Zone de Texte: Belgique – België
P.P.
5600 PHILIPPEVILLE
BC 1655

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Édit. resp. : Sœur Loyse Morard, Monastère Notre-Dame
	 Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert

 

Zone de Texte: Bulletin des Amis d’Ermeton N° 24
Décembre 2007

 

 

Bureau de dépôt :

Philippeville

Trimestriel

octobre-décembre 2007

N° Agr. : P201036

 

 

 

 

 

Surprise

 

L’année liturgique s’est achevée et l’Avent est là. L’Église célèbre tout à la fois un avènement et une attente. Ou bien, une attente et un avènement. Impossible de savoir si l’un précède l’autre ou si les deux coïncident. La venue de celui que l’on attend est derrière nous, mais il vient encore et il doit toujours venir. L’attendre, c’est l’accueillir et l’accueillir, c’est l’attendre encore. Nous sommes dans le temps et déjà hors du temps. L’éternité est entrée dans le temps. Nous vivons à la frontière du temps et de l’éternité. Les évangiles de la fin de l’année liturgique résonnent dans la même tonalité que ceux de l’année qui débute : ils parlent de la fin des temps et de l’avènement du Fils de l’Homme. Ils annoncent les catastrophes redoutables qui doivent précéder le retour que l’on espère. L’angoisse coïncide avec l’espérance. La fin avec le commencement. Le retour du messie avec sa venue.

 Désormais, le temps ne compte plus. Le Christ, écrit Newman, est aussi proche aujourd’hui qu’il y a vingt siècles et pas moins proche qu’à l’heure de son retour. Depuis 2000 ans, l’évangile nous appelle à veiller, tendus que nous sommes entre absence et présence. Entre des périodes de paix tranquille et des moments de crise. À relire les paroles de Jésus, les premières ne sont pas moins dangereuses que les autres : « Avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait… Les gens ne se sont doutés de rien jusqu’au déluge qui les a tous engloutis » (Mt 24,38-39). Mais aussi : « Vous allez entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre. Faites attention ! Ne vous alarmez pas, car il faut que cela arrive… Tout cela n’est que le commencement des douleurs de l’enfantement » (Mt 24, 6.8). Sous le bien-être comme sous les malheurs se cache le mystère d’une venue qu’il faut savoir guetter, attendre, à laquelle il faut croire jusqu’au bout. Seulement, la facilité et le bien-être la font souvent oublier, tandis que la peine et la contradiction poussent à la désirer de toute son âme. Les unes et les autres se partagent le cours de nos vies. Tantôt plus calme, tantôt plus laborieux. Tantôt clair et ensoleillé, tantôt nuageux. Tantôt mieux, tantôt moins bien. L’alternance saute aux yeux. Et on aimerait bien arrêter les jours calmes et ensoleillés, comme si Dieu y était plus présent qu’aux autres !

L’évangile nous arrache à cette illusion. La facilité est stérile. Les difficultés, souffrances et labeurs de toutes sortes, sont un enfantement. Nos peines sont grosses d’une venue. Le dernier avènement du Christ ne sera pas différent du premier. À Noël, le chant des anges voisine avec la misère des bergers et de la crèche. À Pâques, la gloire du ressuscité surgit du tombeau vide. Le dénuement, la pauvreté, le grand combat contre le mal et la mort sont le lieu où Dieu se révèle et se donne à nous. Depuis que le Christ est sorti du tombeau, les derniers temps ont commencé et nous entraînent dans cette même logique. Au tournant de l’année, quand la fin d’une année liturgique se fond dans le commencement d’une autre, les évangiles attirent notre attention sur ce mystère. Les périodes tranquilles de nos vies ne sont pas nécessairement les plus fécondes. La vraie paix est le fruit d’un dépassement, la vie naît toujours d’une blessure. Les cicatrices nous rendent plus forts et l’espérance germe dans nos impasses. À qui s’efforce de persévérer dans l’adversité, Jésus répète que son salut est proche.

Chaque époque compte ses prophètes. Baptisés, nous sommes appelés à en être. Jean déjà préparait la venue de Jésus en invitant nantis et bien-pensants à ne pas « fuir la colère qui vient » (Mt 3,7). La parole prophétique invite au discernement : derrière l’assurance tranquille peut se cacher la menace d’une catastrophe, mais quand tout semble aller mal, la venue libératrice du Seigneur s’annonce. Elle arrive comme une surprise. Inattendue, si l’on vit dans l’insouciance ; inattendue aussi, dans la mesure où la peine nous fait penser que le Seigneur est loin. En souhaitant à tous nos amis un joyeux Noël et une heureuse année 2008, nous voulons partager cette conviction « prophétique » : Le Seigneur est tout proche, quelles que soient les difficultés qui peuvent nous survenir.

Aucun de nos amis n’ignore que la période actuelle de la vie d’Ermeton est laborieuse. Comme beaucoup aujourd’hui, nous ne sommes pas à l’abri des questions et des incertitudes. Le regard suggéré par l’évangile nous aide, nous aussi, à accueillir le moment présent avec la conviction que le Seigneur est proche ; il nous invite à y reconnaître un appel à plus de foi et d’amour ; un appel à nous engager ensemble sur le grand « chantier » où le Royaume de Dieu s’édifie, entre le premier et le dernier avènement du Christ. Construire une communauté n’est pas moins important ni moins difficile que construire un bâtiment. Pas moins heureux non plus. Si le double chantier qui est le nôtre réclame tous nos soins et tous nos efforts, il nous convoque surtout à l’espérance. À leur façon, nos amis en sont partie prenante. La fête de Noël est l’occasion de les en remercier encore et d’en rendre grâces à Dieu. Que pour chacun et chacune, tout au long de la nouvelle année qui va s’ouvrir, la venue du Seigneur multiplie ses surprises ! « Oui, viens, Seigneur Jésus ».

Sœur Loyse, 1er décembre 2007

16ème Journée des « Amis d’Ermeton »

           

Ouverte à tous : hôtes – habitués ou de passage—, familles des sœurs, clients des ateliers, voisins, amis proches ou lointains, la Journée des « Amis d’Ermeton » nous a une fois de plus permis de nous retrouver pour découvrir, échanger, partager, proposer, célébrer, créer ou resserrer des liens. Irène et Stéphane de Brouwer nous partagent leurs impressions.

 

En ouvrant notre agenda à la semaine du 8 au 14 octobre, nous constatons, ô joie, que dimanche prochain, le 14, se tiendra la nouvelle journée des « Amis d'Ermeton ». Chouette, car nous tenons beaucoup à participer, depuis quelques années, à cette journée pleine de joies, de rencontres, de découvertes, d'échanges auprès de la communauté sous le signe du Seigneur !

Le jour de cette rencontre est arrivé et nous partons heureux vers le monastère, le soleil est aussi de la partie. Un bon début pour une excellente journée ! Le trafic est fluide, et voilà déjà la jolie vallée de la Molignée où la brume du matin nous offre un très joli spectacle. Mon Dieu que la nature est belle ! Après un dernier tournant nous apercevons le monastère qui déjà nous accueille entouré du parc, des pelouses et d'un joli bois.

Nous voilà sur place, nous avons la joie de revoir les sœurs qui nous reçoivent très chaleureusement autour d'une bonne tasse de café qui est bienvenue. Vers 10h, après l'accueil et quelques mots échangés avec les amis d'Ermeton que nous avons aussi le plaisir de revoir, nous voici rassemblés dans la grande salle pour le mot de bienvenue de sœur Loyse et une réflexion sur les textes que nous propose la liturgie de ce dimanche. Ensuite, partage biblique en petits groupes sous la conduite d'une sœur. Échange très convivial et fraternel où chacun s'exprime librement sur ce qui l'interpelle dans les textes de la liturgie. Mais, déjà, la cloche du monastère nous appelle à la chapelle afin d'offrir cette journée à Dieu. Tous réunis, la communauté et les amis sous la présidence de l’ancien père abbé de Maredsous, nous vivons une belle célébration à l'écoute de la Parole de Dieu.

L'esprit et le cœur remplis de la présence de notre Père et de son message d'amour, nous sommes appelés à partager un pique-nique merveilleusement préparé par un groupe d'amis. Comme chaque année, un excellent buffet nous est proposé, agrémenté d'un petit vin rosé bien sympa. Lors de ce repas fraternel, les moniales se joignent à nous. Moment privilégié de partage, d'écoute et d'amitié.

Puis, temps libre que chacun utilise comme il le souhaite. Il y a tant de choses à voir... Le magasin qui nous montre tous les travaux et talents divers de la communauté:

- Céramique: croix, crèches, statues diverses et, à ne pas oublier, une petite tortue, signe de la communauté qui porte sur son dos le beau projet de rénovation de la ferme où tout est pensé afin d'assurer un accueil chaleureux, tradition de la communauté.

- Vannerie : paniers de toutes sortes.

- Grand choix de cartes pour toutes les occasions et de cartes artisanales, de fleurs séchées : quel goût et quelle patience pour toutes ces jolies compositions !

- Livres pour grands et petits, agendas et carnets etc.…  

Un lieu qu'il est difficile de quitter tant il y a de belles et intéressantes choses. Merci Seigneur pour ces dons et talents donnés, merci aux sœurs de partager tout cela avec nous !

Dans la cour, nous découvrons également l'atelier « bougies » où l'on peut trouver des bougies de tous coloris et de toutes formes...

Promenade dans le parc sous le soleil ...

Voir la progression des travaux à la ferme...

Mais le temps passe vite et nous voilà à nouveau réunis dans la grande salle afin de regarder un très bon montage accompagné des explications de l'architecte. Il nous fait découvrir l'avancement des travaux et l'esprit de rénovation de la ferme. Tout le monde est enchanté du déroulement de ces travaux qui seront une réussite, « un plus» au monastère Notre-Dame.

Après un dernier temps de prières, « les vêpres », suivies d’un petit goûter; il est temps de nous quitter....

Merci, Seigneur, à toute la communauté et aux amis d’Ermeton pour cette belle journée pleine de joie, de paix, d’échanges et de prières ! Et nous songeons déjà à la prochaine journée des « Amis d’Ermeton ».

Irène et Stéphane de Brouwer.

 

 

 

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Août (suite)

Le 21, sœur Birgitta expose à la communauté la teneur des cours suivis à l'Université de Paix à Namur durant cette année 2006-2007.

Le 24, l'abbé Pierre Ruchot (doyen d'Hazebrouck/France et cousin de sœur Marie-François) partage la rencontre du soir et nous parle de la pastorale de son diocèse.

Accueil de sœur Marie-Thérèse Hautier, de Rixensart, pour quelques jours au cours desquels elle pourra nous raconter son pèlerinage effectué à vélo (aller et retour) à Saint Jacques de Compostelle.

Le week-end des 25 et 26, un groupe de jeunes prépare la journée des enfants. Ils animent en partie la célébration dominicale avec beaucoup de savoir-faire et d'enthousiasme.

Le 27, 5ième journée des enfants (cf. p. 27). Quelques jeunes amis d'Ermeton animent des activités à partir des paraboles évangéliques avec les sœurs Marie-Élisabeth et Marie-Christine.

Le 28, Mère Loyse, les sœurs Marie-François, Marie-Paule, Marie-Élisabeth et Anne se rendent à Jambes pour une journée d'amitié organisée par le conseil d'administration de la revue Feu Nouveau qui fête, cette année, ses 50 ans d'existence. Ermeton a pris et prend encore une part active à la rédaction de cette excellente revue de liturgie. Deux conférences sont au programme : l’une du diacre Pierre Faure (s.j.), de Paris: « Quelle liturgie pour le temps présent ? » et l’autre de l'abbé Paul Scolas : « Quelle vision pour l'Eglise ? » Eucharistie et repas de fête achèvent cette rencontre entre amis.

Le 29, sœur Marie-Paule se rend à la Pairelle pour une rencontre de la sous-commission pour la Liturgie des Heures (Prière en commun).

Le 31, conférence de l'abbé André Haquin à la communauté. Sujet : le contenu d'un décret œcuménique de 2001 sur l'hospitalité eucharistique entre chrétiens de rite syrien oriental, à partir de la prière eucharistique d'Addaï et Mari.

Septembre

Le 5, excursion communautaire chez les sœurs Bernardines de Péruwelz. Nous y sommes chaleureusement accueillies. Visite de la maison et de l’atelier d’icônes, prière de l’office et partage du repas fraternel rythment cette rencontre.

Le 13, sœur Marie-Pierre Fosse assiste, à Louvain-la-Neuve, à la leçon publique donnée par Jean-Marie Auwers sur l'interprétation du Cantique des Cantiques dans l'Eglise ancienne de langue grecque.

Le 14, sœur Birgitta reçoit à Namur  son certificat de l'Université de Paix.

Le 16, accueil des séminaristes du diocèse de Lille, pour leur retraite.

Journée de récollection sur la lectio divina, animée par sœur Birgitta.

Le 19, sœur Marie-André participe à la réunion du D.I.M. (Dialogue Interreligieux Monastique) à Scourmont.

Le 20, pour les sœurs intéressées : film de Blanchon sur la pédagogie de la musique, appliquée remarquablement par le professeur hongrois Giörgy Sebök, pianiste.

Le 22, accueil des « Véroniques », communauté « Foi et Lumière » de Florennes qui rassemble des personnes handicapées. Au cours des vêpres, les membres du groupe renouvellent leurs engagements. La communauté se joint à leurs chants enthousiastes

Le 23, soeur Marie-Pierre Fosse se rend à Hurtebise pour la profession monastique de sœur Marie-Jean Noville.

Le 26 et le 27, visite de sœur Michaëla, abbesse, accompagnée de deux sœurs de la communauté de Steinfeld (notre fondation d'Allemagne).

Le 29, le père Maurice Bogaert, de Maredsous, administre le sacrement des malades à notre sœur Marie-Pierre Merten, entourée de toute la communauté. Le verre de l'amitié prolonge ce temps de fête et de prière.

Octobre

Le 2, l'abbé Paul Scolas commence une série de cours de théologie pour la communauté.

Le 5, accueil des personnes effectuant « La route des monastères ». Selon le thème de leur marche, Mère Loyse leur fait une causerie sur le « baiser au lépreux ».

Le 6, le « Coup de Pouce » (service pastoral des jeunes du diocèse de Namur) organise une marche des jeunes (groupes de catéchèse) à Beauraing. Sœur Marie-Christine y anime un atelier sur la prière avec Florence Stache.

Le 7 , arrivée de douze membres de la Fraternité de Jérusalem de Bruxelles, pour une récollection jusqu'au lundi.

Le 9, sœur Marie-Paule se rend à Scourmont pour la session organisée par la C.F.C. (Commission Francophone Cistercienne pour la liturgie).

Le 14, la journée des « Amis d’Ermeton » réunit environ 75 personnes (cf. l’article p. 8-10). Tous sont reçus au réfectoire pour le mot d’accueil de Mère Loyse et la présentation des textes de l'eucharistie par sœur Élisabeth, sœur Hildegard et sœur Marie-Élisabeth. Des échanges en petits groupes ont lieu avant la messe. Après l'eucharistie, un buffet copieux et admirablement présenté restaure les convives. Un marché aux livres a été préparé à la salle Saint-Grégoire par sœur Birgitta et sœur Marie-André. L'après-midi, tout le monde se réunit à nouveau pour la présentation de l'état des travaux à la ferme, à l’aide du diaporama réalisé par sœur Nicole. Monsieur Paquet, architecte, et son épouse, sont présents et répondent aux questions de l'auditoire. Les personnes qui le désirent vont à l'extérieur jeter un coup d'œil sur ce bâtiment qui prend forme de plus en plus. Une telle journée ne peut se réaliser que grâce au travail d'une équipe soudée d’amis laïcs qui expriment ainsi leur attachement à notre communauté.

Le 17, causerie de Youssef Bouazza, un ami musulman. Professeur de français dans une classe d’immigrés récemment arrivés en Belgique, il est venu deux fois déjà avec ses élèves pour une retraite. Il nous donne son témoignage personnel et nous parle du soufisme qui, pour lui, est un pont intellectuel entre le christianisme et l'islam. « Le soufi expérimente quotidiennement ce Dieu qui habite le cœur. »

Le 18, Mère Loyse part en France, chez les Trappistes de l’abbaye de Port du Salut (Mayenne) pour une série de cours sur les psaumes.

Le 19, sœur Marie-David donne un témoignage aux rhétoriciens de l'école Saint Pie X de Châtelineau.

Le même jour, débute une session de deux jours destinée aux jeunes et organisée par le Centre National des Vocations (C.N.V.) ; sœur Marie-Paule fait partie des animateurs.

Le 20, Monseigneur Léonard, évêque de Namur, rejoint le groupe des jeunes et célèbre l'eucharistie. Dans la matinée, la communauté le rencontre pour un échange.

Le 26, accueil pour le week-end d'un groupe de la paroisse luthérienne suédoise de Bruxelles.

Le 27, journée biblique animée par sœur Birgitta, sur la Lettre aux Philippiens. Sœur Marie-Christine prend les enfants en charge.

Les 29 et 30, sœur Birgitta et sœur Anne participent au colloque de dogmatique organisé à la faculté de théologie de l'U.C.L. sur le thème : "Qu'est-ce que la vérité "?

Novembre

Le 3, quatre adolescents vivent parmi nous le week-end « Vie monastique ». 

Sœur Élisabeth participe à la journée de rencontre inter-oblatures organisée à l’abbaye du Mont-César à Louvain.

Le 5, Mère Loyse, les sœurs Élisabeth, Marie-Christine et Miryam participent à Rixensart à la session de l'U.B.B. (Union des Bénédictines de Belgique) sur le thème de l’inculturation. Les conférences sont données par le père Bernard Poupard, prieur du monastère de Clerlande.

Du 9 au 11, session sur l'Evangile de Marc par Madame Corina Combet, professeur à la Faculté de Théologie Protestante de Paris.

Le 17, la fraternité « Béthanie » fête ses 10 ans d'existence. Mère Loyse donne une conférence sur le prologue de la Règle de saint Benoît. Après l'eucharistie, la communauté rejoint le groupe pour le verre de l'amitié.

 

(Suite au prochain numéro)

Sœur Marie-François

 

 

Zone de Texte: Au moment d’imprimer ce numéro, nous apprenons le décès d’Isabelle Couplet, une « amie d’Ermeton » depuis de longues années, fidèle des « Journées bibliques » et familière de nos ateliers.
Nous tenons à assurer ici son mari et toute sa famille de notre communion à leur peine. La communauté d’Ermeton et ses amis les entourent de tout cœur de leur prière.

Sœur Marie-Pierre Merten

 

Sœur Marie-Pierre est décédée ce lundi 3 décembre à 9h du matin. Nous partageons avec les lecteurs de l’Amandier les paroles prononcées par Mère Loyse lors de la veillée de prière qui a précédé ses funérailles.

 

Sœur Marie-Pierre aimait l’Église d’Orient et, de plus, elle avait un cœur d’enfant, au sens le plus évangélique du mot. Cela ne lui aurait certainement pas déplu de penser que nous aurions à évoquer son souvenir ensemble au soir de la Saint-Nicolas. Elle aimait l’Orient parce qu’elle aimait l’unité, l’unité de tous les chrétiens à laquelle elle a voulu consacrer sa vie, l’unité de sa communauté qu’elle a contribué à bâtir par sa gentillesse, l’unité de sa famille et aussi l’unité du monde entier. Sœur Marie-Pierre aimait la paix. Elle la faisait autour d’elle. Elle priait pour elle. Et finalement, elle nous a quittées en elle. Elle a vécu ses dernières semaines dans la paix, toujours attentive aux autres, et elle a glissé dans son éternité en paix toujours, comme sans transition, sans combat, discrètement, rapidement, presque avec le sourire, ce sourire que nous lui connaissions tous, qu’elle a gardé jusqu’à la fin et qui rayonnait si bien. Sœur Marie-Pierre avait fait profession perpétuelle le jour de l’Épiphanie, une fête qu’elle affectionnait tout particulièrement. Aujourd’hui, l’appel du prophète s’adresse à elle : « Debout, resplendis car voici ta lumière… Le Seigneur sera pour toi une lumière éternelle ». Ne la voyons-nous pas, maintenant, radieuse, marcher vers cette lumière, suivie de tout près par son frère qu’elle aimait tant ? C’est la consolation qu’elle nous donne aujourd’hui, à nous et à toute sa famille doublement dans la peine. Chère sœur Marie-Pierre, partage-nous encore ton sourire et ta paix. Aujourd’hui, nous en avons tous besoin.

Jeanne Merten était née le 25 juin 1926, au lendemain de la fête de saint Jean-Baptiste, son patron, au soleil des premiers jours de l’été. Dernière d’une famille de sept enfants, surnommée par eux Jeannot, elle avait le caractère heureux des cadets quand ils sont choyés sans être gâtés, taquinés mais jamais blessés parce qu’indéfectiblement assurés de la tendresse de leur entourage. Avec ses six aînés elle a partagé toute jeune la souffrance de perdre son père et elle a bénéficié aussi de la force d’âme de sa mère. Nul doute que c’est au cœur de sa famille qu’elle a appris à être serviable, comme nous l’avons toujours connue et comme on le signale dès son noviciat : serviable quasi sans limites, sans être pour autant servile. Car sœur Marie-Pierre était libre, disponible et heureuse. Voilà bien ce qui rayonnait sur son visage. On pouvait se demander la source de cette presque inaltérable sérénité. La tradition raconte que, dans sa jeunesse, l’occasion d’un bon mariage ne lui avait pas manqué, mais elle disait l’avoir écartée parce que « cela ne faisait pas le poids » ! Elle n’a que dix-neuf ans quand son désir d’entrer au monastère est manifesté à Ermeton. Comme il se doit, on l’engage à attendre, à mûrir. Elle se prête à ces délais sans sourciller alors que ceux qui sont censés accompagner sa vocation s’inquiètent qu’elle ne la perde. Mais sa détermination ne bronche pas. Après plusieurs séjours et un postulat de quelques mois durant l’année 1950, elle reçoit enfin l’habit monastique le 7 janvier 1951. Elle fera profession temporaire deux ans et demi plus tard, le 5 juillet 1953, et profession perpétuelle le 6 janvier 1957. Elle a 30 ans. Sa formation, mise à l’épreuve des délais, ne semble pas avoir posé de graves problèmes. À la veille de ses vœux perpétuels, elle adresse un petit message à la communauté où elle « demande pardon pour son insouciance, ses négligences et ses nombreuses distractions ». Heureuse novice qui n’a rien d’autre à se faire pardonner !

Très peu de temps après, Mère Béatrice, la prieure de l’époque, lui fait part de la demande d’aide émanant du petit monastère bénédictin de rite byzantin de Cureglia, en Suisse, à la fondation duquel Ermeton a été intimement lié quelques dix ans plus tôt. Son souci de l’unité, sa charité, sa disponibilité, sa jeunesse généreuse font d’elle la candidate choisie pour ce service. Elle accepte sans hésiter d’être « prêtée » par Ermeton et quitte ainsi son monastère presque au lendemain de ses vœux perpétuels. Elle restera à Cureglia durant 27 ans en tout, de 1957 à 1984. Elle s’initie au rite byzantin, se met à l’étude du slavon et goûte sans réserve aux beautés de l’art des icônes et aux profondeurs de la spiritualité orientale. Elle partage aussi tous les services que requiert le soin de la maison, l’accueil des hôtes et la célébration de la liturgie. Dix ans plus tard, elle s’y trouve si bien que, tout en assurant qu’elle garde son cœur fermement attaché à Ermeton, elle demande à transférer sa stabilité à Cureglia. « J’ai compris, écrit-elle, que c’est bien la volonté de Dieu que je me consacre totalement pour l’unité de l’Église ». En effet, le désir de l’unité de toutes les Églises et de la paix entre tous les peuples anime depuis toujours sa prière. Son transfert officiel à Cureglia a lieu le 29 juin 1967. En 1984 pourtant, le décès prématuré d’une de ses consœurs ayant entraîné la fermeture du monastère, elle revient définitivement à Ermeton, avec sœur Ioanna, sa prieure. Elle y transfère à nouveau sa stabilité, le 26 septembre 1985.

Tous ces bouleversements laissent sœur Marie-Pierre l’âme en paix. À Ermeton, elle reprend la vie quotidienne comme si elle ne l’avait jamais quittée. Elle se dévoue partout où c’est possible : à la porterie surtout, à la reliure, au repassage…, toujours prête à assumer les mille petites tâches que requiert le bon fonctionnement du monastère. Et la moindre de ces tâches n’est pas celle de sonner la cloche pour les offices, ce dont elle s’acquitte chaque jour, fidèlement et ponctuellement. Mais comment ne pas rappeler surtout sa participation engagée, joyeuse et convaincue aux réjouissances communautaires ? Qui n’a pas bénéficié de son talent à composer des chansons amusantes pour telle fête ou tel anniversaire ? Qui ne se souvient de pièces de théâtre désopilantes dont elle tenait le rôle principal ? Sœur Marie-Pierre aimait rire et faire rire, toujours avec finesse et sans malice. Elle avait son répertoire de chansons mi-naïves mi-sérieuses que nous lui redemandions périodiquement. Impossible d’oublier la mélodie aux accents enflammés qui nous amusait tout particulièrement : « Mon âme a trouvé un grand bonheur : ah, que je suis heureuse, enfin, d’être religieuse ! », ni le refrain naïf, « toute seule, toute seule » qu’elle chantait sur un air de café-concert toujours un peu approximatif. Sous une apparence cocasse, l’un comme l’autre trahissaient quelque chose du profond d’elle-même. Et c’est certainement là ce qui nous touchait tellement. Mais si sœur Marie-Pierre aimait réjouir les autres, sa joie n’était pas superficielle. Bien au contraire. Certes, elle se greffait sur un heureux tempérament, mais elle était aussi le fruit d’une rare maîtrise d’elle-même dont elle a souvent témoigné dans les moments difficiles. Car notre sœur était habitée par une Présence, celle-là précisément devant laquelle aucune autre à ses yeux n’avait jamais « fait le poids ». Les brèves notes qu’elle prenait au hasard de ses lectures le manifestent de toutes les façons.

Pour terminer, je veux citer quelques phrases d’une prière de Thomas More qu’elle a pris la peine de me copier de sa main et où je vois se refléter son cœur d’enfant :

« Seigneur, donnez-moi une bonne digestion, et aussi quelque chose à digérer.

Donnez-moi une âme sainte qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation.

Donnez-moi une âme qui ignore le gémissement et le soupir. Ne permettez pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle moi.

Seigneur, donnez-moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres. »

Chère sœur Marie-Pierre, cette prière que tu as faite a été exaucée pour toi. Demande au Seigneur maintenant qu’elle le soit aussi pour chacun et chacune d’entre nous. Auprès de Dieu où désormais tu as fixé ta stabilité, continue toujours à intercéder pour l’unité et la paix, avec nous et pour nous.

Sœur Loyse, 6 décembre 2007

 

 

La lampe et le lampadaire

 

 On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5,15).

Sous la rubrique « La lampe et le lampadaire », l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

Le 14 octobre, lors de leur rencontre, les « Amis d’Ermeton » ont pu apprécier l’état d’avancement des travaux dans le bâtiment que, désormais, on n’ose plus appeler « la ferme » ! Tout progresse au rythme prévu, à peu de choses près. Le dimanche 25 novembre, la communauté a pu visiter le chantier pour la première fois. En effet, non seulement le bâtiment est maintenant couvert et fermé mais le sol des étages est revêtu de la chape de béton qui protège l’enchevê-trement des tuyauteries électriques et sanitaires. Le carrelage a été choisi après bien des recherches ; depuis quelques jours, il commence à être posé. Le plafonnage est achevé. On parle de pouvoir allumer le chauffage sous peu. Les ouvriers s’affairent à l’extérieur, après l’abattage obligé des grands arbres qui longeaient la route et de ceux qui se dressaient encore trop près du monastère…

Toute cette intense activité est évoquée ici à l’intention des Amis d’Ermeton par sœur Marie-David qui a rejoint l’équipe de chantier depuis le début de l’été. Lisons-là :

 

"Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons." 

 (Ps 126,1)

Comme vous avez pu le lire dans le numéro précédent, j'ai rejoint l'équipe du chantier depuis le mois de juillet. En effet, pour pouvoir mener au mieux mes études, j'avais dû abandonner le chantier « momentanément » (si l’on peut encore employer cette expression pour une durée de trois ans). Maintenant que j'ai réintégré l'équipe, je voudrais vous partager ce que cela représente dans les faits.

Toutes les semaines, lors des informations communautaires, les sœurs  entendent invariablement depuis le mois de mai 2006 : jeudi après-midi, réunion de chantier. Avec cette information, nous avons juste la fréquence de la réunion du jeudi. Mais cette réunion n'est souvent que la pointe d'un iceberg peu connu en dehors de l'équipe ou du maître d'ouvrage. J'y reviendrai un peu plus loin.

Concentrons-nous d'abord sur le jeudi après-midi. Si le début officiel de la réunion est prévu à 15h, dans les faits réels, celle-ci commence souvent plus tôt : cela varie entre 14h et 14h45. Nous rencontrons déjà l'architecte, et c'est parfois l'occasion de lui poser l'une ou l'autre question sur le dernier procès-verbal de réunion reçu. Car pour pouvoir suivre le chantier, il faut préalablement bien lire le P.V. que monsieur Paquet nous envoie fidèlement toutes les semaines. Dans ce P.V., nous retrouvons les décisions prises lors de la réunion précédente, les remarques adressées aux différents corps de métiers et le travail qui reste à faire par l'architecte et par les sœurs de l'équipe.

À 15h donc, branle-bas de combat, nous partons vers le chantier, équipés et vêtus de façon adéquate. Là, nous devons à la fois vérifier si les remarques du P.V. ont été bien suivies, observer l’état d'avancement des divers travaux en cours (actuellement les câblages pour l'électricité, le système d'alarmes incendie ; le placement des dernières conduites d'eau pour le chauffage, le plafonnage, le ragréage de divers endroits à l'intérieur comme à l'extérieur). Parfois, il nous arrive de devoir prendre des décisions sur les lieux mêmes car la réalité n'est pas toujours la même sur plan que sur place. Nous suivons donc l'architecte et les différents responsables des corps de métier à travers le bâtiment en scrutant, écoutant et posant nos questions. Si nous posons parfois de simples questions de vocabulaire – le jargon de la construction n'est pas toujours connu –, nous interrogeons surtout l’architecte au sujet de ce que l'une ou l’autre d'entre nous a repéré et qui lui semble bizarre. Il nous arrive aussi de rencontrer sur place des représentants venus nous expliquer leur produit ou prendre connaissance des lieux pour établir un devis. Cette charmante promenade se fait souvent sur le doux bruit de fond des marteaux piqueurs, des foreuses ou disqueuses, le tout recouvert par le hurlement tonitruant d'une radio que les ouvriers essayent d'écouter pendant leur travail.

Vers 17h, nous regagnons enfin notre "Q.G." établi à la bibliothèque de l'accueil. Là, après avoir bu une bonne tasse de café ou une boisson chaude et mangé de quoi nous donner du courage pour la suite, la réunion se poursuit. Nous reprenons de façon très systématique, corps de métier après corps de métier, les diverses remarques et observations relevées durant notre périple sur les lieux. L'architecte note le tout et nous constituons ainsi le P.V. qui sera repris à la réunion suivante. Nous voyons aussi les nouvelles décisions à prendre, le prochain travail à exécuter. Nous vérifions l'état du budget pour savoir comment continuer. Á ce propos, comment assez remercier toutes les personnes qui nous aident ? Quand nous avons fait le tour de tout, le P.V. est signé successivement par l'architecte, sœur Marie-Paule (en tant que responsable du chantier) et l'entrepreneur. Suivant le contenu des réunions, celles-ci se terminent au plus tôt vers 19h ¼ au plus tard vers 20h.

Je vous ai annoncé que cette réunion du jeudi n'est que la pointe de l'iceberg. Découvrons-en maintenant la base.

Chaque jour, il faut passer sur le chantier pour voir de près ce qui s'y passe : étant donné la grandeur du bâtiment, cela nous prend plus ou moins une heure (sœur Marie-Paule et sœur Birgitta sont très fidèles à ce rendez-vous journalier). En outre, chaque fois qu'un ouvrier a besoin de quelque chose, qu’il doit prendre une décision face à une situation inattendue ou qu’il a une autre solution à nous proposer, il appelle sœur Marie-Paule. Même chose quand l'architecte ou l'entrepreneur passent à l'improviste. Sans compter tous les coups de téléphones, les contacts à prendre avec l'échevin des travaux, avec l’I.D.E.G., les différents représentants, etc. Être chef de chantier comporte aussi toute cette part de travail cachée.

Nous avons dû également aller photographier, pièce par pièce, tous les emplacements des tuyaux d'eau. Car tout est destiné à disparaître sous la deuxième chape de béton et les carrelages qui la recouvriront. Dans dix ans, s'il survient un ennui technique, tel une fuite d'eau, comment pourrons-nous alors nous souvenir de l'endroit exact où passent les tuyaux ? Aussi, pour éviter de devoir, à ce moment, ouvrir une trop grande surface, tout a été photographié avec précision (vive les appareils photographiques numériques !) et gravé sur compact disque.

L'équipe, quant à elle, se réunit en dehors des jeudis s’il y a des personnes à rencontrer pour les divers devis ou des décisions à prendre. Je vous donne un exemple concret. Il y a trois mois d'ici, il nous fallait choisir les carrelages. Ceux qui avaient déjà été choisis lors de la première visite d'un show-room avaient dû être abandonnés car, après essais sur les échantillons, leur entretien s'est avéré difficile. Nous sommes donc reparties visiter un autre endroit. Rapidement nous sommes tombées d'accord sur le choix des divers carrelages répartis comme suit : une teinte pour le magasin, une autre teinte pour les couloirs, les chambres et la salle de conférence, un carrelage précis pour la cuisine, et, enfin un autre modèle pour la salle à manger et le "salon" (pièce de détente), sans oublier un tout autre style de carrelage pour les cabinets de toilette. Nous étions très contentes de notre choix, même si nous hésitions encore entre deux teintes pour les couloirs. Car non seulement il faut être d'accord sur la couleur mais surtout sur le rapport qualité prix, sans oublier l'utilisation pratique des matériaux, telle leur entretien. C’est parfois la quadrature du cercle ! Chercher du sobre, du beau, du bon, qui plaise à cinq sœurs, en espérant que le reste de la communauté se retrouvera dans notre choix, ce n'est pas si évident. Finalement avec l'aide des sœurs de l'accueil, nous avons réussi à trancher entre les deux teintes en question. Le problème semblait donc réglé. Mais voilà qu'un petit détail nous a forcées à reprendre le débat : les carrelages étaient-ils cuits dans la masse ou pas ? Pas de chance, ils ne l'étaient pas. Nous devons donc tout recommencer. Et voilà nos sœurs Marie-Paule et Birgitta parties voir un troisième endroit où les carrelages sont cuits dans la masse. Mais coup dans l'eau. Rien ne les satisfait vraiment. Nouveau voyage pour les sœurs Loyse, Marie-Paule et Birgitta. Sur place, le représentant a l'honnêteté de leur expliquer le pour et le contre de ce type de carrelage. Finalement, en ayant bien pesé les avantages et les inconvénients, nous avons opté pour les carrelages de la deuxième visite !

 Où placer les prises ? Où disposer les lampes et quels types d'éclairage choisir ? Quelles sortes de portes prendre, quel chambranle choisir et avec quelles poignées ? Quel devis garder ? Quand pourrons-nous montrer la ferme à nos sœurs ? Cette dernière question nous habite vraiment. D'autant plus que nous avions beaucoup espéré pouvoir partager avec la communauté l'état du chantier lors des congés du bâtiment en juillet. Notre désir de pouvoir montrer sur les lieux tout ce qui avait déjà été réalisé, était très grand. Mais quand l'architecte nous a déconseillé de le faire car le sol était strié de fils et tuyaux en tout genre – ce qui représentait un danger réel – nous avons dû renoncer à notre projet. Notre déception était aussi grande que notre désir!

 L'espoir avait été reporté à la Journée des Amis, mais, à nouveau, nous n'avons pu satisfaire notre et votre souhait. Heureusement, il y a eu le beau diaporama de sœur Nicole pour combler nos attentes. Ce week-end des 24 et 25 novembre, grande joie : nous disposons des deux jours de fermeture pour montrer enfin le nouveau bâtiment : la deuxième chape est tirée et suffisamment sèche. La pose du carrelage commencera le lundi 26, ce qui exclura pour quelques semaines toute visite sur le chantier !

Voilà en grandes lignes ce que contient le travail de l'équipe du chantier. Merci de continuer à nous soutenir par votre prière et votre amitié. Cela nous est bien précieux.

Sœur Marie-David

 

Comptes bancaires

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Pour la France :

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(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)

avec la mention « la lampe et le lampadaire »

 

Sur les pas de saint Benoît…

En relatant la session « La Règle sur le terrain » (voir L’Amandier n° 22), sœur Marie-Élisabeth nous a laissés à Rome. Aujourd’hui, sœur Marie-Christine nous conduit sur les traces de saint Benoît à Subiaco.

En route pour Subiaco…

Nous poursuivons non seulement l’itinéraire géographique mais aussi, et surtout, le chemin intérieur et spirituel de saint Benoît.

Dans quelles circonstances est-il arrivé à Subiaco ? Parti à Rome pour étudier, Benoît se rend compte que la vie qui y est menée ne lui convient pas. Débauche, déclin moral, facilités et dérives mondaines le poussent donc à fuir la ville, fuir le monde, pour s’enfoncer dans la solitude.

Encore une fois, l’environnement géographique contribue à nous faire entrer dans la démarche spirituelle entreprise par Benoît.

La vallée est nommée de Néron. Ce dernier avait créé un lac et trois digues (barrages). Subiaco, sub laco (sous le lac), tire son nom de cette origine. La villa Neronis, en ruines, témoigne néanmoins de la grandeur et du faste de la construction. Nul doute que cela a contribué au développement de la vallée. Plus tard, à l’époque qui nous intéresse, ce lieu est devenu le monastère Saint-Clément. Etait-ce le noviciat ou le monastère principal, à côté des douze monastères fondés par Benoît dans la vallée sainte ? La question reste sans réponse.

Subiaco est situé dans une vallée encaissée où des rochers émergent çà et là et laissent deviner la présence de grottes. Benoît en choisit une pour se retirer. À cette époque, plusieurs d’entre elles étaient habitées par des ermites. Depuis le 12ème siècle, ce Sacro Speco (grotte sainte) est inséré dans un sanctuaire lui-même construit à flanc de rocher. Il nous faut un certain degré d’imagination pour nous abstraire un moment de la construction et nous figurer le lieu primitif où Benoît s’est retiré. Actuellement, une statue réalisée par Raggi (1657), disciple de Bernin, représente le saint en prière au cœur de cette grotte étroite. À côté, la grotte des bergers montre que ce lieu est devenu rapidement un endroit de pèlerinage, de dévotion. En effet, une représentation de la Vierge à l’enfant (7ème siècle) y est peinte sur le mur.

Dans le petit espace extérieur et contigu, des rosiers figurent les épines dans lesquelles Benoît s’est roulé pour lutter contre les tentations. On dit aussi que saint François d’Assise, venu à Subiaco sur les traces de Benoît, y a fait fleurir une rose en touchant les épines. Les saints se rencontrent au-delà du temps ! En levant les yeux, les rochers à la verticale nous évoquent sans peine le lieu d’où le moine Romain descendait au bout d’une corde le panier de nourriture destiné à l’ermite.

Que nous apprennent les Dialogues à propos de cette période ? Benoît, fuyant la ville, s’est réfugié dans la solitude. Il s’est mis à l’école de Romain, qui lui donne l’habit monastique. Ce moine Romain habitait au monastère de l’abbé Adéodat, situé plus haut que la grotte habitée par Benoît. Chaque jour, il lui apportait sa nourriture jusqu’au moment où l’antique adversaire lança une pierre et rompit la corde. Plus tard, un prêtre des environs vint partager le repas avec lui, cela c’était « Pâques ». Des bergers également trouvèrent Benoît et, peu à peu, la notoriété de celui-ci grandit en même temps que l’évangélisation de la vallée. Des moines des environs vinrent le chercher pour être leur abbé mais, déçus par son austérité, ils tentèrent de l’empoisonner.

Benoît retourne à sa solitude. Une nouvelle étape s’ouvre pour lui. Si après avoir vécu avec lui-même, il a veillé à s’enraciner en Christ, il partage désormais sa priorité au cœur de la communauté. Des disciples affluent et se mettent à son école, douze monastères seront fondés dans la vallée sainte. Sa fuite radicale du monde le mène vers une étape d’ouverture au monde et aux besoins des frères.

 Mais revenons à la description du lieu. Si dans un premier temps, le bâtiment nous « distrait » du site primitif, on est rapidement séduit par la construction : ses différents niveaux, son enchevêtrement et l’agencement de nombreuses chapelles disent, sans aucun doute, quelque chose de la vie de saint Benoît et de la vie bénédictine à travers lui. Quant aux fresques recouvrant les murs, elles sont comme un album de famille ouvert devant nos yeux. Voici quelques exemples de scènes peintes au fil des siècles : des événements de la vie de saint Benoît tels que saint Grégoire nous les raconte dans les Dialogues et dont plusieurs se sont passés à Subiaco (Benoît quittant sa nourrice, Placide retiré des eaux, le pain empoisonné, le corbeau, l’outil du Goth, Benoît et Scholastique…) ; des épisodes de l’évangile de l’enfance (annonciation, visitation, nativité, adoration des mages, fuite en Égypte, massacre des innocents, …) et de la passion (rameaux, crucifixion, résurrection, …) ; des représentations de la Vierge (dormition ; Marie, le manteau grand ouvert, présentée comme mère des ordres monastiques, …) ; des scènes d’exhortation datant du 14ème siècle destinées à évangéliser la jeunesse… ; des portraits (saint Grégoire le Grand avec Job, saint François d’Assise dont il semble, à constater l’absence de stigmates, que ce soit la seule représentation effectuée de son vivant)C’est impressionnant de célébrer ensemble l’eucharistie dans ce lieu si porteur…

A quelques-uns, nous grimpons jusqu’au merveilleux petit monastère de San Biego, l’un des douze de la vallée, occupé actuellement par des sœurs Salésiennes. Comment ne pas comprendre, alors que nous peinons sur ce sentier étroit et raide, la « plainte » des moines devant le chemin à parcourir pour aller chercher de l’eau !

En contrebas, le monastère Sainte-Scholastique, également un des douze fondés par Benoît, est très différent mais intéressant par bien des aspects. Il fut dédié à saint Sylvestre, ensuite à saint Benoît et sainte Scholastique et enfin à sainte Scholastique. Le bâtiment d’origine a disparu mais, sous le pavement de l’église actuelle, se découvre une petite église du 6ème siècle. Les trois cloîtres, d’époques successives, tous différents, sont de toute beauté. Ils sont entourés de colonnes cosmatesques (trois générations de la famille Cosma). Un puits et un campanile carré du 11ème siècle sont remarquables. La bibliothèque de ce monastère est riche et fournie. Nous apprenons aussi que, vers 1464, deux disciples de Gutenberg ont imprimé ici les premiers livres. Aujourd’hui, une communauté de seize moines y vit et quatre d’entre eux accueillent et guident les pèlerins et touristes au Sacro Speco. Vraiment, la vie bénédictine peut prendre des aspects bien divers ! L’accueil n’est-il pas au cœur de la Règle ?

Certainement, cette journée passée à Subiaco est féconde pour la vie personnelle et communautaire de chacun des participants.

Sœur Marie-Christine

En encart dans ce numéro, une invitation au concert de Noël

offert par  l’Association musicale du Beffroi Notre-Dame

au profit des travaux de restauration des locaux d’accueil du Monastère. Merci de la communiquer autour de vous.

Page des jeunes

La Journée des enfants

 

Du côté des jeunes animateurs :

Le thème de la journée des enfants (qui a eu lieu le 27 août) était « Quand la nature nous éveille… » ou, pour être plus précis, « la nature dans les paraboles ».

Le matin nous avons fait un jeu de l’oie géant basé sur le thème de la journée. Les enfants jouaient au dé et était dispersés à plusieurs activités différentes, par exemple : questions-réponses sur la nature, parcours sportif à la recherche de la brebis perdue, danse d’Israël en rapport avec la parabole du semeur…

Au cours de l’après-midi, nous nous sommes promenés sur l’ancien chemin de fer et notre invitée, madame de Barse, nous a fait découvrir de nombreux secrets de la nature, surtout les secrets des plantes et de la végétation qui nous entourent. Enfin, après un goûter bien mérité, nous avons animé la prière des vêpres avec la communauté.

Ce fut une journée pleine de découvertes et pleine de joie, mais aussi de rencontres. Je crois que nous sommes tous repartis, certes un peu fatigués, mais la joie au cœur.

En tant qu’animateur, cela a été une très belle expérience de préparer et d’animer cette journée, car c’était la première fois que j’animais ! D’habitude c’était moi qui « étais animé ». Le changement de rôle fut une très belle expérience.

Raphaël (13 ans)

 

« Journée fantastique avec des enfants et des ados remplis de joie. Grand jeux pour découvrir l'évangile et la nature ainsi que promenade guidée pour mieux connaître les plantes qui nous entourent. »

Antoine (20 ans)

 « Ces journées ensoleillées m’ont paru chouettes à tous points de vue. J’en ai profité pour rencontrer des animateurs et des participants. Les activités (danses et parcours du berger) nous ont vraiment fait bouger. »

Aurélien (13 ans)

« Le séjour fut riche en activités et rencontres. Il régnait entre les participants une convivialité à nulle autre pareille. Le thème de la nature nous a beaucoup inspirés afin de réaliser une superbe animation pour les enfants. »

Alice (16 ans)

 

Du côté des « animés » :

Lundi 27 août 2007 : c’est la deuxième fois que nous participons à la journée des enfants d‘Ermeton. Cette fois, le soleil était au rendez-vous pour fêter le thème de la nature. Les enfants ont beaucoup aimé les différents ateliers sur les paraboles. Sarah (8 ans) a surtout aimé les danses juives, Samuel (6 ans) la pêche au chocolat ( !) et Nicolas (3 ans ½) de lancer le dé.

L’après-midi avec Marie-Josyne était très instructive et très intéressante. Moi-même, j’ai beaucoup apprécié encore une fois cette journée de rencontre et de partage avec la communauté.

En vous remerciant,

Emmanuelle Prévost

Sarah, Samuel et Nicolas

 

27 augustus, een dagje in het klooster van Ermeton:

Om 10 uur kwamen de kinderen aan, ze werden verwelkomd en kregen een sticker met hun naam op. Daarna deden we activiteiten in verband met parabels over de natuur, er was bijvoorbeeld: fruitsla maken=> de parabel van de vijgenboom; een parcours afleggen=> de parabel van het verloren schaap; enz. … Na deze toffe spelletjes hebben we gegeten en hadden we vrij tot 14 uur. In de namiddag gingen we met een mevrouw wandelen om de natuur te ontdekken en wat te leren over planten. Het was heel interessant. Toen we terug in het klooster aankwamen kregen we een vieruurtje: er waren chocoladebroodjes, wafels en de fruitsla die de kinderen ’s morgens hadden gemaakt. Na het vieruurtje leerden we een paar liederen aan en gingen we naar de vespers. Na de vespers was het helaas al tijd om afscheid te nemen van iedereen… Het was een dag om nooit meer te vergeten!!!

Laetitia Verbeiren

Zone de Texte: Le DIMANCHE 16 MARS 2008 À 15H,
dimanche des Rameaux, 
À L’ÉGLISE ABBATIALE DE MAREDSOUS,
—–
le CHŒUR TERPSICHORE et l’Orchestre « LES MUSES »
interpréteront, sous la direction de Xavier HAAG, 
directeur de l’Académie de Musique de Saint-Hubert,
chargé de cours au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles,
LA PASSION SELON SAINT JEAN
de Jean Sébastien Bach
au profit des travaux de restauration de l’accueil du monastère d’Ermeton
Notez la date dès à présent.
Attention !

 

Si vous ne l’avez pas encore fait, il n’est pas trop tard pour renouveler votre abonnement !

L’Amandier donne quatre fois par an des nouvelles de la communauté, de ses projets, et rappelle les activités proposées à l’accueil. Il est soutenu et promu par un groupe d’Amis qui proposent :

Pour la Belgique :

Abonn. ordinaire : 8 €

Abonn. de soutien : 10 €

Abonn. d’honneur : 15 €

À verser au compte n° 000-3204631-42 Nicole Lambot—l’Amandier, rue du Monastère,1 à 5644 Ermeton-sur-Biert.

Pour les autres pays :

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Abonn. de soutien : 12 €

Abonn. d’honneur : 15 €

À verser au compte (IBAN BE77 0003 2046 3142) BIC BPOTBEB1 Nicole Lambot—l’Amandier, rue du Monastère, 1 à B - 5644 Ermeton-sur-Biert.

 

Pour la France : Société Générale Givet : 0003729001810

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L’excédent des frais d’impression est affecté entièrement à la rénovation de l’accueil. N’oubliez pas d’inscrire vos nom et adresse complète avec la mention « Abonnement Amandier 2008 ».

 

calendrier 2008

Janvier

5 - 18

Pas d’hôtes en séjour

Février

2

Journée d’initiation liturgique  I

Abbé Jacques Thunus

29 février – 2 mars

Ateliers de la Parole

Mme Lesage

Mars

3

Récollection – Lectio Divina

Sœur  Birgitta Drobig, Ermeton

 

15

Journée d’initiation liturgique II

Abbé Paul De Clerck et père Nicolas Dayez

 

20 - 23

Célébrations de Pâques

Abbé Paul Scolas

Avril

5

Isaïe

Sœur Loyse Morard, Ermeton

 

26

Le pèlerinage

Abbé Jean-Pierre Delville

Mai

3

Isaïe (suite)

Sœur Loyse Morard, Ermeton

 

5

Récollection – Lectio Divina

Sœur Birgitta Drobig, Ermeton

 

17

Journée d’initiation liturgique III

Abbé Paul De Clerck et père Ch. Monsieur

Juin

 

Pas d’hôtes en séjour

Juillet

7 - 11

Session biblique : Ex 32 – 34

Père Jean-Pierre Sonnet, s.j.

Contenu

Surprise

Sœur Loyse

2 - 3

16e journée des « Amis d’Ermeton »

I. et St. de Brouwer

4 - 5

Quelques nouvelles de la communauté

Sœur Marie-François

5 - 8

Madame Isabelle Couplet

 

9

Sœur Marie-Pierre Merten

Sœur Loyse

9 – 12  

La lampe et le lampadaire

Srs Loyse et M. David

12 - 17

Sur les pas de Saint Benoît

Sœur Marie-Christine

 17 - 20

La journée des enfants

Jeunes et participants

21 - 23

La Passion selon Saint Jean

 

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Abonnement

 

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Calendrier   janvier – juillet 2008

 

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