle tout en lui passant l'inutile !
Elle me sourit d'un air entendu, puis me dit gentiment : "Hé bien, voilà
une bonne chose de faite. Bravo et bonne route !". Maintenant, direction
l'hôtel où je laisse le chien pour aller me faire soigner les pieds ! Pas
rassurant, le médecin émet des doutes sur les possibilités de poursuivre le
chemin. J'ai le talon brûlé au second degré. Je sors de là pas très rassurée,
boitillante et les poches remplies de pansements, crèmes et antibiotiques !
Devant l'hôtel, surprise : la bande de la veille est là. Je m'installe
pour un café qui va durer deux bonnes heures. Deux heures pour faire retomber
l'angoisse qui m'étreint depuis ce matin. Les "copines" repartent
sauf Marie-Noëlle. Je la reverrai plus tard sur le chemin; ensemble, nous
construirons un début d'amitié mais ça, c'est une autre histoire, dans
l'histoire !
21h : dernière sortie avec Eliot qui va mieux. La porte de l'église est
encore ouverte (jusque là, je l'ai boudée). Je trouve un interrupteur :
lumière. Quelle merveil-le! Là, je sais pourquoi je suis sur le chemin, même si
je suis à l'arrêt. Je suis bluffée par la beauté et la simplicité au cœur même
de l'église. Style roman pur, simple et empli de sérénité. Et là, je respire et
prie enfin. C'est comme une libération. Mon Dieu, j'avais oublié qu'avec la
liberté, Tu as aussi donné le sens de la créativité et du beau à l'homme.
Demain, je me rendrai en stop à Aumont-Aubrac, chez les frères
dominicains. Je reprendrai la marche après demain pour de courtes étapes, le
temps que mon pied se cicatrise. Après tout, j'ai le temps !!!!
Pascale Capelle
Septembre
Le
2,
sœur Marie-Paule et sœur Claire participent à l’eucharistie qui rassemble, à
Jambes, les élèves – anciens et actuels – du CFL (Centre de Formation
Liturgique) qui fête ses vingt ans d’existence.
Au monastère, accueil
d’un groupe de protestants allemands.
Le
3,
accueil, pour la semaine, des étudiants de l’ITIM (Institut Théologique
Inter-Monastères) et de leurs tuteurs pour la première session d’études de
l'année. Le Père Emmanuel Lanne, de Chevetogne, (ecclésiologie) et l’abbé Raymond
Kuntzmann, de Strasbourg, (Ancien Testament) assurent les cours.
Le
5,
arrivée de sept jeunes filles inscrites au collège Saint-Benoît de Maredsous.
Elles logeront au monastère pendant la durée de l'année scolaire.
Le
6,
sœur Marie-David part à Strasbourg passer ses examens.
Le
8,
sœur Madeleine fête dans l’intimité ses 60 ans de profession monastique en ce
jour de
Sœur Marie-Cécile
participe aux funérailles de sœur Paula (qui a vécu de longues années au
Rwanda), à l’abbaye de
Le
9, funérailles
de Madame Calmant, mère de Paulette, membre d’une fraternité du monastère. Mère
Loyse et sœur Bénédicte y participent.
Sœur Marie-Cécile se
rend à nouveau à Liège accompagnée de sœur Madeleine et de sœur Anne, pour le
jubilé de 60 ans de profession monastique de sœur Claire (i.e. sœur Marie-Paul
Laviolette, de Louvain-La-Neuve).
Le
14,
Mère Loyse et sœur Marie-Cécile vont à Bruges pour le jubilé de 50 ans de vie
religieuse de Mère Odile-Marie Bouckaert, prieure du monastère de
Le
15,
soeur Marie-Paule participe à la réunion de la commission liturgique du diocèse
à Ciney.
Réunion de lancement de
l’année à l’Université de Paix à Namur où sœur Birgitta suivra les cours
jusqu'en juin, à raison d’un week-end par mois. Mère Loyse l’accompagne.
Le
16,
un groupe « Foi et lumière », parents accompagnés de leurs enfants
handicapés, passent la journée au monastère. La communauté entame le dialogue
avec eux et tous renouvellent leur engagement au cours de l’office des vêpres.
Le
17,
un bon nombre d’entre nous participent à l’eucharistie de Maredsous pour la
profession monastique du Père Jean-Daniel Mischler.
L'après-midi, sœurs
Loyse, Hildegard, Marie-Paule et Marie-Élisabeth vont à Biesmerée s’associer
aux paroissiens de Biesmerée, Flavion et Stave pour les remerciements à l'abbé P.
Denis, leur curé, qui les quitte pour une autre affectation.
Le
20, réunion de
quelques responsables de librairies monastiques avec des représentants des
éditions Lessius.
Après l’office des
vêpres, Monsieur l’abbé Denis donne une causerie à la communauté sur son
ministère en milieu rural. Il prend son repas avec nous.
Le
22,
visite du Père Joseph Dechamps, trappiste, abbé de l’abbaye de Port du Salut
(France).
Début de la session
« Grandir dans les conflits », donnée par le Père Jean-Daniel Hubert,
bénédictin d’Étiolles (France), pour un bon nombre de participants.
Le
23,
soeur Birgitta commence ses cours à Namur.
Le
24,
sœur Marie-Cécile, sœur Marie-André, sœur Marie-Pierre et sœur Marie-Christine
assistent, à la collégiale de Nivelles, à la bénédiction du nouveau reliquaire
de Sainte Gertrude. Il contient une relique de la sainte nivelloise que nos
sœurs ont offerte avant de quitter leur monastère Sainte-Gertrude de
Louvain-la-Neuve.
Le
25,
journée de récollection sur
Le
26,
réunion communautaire. Mère Loyse commente l’évangile de Zachée pour illustrer
la démarche de nos sœurs de Louvain-la-Neuve qui commencent aujourd’hui
officiellement leur temps de probation.
Le
27,
cinquantième anniversaire de la dédicace de notre église. Nous fêtons cela
« en famille ». Le Père abbé Nicolas, de Maredsous, préside
l’eucharistie. Mère Bénédicte, abbesse de Maredret, y participe ainsi qu'au
repas de fête qui suit. À 17h, nos frères de Maredsous viennent chanter les
vêpres avec nous. Apéritif et visite du chantier pour les amateurs. Nous
prenons ensuite le repas dans une ambiance toute fraternelle.
Le même jour, nous
apprenons le décès de sœur Theresia Maus, de Steinfeld (notre fondation
d’Allemagne).
Le
30, accueil
d’un groupe du C.E.P. (Centre d'Études Pastorales) de Malines-Bruxelles.
Octobre
Le
1er, un bon nombre de sœurs
se rendent à Maredsous pour l’ordination sacerdotale du Père Ignace Baise.
Le
2, funérailles de sœur Theresia Maus, à Steinfeld.
Mère Loyse, sœur Maria-Guadalupe et sœur Birgitta s’y rendent.
Le
5,
sœur Marie-Christine participe à la réunion du comité de l’URC (Union des
Religieuses Contemplatives) à Liège. Elle y termine son mandat.
Le
7, dans
le cadre d’une action pastorale du doyenné de Florennes « 24 heures
de prière », la communauté chante les vêpres à l'église paroissiale de
Biesmerée.
Nous apprenons le décès
du Père Grégoire Watelet à Maredsous.
Le
11, sœurs Marie-Cécile,
Marie-François, Marie-Paule et Miryam se joignent aux frères de Maredsous pour
la veillée de prière autour du Père Grégoire. Ce dernier a été une cheville
ouvrière de la liturgie après Vatican II. Il a contribué largement à bâtir
l’office divin en français, en collaboration avec d'autres pionniers, et
notamment avec Ermeton. « Marermet », le sigle de certaines
compositions communes, reste un témoin de cette période intense de production.
Les monastères lui doivent beaucoup.
À la suite d'une
laryngite, Mère Loyse est réduite au silence total pendant quinze jours pour
éviter des complications aux cordes vocales. Elle est contrainte d’annuler la
session « URC Jeunes » qui devait se tenir au monastère.
Le 12, sœur Marie-Cécile et sœur Marie-François participent aux funérailles de
Père Grégoire Watelet.
Le
14, Monsieur l’abbé Wénin anime la journée biblique
sur le thème : « Joseph et ses frères : inventer la
fraternité ».
Le
15, la 15ième journée des Amis d’Ermeton
réunit 115 personnes en ce jour du 89ème anniversaire de la
fondation de notre communauté. Les "Amis de Louvain-La-Neuve" se sont
joints tout naturellement à nos amis. Mère Loyse, privée de sa voix, a inscrit
le mot d’accueil au tableau. Au réfectoire où tout le monde est réuni, le
message est repris dans les souhaits de bienvenue adressés par sœur
Marie-François. Cette dernière, sœur Marie-Élisabeth et sœur Anne introduisent
la réflexion sur les textes de la messe du jour, réflexion qui se prolongera en
partage par groupes. L’eucharistie est célébrée par le Père abbé Nicolas de Maredsous.
Celui-ci ne restera pas pour l'après-midi étant retenu par la célébration, ce
même jour, du 134ième anniversaire de la fondation de Maredsous. Un
copieux buffet présenté avec art nous attend autour de tables magnifiquement
ornées par « l’équipe porteuse organisatrice », à laquelle se sont
jointes deux amies de Louvain-la-Neuve. Grâce à ces huit personnes, le repas se
déroule dans une ambiance vraiment chaleureuse où chacun se sent à l’aise tant
pour apprécier les mets que pour échanger avec ses voisins. Vers 14h30, tout le
monde reprend place dans le réfectoire de la communauté converti en salle de
réunion. Sœur Marie-François prête à nouveau sa voix à Mère Loyse pour sa
causerie sur notre communauté renouvelée : rencontre de « deux fleuves »
qui a entraîné l’élargissement du lit du fleuve : il a fallu faire de la
place, caser meubles et objets, partager le travail (ce qui n’était pas
difficile !). En entendant nommer les attributions, nos amis présents ont
pu mettre un nom sur les visages et imaginer le courant de vie qui circule
entre nous. Sœur Nicole prend le relais pour parler du magasin, actuel et
futur, et sœur Marie-Paule relate l’état des travaux. Tous sont alors invités à
visiter soit le chantier soit les ateliers avant le chant des vêpres et le
goûter final. Que tous les amis qui nous ont aidées soient encore vivement
remerciés.
Le
20,
rencontre de l'UBB (Union des Bénédictines de Belgique) chez nos sœurs de
Rixensart. Quatorze sœurs d'Ermeton y participent. Elles y prennent
connaissance des activités du CIB (Communion Internationale des Bénédictines)
dont le 5ième symposium s’est tenu à Rome en septembre.
Le
21, sœur Marie-François donne une journée
d’initiation à la psalmodie.
Le
27,
arrivée des séminaristes de Limelette pour un week-end de récolle-ction. Le
Père abbé Nicolas de Maredsous, a accepté de remplacer Mère Loyse pour les
instructions.
Le
28, veillée de
prière chez les clarisses de Malonne pour marquer les 20 ans de la réunion de
prière interreligieuse d’Assise. Sœurs Marie-André, Claire et Marie-David y
participent.
Le
30, sœur
Marie-Élisabeth participe à l'animation de la journée des acolytes à Lobbes.
Le
31,
causerie de sœur Miryam sur les activités du groupe "Kaïre" (Rencontre
Œcuménique de Femmes engagées dans la vie de l'Eglise) et la session à laquelle
elle a participé à Bari (Italie).
La lampe et le lampadaire
"On
n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le
lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt
5,15).
Sous la
rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis
d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et
les nécessités qui s'y attachent.
Les progrès
réalisés sur le chantier de la ferme se font plus visibles de semaine en
semaine, voire même de jour en jour. Depuis la fin octobre, le nouveau bâtiment
qui comprendra le magasin et la salle polyvalente est sous toit. Le petit
édicule qui abritera la chaufferie est également couvert. Les fondations et
l'égouttage du corps du bâtiment correspondant à la grange sont achevés. Les
murs des futures chambres du rez-de-chaussée côté nord sont montés, le
bétonnage des berges du ruisseau à proximité de la maison est presque terminé.
Les encadrements de pierre des fenêtres du nouveau bâtiment sont posés. Bref,
tout progresse à un bon rythme et dans les délais prévus.
Un petit
montage photo a été réalisé à partir des visites hebdomadaires du chantier. Il
permet de se faire une idée de l'état actuel des travaux. Il peut être consulté
sur le site du monastère (www.ermeton.be)
sous la rubrique "accueil – travaux".
Au milieu des
soucis qui s'attachent à un tel chantier, nos amis nous soutiennent de mille
façons, toutes plus précieuses les unes que les autres. À chacun nous redisons
une fois de plus notre reconnaissance, bien au-delà de ce qui peut s'exprimer.
Les ateliers
du monastère – aidés par l'imagination des sœurs – multi-plient, quant à eux,
les initiatives pour permettre à la communauté de mener à bien toute
l'entreprise. C'est ainsi que l'Atelier de Céramique a créé
"Trotinette", un objet symbolique de nos efforts… Geneviève le
présente :
Ne
déprécie pas
la tortue à cause de son humilité, il se peut qu'elle te guide
demain… (proverbe ovambo).
Aux côtés des
sœurs et de leurs amis, une petite tortue en céramique, sortie de l’atelier de
Sœur Anne, porte désormais sur son dos le projet de rénovation de la ferme et
de l’accueil qui y sera assuré.
Solide,
sans manières, les pattes bien ancrées sur la terre, la tortue va son chemin, à
petits pas déterminés.
Les
aléas de la vie, des permis d’urbanisme et des aventures architectu-rales ne
lui font pas peur. Un instant, elle protège sa tête sous sa carapace, pour
repartir de plus belle, lentement mais sûrement et tous les lièvres du monde ne
la détourneront pas de son but !
Coquette,
elle se décline en plusieurs couleurs…
Bonne
fille, elle épouse nos choix de vie : célibataire ou en famille.
Alors,
n’attendez pas ! Au moyen du talon ci-joint, réservez dès à présent cet
objet symbolique dont le produit de la vente aidera à financer les
travaux :
- un bébé tortue :
"Trotinette" (3 €) ;
- une maman
tortue : "Trotine" (5€) ;
- un papa tortue :
"Trot" (8 €).
Et si vous ne souhaitez pas disperser un foyer
aussi sympathique, vous bénéficierez d’une remise d’1 € (soit 15 € pour la
tribu) !
Geneviève
Bricoult
Comptes
bancaires
DEXIA
: 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767
7119 BIC : GKCCBEBB)
Pour
Société
Générale Givet : 0003729001810 (IBAN
: FR76 30003 00581 00037290018 10),
(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)
avec
la mention "la lampe et le lampadaire"
Sur les pas de saint Benoît…
Dans un numéro précédent de l’Amandier, sœur

Notre
première visite hors de Rome nous conduisit à Nursie, lieu de la naissance et
de l’enfance de saint Benoît. En chemin, nous avons cependant emprunté un
détour pour nous rendre à San Eutizio.
Qu’y
avons-nous découvert ? Au sommet d’une colline, un monastère qui semblait
désert (il paraît que deux prêtres y résident, mais nous n’avons pas aperçu âme
qui vive), au cœur duquel une église renferme les reliques de saint Spes et de
saint Eutizio.
Or, saint
Spes est mentionné dans les Dialogues de saint Grégoire et saint Eutizio est
représenté sur une peinture de l’église de Nursie en compagnie de saint Benoît.
Tous deux
sont des moines d’origine syriaque, probablement de ceux qui ont quitté leur
pays au 5e siècle pour échapper aux querelles monophysites et ont
poursuivi leur vie anachorétique dans ces régions montagneuses, riches en
grottes naturelles. La grotte de San Eutizio est composée de deux alvéoles.
Selon la
tradition, la grand-mère de Benoît était originaire de cette région. Il n'est
donc pas impossible que celui-ci ait rencontré ces deux moines.
En conclusion
d'un article intitulé « À propos de l’hémine de vin – Une source
inexplorée ? Les canons de Maruta » (Collectanea Cisterciensia
67/2005 – 4), sœur Véronique Dupont osb, de Vénières, pose la question :
« Y a-t-il eu entre ces canons et le texte, postérieur, de
Le monastère
de San Eutizio est un signe qu’il existait des contacts entre les différentes
traditions monastiques. La vie monastique de Benoît, menée à ses débuts dans la
solitude et le dénuement, paraît semblable à celles des ermites syriens.
(à suivre !)
Sœur
Marie-Élisabeth
"TOUSSAINT 2006"
L'expérience
d'une jeune "Amie d'Ermeton"
Ceci
est le "témoignage" de ma semaine à Bruxelles "Toussaint 2006".
Je partage les anecdotes qui m’ont frappée et non un compte rendu rigoureux.
Lundi 30 octobre
Le matin, je
dois travailler pour l’école… Une simple formalité administrative !
L’après-midi,
je rejoins mon groupe Marie-Jeunesse, à Bruxelles. Marie-Jeunesse est une toute
jeune communauté importée du Canada.
Ensemble,
nous avons fait de "l’évangélisation de rue", c’est-à-dire une
chouette expérience qui ne consiste pas à convaincre les passants de devenir
catholiques pratiquants, mais à rejoindre les gens où ils sont, comme ils sont,
et leur apporter un message d’espérance : "Dieu est là et il t’aime".
Certains sont relativement fermés, mais d’autres sont en pleine recherche, en
recherche du sens profond de leur vie et, sur le trottoir, on assiste à un
sérieux et sincère échange fraternel.
Le soir,
notre "maman d’accueil" qui accueillait tout le groupe (une dizaine
de consacrés plus une dizaine de jeunes, en tout une vingtaine de personnes),
nous a emmenés au restaurant chinois. On ne s’y attendait pas du tout, c’est
impressionnant de rentrer dans un restaurant à vingt, on le remplit presque !
Merci, Seigneur, pour cette généreuse vieille dame qui n’avait pas peur de
donner !
Mardi 31 octobre
Nous avons
été écouter les conférences, (surtout celle de Timothy Radcliffe) à la
basilique de Koekelberg. Cependant comme il parlait anglais et qu’il n’y avait
plus d’écouteurs-traducteurs, nous avons en réalité vu Timothy Radcliffe sur
grand écran. Il parait que son enseignement était très bien, nous ne pouvons
que le croire…
Le soir,
nous avons été à une représentation de la pièce « Oscar et la dame
rose » d’E.-E. Smitth. La pièce était excellente, finement jouée par une
seule comédienne. Un bon petit moment de tendresse et de réflexion
philosophique sur la vie, la maladie et la mort !
Mercredi 1er novembre
C’est la
fête de tous les Saints : "Holy Win" (les saints gagnent) !
C’est la grand'messe télédiffusée dont on n'a rien vu parce que nous étions mal
placés. Et à cause des obligations horaires de la télévision, nous avons
communié après l’envoi ! Une fois n’est pas coutume, n’empêche que ça
faisait bizarre.
J’ai
"croisé" la reine Fabiola qui a beaucoup participé au congrès, j’ai
cru redevenir la petite fille qui voyait enfin sa reine préférée… C’était impressionnant
de la voir; alors qu’à la télévision (pour le peu que je la regarde), on voit
une vieille dame que l’on croirait volontiers toute timide et fatiguée, c’est
en réalité une dame certes d’un âge respectable, mais avec une bonne dose de
punch, d’humour et de répondant !
Jeudi 2 novembre
Nous avons
participé à un "café théologique" sur la chasteté. Celui-ci était
animé d’une part par des consacrés et, d’autre part, par une jeune mère de
famille chrétienne, étudiante en sexologie.
Les deux
sortes de témoignages étaient interpellants. J’ai beaucoup aimé le témoignage
de la jeune dame sur ses fiançailles et sur l’importance du dialogue. Déjà avec
des amis, ce n’est pas si aisé que ça d’avoir un vrai dialogue (parler de choses
intimes et/ou fondamentales), pourtant c’est ce qui fait la base d’une relation
vraie.
Le soir, on
a écouté un concert du Verbe de Vie. C’était plutôt rythmé; si l’église avait
été remplie de jeunes, nous aurions tous été debout en frappant dans les mains,
cependant par considération pour les courageuses personnes d’un âge plus mûr
qui n’auraient plus rien vu, nous sommes restés assis, devant, par terre.
Vendredi 3 novembre
J’ai
beaucoup aimé les enseignements de ce jour-là (cette fois, nous étions arrivés
à l’heure et nous avions des écouteurs). C’était un rabbin juif, une musulmane
et un moine (Enzo Bianchi) qui parlaient de la prière. C’était beau de voir ces
différents points de vue des trois religions monothéistes et aussi leur message
de paix. J’ai retenu une phrase d’Enzo Bianchi : "Nous avons tendance
à dire à Dieu en commençant la prière : "Écoute, Seigneur, ton
serviteur parle !". Et je ne pouvais que penser : " Pardon,
Seigneur, mais c’est tellement plus facile de te parler que de t’écouter… ".
Dans
l’après-midi, nous avons rejoint d’autres groupes pour faire de
l’évangélisation sur la place Sainte-Catherine ; il y avait des danses
folkloriques (juives et européennes), quelle joie !!!
Ceux qui me
connaissent savent certainement que je suis une grande fan de danses d’Israël;
initialement, je pensais faire le congrès avec les Béatitudes (qui font
beaucoup de danses d’Israël), mais comme ceux-ci participaient en tant que
consacrés et n’avaient pas formé de groupe de jeunes pour les accompagner, je
me suis tournée vers Marie-Jeunesse qui m’a accueillie avec joie !
Samedi 4 Novembre
Marie-Jeunesse
présentait une pièce de théâtre sur la chasteté pour les ados. C’était très
bien réalisé; il faut dire que, pour les pièces de théâtre, à Marie-Jeunesse,
ce sont de vrais "pros" !
Le soir, les
grands concerts de clôture avec Cx-Flood, Exo, Glorious et Spirit. Des groupes
de jeunes (et pour Exo, moins jeunes) dynamiques, qui font de la bonne musique
(rock ou reggae) à la gloire de Dieu ou au moins pour délivrer un message
d’espérance. C’est une ambiance particulière, pour moi, indescriptible.
Dimanche 5 Novembre
Pour
Marie-Jeunesse, le congrès était fini. Nous avons eu la messe chez la fille de
notre « maman d’accueil » qui est entièrement paralysée sauf de la
tête et qui rayonne de joie de vivre.
Bouhouhou,
c’est déjà fini et le pire, l’horrible, c’est que demain, c’est l’école. C’est
juste ! On est crevé, on a vraiment besoin de vacances maintenant !
Conclusion
Un dialogue
interreligieux et inter-communautés (les jeunes et les plus vieilles
communautés étaient ensemble pour le même but et sans se faire
« concurrence ») et puis, un message d’espoir de paix pour la ville
et pour le monde.
Marie-Alice Maes
|
Calendrier |
||
|
Décembre 2006 |
15-17 |
Hébreu biblique Frère Etienne Demoulin, Wavreumont |
|
|
23-25 |
Célébrations de Noël Père Xavier Dijon, sj |
|
Janvier 2007 |
7 – 20 |
Pas d’hôtes en séjour |
|
Février |
9 – 11 |
Initiation à Sr Marie-Paule
Somville, Ermeton |
|
Mars |
3 |
Élie Sr Loyse Morard, Ermeton |
|
|
9 – 11 |
Ateliers
de Mme
Lesage |
|
|
19 |
Récollection Lectio
Divina Sr Birgitta Drobig, Ermeton |
|
|
23 - 25 |
Retraite pour tous Sr Hildegard Geerinck, Ermeton |
Évaluation et enquête
Le présent numéro est le
20e de l’Amandier "nouvelle formule".
L’équipe de rédaction,
composée d'amis qui se chargent de proposer les articles et d'effectuer les
envois trimestriels, souhaite recueillir l'avis des lecteurs.
Le contenu actuel comprend :
-
"L’éditorial" de sœur Loyse
-
Une interview au sujet des activités des
ateliers ou des différents services du monastère
-
Les nouvelles de la communauté
-
"La lampe et le lampadaire"
(rubrique économique sur l'avancée du projet de rénovation des locaux
d'accueil)
-
Une page "Saint Benoît"
-
La page des jeunes
-
Le calendrier des activités des mois
suivants
-
Une nouvelle rubrique qui s'ouvre avec ce
numéro : "Les Amis voyagent".
Rappelons que l'Amandier
est un organe de liaison entre la communauté d'Ermeton et ses amis, proches et
lointains. Son objectif est d'élargir le cercle des "Amis d'Ermeton"
et de partager, dans la simplicité, ce qui fait vivre la communauté en
profondeur et au quotidien.
Merci d’adresser vos réponses
par courriel, à
l'adresse : ermeton@skynet.be ou berger.roli@skynet.be ou jean.pierrequin@skynet.be
ou par courrier postal à
L'Amandier – équipe de rédaction - Monastère Notre-Dame - Rue du Monastère 1 - B.
5644 Ermeton-sur-Biert.
|
Contenu |
||
|
Venez,
adorons le Seigneur |
Sœur Loyse |
2
– 5 |
|
Des
cartes de fleurs artisanales |
Sœur Claire |
5
– 8 |
|
Un
voyage pas comme les autres |
Pascale Capelle |
8
– 12 |
|
Nouvelles
de la communauté |
Sœur Marie-François |
13
– 16 |
|
La
lampe et le lampadaire |
|
17
|
|
Soutenez
nos projets en adoptant … une tortue |
Geneviève Bricoult |
18 |
|
Sur
les pas de Saint Benoît |
Sœur Marie-Elisabeth |
19
– 20 |
|
Toussaint
2006 |
Marie-Alice Maes |
20
– 23 |
|
Calendrier |
|
23
|
|
Évaluation
et enquête |
Équipe de l’Amandier |
24 |