Zone de Texte: Bulletin des Amis d’Ermeton N° 20x
Décembre 2006x

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Édit. resp. : Sœur Loyse Morard, Monastère Notre-Dame
	 Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert

Venez, adorons le Seigneur

 

La prière est toujours une réponse. Durant l'Avent, notre espérance qui se réveille nous rend plus sensibles à l'appel du psalmiste: "Venez, adorons le Seigneur". Les psaumes font résonner cet appel sous maintes formes. Nous l'entendons avec une attention particulière en ces temps où les encouragements à la pratique de l'adoration eucharistique se multiplient de la part de l'Église, comme vient encore de le montrer le rassemblement "Toussaint 2006" à Bruxelles. Pour confirmer la nécessité d'y consacrer du temps, n'a-t-on pas cité cette phrase de Benoît XVI: "Avant toute activité et toute transformation du monde, il doit y avoir l'adoration" ? Encore faut-il comprendre la portée véritable d'une telle affirmation. S'agit-il seulement de souligner l'importance d'un geste de dévotion ? ou bien plutôt d'évoquer l'attitude fondamentale du croyant face à son Dieu ? De quelle adoration parlons-nous ? Et qu'est-ce qu'adorer ?  

Pour les psaumes qui représentent la somme de l'enseignement biblique sur la prière, adorer est le propre de l'attitude humaine face au Dieu Saint. Le mot lui-même y apparaît toujours en rapport avec la sainteté de Dieu: "Adorez le Seigneur éblouissant de sainteté" (Ps 28,2; 95,9). Lui seul est digne d'adoration précisément parce qu'il est saint. Pourtant la Bible n'exclut pas, malheureusement, qu'on puisse adorer des objets, des dieux en métal, des bêtes, des rois, toutes ces représentations où nous enfermons volontiers Celui qui par définition dépasse les images que nous pouvons nous en faire. On peut s'égarer en adorant et ces dérives restent actuelles. En érigeant le veau d'or pour l'imposer à l'adoration des Israélites, ni Aaron au désert, ni le roi Jéroboam dans le sanctuaire de Béthel, n'avaient l'intention de s'écarter de la foi au Dieu de Moïse. N'affirmaient-ils pas tous les deux: "Voici ton dieu, Israël, qui t'a fait monter du pays d'Égypte" ? Alors, où était le mal ? Il était dans le fait d'identifier le Dieu de l'Alliance à une "chose", de l'enfermer dans un objet. Le Dieu saint n'est ni une "chose" ni "dans une chose". Vivant, il ne se découvre que peu à peu à travers les événements, à travers sa parole et l'obéissance qu'elle suscite; il se donne enfin lui-même non pas dans un objet qu'on peut prendre et posséder, mais dans un être humain comme nous, son Fils, saint comme lui; un être humain que nous sommes invités à suivre afin de devenir saints à notre tour.


 

Durant l'Avent et le temps de Noël, nous revivons ces préparations passées et nous rappelons comment le Dieu "saint" s'est fait "chair". Les deux termes semblent contradictoires mais, en Jésus né de Marie à Bethléem, ils coïncident jusqu'à s'identifier. Toute la Bible aboutit à cet événement qui dit pour toujours la sainteté de Dieu: "Dieu est Amour". Une telle révélation n'est pas dogmatique ni abstraite; elle est un fait concret, la vie et la mort d'un homme qui a "aimé jusqu'à la fin". Sa mort par amour a fait éclater la vie; elle a montré le chemin et le "lieu" de la véritable sainteté; elle en a ouvert l'accès. La vie du Ressuscité est aussi la nôtre, non pas comme un bien à posséder mais comme un Esprit à recevoir. Comme un amour à laisser pénétrer en nous sous les mille formes que prend notre existence au long du temps qui passe. On n'enferme pas le Don de Dieu. On ne le "prend" pas, on le reçoit. On ne se contente pas non plus de le regarder, fût-ce avec admiration. Car le recevoir, c'est se laisser envahir, convertir, transformer par lui; c'est aussi le partager, sans limites.

Dans l'évangile selon saint Marc, juste avant de prononcer son ultime discours sur la fin des temps, Jésus face au temple remarque la pauvre veuve qui n'a déposé que deux sous dans le tronc des offrandes, alors que tant de riches y versaient des sommes importantes. Il la désigne à ses disciples comme une icône: "Elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre". (Littéralement: "elle a jeté tout ce qu'elle avait, toute sa vie".) Son geste n'est pas une leçon de morale – d'ailleurs insensée s'il fallait la prendre à la lettre ! Il est une image en acte de ce qu'est le vrai Dieu, une image de la religion véritable au sujet de laquelle les gens religieux donnent le change. Il ne suffit pas pour être saints de montrer des marques de dévotion, de prier longuement, d'être visibles. Pour honorer le Dieu saint, il faut être comme lui. Le vrai Dieu est un et la vraie foi totalitaire. Les riches notables engageaient "beaucoup", la pauvre veuve risque "tout". Elle illustre l'amour qui "vaut mieux que tous les sacrifices". Elle n'en parle pas mais elle le vit. Non seulement elle n'est "pas loin" du royaume, comme Jésus vient de l'affirmer à un scribe, mais elle y est. Car le royaume s'ouvre à celui qui risque tout pour lui. Pas seulement beaucoup, mais tout. Pas seulement quelque chose mais soi-même. La veuve n'a presque rien et elle donne tout; elle est tout entière dans son geste. Eux sont riches, ils donnent beaucoup mais ce n'est qu'une part d'eux-mêmes; ils ne sont pas véritablement présents dans ce qu'ils font. En réalité, "beaucoup" n'est rien. Pour le Dieu saint, il faut "tout", même si c'est très peu.

Ne faire qu'un avec ses actes, les habiter du dedans, s'y engager tout entier: saint Benoît le recommande de bien des manières. Rien dans la vie quotidienne – si pauvre soit-elle – ne doit rester étranger au désir de "chercher Dieu". (Il suffit pour s'en convaincre d'observer dans la règle le nombre presque incalculable de fois – plus de 200 ! – où se retrouvent les mots "tout", "tout à fait", "de toutes façons", sans parler de "rien" et de "toujours" !). Toute la vie, toutes les activités sociales ou personnelles, sont polarisées vers un seul but. Il y a une manière quotidienne, discrète, mais totale et vraie, de suivre le Christ jusqu'au bout. Peu importe ce qu'on a à lui donner. Là tous se retrouvent et s'unissent. Chacun s'engage, avec le Christ et comme lui. C'est la conversion fondamentale: "Ne préférer absolument rien au Christ"; "avoir sans cesse la crainte de Dieu devant les yeux", "fuir l'oubli en tout temps", "obéir en toute charité"… Autant de conseils qui vont bien au-delà de la morale ou de l'observance propre aux moines. Autant de façons d'adorer qui se modulent à l'infini.

Les scribes en grandes robes s'acquittent de leurs longues prières, de leurs larges offrandes, et ils en sont quittes. Le vrai croyant n'est jamais quitte. Il y a toujours un au-delà au don que nous pouvons offrir à Dieu. Lui seul le connaît et l'attend. Son attente ne saurait se satisfaire d'une pratique, si répétée ou visible soit-elle. Dieu veut que notre sainteté réponde à la sienne. Il nous demande d'"aimer jusqu'à la fin" comme Jésus. Le geste de la veuve anticipait l'offrande du Christ sur la croix, celle que l'eucharistie renouvelle chaque fois. Le vrai culte est celui où nous "jetons toute notre vie". Nul ne peut en mesurer les effets mais sa fécondité est incalculable. "Elle a donné plus qu'eux tous": seul Jésus connaissait le prix des deux sous déposés par la veuve. Aujourd'hui encore le don quotidien, humble et vrai – caché le plus souvent – qui nous pousse à la prière et à l'amour de nos proches, constitue la vraie adoration. C'est lui qui construit l'Église, plus que toutes les manifestations visibles, comme l'offrande de la veuve contribuait plus puissamment au maintien du temple véritable que les fortes sommes apportées par les riches. Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité. L'adoration ne s'évalue pas aux instants passés à genoux. Elle est don de soi sans mesure et qui s'ignore.

Nous contemplerons bientôt les bergers et les mages se mettant en route pour adorer. Réveillés dans leur sommeil, arrachés à leurs troupeaux ou à leurs pays, personne ne les a vus, sauf les anges et ceux qu'ils ont découverts. Dans cet enfant pauvre et démuni, ils ont reconnu Dieu lui-même. Ils l'ont adoré couché dans la mangeoire, puis ils sont repartis, les uns "par un autre chemin", les autres en racontant ce qu'ils avaient vu. Toujours inconnus et anonymes mais transformés. Premiers adorateurs du Dieu fait chair, ils nous précèdent et nous indiquent, comme la veuve, les voies de l'adoration véritable: entendre, obéir, venir, tout donner et repartir vers sa vie quotidienne dans l'émerveillement et l'humilité. Discrets et transformés. L'Église est là et nous en sommes, si pauvres que nous soyons. Nous pouvons en être fiers et heureux.

Sœur Loyse, 1er décembre 2006

 

 

 

Des cartes de fleurs artisanales

 

Au magasin du monastère, les cartes ornées de fleurs séchées rencontrent toujours du succès. L’Amandier a interrogé sur son art sœur Claire qui les confectionne.

L’Amandier: Comment en êtes-vous arrivée à confectionner des cartes de fleurs ?

Sœur Claire : Pour répondre à votre question, je suis obligée de faire un petit saut en arrière. Il y a bien des années, je voulais créer de mes mains quelque chose d'un peu original et personnel. J'ai commencé par confectionner de très jolies petites bougies aux tons dégradés. Tout était réussi mais elles n'ont jamais voulu brûler ! Instruite par cette expérience, je me suis appliquée à orner une bougie blanche avec de vraies fleurs. Le résultat fut probant puisque mon "art floral" a eu un franc succès pendant des années. Plus tard, j'ai découvert combien une carte de fleurs pouvait être un vrai petit tableau. J'étais littéralement subjuguée par cette forme de création.

Qu'est-ce qui vous a fait aimer les fleurs ?

Dieu éclate dans sa création, il nous parle à travers elle. Il est difficile, me semble-t-il, de ne pas aimer les fleurs ! Les fleurs me parlent de beauté, je les regarde avec émerveillement, je les respecte avec amour. Je reconnais "souffrir" un peu en les sortant de leur environnement et je me console en pensant qu'elles meurent pour mieux vivre. C'est évident qu'il faut aimer les fleurs pour les utiliser à bon escient (bouquets, cartes, décoration sur bougie, signets) car égayer une carte, composer un joli bouquet exigent quelques qualités.

Pouvez-vous nous dire où vous recherchez votre matériel ?

Mon matériel se trouve essentiellement dans la nature. Je peux aussi butiner discrètement dans les bouquets de fleurs de la maison (chut !) ou sur certaines plantes d'intérieur, mais c'est peu de chose par rapport à ma cueillette du dehors.

Trouvez-vous du matériel toute l'année ?

Non, en tout cas pas dans notre région. Je dois me débrouiller pour récolter le maximum pendant la période sèche; je dis "sèche" et pas caniculaire ! La pluie et l'humidité sont aussi ennemies des fleurs à sécher. Généralement, je peux commencer mon travail "d'herboriste" à partir de mai – juin; il se terminera dans le courant du mois de septembre. L'exception est bien sûr de rigueur.

Que privilégiez-vous dans votre récolte ?

Notamment tout ce qui est feuilles, mousses, fougères, etc. Mais les feuilles ne doivent pas être trop épaisses ni trop grandes et il faut éviter à tout prix les tons sombres. Les petites fougères qui se blottissent dans nos murs font merveille sur les cartes (mais pas celles qui portent trop de spores). Les fleurs seront cueillies avec délicatesse et en usant d'un bon discernement. On me demande souvent comment mes fleurs gardent des couleurs si vives et belles. Il y a certaines règles à connaître et à observer; ainsi je m'interdis une cueillette à la rosée du matin ou après la pluie, car alors les couleurs ne tiennent pas. Certaines couleurs abhorrent la sécheresse. De jolies fleurs fraîches n'ont aucune allure une fois séchées, etc. L'expérience est évidemment la meilleure conseillère mais il faut oser tenter ses chances sur des espèces nouvelles. On apprend beaucoup de cette façon.

La préparation vous demande-t-elle beaucoup de temps ?

Oui, et dans cette préparation, il y a différentes étapes. Le travail préliminaire est la cueillette : beau travail de patience ! Heureusement, je suis aidée, en particulier par sœur Maria-Guadalupe, et puis plus on connaît son "métier", plus les choses vont vite. Rentrée à la maison, j'installe illico mon matériel sur une table : ma récolte, du papier propre, un bottin de téléphone, une paire de ciseaux. Je pose délicatement fleur par fleur sur une feuille propre, pliée en deux, que je glisse ensuite dans le bottin. Celui-ci sera rempli modérément afin que les fleurs à sécher puissent être pressées sur toute sa surface. Après environ un ou deux mois, cela dépend des fleurs et des feuilles, je jette un coup d'œil curieux dans le bottin. Si tout est bien sec, je trie les fleurs par couleurs (jaune, bleu, mauve, rouge et les dégradés) et je rassemble les feuilles selon leurs grandeurs et leurs sortes. Tout cela est fait avec ordre et méthode, saupoudré d'un zeste de fantaisie !

Sur quoi vous basez-vous pour faire vos montages ?

Une certaine harmonie dans les tons et les grandeurs des fleurs et des feuilles me tient fort à cœur. Un élément trop grand peut écraser tout l'ensemble. C'est difficile de dire en quoi une composition est bonne mais cela saute aux yeux. J’aime voir les éléments danser et s'assembler entre eux, "sortir" du cadre. Mes montages sont parfois voulus et désirés comme tels, mais je reconnais que la nature fait bien les choses et je suis souvent surprise du résultat.

Y a-t-il une symbolique dans vos montages ?

On peut toujours trouver une symbolique en regardant les nuages, le ciel, des pavés, des peintures modernes, non ? Je crois que le regard de chacun est très personnel et tant mieux ! Mais je reconnais que certaines créations offrent une symbolique plus nette et souhaitée. Je viens de créer mes premiers arbres, les arbres de la vie bien entendu ! Il m'arrive de jouer le jardinier; ma carte devient alors un vrai petit parterre aux couleurs diverses. Dernièrement, c'est un véritable bouquet de fleurs qui est apparu devant mes yeux.

Comment vous y prenez-vous pour confectionner une carte ? Est-ce un secret ?

Je livre très volontiers mon "secret". Il a un double aspect : le côté pratique, assez facile à réaliser, et le côté artistique qui ne vous est plus tout à fait inconnu après ce que je vous ai dit.

Pratiquement, je me procure un rouleau de film protecteur autocollant et transparent. J'en découpe un morceau de la taille de la carte mais en y ajoutant environ un cm de chaque côté. Je dépose la carte sur une table ou mieux une planche propre, je décolle le film protecteur et le mets à l'envers, la face collante au dessus. Deux petits poids sont déposés aux deux coins supérieurs. À partir de là, je crée en maniant mon matériel avec le plus de soin possible. Personnellement, je travaille avec mes mains et un petit couteau ou une pince. Il faut bien sûr coller les fleurs et les feuilles à l'envers et penser que la composition du "dessin" passera de gauche à droite. Je dois donc penser à l'envers : belle affaire ! En finale, j'enlève les poids, je prends délicatement le film autocollant, je le retourne et le colle bien centré sur ma carte. Je coupe les bords du surplus d'autocollant. La carte est finie ! Je la glisse ensuite dans un gros livre avec un poids dessus ou j'emploie une presse durant le temps nécessaire. C'est simple n'est-ce pas ? Essayez donc !

N'est-ce pas trop indiscret de vous demander comment vous appréhendez ce travail artisanal ?

L'indiscrétion n'est pas dans la question mais dans la réponse ! Au chapitre 57 de sa règle, saint Benoît nous parle des artisans du monastère dont je pense faire partie. Il est admirable de sagesse; il ne met pas d'échelle de valeur entre les différents métiers artisanaux mais il exige avant tout l'humilité. Je suis très consciente que mon "métier" floral est moins rentable que l'atelier de reliure qui est mon principal point de chute. Je peux consacrer à mon travail floral plusieurs heures par semaine. Je reçois cela comme un cadeau, pour moi et pour ceux qui se procureront avec joie l'un des produits de mon atelier.

Sœur Claire

 

Un voyage pas comme les autres

 

Pascale Capelle a entrepris, par étapes, le pèlerinage de Compostelle à pied. L'Amandier lui a demandé de partager quelques impressions de l’ étape qu’elle a vécu cet été, jusqu'ici la plus significative.

 

Lequel d'entre nous n'y a jamais pensé ? Faire un voyage pas comme les autres, particulièrement significatif, à vivre comme l'un de ces moments qui comptent tant dans une vie … Et pas n'importe quelle vie : la sienne !

Il y a certainement mille et une façons de le rêver, ce voyage … Moi, je l'ai imaginé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Pourquoi ? Ben… pourquoi pas !

Plus sérieusement, ce chemin-là m'a particulièrement séduite par l'idée que j'allais mettre mes pas dans ceux de milliers d'autres qui m'ont précédée. Difficile à expliquer … Mais cette sensation de présence aura été constante durant les trois semaines de ma "pérégrination" : Je n'ai jamais été seule !

Ceci dit, comment raconter le voyage ? Tant de gens ont joliment écrit sur Compostelle… Peut-être en commençant par... le début ?!

Je suis arrivée le mercredi 26 juillet, vers 20h30, au Puy-en-Velay. Partie de Bruxelles à midi avec mon compagnon de chemin, Eliot dit "le coyote" : 7 kilos de muscle et de mauvaise éducation, ce petit Jack Russel de 7 ans est avec moi depuis janvier. Dans le contrat d'adoption, j'ai glissé le pèlerinage de saint Jacques ! Et puisque qui n'aboie mot consent …

J'ai décidé de ne me mettre en route que le vendredi matin. Cela me laisse une journée pour la visite du Puy, de sa cathédrale et du cloître. Et puis, j'ai un peu peur de me mettre en marche; alors je me donne la journée. Au Puy, je loge dans le premier dortoir d'une longue série. La vieille ville est jolie, la cathédrale impressionnante mais c'est difficile de la visiter avec Eliot ! Soudain, rencontre surprise… Valérie et Sophie! Nous nous étions rencontrées une petite année plus tôt à Ermeton. Quelle émotion ! Nous sommes sans mots mais que de sourires complices. Je réalise à quel point ces deux amies me sont précieuses ! Et chouette alors …, elles me prennent le coyote pendant que je participe à la messe. Nous nous retrouvons une heure plus tard. C'est ensemble que nous visiterons la ville. Je ne le sais pas encore clairement, mais le "ton" de mon pèlerinage est donné : ce sera celui de la rencontre, la rencontre surprise, la rencontre gaie, la rencontre bof … Pourvu que je me laisse toucher au jour le jour.

Ce soir, le temps est de nouveau à l'orage. Je me couche tôt, demain c'est le grand départ !

La nuit est agitée, Eliot est infernal; j'ai de la chance de ne pas me faire virer du dortoir ! Vers minuit arrive une Bretonne. Elle est trempée ! La pluie n'a pas cessé depuis quelques heures. Je suis inquiète : vraiment pas malin d'avoir laissé les vêtements de pluie à Bruxelles (il me fallait de la place pour un ou deux livres !).

6h du matin : Le réveil sonne, il pleut toujours … Je me lève ? Pfffffffff, pas envie !

6h30 : La pluie a cessé de tomber (youpie). J'ai juste le temps de m'habiller pour aller à la messe des pèlerins. Je repasserai prendre mon déjeuner après. Dehors il fait froid et humide, mais la célébration est émouvante et la bénédiction des pèlerins me laisse tremblante. J'ai les larmes aux yeux. Nous recevons une médaille de Marie. Mon cœur bat fort … Pourvu que personne ne l'entende !!!

La petite troupe que nous formons s'ébroue et se met en route. Et nouvelle surprise : Valérie m'attend aux portes de la cathédrale. Elle a tenu à m'accompagner pour mes premiers pas. Nous déjeunons ensemble. Finalement, je me mets en route. Je sens son regard qui me suit alors que j'entame la première montée pour quitter le Puy. Il me faudra plusieurs kilomètres pour oser respirer un bon coup! Cette fois j'y suis! Eliot est joyeux comme peut l'être un chien dans la nature. Et qu'elle est belle, cette nature ! Je m'en sentirais presque légère. Pourtant je sais déjà que mon sac est bien trop lourd. Avec la tente, je porte près de 15 kilos : dur pour mon mètre 54 !

Quinze kilomètres plus loin, Eliot s'est calmé et moi j'ai mal aux pieds. Voici donc le deuxième "ton" de mon pélé : des douleurs aux pieds qui vont m'accompagner jusqu'à Cahors. Bon, résumons : sac trop lourd, chien joyeux, nature magnifique, rencontres surprises et pèlerine heureuse! OK, la journée est bonne et c'est à Saint-Privat d'Allier que je m'arrête. 24 km pour l'étape. Ce soir, je plante la tente et me régale d'un super cassoulet en boite, d'une portion de tarte aux myrtilles et de pain. Quant au chien, il s'est écroulé sur mon sac de couchage et ouvrira tout juste un œil accusateur lorsque je le lui reprends en me couchant !

Samedi 29 juillet

Ouche ! Dure, la nuit ! Je me demande si le camping est encore de mon âge ! Le réveil a sonné à 5h30. Une petite heure pour tout plier. Tiens, il n'a pas plu cette nuit !

6h30 : Le chemin est magnifique mais difficile. Au détour d'une route, dans le brouillard, la chapelle Saint-Jacques, accrochée à la falaise. J'en reste le souffle coupé. Je repars pour aborder très rapidement une descente infernale. La descente de Monistrol. 3h pour faire un petit 7 km ! Je négocie chaque pas à la caillasse. Eliot en a plein les pattes et moi les pieds. En bas, je retrouve avec plaisir plusieurs pèlerins qui, comme moi, se remettent de leurs émotions dans le premier bar venu. Cela fait du bien de rire ensemble, surtout quand c'est de soi qu'on rit ! En face de nous, la route remonte … Je préfère ça à la descente.

La fin de l'étape est pénible. Agressée par deux chiens qui ne jouaient pas à faire peur, je fais la pause déjeuner au soleil. Le hic, c'est qu'Eliot ne veut plus repartir ! Je le tire, le porte, le traîne jusqu'à Saugues : fin de l'étape du jour. 20 km douloureux, qui me laissent inquiète. Mes pieds sont abîmés, des ampoules et une douleur inflammatoire aux deux talons.

Pour me réconforter : un gîte d'étape sympa ou je retrouve des visages connus. Ce soir, je partage la chambre avec Maryse, Marion et Suzana. Douche, lessive, soins des pattes et pieds, achat d'une casquette (perdu la mienne) et de crème. Je fais tamponner ma créanciale. Le souper est chaleureux. Nous faisons connaissance. Quant à Eliot, on ne le voit pas, on ne l'entend pas … Il ronfle !

Dimanche 30 juillet :

Aujourd'hui, je vais jusqu'au domaine du Sauvage (ancienne ferme des templiers). Un petit 20 km. Dès le début de l'étape, la douleur aux pieds occupe tout mon esprit. Le chien aussi se traîne. Je me sens un peu perdue ! Quelque chose ne va pas et je ne comprends pas quoi ! Et pourtant, qu'il est beau le chemin. Je m'arrête souvent pour le chien. Il souffre.

12h30 : pause déjeuner. Je retrouve Maryse. L'endroit est magique. Un amas de pierres énormes, venues d'on ne sait où. Nous parlons un long moment, Maryse et moi, et je me sens bien mieux lorsque je me remets en route. Je sais que je vais devoir faire le point mais ce sera pour ce soir au domaine. Le chemin longe le ruisseau au travers d'une pinède, puis j'entame les deux derniers et longs kilomètres, plein soleil, pour arriver à l'étape. Eliot est penaud et le voir souffrir me met mal à l'aise. Enfin la ferme. Quel bel endroit ! À l'entrée, des canards et poules que le chien ne regarde même pas et un abreuvoir dans lequel il se plonge. J'achète des œufs, des tomates, un melon et des pâtes à la ferme et vais me réfugier sur mon lit. Dans la chambre, il fait frais.

Après la douche, je retrouve Monique que j'avais croisée à la gare de Lyon. Elle me donne une super pommade pour les pattes du chien mais n'a pas grand-chose pour mes pieds. Et à voir la grimace des autres, je me doute bien que la plaie au talon est vilaine : la peau est à vif et la brûlure suinte. Beurk et ouille !

Bon, c'est décidé … Demain, je prends le transbagage jusque Saint-Alban. Il y a un centre médical. Je dois voir un médecin pour mon pied et Eliot a bien besoin de repos.

De plus, si je veux me donner des chances de pouvoir continuer, il faut que je m'allège. À Saint-Alban, je renverrai tout mon matériel de camping à Bruxelles. Il est temps de "faire confiance" au chemin… C'est que j'ai tellement peur de me retrouver sans logement ! Une crainte irraisonnée. C'est à cause de cette crainte que je me suis autant chargée. Maintenant il va falloir se délester de ce qui n'avait d'autre fonction que de me sécuriser.

La décision est difficile mais, une fois prise, je suis soulagée.

Lundi 31 juillet

Ouf ! J’ai survécu à la conduite du monsieur de transbagage ! Un miracle en soi ! Il me laisse tremblante devant le bureau de poste de Saint-Alban-sur-Limagnole. Je demande à la postière la plus grande boîte qu'elle a. Elle est habituée. Bien d'autres pèlerins sont passés chez elle avant moi. Je n'en finis pas de "vider mon sac". Je parle … Je parle tout en lui passant l'inutile ! Elle me sourit d'un air entendu, puis me dit gentiment : "Hé bien, voilà une bonne chose de faite. Bravo et bonne route !". Maintenant, direction l'hôtel où je laisse le chien pour aller me faire soigner les pieds ! Pas rassurant, le médecin émet des doutes sur les possibilités de poursuivre le chemin. J'ai le talon brûlé au second degré. Je sors de là pas très rassurée, boitillante et les poches remplies de pansements, crèmes et antibiotiques !

Devant l'hôtel, surprise : la bande de la veille est là. Je m'installe pour un café qui va durer deux bonnes heures. Deux heures pour faire retomber l'angoisse qui m'étreint depuis ce matin. Les "copines" repartent sauf Marie-Noëlle. Je la reverrai plus tard sur le chemin; ensemble, nous construirons un début d'amitié mais ça, c'est une autre histoire, dans l'histoire !

21h : dernière sortie avec Eliot qui va mieux. La porte de l'église est encore ouverte (jusque là, je l'ai boudée). Je trouve un interrupteur : lumière. Quelle merveil-le! Là, je sais pourquoi je suis sur le chemin, même si je suis à l'arrêt. Je suis bluffée par la beauté et la simplicité au cœur même de l'église. Style roman pur, simple et empli de sérénité. Et là, je respire et prie enfin. C'est comme une libération. Mon Dieu, j'avais oublié qu'avec la liberté, Tu as aussi donné le sens de la créativité et du beau à l'homme.

Demain, je me rendrai en stop à Aumont-Aubrac, chez les frères dominicains. Je reprendrai la marche après demain pour de courtes étapes, le temps que mon pied se cicatrise. Après tout, j'ai le temps !!!!

 

Pascale Capelle

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Septembre

Le 2, sœur Marie-Paule et sœur Claire participent à l’eucharistie qui rassemble, à Jambes, les élèves – anciens et actuels – du CFL (Centre de Formation Liturgique) qui fête ses vingt ans d’existence.

Au monastère, accueil d’un groupe de protestants allemands.

Le 3, accueil, pour la semaine, des étudiants de l’ITIM (Institut Théologique Inter-Monastères) et de leurs tuteurs pour la première session d’études de l'année. Le Père Emmanuel Lanne, de Chevetogne, (ecclésiologie) et l’abbé Raymond Kuntzmann, de Strasbourg, (Ancien Testament) assurent les cours.

Le 5, arrivée de sept jeunes filles inscrites au collège Saint-Benoît de Maredsous. Elles logeront au monastère pendant la durée de l'année scolaire.

Le 6, sœur Marie-David part à Strasbourg passer ses examens.

Le 8, sœur Madeleine fête dans l’intimité ses 60 ans de profession monastique en ce jour de la Nativité de Notre-Dame.

Sœur Marie-Cécile participe aux funérailles de sœur Paula (qui a vécu de longues années au Rwanda), à l’abbaye de  La Paix Notre-Dame à Liège.

Le 9, funérailles de Madame Calmant, mère de Paulette, membre d’une fraternité du monastère. Mère Loyse et sœur Bénédicte y participent.

Sœur Marie-Cécile se rend à nouveau à Liège accompagnée de sœur Madeleine et de sœur Anne, pour le jubilé de 60 ans de profession monastique de sœur Claire (i.e. sœur Marie-Paul Laviolette, de Louvain-La-Neuve).

Le 14, Mère Loyse et sœur Marie-Cécile vont à Bruges pour le jubilé de 50 ans de vie religieuse de Mère Odile-Marie Bouckaert, prieure du monastère de la Vigne.

Le 15, soeur Marie-Paule participe à la réunion de la commission liturgique du diocèse à Ciney.

Réunion de lancement de l’année à l’Université de Paix à Namur où sœur Birgitta suivra les cours jusqu'en juin, à raison d’un week-end par mois. Mère Loyse l’accompagne.

Le 16, un groupe « Foi et lumière », parents accompagnés de leurs enfants handicapés, passent la journée au monastère. La communauté entame le dialogue avec eux et tous renouvellent leur engagement au cours de l’office des vêpres.

Le 17, un bon nombre d’entre nous participent à l’eucharistie de Maredsous pour la profession monastique du Père Jean-Daniel Mischler.

L'après-midi, sœurs Loyse, Hildegard, Marie-Paule et Marie-Élisabeth vont à Biesmerée s’associer aux paroissiens de Biesmerée, Flavion et Stave pour les remerciements à l'abbé P. Denis, leur curé, qui les quitte pour une autre affectation.

Le 20, réunion de quelques responsables de librairies monastiques avec des représentants des éditions Lessius.

Après l’office des vêpres, Monsieur l’abbé Denis donne une causerie à la communauté sur son ministère en milieu rural. Il prend son repas avec nous.

Le 22, visite du Père Joseph Dechamps, trappiste, abbé de l’abbaye de Port du Salut (France).

Début de la session « Grandir dans les conflits », donnée par le Père Jean-Daniel Hubert, bénédictin d’Étiolles (France), pour un bon nombre de participants.

Le 23, soeur Birgitta commence ses cours à Namur.

Le 24, sœur Marie-Cécile, sœur Marie-André, sœur Marie-Pierre et sœur Marie-Christine assistent, à la collégiale de Nivelles, à la bénédiction du nouveau reliquaire de Sainte Gertrude. Il contient une relique de la sainte nivelloise que nos sœurs ont offerte avant de quitter leur monastère Sainte-Gertrude de Louvain-la-Neuve.

Le 25, journée de récollection sur la Lectio Divina donnée par sœur Birgitta.

Le 26, réunion communautaire. Mère Loyse commente l’évangile de Zachée pour illustrer la démarche de nos sœurs de Louvain-la-Neuve qui commencent aujourd’hui officiellement leur temps de probation.

Le 27, cinquantième anniversaire de la dédicace de notre église. Nous fêtons cela « en famille ». Le Père abbé Nicolas, de Maredsous, préside l’eucharistie. Mère Bénédicte, abbesse de Maredret, y participe ainsi qu'au repas de fête qui suit. À 17h, nos frères de Maredsous viennent chanter les vêpres avec nous. Apéritif et visite du chantier pour les amateurs. Nous prenons ensuite le repas dans une ambiance toute fraternelle.

Le même jour, nous apprenons le décès de sœur Theresia Maus, de Steinfeld (notre fondation d’Allemagne).

Le 30, accueil d’un groupe du C.E.P. (Centre d'Études Pastorales) de Malines-Bruxelles.


Octobre

Le 1er, un bon nombre de sœurs se rendent à Maredsous pour l’ordination sacerdotale du Père Ignace Baise.

Le 2, funérailles de sœur Theresia Maus, à Steinfeld. Mère Loyse, sœur Maria-Guadalupe et sœur Birgitta s’y rendent.

Le 5, sœur Marie-Christine participe à la réunion du comité de l’URC (Union des Religieuses Contemplatives) à Liège. Elle y termine son mandat.

Le 7, dans le cadre d’une action pastorale du doyenné de Florennes « 24 heures de prière », la communauté chante les vêpres à l'église paroissiale de Biesmerée.

Nous apprenons le décès du Père Grégoire Watelet à Maredsous.

Le 11, sœurs Marie-Cécile, Marie-François, Marie-Paule et Miryam se joignent aux frères de Maredsous pour la veillée de prière autour du Père Grégoire. Ce dernier a été une cheville ouvrière de la liturgie après Vatican II. Il a contribué largement à bâtir l’office divin en français, en collaboration avec d'autres pionniers, et notamment avec Ermeton. « Marermet », le sigle de certaines compositions communes, reste un témoin de cette période intense de production. Les monastères lui doivent beaucoup.

À la suite d'une laryngite, Mère Loyse est réduite au silence total pendant quinze jours pour éviter des complications aux cordes vocales. Elle est contrainte d’annuler la session « URC Jeunes » qui devait se tenir au monastère.

Le 12, sœur Marie-Cécile et sœur Marie-François participent aux funérailles de Père Grégoire Watelet.

Le 14, Monsieur l’abbé Wénin anime la journée biblique sur le thème : « Joseph et ses frères : inventer la fraternité ».

Le 15, la 15ième journée des Amis d’Ermeton réunit 115 personnes en ce jour du 89ème anniversaire de la fondation de notre communauté. Les "Amis de Louvain-La-Neuve" se sont joints tout naturellement à nos amis. Mère Loyse, privée de sa voix, a inscrit le mot d’accueil au tableau. Au réfectoire où tout le monde est réuni, le message est repris dans les souhaits de bienvenue adressés par sœur Marie-François. Cette dernière, sœur Marie-Élisabeth et sœur Anne introduisent la réflexion sur les textes de la messe du jour, réflexion qui se prolongera en partage par groupes. L’eucharistie est célébrée par le Père abbé Nicolas de Maredsous. Celui-ci ne restera pas pour l'après-midi étant retenu par la célébration, ce même jour, du 134ième anniversaire de la fondation de Maredsous. Un copieux buffet présenté avec art nous attend autour de tables magnifiquement ornées par « l’équipe porteuse organisatrice », à laquelle se sont jointes deux amies de Louvain-la-Neuve. Grâce à ces huit personnes, le repas se déroule dans une ambiance vraiment chaleureuse où chacun se sent à l’aise tant pour apprécier les mets que pour échanger avec ses voisins. Vers 14h30, tout le monde reprend place dans le réfectoire de la communauté converti en salle de réunion. Sœur Marie-François prête à nouveau sa voix à Mère Loyse pour sa causerie sur notre communauté renouvelée : rencontre de « deux fleuves » qui a entraîné l’élargissement du lit du fleuve : il a fallu faire de la place, caser meubles et objets, partager le travail (ce qui n’était pas difficile !). En entendant nommer les attributions, nos amis présents ont pu mettre un nom sur les visages et imaginer le courant de vie qui circule entre nous. Sœur Nicole prend le relais pour parler du magasin, actuel et futur, et sœur Marie-Paule relate l’état des travaux. Tous sont alors invités à visiter soit le chantier soit les ateliers avant le chant des vêpres et le goûter final. Que tous les amis qui nous ont aidées soient encore vivement remerciés.

Le 20, rencontre de l'UBB (Union des Bénédictines de Belgique) chez nos sœurs de Rixensart. Quatorze sœurs d'Ermeton y participent. Elles y prennent connaissance des activités du CIB (Communion Internationale des Bénédictines) dont le 5ième symposium s’est tenu à Rome en septembre.

Le 21, sœur Marie-François donne une journée d’initiation à la psalmodie.

Le 27, arrivée des séminaristes de Limelette pour un week-end de récolle-ction. Le Père abbé Nicolas de Maredsous, a accepté de remplacer Mère Loyse pour les instructions.

Le 28, veillée de prière chez les clarisses de Malonne pour marquer les 20 ans de la réunion de prière interreligieuse d’Assise. Sœurs Marie-André, Claire et Marie-David y participent.

Le 30, sœur Marie-Élisabeth participe à l'animation de la journée des acolytes à Lobbes.

Le 31, causerie de sœur Miryam sur les activités du groupe "Kaïre" (Rencontre Œcuménique de Femmes engagées dans la vie de l'Eglise) et la session à laquelle elle a participé à Bari (Italie).

 

Sœur Marie-François

 

 

 

La lampe et le lampadaire

 

"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15).

Sous la rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

 

Les progrès réalisés sur le chantier de la ferme se font plus visibles de semaine en semaine, voire même de jour en jour. Depuis la fin octobre, le nouveau bâtiment qui comprendra le magasin et la salle polyvalente est sous toit. Le petit édicule qui abritera la chaufferie est également couvert. Les fondations et l'égouttage du corps du bâtiment correspondant à la grange sont achevés. Les murs des futures chambres du rez-de-chaussée côté nord sont montés, le bétonnage des berges du ruisseau à proximité de la maison est presque terminé. Les encadrements de pierre des fenêtres du nouveau bâtiment sont posés. Bref, tout progresse à un bon rythme et dans les délais prévus.

Un petit montage photo a été réalisé à partir des visites hebdomadaires du chantier. Il permet de se faire une idée de l'état actuel des travaux. Il peut être consulté sur le site du monastère (www.ermeton.be) sous la rubrique "accueil – travaux".

Au milieu des soucis qui s'attachent à un tel chantier, nos amis nous soutiennent de mille façons, toutes plus précieuses les unes que les autres. À chacun nous redisons une fois de plus notre reconnaissance, bien au-delà de ce qui peut s'exprimer.

Les ateliers du monastère – aidés par l'imagination des sœurs – multi-plient, quant à eux, les initiatives pour permettre à la communauté de mener à bien toute l'entreprise. C'est ainsi que l'Atelier de Céramique a créé "Trotinette", un objet symbolique de nos efforts… Geneviève le présente :

Soutenez nos projets en adoptant… une tortue !

Ne déprécie pas la tortue à cause de son humilité, il se peut qu'elle te guide demain… (proverbe ovambo).

Aux côtés des sœurs et de leurs amis, une petite tortue en céramique, sortie de l’atelier de Sœur Anne, porte désormais sur son dos le projet de rénovation de la ferme et de l’accueil qui y sera assuré.

Solide, sans manières, les pattes bien ancrées sur la terre, la tortue va son chemin, à petits pas déterminés.

Les aléas de la vie, des permis d’urbanisme et des aventures architectu-rales ne lui font pas peur. Un instant, elle protège sa tête sous sa carapace, pour repartir de plus belle, lentement mais sûrement et tous les lièvres du monde ne la détourneront pas de son but !

Coquette, elle se décline en plusieurs couleurs…

Bonne fille, elle épouse nos choix de vie : célibataire ou en famille.

Alors, n’attendez pas ! Au moyen du talon ci-joint, réservez dès à présent cet objet symbolique dont le produit de la vente aidera à financer les travaux :

- un bébé tortue : "Trotinette" (3 €) ;

- une maman tortue : "Trotine" (5€) ;

- un papa tortue : "Trot" (8 €).

Zone de Texte: Issu du Monastère Sainte-Gertrude de Louvain-la-Neuve, l’atelier de céramique a trouvé une nouvelle implantation à Ermeton. 
Aux côtés de Sr Anne, y collaborent Sr Marie-Cécile, Sr Madeleine et Sr Marie-David.
Vous pouvez découvrir leurs autres productions au magasin du Monastère.

Et si vous ne souhaitez pas disperser un foyer aussi sympathique, vous bénéficierez d’une remise d’1 € (soit 15 € pour la tribu) !

Geneviève Bricoult

 

Comptes bancaires

DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC : GKCCBEBB)

 

Pour la France :

Société Générale Givet : 0003729001810 (IBAN : FR76 30003 00581 00037290018 10),

(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)

avec la mention "la lampe et le lampadaire"

 

 

 

Sur les pas de saint Benoît…

 

Dans un numéro précédent de l’Amandier, sœur Marie-Christine a donné un écho de la session qu'elle a suivie à Rome avec sœur Marie-Élisabeth, en mars 2006 : « la Règle sur le terrain ». Elles partagent ici quelques photos évocatrices des lieux où vécut Benoît.

Notre première visite hors de Rome nous conduisit à Nursie, lieu de la naissance et de l’enfance de saint Benoît. En chemin, nous avons cependant emprunté un détour pour nous rendre à San Eutizio.

 

Qu’y avons-nous découvert ? Au sommet d’une colline, un monastère qui semblait désert (il paraît que deux prêtres y résident, mais nous n’avons pas aperçu âme qui vive), au cœur duquel une église renferme les reliques de saint Spes et de saint Eutizio.

Or, saint Spes est mentionné dans les Dialogues de saint Grégoire et saint Eutizio est représenté sur une peinture de l’église de Nursie en compagnie de saint Benoît.

Tous deux sont des moines d’origine syriaque, probablement de ceux qui ont quitté leur pays au 5e siècle pour échapper aux querelles monophysites et ont poursuivi leur vie anachorétique dans ces régions montagneuses, riches en grottes naturelles. La grotte de San Eutizio est composée de deux alvéoles.

Selon la tradition, la grand-mère de Benoît était originaire de cette région. Il n'est donc pas impossible que celui-ci ait rencontré ces deux moines.

En conclusion d'un article intitulé « À propos de l’hémine de vin – Une source inexplorée ? Les canons de Maruta » (Collectanea Cisterciensia 67/2005 – 4), sœur Véronique Dupont osb, de Vénières, pose la question : « Y a-t-il eu entre ces canons et le texte, postérieur, de la Règle de saint Benoît un lien de parenté ? Si oui, comment ? S’agit-il simplement de la tradition commune ? […] Quelles que soient les réponses, on a un signe de plus de ce que les grands axes de la Règle procèdent d’une expérience spirituelle fondamentale qui transcende les cultures. »

Le monastère de San Eutizio est un signe qu’il existait des contacts entre les différentes traditions monastiques. La vie monastique de Benoît, menée à ses débuts dans la solitude et le dénuement, paraît semblable à celles des ermites syriens.

(à suivre !)

 

Sœur Marie-Élisabeth

 

La page des jeunes

 

"TOUSSAINT 2006"

L'expérience d'une jeune "Amie d'Ermeton"

 

Ceci est le "témoignage" de ma semaine à Bruxelles "Toussaint 2006". Je partage les anecdotes qui m’ont frappée et non un compte rendu rigoureux.

 

Lundi 30 octobre

 

Le matin, je dois travailler pour l’école… Une simple formalité administrative !

L’après-midi, je rejoins mon groupe Marie-Jeunesse, à Bruxelles. Marie-Jeunesse est une toute jeune communauté importée du Canada.

Ensemble, nous avons fait de "l’évangélisation de rue", c’est-à-dire une chouette expérience qui ne consiste pas à convaincre les passants de devenir catholiques pratiquants, mais à rejoindre les gens où ils sont, comme ils sont, et leur apporter un message d’espérance : "Dieu est là et il t’aime". Certains sont relativement fermés, mais d’autres sont en pleine recherche, en recherche du sens profond de leur vie et, sur le trottoir, on assiste à un sérieux et sincère échange fraternel.

Le soir, notre "maman d’accueil" qui accueillait tout le groupe (une dizaine de consacrés plus une dizaine de jeunes, en tout une vingtaine de personnes), nous a emmenés au restaurant chinois. On ne s’y attendait pas du tout, c’est impressionnant de rentrer dans un restaurant à vingt, on le remplit presque ! Merci, Seigneur, pour cette généreuse vieille dame qui n’avait pas peur de donner !


 

Mardi 31 octobre

Nous avons été écouter les conférences, (surtout celle de Timothy Radcliffe) à la basilique de Koekelberg. Cependant comme il parlait anglais et qu’il n’y avait plus d’écouteurs-traducteurs, nous avons en réalité vu Timothy Radcliffe sur grand écran. Il parait que son enseignement était très bien, nous ne pouvons que le croire…

Le soir, nous avons été à une représentation de la pièce « Oscar et la dame rose » d’E.-E. Smitth. La pièce était excellente, finement jouée par une seule comédienne. Un bon petit moment de tendresse et de réflexion philosophique sur la vie, la maladie et la mort !

 

Mercredi 1er novembre

C’est la fête de tous les Saints : "Holy Win" (les saints gagnent) ! C’est la grand'messe télédiffusée dont on n'a rien vu parce que nous étions mal placés. Et à cause des obligations horaires de la télévision, nous avons communié après l’envoi ! Une fois n’est pas coutume, n’empêche que ça faisait bizarre.

J’ai "croisé" la reine Fabiola qui a beaucoup participé au congrès, j’ai cru redevenir la petite fille qui voyait enfin sa reine préférée… C’était impressionnant de la voir; alors qu’à la télévision (pour le peu que je la regarde), on voit une vieille dame que l’on croirait volontiers toute timide et fatiguée, c’est en réalité une dame certes d’un âge respectable, mais avec une bonne dose de punch, d’humour et de répondant !

 

Jeudi 2 novembre

Nous avons participé à un "café théologique" sur la chasteté. Celui-ci était animé d’une part par des consacrés et, d’autre part, par une jeune mère de famille chrétienne, étudiante en sexologie.

Les deux sortes de témoignages étaient interpellants. J’ai beaucoup aimé le témoignage de la jeune dame sur ses fiançailles et sur l’importance du dialogue. Déjà avec des amis, ce n’est pas si aisé que ça d’avoir un vrai dialogue (parler de choses intimes et/ou fondamentales), pourtant c’est ce qui fait la base d’une relation vraie.

Le soir, on a écouté un concert du Verbe de Vie. C’était plutôt rythmé; si l’église avait été remplie de jeunes, nous aurions tous été debout en frappant dans les mains, cependant par considération pour les courageuses personnes d’un âge plus mûr qui n’auraient plus rien vu, nous sommes restés assis, devant, par terre.

 

Vendredi 3 novembre

J’ai beaucoup aimé les enseignements de ce jour-là (cette fois, nous étions arrivés à l’heure et nous avions des écouteurs). C’était un rabbin juif, une musulmane et un moine (Enzo Bianchi) qui parlaient de la prière. C’était beau de voir ces différents points de vue des trois religions monothéistes et aussi leur message de paix. J’ai retenu une phrase d’Enzo Bianchi : "Nous avons tendance à dire à Dieu en commençant la prière : "Écoute, Seigneur, ton serviteur parle !". Et je ne pouvais que penser : " Pardon, Seigneur, mais c’est tellement plus facile de te parler que de t’écouter… ".

Dans l’après-midi, nous avons rejoint d’autres groupes pour faire de l’évangélisation sur la place Sainte-Catherine ; il y avait des danses folkloriques (juives et européennes), quelle joie !!!

Ceux qui me connaissent savent certainement que je suis une grande fan de danses d’Israël; initialement, je pensais faire le congrès avec les Béatitudes (qui font beaucoup de danses d’Israël), mais comme ceux-ci participaient en tant que consacrés et n’avaient pas formé de groupe de jeunes pour les accompagner, je me suis tournée vers Marie-Jeunesse qui m’a accueillie avec joie !

 

Samedi 4 Novembre

Marie-Jeunesse présentait une pièce de théâtre sur la chasteté pour les ados. C’était très bien réalisé; il faut dire que, pour les pièces de théâtre, à Marie-Jeunesse, ce sont de vrais "pros" !

Le soir, les grands concerts de clôture avec Cx-Flood, Exo, Glorious et Spirit. Des groupes de jeunes (et pour Exo, moins jeunes) dynamiques, qui font de la bonne musique (rock ou reggae) à la gloire de Dieu ou au moins pour délivrer un message d’espérance. C’est une ambiance particulière, pour moi, indescriptible.

 

Dimanche 5 Novembre

Pour Marie-Jeunesse, le congrès était fini. Nous avons eu la messe chez la fille de notre « maman d’accueil » qui est entièrement paralysée sauf de la tête et qui rayonne de joie de vivre.

Bouhouhou, c’est déjà fini et le pire, l’horrible, c’est que demain, c’est l’école. C’est juste ! On est crevé, on a vraiment besoin de vacances maintenant !

 

Conclusion

Un dialogue interreligieux et inter-communautés (les jeunes et les plus vieilles communautés étaient ensemble pour le même but et sans se faire « concurrence ») et puis, un message d’espoir de paix pour la ville et pour le monde.

 Marie-Alice Maes 

 

 

 

 

Calendrier

Décembre 2006

15-17

Hébreu biblique

Frère Etienne Demoulin, Wavreumont

 

23-25

Célébrations de Noël

Père Xavier Dijon, sj

Janvier 2007

7 – 20

Pas d’hôtes en séjour

Février

9 – 11

Initiation à la Liturgie des Heures

Sr Marie-Paule Somville, Ermeton

Mars

3

Élie

Sr Loyse Morard, Ermeton

 

9 – 11

Ateliers de la Parole

Mme Lesage

 

19

Récollection Lectio Divina

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

 

23 - 25

Retraite pour tous

Sr Hildegard Geerinck, Ermeton

 

 

 

Évaluation et enquête

 

Le présent numéro est le 20e de l’Amandier "nouvelle formule".

L’équipe de rédaction, composée d'amis qui se chargent de proposer les articles et d'effectuer les envois trimestriels, souhaite recueillir l'avis des lecteurs.
Le contenu actuel comprend :

-           "L’éditorial" de sœur Loyse

-           Une interview au sujet des activités des ateliers ou des différents services du monastère

-           Les nouvelles de la communauté

-           "La lampe et le lampadaire" (rubrique économique sur l'avancée du projet de rénovation des locaux d'accueil)

-           Une page "Saint Benoît"

-           La page des jeunes

-           Le calendrier des activités des mois suivants

-           Une nouvelle rubrique qui s'ouvre avec ce numéro : "Les Amis voyagent".

Rappelons que l'Amandier est un organe de liaison entre la communauté d'Ermeton et ses amis, proches et lointains. Son objectif est d'élargir le cercle des "Amis d'Ermeton" et de partager, dans la simplicité, ce qui fait vivre la communauté en profondeur et au quotidien.

  • Êtes-vous satisfaits du contenu actuel de l'Amandier ?
  • Avez-vous des souhaits ou des propositions pour les numéros à venir ?

Merci d’adresser vos réponses

par courriel, à l'adresse : ermeton@skynet.be ou berger.roli@skynet.be ou jean.pierrequin@skynet.be

ou par courrier postal à L'Amandier – équipe de rédaction - Monastère Notre-Dame - Rue du Monastère 1 - B. 5644 Ermeton-sur-Biert.

Contenu

Venez, adorons le Seigneur

Sœur Loyse

2 – 5

Des cartes de fleurs artisanales

Sœur Claire

5 – 8

Un voyage pas comme les autres

Pascale Capelle

8 – 12

Nouvelles de la communauté

Sœur Marie-François

13 – 16

La lampe et le lampadaire

 

17

Soutenez nos projets en adoptant … une tortue

Geneviève Bricoult

18

Sur les pas de Saint Benoît

Sœur Marie-Elisabeth

19 – 20

Toussaint 2006

Marie-Alice Maes

20 – 23

Calendrier

 

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Évaluation et enquête

Équipe de l’Amandier

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