HEUREUX…

 

La coutume veut que des souhaits s’échangent quand approche Noël. Des souhaits de bonheur évidemment, ce bonheur auquel nous aspirons tous, qui serait fait de paix, d’harmonie, d’entente avec nos proches, de santé florissante, de succès dans toutes nos entreprises… Bref, un bonheur marqué par la réussite sous toutes les formes que nous pouvons rêver. Un bonheur si rare et si mal partagé…. Pourquoi alors sacrifier chaque année autant d’heures et d’efforts à la coutume de vœux qui, de toute façon, ne changent rien à rien ? Par amitié gratuite, bien sûr, mais on peut y voir davantage.

Mesurer le temps qui passe nous oriente vers l’éternité. La fin de l’année réveille l’espoir d’améliorer pour demain ce qui n’a pas réussi hier, pour nous-mêmes et pour les autres. La mémoire s’attarde aux mois écoulés, nous mesurons nos impuissances, nos vains efforts, nos échecs, nos peines ; nos joies aussi. Nous pensons à ceux que nous aimons comme à ceux qui nous ont quittés, et à l’amour que nous n’avons pas su leur donner… Mais nous savons aussi qu’inexorablement, la vie avance, que les pages se tournent, que d’autres projets se profilent à l’horizon. De nouvelles perspectives s’ouvrent et le regard se porte vers l’avenir, plein d’espoir, naïf peut-être, ou au contraire anxieux, pessimiste. Suivant les âges, les époques, les expériences acquises ou les tempéraments, nous oscillons tous entre ces deux pôles. Avec le risque permanent de céder à l’une ou l’autre tendance, au gré des circonstances extérieures qui nous mènent. Nous sommes ballottés par des vents contraires. Tantôt les événements favorables ou les paroles flatteuses nous encouragent, et nous croyons à la réussite ; tantôt la critique nous déstabilise, les obstacles et les contrariétés semés sur notre chemin nous accablent et nous baissons les bras. Objets de forces qui nous dépassent, dans un sens comme dans l’autre, nous dérivons loin du bonheur qui aspire à durer toujours.

Au moment où l’année liturgique touche à sa fin, l’évangile de la Toussaint fait résonner à nos oreilles la proclamation solennelle des béatitudes. Il l’applique à tous ceux qui nous ont précédés auprès de Dieu pour toujours. Il nous révèle le secret de leur joie éternelle, mais aussi celui de la nôtre, non pas plus tard, maintenant. Il nous oriente sur le chemin du vrai bonheur, par-delà tout ce qui peut nous arriver, en bien ou en mal. Ceux qui sont parvenus au port avant nous, ont traversé comme nous les tempêtes de la vie. Le bonheur véritable n’est pas réservé aux privilégiés du sort. Il ne s’identifie ni à la chance ni à la bonne étoile dont les choix sont toujours aveugles. Il s’offre à chacun aujourd’hui et il dure toujours. Il anticipe l’éternité. Cette année, les hasards de la liturgie ont rapproché les béatitudes – que Jésus a proclamées tout au début de son ministère – de sa déclaration sur le double commandement de l’amour, en finale de sa dernière controverse avec les pharisiens. L’amour résume la loi et les prophètes. Il contient et enferme à lui seul tout ce que Jésus a pu faire et enseigner. C’est lui la clé du bonheur. Les béatitudes le déclinent en huit propositions. Pas de vrai bonheur sans amour.

Le bonheur véritable n’exclut rien ni personne. Il peut habiter toute la réalité humaine quelle qu’elle soit, les expériences humaines les plus douloureuses autant que les plus douces. Comme l’amour, il est pauvre, miséricordieux, pacifique, pur ; donc ouvert à tout et à tous, libre. Il n’est pas propriétaire. Il ne choisit pas. Il ne retient rien pour lui, il donne, se répand et se partage. Il est humble. Bien davantage qu’un sentiment ou un bel élan exaltant et exalté, il élève chacun jusqu’au meilleur de lui-même. Le vrai bonheur n’est étranger à rien. Il pénètre et transfigure tout, mystérieux, intérieur, caché, imperceptible. Comme l’amour encore, il est infiniment vulnérable, exposé à la souffrance. Les larmes, l’injustice, la persécution, le manque sous toutes ses formes – auquel chacun est confronté et que beaucoup à travers le monde vivent de la manière la plus extrême – n’échappent pas à la béatitude dont l’amour est le secret, car le vrai bonheur s’offre à tous sans exception et il dépasse tout ce qu’on peut en dire. Ne l’expérimentent que ceux qui aiment. Qui voudrait rester sourd à son appel, se dérober à son attrait ? Voilà bien le sens profond de nos vœux, inlassablement répétés.

                                                                                              Sœur Loyse

 

PAS DE VRAIE INVITATION SANS UN PEU D'AMOUR

 

Nous reproduisons ici l’homélie prononcée par le Père Abbé Nicolas Dayez, à l’eucharistie du dimanche 12 octobre 2008, fête des Amis d’Ermeton. L’évangile était celui du 28e dimanche de l’année A : Mt 22,1-14, la parabole du festin nuptial.

 

Pas de vraie invitation sans un peu d'amour. On n'accepte pas vraiment une invitation sans un peu d'amour. Quand on se rend à une invitation avec des pieds de plomb, on ne peut pas parler d'amour, ni de gratuité. Parce que qui dit amour, dit gratuité. C'est, je crois, une des grandes leçons de la parabole. Car enfin pourquoi, refuser une invitation aussi somptueuse ? Pourquoi, sinon parce que la gratuité, la vraie gratuité, fait peur. Alors on lui préfère le champ à cultiver et à rentabiliser. On lui préfère le commerce, qui rapporte plus que les conversations à table. Et on peut avoir tellement peur de la gratuité qu'on s'en défend par la violence et, comme tout le monde sait, la violence appelle la violence.

Revenons à l'invitation gratuite. La première fois, cela ne marche pas. La seconde fois, cela marche. Et pourtant, si on peut dire, la seconde invitation est encore plus gratuite que la première. Cela marche, probablement parce que tous ceux-là n'ont rien à opposer. Les bons et les mauvais, nous dit la parabole, autant dire un ramassis. Ils n'ont rien à perdre; peut-être rien à gagner non plus. Car la gratuité dont parle la parabole se situe ailleurs.

J'en vois la confirmation chez ce pauvre convive qui n'a pas le vêtement requis. Il a voulu entrer sans payer, ce qui est tout autre chose que d'accepter gratuitement une invitation gratuite. Et, en fin de compte, c'est peut-être lui qui nous en apprend le plus sur la gratuité du royaume, en nous acculant à aller plus loin que le simple fait de ne pas acquitter un droit d'entrée.

Les repas, que nous appelons des repas d'affaires, concluent souvent des contrats. Tu m'as donné ceci, pour te remercier je te donne cela. Dans le cas du royaume, dans le cas de Dieu - n'oublions pas qu'il s'agit de lui - c'est exactement le contraire. Je t'invite à un repas parce que je t'ai donné quelque chose; je te donne parce que j'ai donné. Deux fois gratuit.

Il faut bien utiliser des mots et des images pour essayer de comprendre cette absence totale d'arrière-pensée chez Dieu, quand il a pris l'initiative de s'ouvrir à nous, de nous ouvrir son cœur, de nous dire: tout ce qui est à moi est à toi, tout ce qui est à toi est à moi. Même notre mot de gratuité n'est qu'une pâle approximation de la qualité de l'invitation qui nous a été adressée.

Je dis: qui nous a été adressée. Car, si on continue à lire la parabole aujourd'hui, c'est parce que l'invitation est constante. Tous les jours la gratuité de Dieu nous rejoint. Tous les jours, il y a un repas de noces qui nous attend, et pas seulement dans l'eucharistie. Tous les jours, il y a quelque chose qui nous parle de la relation que nous avons avec Dieu. Tous les jours, il y a cette parole qui se fait entendre: venez, tout est prêt. Bons ou mauvais, elle s'adresse à nous. Et en plein air, ou au coin des rues. Rien ne peut l'arrêter, rien ne peut la retenir, elle rencontre toutes les situations, toujours pour dire: venez.

La vraie gratuité appelle la vraie gratuité. La parabole ne nous dit pas comment le repas s'est déroulé. Les bons et les mauvais se sont retrouvés l'un à côté de l'autre, peut-être pour la première fois. Le vêtement de noces qui les habille n'a pas pour but de cacher des différences trop voyantes. N'est-il pas le symbole de l'accueil réservé à tous ceux et celles qui se montrent sensibles à la gratuité de Dieu, la gratuité qui les fait exister, la gratuité qui les fait ressusciter? Comment ne pas penser à l'eucharistie qui nous rassemble, bons ou mauvais si je puis encore le dire, partageant le même pain de la vie, la même coupe.

 

Père Abbé Nicolas Dayez

 

LE JOUR "J"

 

Après quatre ans de réflexion et deux ans de travail effectif sur le chantier, le moment est venu d'envisager la bénédiction de nos nouveaux lieux d'accueil qui gardent l'appellation : "La Ferme". La date du dimanche 12 octobre, jour fixé pour la 17ième rencontre des Amis d'Ermeton, est retenue pour cette inauguration officielle des bâtiments. Officielle, car les lieux sont "opérationnels" depuis le début du mois de juillet.

 À la fin de la matinée, l'eucharistie de ce dimanche est présidée par le Père Abbé Nicolas Dayez et chantée par la chorale du "Beffroi Notre-Dame" en présence d’une assistance nombreuse venue prier et rendre grâces avec nous. Tout le monde est invité ensuite à prendre place autour d'une table, dressée et ornée avec goût par nos amis fidèles qui, chaque année, offrent leurs services pour nous aider avec tant de talent et générosité. Le menu simplifié est apprécié : des tartines garnies, offertes par nos frères de Maredsous, un fruit et du café… Dans une ambiance chaleureuse, chacun peut rencontrer l'autre…

 A 14h, le soleil nous invite à sortir pour rejoindre les personnes du village intéressées par le projet, venues par sympathie et un brin de curiosité tout légitime! Le ruban inaugural qui orne le petit pont est coupé par Mère Loyse et une foule d'environ 300 personnes s'introduit dans le bâtiment pour écouter le mot de bienvenue. On entend de partout la chorale qui, à sa façon, nous accueille dans la future salle de conférence, comble. Mère Loyse lance alors un vibrant merci à Monsieur Paquet, architecte, à l'entrepreneur, Monsieur Alfano, et aussi à chaque corps de métier. Elle n’oublie pas, bien sûr et surtout, tous ceux – familles, voisins, amis – qui par leurs encouragements et leurs dons ont permis à notre projet de prendre corps. "Une nouvelle étape de notre histoire à Ermeton commence." Aussi une immense reconnaissance monte de nos cœurs et c'est naturellement que nous en venons à la bénédiction. Le Père Nicolas nous dit : "Cette hôtellerie monastique nous oblige à nous situer par rapport aux valeurs importantes qui animent notre vie, par rapport à ce qui est nécessaire et à ce qui l'est moins." Il bénit alors la foule et le bâtiment ainsi que la croix suspendue dans la salle à manger. La chorale nous offre encore un chant à La Vierge et nous invite à … "Boire un petit coup!"

Chacun est libre alors de découvrir les lieux et leur aménagement. Certains membres de la famille qui a occupé la ferme se remémorent les bons moments passés ici autrefois. Sur la pelouse les tables dressées par notre voisin et traiteur, monsieur Belle, ont été garnies d'un tas de bonnes choses originales de sa fabrication, généreusement offertes. Invitation à se restaurer et à échanger sous un soleil, toujours aussi clément, qui donne envie de prolonger la rencontre amicale et joyeuse.

Les nombreuses signatures laissées dans le Livre d'or montrent à quel point la réalisation de notre projet est bien accueillie. C'est un heureux encouragement pour la communauté, invitée par saint Benoît à recevoir chacun "comme le Christ en personne" (Règle, ch.53).

Un immense merci à tous.                                                             

 

Sœur Marie-François

 

Le 13 octobre, Monsieur Pierre Wiame, journaliste, a publié dans le quotidien « Vers l’Avenir » un article relatant l’inauguration de « La Ferme ». A partir des photos prises par lui dans l’après-midi du 12 octobre, il a réalisé un très beau reportage-photos sous la forme d’un petit album qu’il nous a aimablement offert. Certaines photos imprimées dans ce numéro de l’Amandier en proviennent. Nous le remercions ici chaleureusement et nous signalons à nos amis qu’il est disposé à imprimer d’autres exemplaires de ce reportage, pour la somme de 50€ chacun.

Les commandes éventuelles peuvent lui être adressées directement :

Mob. +32(0)4 96 90 06 14

QUELQUES NOUVELLES DE LA COMMUNAUTE

 

Août (suite)

Du 18 au 22, session animée par l'abbé Louis Chauvet, professeur honoraire de l'Institut Supérieur de Liturgie de Paris et curé à Saint-Leu-La-Forêt (Seine et Marne). Le thème : « Célébrer: approche anthropologique, théologique et spirituelle. » Un bon nombre d’hôtes ainsi que toute la communauté suivent cet enseignement exceptionnel.

Le 20, Mère Loyse se rend à Maredsous pour l'anniversaire de la dédicace de l’église abbatiale, et partage le repas du soir avec la communauté des moines et les invités.

Le 25, sœur Marie-Élisabeth et Florence Stache animent, avec quelques jeunes, une journée pour les enfants sur le thème : « Dieu aime-t-il la musique ? » Chaque enfant a apporté son instrument favori en disant le pourquoi de son choix. Tous découvrent, à travers des jeux, les textes de l'Ancien Testament se référant à des instruments de musique. Un panneau illustre le psaume 150. Les vêpres sont adaptées de manière à être rythmées au son d'instruments joués et même fabriqués par les enfants. Une belle expérience qui rajeunit!

Du 25 au 29, session de patrologie animée par Françoise Morard sur le monachisme en Gaule au 5ième siècle: « La vie des Pères du Jura ».

Le 27, nous accueillons sœur Marie-Jeanne Seynave, ursuline, sœur aînée de sœur Élisabeth, qui séjourne à Rome. Elle nous parle de sainte Angèle, fondatrice des Ursulines.

 

Septembre

Les 5 et 6, Mère Loyse rencontre à Clervaux les étudiants de l'ITIM.

Le 9, sœur Claire rejoint « Le collectif des femmes » à Louvain-la-Neuve pour initier un groupe d’entre elles à la réalisation de cartes ornées de fleurs naturelles.

Le 11, accueil d'une vingtaine de nos frères de Maredsous qui participent aux Vêpres et visitent « La Ferme » où un apéritif leur est offert, avant le repas servi au monastère. Tout se passe dans une ambiance fraternelle et joyeuse.

Du 16 au 23, Mère Loyse et sœur Hildegard sont à Bose (Italie). Du 18 au 21, elles y participent au XVIème congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe, consacré cette année à « la paternité spirituelle dans la tradition orthodoxe ».

Le 20, journée de formation théologique pour les hôtes et la communauté par l'abbé Paul Scolas, sous le titre : Délivrez-nous du mal.

Le 23, sœur Marie-François, sœur Josyane, sœur Bénédicte et sœur Marie-David participent aux funérailles de Maurice Wilmart, beau-frère de sœur Marie-Joseph Honnay. La célébration a lieu à l'église d'Ermeton. Après l'inhumation au cimetière du village, nous accueillons au monastère la famille et les amis de Claire, épouse du défunt.

Du 26 au 28, sœur Marie-Paule donne une retraite destinée aux membres des fraternités mais ouverte à tous, sur le thème : « Il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu ». Elle parle de la liturgie dans l'Apocalypse en lien avec la fête de la Dédicace.

Le 26, après les premières vêpres de la Dédicace de notre église, les sœurs Marie-Cécile, Madeleine, Marie-Pierre, Marie-André et Élisabeth, de Louvain-la-Neuve, procèdent à leur changement de stabilité. Mère Loyse fait une petite conférence avant que chaque sœur lise sa charte et que la communauté se joigne à leur "Suscipe".

Le 27, le Père Nicolas, de Maredsous, préside l'eucharistie de la Dédicace. La célébration, suivie d’un repas de fête, marque l'intégration de nos sœurs qui forment avec nous désormais une seule communauté.

Le 30, visite de Monseigneur Léonard. Accueil, découverte de "La Ferme", rencontre avec la communauté et repas pris ensemble. Ce même jour, sœur Marie-Pierre et sœur Élisabeth participent, à Louvain-la-Neuve, au colloque et à la séance d'hommage organisés par l'UCL à l'occasion de l'éméritat de l’abbé Gabriel Ringlet.

 

Octobre

A partir de ce premier octobre les vêpres sont chantées à 18h.

Le 4, réunion inter-oblature à Maredsous. Françoise Paquet, Aline Van Pel et Paulette Calmant représentent le monastère.

Du 6 au 11, sœur Marie-André participe à Scourmont à la session de formation du DIM (voir p. xx).

Le 12, inauguration et bénédiction des nouveaux locaux d'accueil (voir p. xx).

Le 13, sœur Marie-André part à Loppem pour la session du DIM européen, jusqu'au 16.

Du 14 au 16, Mère Loyse et sœur Élisabeth participent au colloque sur la « lectio divina » organisé par les moines bénédictins de Clerlande à l'occasion du dixième anniversaire du retour à Dieu de leur confrère, le Père Jacques Dupont, exégète éminent. Mère Loyse y donne une conférence sur le psaume 38 : « Du silence à l'espérance ».

Le 17, à l'accueil, sœur Marie-François donne un enseignement d'une journée consacré à la psalmodie.

Le soir, arrivée du groupe protestant « les Veilleurs » pour une retraite d’un week-end. Mère Loyse fait cinq conférences, sur Élie et sur Jérémie.

Le 20, sœur Marie-David et sœur Miryam vont chez nos sœurs de Dinklage, en Allemagne, pour une session destinée aux jeunes bénédictines européennes, sur le thème du leadership.

Le 21, Mère Loyse, sœur Madeleine, sœur Marie-Pierre et sœur Marie-André se rendent au monastère de Steinfeld, près d’Aix-la-Chapelle, où elles séjournent jusqu'au lendemain. Nos « nouvelles » sœurs font ainsi la connaissance des sœurs de notre fondation d’Allemagne.

Le 24, Mère Loyse, accompagnée de sœur Madeleine, va rechercher à Namur sœur Marie-David et sœur Miryam, de retour de Dinklage. Ensemble elles rejoignent nos sœurs Carmélites de Floreffe qui fêtent le centenaire de leur présence dans la commune.

Le 25, sœur Marie-Paule donne une causerie sur l'office divin dans le cadre d’une session organisée à Gosselies par l'Union des Religieuses de Belgique (URB).

Le 31, retour à Ermeton de monsieur Rahier, après un séjour de deux mois et demi à l'hôpital.

Les réunions des fraternités se poursuivent à leur rythme.

 

Novembre

Le 5, Mère Loyse et sœur Marie-Pierre passent la journée à Rixensart où s’achève une session organisée par l'Union des Religieuses Contemplatives (URC). L’assemblée générale doit y voter la fusion des deux groupes URB/URC sous la nouvelle dénomination d’« Union des Religieuses francophones de Belgique » (URFB).

Le 6, Patricia Spina commence à Ermeton un temps de postulat.

Du 7 au 11, session sur les apophtegmes des Pères du désert, donnée par le frère Sabino Chiala de Bose (Italie).

A suivre…

 Sœur Marie-François

 

DIALOGUE INTERRELIGIEUX MONASTIQUE (D.I.M.)

Scourmont,  6-10 octobre

Bruges, 14 – 17 octobre 2008

 

J’ai eu le privilège de participer à  la session de formation organisée à l’intention des commissions néerlandophone et francophones  pour le Dialogue Interreligieux Monastique, dans le cadre si fraternellement accueillant de l’Abbaye cistercienne de Scourmont. La cinquantaine de participants a été guidée par des orateurs qualifiés pour réfléchir à la question « Violence/non violence dans les religions », car nous sommes tous confrontés à une violence qui se déchaîne de plus en plus dans le monde.

Qu’il nous suffise d’énumérer les titres des intervenants et de leur contribution pour évoquer la richesse d’une telle rencontre :

-          Père Abbé Armand Veilleux, ocso (abbé de Scourmont): Que faire de la violence que je porte ?

-          Docteur Léon Cassiers (psychologue, psychiatre, professeur émérite à l’UCL) : La violence par rapport à l’agressivité, ses racines en nous et dans la vie communautaire.

-          Charles Malamoud (directeur d’études émérite, Ecole pratique des Hautes Études, Paris) : L’hindouisme face à la violence sacrificielle.

-          Taiun Jean-Pierre Faure (supérieur du monastère zen de Kanshojji) : Désir d’appropriation, source de toutes les violences.

-          Lama Karta (Centre tibétain de Yeunten Ling) : L’engagement non-violent des moines bouddhistes tibétains.

-          Farid El Asri (Département des sciences politiques et sociales, UCL) : Islam et violence.

-          Père Bernard-Joseph Samain, ocso (Orval) : La prière des psaumes au quotidien de nos vies : « Qu’ils sont nombreux mes adversaires ».

-          Claire Ly (professeur à l’Institut des Sciences et Théologie des Religions, Marseille) : Face à la violence : fureur ou douceur ?

 

Une célébration autour de textes de différentes traditions a été animée par le Père Pierre de Béthune, osb (Clerlande).

Après avoir profité du week-end pour découvrir Bruges, une quinzaine des participants s’est retrouvée, cette fois, au Prieuré des bénédictines de Béthanie/Loppem, pour y tenir la 37ème  réunion de la commission européenne du DIM (14-17 octobre). Les thèmes d’échanges n’ont pas manqué, depuis le prochain « Échange spirituel » avec le Japon jusqu’au problème des finances. Les activités de chaque région ont été évoquées : l’intérêt pour le dialogue s’approfondit, mais il est grand temps de préparer la relève. La sœur Simone van den Brink, bénédictine d’Oosterhout, a présenté le résultat d’une enquête qu’elle a menée avec la théologienne Christa Aanbeek auprès de moines et moniales de leur région qui pratiquent le zen. Nous avons aussi reçu le témoignage de Ton Lathouwen, professeur émérite de littérature russe à l’université de Nijmegen : en découvrant Dostoïevsky, puis le bouddhisme, il a redécouvert le christianisme. Le soir, vêpres et repas avec les moines de l’abbaye bénédictine de Saint-André, toute proche.

Le dernier jour, départ pour l’Institut Naropa de Cadzand (Hollande) où nous fûmes chaudement accueillis par Lama Karta et, après un repas tibétain, nous avons rejoint la communauté de la Vigne, au Grand Béguinage de Bruges.

La présence du Père William Skudlarek, secrétaire général du DIM, nous a été un précieux encouragement.  Jours de chaude fraternité et de partage. L’an prochain… en Norvège !

Sœur Marie-André

 

 

LA LAMPE ET LE LAMPADAIRE

 

"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15).

"La lampe et le lampadaire », jusqu’ici, a informé les Amis d'Ermeton sur l'avancée des travaux de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachaient. Maintenant que le chantier est achevé, la rubrique se poursuit sous le signe du partage et de l’amitié.

 

Tous nos amis ont pu visiter « La Ferme » le 12 octobre dernier et beaucoup, parmi ceux qui y ont déjà séjourné, nous ont exprimé leur contentement. Les travaux sont pratiquement terminés. Les principaux problèmes concernant le chauffage viennent heureusement d’être éclaircis, sinon complètement résolus encore…! Il reste, dans les prochains mois, à parfaire l’aménagement des abords : arbres à replanter le long de la route, parterres à garnir, parking à aplanir. L’ameublement de la salle de conférence doit être choisi, acquis et installé. On espère qu’il suffira de quelques mois de chauffage pour assécher le futur oratoire, seul espace encore en chantier, dont le sol et les murs ne sont pas recouverts.

Nos regards se portent maintenant sur la réutilisation des locaux libérés du côté du monastère. Quelques chambres et bureaux y sont déjà installés, ce qui donne aux sœurs intéressées un peu plus d’espace pour effectuer leur besogne. En effet, jusqu’ici, certains travaux quotidiens étaient accomplis dans des conditions qui relevaient presque du campement. On veille cependant à limiter les frais au maximum.

Il faut aussi se préoccuper de l’entretien nécessaire de l’ancien bâtiment. Les toitures sont à surveiller en permanence. Celles de la chapelle castrale et d’une des tours du « château » sont en ce moment à l’ordre des priorités…

Mais, pour importante qu’elle soit, la bonne santé des bâtiments ne peut pas nous faire oublier celle de sœurs ! La fatigue se fait sentir après ces années de soucis et d’efforts. Un temps de repos est indispensable à celles qui ont porté plus spécialement la responsabilité du chantier. Espérons que les mois qui viennent leur permettront de récupérer rapidement leurs forces.

Le magasin, ouvert depuis le 12 octobre, a déjà augmenté son rendement de façon notable. Les conditions de son bon fonctionnement ne sont pas encore vraiment mises en place ni maîtrisées, mais on peut espérer qu’il répondra à ce qui en est attendu, tant du point de vue de la viabilité économique que du choix des objets proposés.

En ce qui concerne la librairie, l’intérêt pour la Bible reste prioritaire. En dépend étroitement tout ce qui touche à la liturgie, la prière, la tradition monastique, la vie de foi… Fidèles à nos origines et à la tradition propre à notre monastère, nous souhaitons ainsi, à notre niveau, contribuer à poser les bases d’une formation vraiment chrétienne, accessible à tous et qui n’ignore pas les valeurs humaines authentiques. Dans ce sens, le rayon pour jeunes et enfants fait l’objet de soins tout particuliers. Merci à tous ceux qui nous y encouragent et nous y aident, en particulier à ces amis bénévoles qui contribuent si utilement à assurer la permanence aux heures d’ouverture.

À tous un chaleureux merci de continuer à porter avec nous la préoccupation de « l’après-chantier » !

 

 

Au chapitre VII de la RÈgle de Saint Benoît :

L'humilité

 

 

Une lectrice de l’Amandier nous propose de partager avec les Amis d’Ermeton les réflexions que lui suggère, en tant que laïque, le chapitre 7 de la Règle de saint Benoît.

 

Subiaco. Vers l'an 500.

C'est là que se retire le jeune Benoît, dégoûté par le désordre moral qui règne à Rome où il étudie. Il veut mener une vie simple, pauvre, orientée vers Dieu. Bientôt, de nombreux disciples affluent auprès de lui. Benoît les répartit en divers monastères et lui, s'établit au Mont Cassin où il rédige une synthèse harmonieuse des diverses traditions monastiques confrontées à des témoignages et à sa propre expérience: la Règle de saint Benoît, qui prône entre autres valeurs, l'humilité.

Cette vertu fondamentale retient spécialement mon attention de laïque en recherche d'une simplicité perdue, d'une innocence voilée, d'une force aussi, apte à lutter contre la sourde douleur de ne pas être en mesure de sauvegarder ce que j'ai désiré de meilleur.

 

Qu'est-ce que l'humilité?

Je la vois dans la simplicité d'une vie sans arrogance, sans luxe, sans avidité, sans excès. Sans autre désir que le détachement, l'ouverture qui fait de tout ce que nous vivons, même le subi, un passage vers Dieu, une disponibilité confiante qui nous met aux lèvres: « Me voici».

Benoît, pour instruire, prend l'image de l'échelle. Notre vie est une échelle dressée, dont les montants sont notre corps et notre âme, et entre lesquels se situent douze échelons (RB 7,8-9).

Au premier rang, se situe Dieu (7,10), à qui nos pensées, nos paroles, notre corps, nos sentiments ont à s'ajuster, à s'attacher (7,12). Seul, Dieu doit ­être notre repère, notre repaire (7,23) car toute notre vie se déroule sous Son regard.

Je pense parfois aux terribles remords qui ont dû assaillir Caïn après son crime. « Qu'as-tu fait à ton frère? ». Imaginons Caïn avant son méfait, priant Dieu d'écarter de son cœur jalousie, colère, désir de vengeance, et demandons-nous si Dieu serait resté sourd.

Ensuite (7,31), Benoît encourage à toujours favoriser l'accomplissement de la volonté divine. Il ne peut y avoir ma volonté et la volonté de Dieu. La première doit se diluer dans la seconde, se confondre avec elle.

Même Jésus n'a rien décidé: Il a tout accepté, consenti à tout. N'avons-nous pas l'extrême faveur d'avoir été précédés par Lui, jusqu'à l'innommable?

Nous rejoignons là le 3ème degré de la Règle (7,34) qui préconise la soumission aux supérieurs.

Un exemple. Qui, parmi nous, ne connaît un prêtre âgé à qui l'évêque propose de poursuivre son ministère quelques années de plus? C'est le cas de mon ami, Pierre, qui à 83 ans, a enfin pu aérer quelque peu son agenda.

La parabole du fils prodigue m'a souvent indignée. Comment ? Le fils fidèle et courageux doit conforter la joie de son père au retour de l'insouciant appauvri ?

C'est le 4ème échelon de la Règle (7,35). Garder patience, en silence, dans l'obéissance aux ordres contrariants, voire injustes.

L'histoire de l'Église est parcourue par des serviteurs qui ont souffert, qui ont été persécutés, pour n'avoir rien préféré au commandement de l'Amour.

Il ne sert à rien de chercher pourquoi on trouve injuste le succès d'un frère désinvolte, pourquoi on s'emporte ou revendique. La réponse est dans le nombrilisme, dans la méconnaissance du désir de l'amour de Dieu.

C'est de contrition et de pardon que nous entretient le 5ème niveau (7,44) et, plus loin, le 6ème et le 7ème. Souvent, celui qui agit mal, hait la lumière. N'ayons pas peur de nous reconnaître faibles, incapables (7,49). Nous avons été crées libres. Aussi de faire le mal. D'ailleurs tout notre parcours n'est-il pas un effort à toujours reproduire, et même de plus en plus, au fil de la vie?

Au commencement, les ténèbres recouvraient la terre. Non ?

C'est au plus profond de nos nuits que surgit la lumière. Non ?

C'est par la mort qu'on accède à la Vie. Non ?

Le plus délicat est sans doute d'admettre ces alternances qui caractérisent toute vie spirituelle (7,54).

Imiter l'exemple des anciens (7,55), ne parler que si l'on en est prié (7,56), rire peu (7,59.60), garder les yeux baissés (7,63.65), voilà bien des aspects de la Règle difficiles à observer. Nous croyons savoir et pouvoir plus que ceux qui nous précèdent. Benoît, et combien d'autres, ont transmis cette Règle restée source de vie parce que vécue et enrichie par les générations successives.

Nous voulons énoncer notre avis à tout propos, voire l'imposer. Nous voulons capter l'attention de notre auditoire, parfois même au détriment de notre propre discours (il faut frapper l'opinion, percuter...). Rire est un besoin impérieux après des moments stressants. On peut même se permettre de rire de tout – ou presque. Eh bien non ! L'humilité est absente de ces comportements.

Attendons. Mettons-nous à l'écoute (RB Prologue).

Dieu n'annihile pas notre nature. Il veut la purifier, la guérir et la conduire à son accomplissement.

L'homme n'est humble que dans l'amour vrai.

Dans son silence, le moine est libre. Il n'observe pas la Règle par crainte mais par amour, par accoutumance au bien et par goût de la vertu (7,68.69).

Et nous, hommes et femmes du bruit, voyons-nous se découper une sorte de monastère invisible, au sein duquel ceux qui ne sont pas appelés à la vie monastique, apportent le levain de l'Évangile au cœur de la pâte du monde?

Y œuvrons-nous?

Qu'il en soit ainsi!

Jacqueline Rousseau

 

PAGE DES JEUNES

APPRENDRE LE CHINOIS

 

Gilles, un jeune ami d’Ermeton, a commencé l’an dernier des études de chinois qu’il poursuit avec ardeur et plein succès. Il fait partager aux lecteurs de l’Amandier les raisons de son enthousiasme.

Jeux Olympiques 2008 à Pékin, exposition universelle 2010 à Shanghai, développement constant et rapide…, pas un jour ne se passe sans que, dans la presse, l’actualité, une allusion à la République Populaire de Chine ne soit faite. En positif, comme en négatif, dans tous les domaines de la vie. Une question peut alors se poser : pourquoi, aujourd’hui, choisir des études de traduction interprétation en anglais-chinois ?

Étudier une langue, c’est d’abord et avant tout se plonger dans une culture différente de la nôtre. Lorsqu’il y a 5 ans j’ai commencé à envisager la possibilité de devenir traducteur ou interprète et que j’ai été confronté au choix de deux langues, mes parents m’ont glissé à l’oreille : le chinois. Depuis toujours, j’avais à l’égard de la Chine et de l’Asie une fascination et une admiration. Je me suis tout de suite renseigné et je me retrouve aujourd’hui en deuxième baccalauréat à l’Institut Supérieur de la Traduction et de l’Interprétation à Bruxelles.

Étudier le mandarin me permet ainsi de découvrir d’abord la Chine et ensuite les pays limitrophes par comparaison. La passion d’une histoire, d’un mode de pensée, d’une philosophie totalement différents des nôtres devient ainsi une motivation… Motivation si nécessaire pour parvenir à faire entrer dans le cerveau les 9000 caractères chinois ainsi que leur prononciation !

Une autre motivation - et il serait faux de ne pas la signaler - est le développement économique indéniable de la Chine qui donne au mandarin un essor considérable. La maîtrise du chinois semble être aujourd’hui et pour les quelques décennies à venir un atout dans sa formation. Sur le marché du travail, c’est …. un véritable passe-partout !

Enfin, il est utile de préciser que traduire ou interpréter se fait toujours de la langue étrangère vers sa langue maternelle. Et que de ce fait, une maîtrise parfaite de cette dernière est absolument nécessaire…. Et de nouveau, la passion engendre la motivation !

When there is a will, there is a way!

有麝自然香  (Quand vous avez le musc, vous avez automatiquement le parfum.)

Quand on veut, on peut !

Gilles Capiau

 

Calendrier

Décembre 2008

23 - 25

Célébration de Noël

Abbé André Haquin

Janvier 2009

17

Prier avec la liturgie

Sr Marie-Paule Somville, Ermeton

Février

27 février – 1er mars

Saint Paul

Mme Corina Combet

Mars

7

Récollection – La Passion selon St Jean

Sr Marie-Élisabeth Groeteclaes, Ermeton

 

9

Récollection – Lectio Divina

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

 

20 - 22

Ateliers de la Parole

Mme Anne Lesage

Avril

9 – 12

Célébrations de Pâques

Abbé Benoît Lobet

 

 

Contenu

Heureux

Sœur Loyse

 

Pas de vraie invitation sans amour

Père Nicolas Dayez

 

Le jour « J »

Sœur Marie-François

 

Album de l’inauguration

 

 

Nouvelles de la communauté

Sœur Marie-François

 

Session du DIM

Sœur Marie-André

 

La lampe et le lampadaire

 

 

L’humilité (RB 7)

Jacqueline Rousseau

 

Apprendre le chinois

Gilles Capiau

 

Calendrier

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Avez-vous renouvelé votre abonnement à l’Amandier ?
Si vous ne l’avez pas fait, vous trouverez les renseignements utiles en dernière page de ce numéro.