Bulletin des Amis d’Ermeton N° 13

janvier à avril 2005

 

 

« Avoir part »

 

L'Amandier"Si je ne te lave pas les pieds, tu n'as pas de part avec moi." Jésus adresse cette phrase à Pierre, le soir du jeudi saint, au cours du dernier repas qu'il partage avec ses disciples. Il a déposé ses vêtements, pris la tenue d'un esclave et s'apprête à leur laver les pieds. Son geste est humiliant mais il dit aussi l'extrême intimité de ceux qui s'aiment. Dans un roman juif contemporain des évangiles, Aséneth, future épouse du patriarche Joseph, revendique pour elle le privilège et le droit de laver les pieds de celui qu'elle aime. Ainsi Jésus veut-il exprimer son amour jusqu'à l'extrême. Pierre proteste avec virulence: "Me laver les pieds à moi ! Jamais !" Il ne voit, dans le geste de son maître, qu'un abaissement déplacé. Il n'a pas encore compris tout le prix de l'amour. Jésus a beau le lui faire remarquer, il reste butté. L'heure n'est plus aux longues explications. Le temps presse et la réaction de Jésus, virulente elle aussi, résonne un peu comme un chantage: "Si je ne te lave pas…, tu n'as pas de part avec moi": autrement dit, " nous n'avons plus rien à faire ensemble". Jésus se montre rarement aussi tranchant. C'est que tout l'enjeu de sa mission est comme ramassé dans son geste: révéler qui est Dieu.

 

"Dieu est amour", dira plus tard saint Jean, le disciple que Jésus aimait, penché en ce moment sur sa poitrine. Entre-temps, Jésus, en mourant sur la croix aux regards de tous, aura vécu concrètement cet amour de Dieu, à la manière humaine et totalement. Il aura montré ce qu'est l'Amour et, du coup, il aura montré Dieu. Abaissé jusqu'à la mort, Dieu le ressuscitera. Les disciples en seront témoins. Ils sauront désormais que l'amour n'est pas une idée qu'il suffirait de "dé-montrer". Montrer l'amour, c'est le donner. Le "comprendre", c'est accepter de le recevoir, tel qu'il est et jusqu'au bout pour "avoir part" ainsi à la vie que Jésus  partage avec son Père. Dans son dernier discours, Jésus multiplie les expressions de cette communion: "Je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous"; "celui qui m'aime sera aimé de mon Père et je l'aimerai et je me manifesterai à lui"; "si quelqu'un m'aime… mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous ferons chez lui notre demeure" (Jn 14,20-23).... "Avoir part avec" Jésus, c'est entrer dans la communion d'amour qui fait sa vie et celle de Dieu.

 

Tous le désirent: "Je donnerai ma vie pour toi", affirme Pierre. Mais personne ne peut imaginer à quelle condition doit se révéler cet Amour qui est Dieu. Cette condition, sine qua non, concerne Jésus lui-même, avant de s'imposer à ceux qui veulent être ses disciples. Jésus l'énonce sans ménagement: il faut que lui, le premier, se donne totalement jusqu'à la mort, qu'il s'abaisse aux pieds des siens pour les laver, et que ceux-ci acceptent, fût-ce d'abord sans comprendre, qu'il les aime de cette façon-là. Plus tard, ils manifesteront qu'ils auront compris s'ils s'abaissent à leur tour au service les uns des autres. Voilà comment l'amour de Dieu - l'Amour qui est Dieu - se révèle et se communique à nous. Non pas comme une doctrine supérieure, mais comme un fait, un geste humain, voulu et posé par Dieu lui-même, un service, humble et concret, qui déconcerte radicalement l'idée que nous nous faisons de la grandeur divine et qui interpelle, tout aussi radicalement, la manière dont nous concevons nos relations réciproques. Ce service nous purifie. L'amour de Dieu est humble; il nous renvoie à notre pauvreté, celle qui nous rend si difficilement imaginable que la grandeur puisse se trouver dans la petitesse, la liberté dans le service, la vie dans la mort… Tel est pourtant le message de l'évangile, lancé au monde depuis la Pentecôte. Chacun l'a reçu et le transmet à son tour, disciple de Jésus comme il peut, là où il est.

 

La communion instaurée le soir du jeudi saint se poursuit et s'étend jusqu'à aujourd'hui à travers les événements grands et petits de notre vie fraternelle. Ermeton vient d'en vivre un qui mérite d'être relevé ici avec action de grâces. Il concerne le monastère et tous ses amis. Le samedi 9 avril, la chorale du Beffroi Notre-Dame de Namur offrait, pour son 20e anniversaire, un concert de gala. Plusieurs centaines de personnes de toutes provenances s'étaient rassemblées dans l'église de Maredsous: amateurs de musique, familles, connaissances ou amis des choristes… et des sœurs d'Ermeton. Des sœurs d'Ermeton ? oui, car sur la suggestion d'une "amie d'Ermeton", la chorale avait décidé de consacrer les bénéfices de son concert à la restauration des lieux d'accueil du monastère. Un concours de circonstances, de services multiples, de sympathie, de courage aussi et de persévérance a abouti à cette merveilleuse expérience de communion que personne n'est prêt d'oublier. De quoi adoucir largement les peines des mois précédents… Pour obtenir une telle réussite, il a fallu multiplier les expressions du don de soi, du désintéressement, de la générosité. Très nombreux sont les amis du monastère qui y ont contribué, sans parler des efforts des choristes, des musiciens et de leur chef pour présenter à un public nombreux et enthousiaste une prestation d'une qualité aussi excellente. Comment ne pas reconnaître, dans tant de "services" divers et quelle que soit leur forme, l'écho d'une réponse à la parole de Jésus: "C'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous" ? Comment ne pas les recevoir et les accepter comme tels ? L'expérience d'une aussi large communion s'appuie sur une réciprocité qui nous réjouit et que nous voulons entretenir, choristes, sœurs, frères et amis d'Ermeton. N'est-elle pas le lieu d'une véritable rencontre de Dieu, où chacun a pu, dans la simplicité et l'élan de l'amitié, "avoir part" avec le Christ ? Un tel don nous confond et nous purifie tout à la fois. Puisse Celui qui y est présent élargir encore le réseau de l'amitié, l'approfondir toujours et, selon le souhait de saint Benoît, "nous conduire ensemble à la vie éternelle".

            Sœur Loyse, 15 avril 2005

 

 

Étudier la liturgie

Bernadette Pierrequin interroge sœur Marie-Paule

 

Sœur Marie-Paule, vous avez fait des études à l'Institut Supérieur de Liturgie à Paris durant deux ans. Pouvez-vous nous expliquer en quoi elles consistaient ?

 

Durant les années scolaires 2001-2002 et 2002-2003, j’ai suivi la formation dispensée à l’Institut Catholique de Paris en vue de l’obtention du diplôme de l’Institut Supérieur de Liturgie. En mai 2004, j’ai terminé cette formation par la soutenance de mon mémoire (que j’ai achevé de rédiger à Ermeton). Les cours, étalés sur un cycle de deux ans, rassemblaient une trentaine d’étudiants, toutes années confondues, venus des cinq continents (vous imaginez la richesse des rencontres et des échanges !). Répartis selon diverses thématiques, on pouvait les suivre sur deux, trois ou quatre ans. Pour ne pas trop peser sur la communauté, j’ai choisi la version « condensée ». Mais il ne m’a pas été possible de boucler le mémoire en même temps que les cours, car les séminaires de deuxième année me demandaient aussi beaucoup de travail.

Chaque semestre comportait d'une part des cours généraux: théologie de la célébration; la liturgie et le temps; « l’énergie de l’eucharistie » (les ressources théologiques de l’Ordo missae); art et liturgie; initiation chrétienne d’hier et d’aujourd’hui; sacramentaux et rites de vie quotidienne – et, d'autre part, des cours spéciaux: histoire (de l'antiquité à la période moderne); la parole de Dieu dans la liturgie; lire et interpréter les textes liturgiques; spiritualité et liturgie; droit liturgique et sacramentaire; tradition juive et liturgie chrétienne; les sacrements dans le débat œcuménique; la réforme de Vatican II et le mouvement liturgique; l’eucharistie dans l’évangile de Jean; le baptême selon Paul et ses continuateurs; un itinéraire vers le baptême (les catéchèses de Cyrille de Jérusalem); la réconciliation sacramentelle (questions actuelles); le mariage; les funérailles; les ordinations aux ministères; l’onction des malades; ainsi que des cours sur les liturgies orientales. Sans oublier le latin et les cours spécifiques aux étudiants de première année: introduction aux sources de la liturgie en Occident, introduction aux études liturgiques et anthropologie de la liturgie. De plus, nous devions suivre, chaque semestre, un cours complémentaire de notre choix en théologie. Chaque année comportait aussi deux sessions "art de célébrer" ou "art et liturgie"; la deuxième de ces sessions est toujours consacrée aux liturgies orientales et permet de visiter des églises et de participer à une Liturgie.

Comme vous pouvez le constater, le menu est abondant. Je tenais à vous le détailler car j’ai souvent rencontré des personnes qui se demandaient comment on pouvait passer deux ans sur un sujet tel que la liturgie ! Les enseignants étaient, pour la plupart, de grande qualité. Beaucoup d'entre vous, bien sûr, connaissent Paul de Clerck, puisqu'il compte parmi les bons amis d'Ermeton. Mais nous avons eu aussi la chance d’entendre des professeurs invités comme Enrico Mazza, professeur à l'Université de Milan, spécialiste de l'histoire et de la théologie de la prière eucharistique, impressionnant de compétence et de simplicité; Jean-Yves Hameline, ancien professeur à l'Institut Catholique de Paris, spécialiste de l'anthropologie et de la sociologie, un peu moins difficile à l’audition qu’à la lecture (et on le lit mieux quand on l’a rencontré !), et même le Père Gy, o.p., ancien directeur de l'Institut de Liturgie, expert au Concile et membre du Consilium, commission chargée de la mise en œuvre liturgique après Vatican II.

 

Pourquoi avez-vous fait ces études ?

 

Parce que la communauté me l’a demandé. Mère Prieure m’en a parlé après avoir pris l’avis du séniorat. J’avais déjà suivi les cours du "Centre de Formation Liturgique" à Bruxelles et venais de succéder à Sœur Marie-François comme responsable de la liturgie en communauté. Il paraissait bon que, pour prendre le relais, j’aie une meilleure formation. C’était aussi une occasion de maturation humaine. Je dois dire que je l’ai reçue comme un cadeau mais avec beaucoup de crainte au début. Ce furent des années très riches. Sœur Anita m’avait rappelé, peu avant sa mort, que je ne faisais pas ces études pour moi mais pour la communauté… Je dois ajouter cependant que j’en ai personnellement beaucoup reçu ! A moi de faire rejaillir tout cela.

Quel est aujourd’hui le rôle du liturgiste ?

 

Une blague dit que la différence entre un liturgiste et un terroriste, c'est qu’avec le terroriste, on peut au moins négocier ! C’est vous dire la piètre image qu’on se fait des liturgistes: des gens qui "voient rouge", autrement dit qui ne pensent qu’aux rubriques ! L'image nous vient de ce qu’était la formation liturgique au début du 20e siècle. J’ai dû consulter certains livres de l’époque, c’est inimaginable ! Je crois que le liturgiste doit être quelqu’un qui réfléchit au sens des choses. Il ne faut pas faire telle chose de telle façon seulement parce que c’est écrit, mais il faut se demander pourquoi. Bien sûr, on ne peut pas faire n’importe quoi non plus. La liturgie ne nous appartient pas et elle est porteuse de sens. Quand on veut innover, quand on doit faire un choix, préparer une célébration, il faut s’interroger sur le sens des choses. Souvent en voulant bien faire, on fait tout juste le contraire de ce qu'il faudrait. C’est dommage.

 

La liturgie occupe une place importante dans la vie de l'Église. Que peut-on faire passer à travers elle ?

 

Tout ! Toute notre foi s’exprime dans la liturgie. Et elle grandit par la liturgie, elle s’en nourrit. Ce fut encore la découverte des participants du colloque que nous avons organisé avec Maredsous en janvier dernier. La liturgie est un lieu vital de la foi. Un exemple : à l’office, le premier mot qui jaillit du silence est: « Dieu, viens à mon aide ». On se tourne vers Dieu, on lui parle, on l’appelle. Et on le chante. Debout, tournés vers le sanctuaire, en faisant le signe de la croix. Toute notre attitude dit notre foi en un Dieu personnel avec qui je peux dialoguer. Un Dieu chantable. La station debout exprime la vie et la foi en la Résurrection. Dans l’Apocalypse, les vainqueurs de la Bête sont debout et ils chantent (Ap 15, 2-3). Le signe de la croix signifie que le Dieu que nous invoquons est bien le Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, qui  nous a aimés jusqu’à se faire l’un de nous. Jésus a donné sa Vie en mourant sur la croix, mais la mort n’a pu retenir la Source de la Vie. En appelant "Dieu, viens à mon aide", nous confessons aussi notre petitesse, notre faiblesse. Nous avons besoin du secours de Dieu pour prier. Nous ne pouvons le louer par nos propres forces, c’est l’Esprit qui prie en nous, dit saint Paul. Je pourrais continuer…  Vous voyez combien la liturgie est riche de sens, riche de foi. Nous posons ces gestes si souvent, nous répétons les mêmes paroles à chaque office (« Seigneur, ouvre mes lèvres », qui commence les laudes, est du même ordre). Peu à peu, même sans y penser, si nous le voulons bien, ces attitudes, ces paroles nous imprègnent, nous transforment. La liturgie nourrit, fait grandir la foi; elle nous éduque. Le titre de mon mémoire le disait: « Psallite sapienter (psalmodiez avec 'sagesse' – ou avec 'goût') : La liturgie des Heures éducatrice de la sensibilité pascale ».

 

Avez-vous des rencontres avec d'autres liturgistes ou groupes à responsabilité dans les paroisses ?

 

Dans les paroisses, pas directement. Mais je participe parfois à l’animation des sessions organisées en Belgique par la C.I.P.L. (Commission Interdiocésaine de Pastorale Liturgique). Au niveau de la C.I.P.L. encore, je fais partie d’un groupe qui essaye de promouvoir la célébration de l’office dans les paroisses. Et je collabore depuis quelques années à la revue "Feu Nouveau" (j’espère que vous la connaissez !), revue de formation liturgique et biblique qui fournit à la fois des articles de fond et, pour chaque dimanche, des commentaires des lectures, des choix de chants, des pistes et des textes pour la célébration eucharistique, des éléments pour célébrer avec les enfants ainsi que pour les assemblées sans prêtres.

Dans le monde monastique, je fais partie de la C.F.C. (Commission Francophone Cistercienne), groupe formé de moines et de moniales qui travaille, depuis le concile, au renouveau de la liturgie dans les monastères (la "C.F.C.-Textes", par exemple, réunit des auteurs qui écrivent pour la liturgie). La C.F.C. publie une bonne revue, "Liturgie", que je recommande aussi, une revue de formation, sérieuse mais pas savante. Elle organise enfin une session chaque année: une fois sur deux pour ses membres uniquement et, l’année suivante, pour tous sur le même sujet. Je suis ainsi allée, en novembre dernier, à l'abbaye bénédictine d'En Calcat pour une session intitulée "liturgie et œcuménisme", très intéressante.

 

Lorsqu'on regarde le programme d'année du monastère, on y remarque, pour la quatrième année consécutive, une session liturgique. Cette année, j'en vois même une seconde, intitulée "Prier avec la liturgie". Est-ce une manière de toucher un plus large public ?

 

Le monastère renoue ainsi avec sa vocation d’origine (jamais oubliée d’ailleurs). Nous avons été fondées pour que la vie monastique puisse non seulement s'épanouir elle-même mais aussi rayonner à travers un « apostolat liturgique » et contribuer ainsi à la formation chrétienne de ceux qui nous fréquentent. Les journées bibliques s’inscrivent dans cette démarche. Les retraites liturgiques lancées l'an passé sont de la même veine. Il ne s’agit pas de former "des grosses têtes" mais, encore une fois, de permettre aux chrétiens de mieux comprendre le sens des choses pour mieux y goûter, mieux les vivre et mieux en vivre.

 

Que voudriez-vous nous dire, à nous laïcs, à propos de notre participation à la liturgie du dimanche, par exemple ?

 

Interrogez-vous sur le sens de votre démarche, creusez, goûtez, savourez. Que la liturgie, même très simple et avec peu de moyens, soit belle. Qu'elle soit "juste", non pas selon un code de rubriques mais comme un instrument bien accordé sonne "juste" (une cithare par exemple). Et surtout, soyez heureux de célébrer. Car n’oubliez pas que c’est l’assemblée qui célèbre !

 

Que diriez-vous pour conclure ?

 

Je pense au livre de l’Apocalypse (c'est une autre de mes passions, mais pas vraiment autre, car la liturgie et l'Apocalypse sont intimement liées). Quand nous serons dans la Jérusalem céleste, nous louerons le Seigneur dans une immense liturgie sans fin. La liturgie que nous célébrons maintenant - l’office et l’eucharistie - est déjà participation à cette Liturgie céleste célébrée devant le trône de Dieu et de l’Agneau. Quand on a compris cela au plus profond de son cœur, pourrait-on encore manquer un office ou aller "avec des pieds de plomb" à l’eucharistie du dimanche ?

Alors…, à dimanche ?

Bernadette Pierrequin et sœur Marie-Paule

 

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Janvier

Le 1er, dans l’après-midi, on projette le film "Les choristes", pour les sœurs qui le souhaitent.

Le 2, visite de madame Siot et de son mari, du château "Le Moutier", à Wépion, où ont habité les premières sœurs de notre communauté. Nous sommes heureuses d'accueillir les hôtes qui nous ont si généreusement reçues, en novembre dernier, lors du concert William Sheller (voir l'Amandier n° 10). Chant des vêpres, visite du monastère et partage amical du goûter.

Le 3, une quinzaine de sœurs de l’Assomption viennent passer une journée de formation sur la psalmodie, animée par sœur Marie-François.

Le 6, une promenade dans les environs de Maredsous est organisée pour les amateurs de marche. Une douzaine de sœurs se joignent aux moines pour une randonnée. Ensuite, partage de la galette des Rois à Maredsous.

Le 7, sœur Loyse anime une rencontre d'initiation aux Psaumes pour le groupe d'art floral liturgique "Fleurs pour Dieu".

Le 8, nous accueillons Cristina, de Bose, pour un séjour de deux mois.

Le 12, assemblée générale et conseil d’administration de l’I.T.I.M.

Le 14, sœur Cristina, de notre fondation du Mexique, en séjour à Ermeton depuis un an et demi, regagne son monastère d'Ahuatepec. Sœur Maria-Guadalupe l'accompagne pour visiter sa famille à Mexico.

Du 24 au 27, dans le contexte de l’année pastorale "Appelés à célébrer", colloque liturgique organisé conjointement par Maredsous et Ermeton en lien avec la C.I.P.L. de Belgique. La rencontre se tient à Ermeton, en raison des travaux entrepris à l'église de Maredsous. Le thème général "La liturgie propose la foi dans la société actuelle" sera développé par l'abbé Benoît Lobet (Caractéristiques de la société d’aujourd’hui), le chanoine Crivelli, directeur du Centre de Pastorale Liturgique de Suisse Romande (Génie de la liturgie), l'abbé Ghislain Pinckers, secrétaire général de la C.I.P.L. (Comment la liturgie de la veillée pascale propose le contenu de la foi), l’abbé Philippe Vermeersch (Comment les Pères de l’Eglise ont proposé la foi), le père Jean-Daniel Mischler, moine de Maredsous (La prière eucharistique). Chaque journée est ponctuée par une séquence de la veillée pascale. Célébrations vécues intensément. Satisfaction unanime des participants.

Le 28, bénédiction abbatiale de sœur Michaëla Hohmann, à Steinfeld, notre fondation en Allemagne. Sœur Loyse  et deux sœurs y participent.

 

Février

Le 2, sœur Loyse se rend au monastère de Rixensart pour le jubilé de 50 ans de profession de sœur Marie-Philippe Schuermans.

Le 3, sœur Nicole se rend à Paris à l'assemblée générale de "Monastic". Nos ateliers ont obtenu le label "Monastic" pour leurs productions : bougies, bas-relief en étain, cartes de fleurs séchées et vannerie.

Les 4-5-6, sœur Loyse donne un cours sur Jérémie à la communauté du "Verbe de Vie" à Fichermont.

Le 7, sœur Marie-François anime une deuxième journée sur la psalmodie pour les sœurs de l’Assomption.

Le 12, journée biblique sur les Psaumes, animée par sœur Loyse. Sœur Marie-Paule prend en charge les adolescents et sœur Élisabeth, les enfants.

Le 13, monsieur et madame Gilles, nos voisins, fêtent leurs 60 ans de mariage. Ils partagent notre eucharistie dominicale, célébrée par le père Henri, curé d'Ermeton. Ensuite, nous les entourons avec leurs enfants et quelques personnes du village, tout en dégustant le champagne qu’ils nous ont offert.

Le 14, sœur Bénédicte et sœur Hildegard vont à Bruxelles pour une réunion des libraires religieux.

Le 17, réunion des maîtres et maîtresses de novices, guidés par une réflexion du frère Xavier d'Orval.

Début d’un stage de reliure pour trois élèves, initiés par sœur Marie-François.

Le 19, sœur Birgitta donne une conférence à un groupe de Cadres Chrétiens séjournant à l'accueil, et sœur Élisabeth anime, à Frasnes, un atelier sur la Lectio divina.

Le 23, sœur Nicole se rend à Paris à l'assemblée générale de "Théophile" où sont débattues les questions relatives à la vente des produits monastiques par Internet. Le soir, elle ramènera sœur Maria-Guadalupe, de retour du Mexique après cinq semaines.

 

Mars

Les 5-6,            sœur Loyse donne une session sur les prophètes Amos et Osée, organisée à Ermeton par le C.E.P. (Centre d’Études Pastorales) de Bruxelles.

Le 11, arrivée de madame Lesage qui anime, ce week-end, une session des "Ateliers de la Parole ".

Les 13-15, sœur Nicole et sœur Élisabeth participent, à Paris, à un colloque organisé par la revue "Connaissance des Pères de l’Église", sur le thème  "Les Pères et la prédication".

Le 16, nous fêtons les 90 ans de monsieur Rahier. Messe en fin de matinée célébrée par le père abbé Nicolas, de Maredsous, suivie d'un apéritif et d'un repas de fête partagés avec les oblats et oblates du monastère.

Le 17, sœur Loyse et sœur Marie-Paule se rendent à la prison de Jamioulx pour rencontrer les détenus autour du thème : "D’une cellule à une autre cellule".

Le 20, sœur Agathe qui a séjourné chez nous durant trois ans, est arrivée au terme de son noviciat. Ne souhaitant pas persévérer dans la vie monastique, elle rejoint, pour un essai, les sœurs du Sacré-Cœur.

Du  24 au 27, triduum pascal. Les célébrations sont préparées et assurées par l’abbé José Lhoir. Le jour de Pâques, nous prenons l’apéritif avec tous nos hôtes : bonne occasion de faire la connaissance des personnes venues au monastère pour la première fois.

 

Les absences nécessaires et fréquentes de sœur Birgitta auprès de son papa âgé et malade obligent à un changement de charges. Désormais, sœur Marie-Paule et sœur Hildegard assument en équipe la responsabilité de l’accueil, tandis que sœur Birgitta reçoit la charge de bibliothécaire.

Zone de Texte: Dans la nuit du 19 avril, au moment où nous nous apprêtions à imprimer ce numéro, le père de sœur Birgitta est décédé subitement. Quelques heures auparavant, il s'était encore entretenu joyeusement avec sa fille par téléphone. Nous rendons grâce au Seigneur qui l'accueille dans sa miséricorde et nous entourons sœur Birgitta de notre affection et de notre prière.

Durant ces trois mois, les groupes se succèdent à l’accueil où, quand les accompagnateurs font défaut, les animations sont assurées par les sœurs. Les réunions des fraternités se poursuivent régulièrement.

Sœur Marie-François

 

 

 

La lampe et le lampadaire

 

"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15).Sous la rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

 

            Comme nous l'avons annoncé dans le dernier numéro de l'Amandier, la réflexion sur la restauration de la ferme a recommencé sur une base nouvelle.

            L'option a été prise d'affecter le bâtiment au logement de nos hôtes. En conséquence, un bon nombre des travaux à effectuer dans les quartiers d'accueil actuels, pourra être évité. (On y conservera toutefois quelques chambres de confort suffisant.) On envisage d'installer aussi à "la ferme" une vaste salle indépendante permettant d'accueillir des séminaires et des "groupes d'un jour", ainsi qu'un magasin où seront proposés des livres, les produits de notre artisanat et quelques autres produits d'artisanat monastique de différentes provenances.

            De nouveaux plans sont dressés. Ils font en ce moment l'objet de la réflexion de la communauté et d'une étude financière.

            Les travaux commenceront sûrement à la sortie de l'hiver, sans pour autant espérer la mise en fonctionnement des lieux avant deux ans. Mieux vaut ne pas entretenir d'illusions et procéder dans le calme au réajustement du fonctionnement de l'accueil. Celui-ci, même à quelques dizaines de mètres du monastère, devra rester en lien étroit et constant avec la vie quotidienne de la communauté.

            Le succès rencontré par les deux concerts qui nous ont été offerts, l'intérêt pour notre projet et la sympathie fréquemment manifestés ces derniers mois, nous touchent et nous sont un précieux encouragement. Merci, une fois de plus, à tous nos amis qui portent avec nous nos soucis et nos espoirs!

Comptes bancaires

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Pour la France :

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avec la mention "la lampe et le lampadaire"

 

 

Saint Benoît raconté par les timbres

 

En 1980, la Poste Vaticane a émis une série de cinq timbres à l’occasion du 15e centenaire de la naissance de Saint Benoît. Cinq sujets ont été choisis : la rencontre de Benoît et de l’abbé Désiré, saint Benoît écrivant la Règle, la première page de la Règle, la mort de Benoît et le Mont Cassin. Les timbres, à valeur faciale de 80, 100 et 220 lires, reproduisent des miniatures tirées d’un manuscrit enluminé de l’abbaye du Mont Cassin (Rome bibliothèque Vaticane, codex Latinus, 1202).

 

Le timbre de 80 lires reproduit une enluminure dédicatoire où l’on voit l’abbé Desiderius offrant à Benoît des livres et des propriétés. Au XIe siècle, cet abbé, grand reconstructeur de l’abbaye du Mont Cassin, fit fabriquer à Constantinople un nouvel antependium (voile recouvrant la face antérieure de l’autel) où - à côté de scènes évangéliques – on avait reproduit des épisodes de la vie de Benoît. Celui-ci, assis sur un trône, installe et bénit celui qui fit faire le codex  latinus.

            Les vignettes de 100 et 220 lires sont tirées d’une page de ce même codex, daté des années 1070, représentant la fin de la vie de Benoît. Le choix s’est porté sur deux épisodes essentiels : la rédaction de la Règle et la mort du saint. Dans la "Vita" que nous propose Saint Grégoire, ces deux événements sont, en effet, intimement liés.

            Le biographe écrit : "Je voudrais bien, Pierre, te raconter encore une foule de choses au sujet de ce vénérable Père, mais j'en passe certaines, non sans peine, dans ma hâte à révéler les faits et gestes d'autres saints personnages. Du moins, je ne veux pas que tu l'ignores : cet homme de Dieu, entre tant de miracles par lesquels il a brillé dans le monde, n'a pas laissé de resplendir aussi par les paroles de son enseignement : en effet, il a écrit une Règle monastique qui l'emporte par son esprit de discernement et la clarté de son discours. Quelqu'un voudrait-il connaître plus à fond ses mœurs et sa vie, il pourra trouver dans ce code de la Règle tous les actes du Maître car, en aucune façon, le saint homme n'aurait pu enseigner autre chose que ce qu'il vivait." (Vie de saint Benoît, ch. 36) et aussitôt après, Grégoire nous raconte la "sortie de ce monde" de Benoît (ch. 37, 2): "Six jours avant son départ, il se fait ouvrir son tombeau. Peu après, il est pris d'accès de fièvre dont l'ardeur véhémente commence à l'accabler. Comme sa langueur s'aggravait de jour en jour, au sixième jour, il se fit porter par ses disciples à l'oratoire et là, il s'assura pour son départ en recevant le Corps et le Sang du Seigneur, puis, entouré de ses disciples qui soutenaient de leurs mains ses membres affaiblis, il rendit le dernier souffle en prononçant des paroles de prière."

Les timbres de 150 et 450 lires représentent respectivement la première page de la Règle et l’abbaye du Mont Cassin. Pourquoi ce choix ? Ne signifie-t-il pas que les "fruits" de la vie du patriarche des moines d’Occident se trouvent là ? Tout d’abord, dans la pérennité d’une "petite Règle", "initiation très modeste" (RB 73) pour que vienne le jour où nous monterons en vue d'atteindre "les sommets de doctrine et de vertu" proposés par les premiers moines. Et ensuite, dans la communauté des moines qui se construit jour après jour, lieu d’apprentissage pour que chacun, à la suite de Benoît, puisse peu à peu, faire mûrir et authentifier son choix de jeunesse -  "vivre pour Dieu seul" - à "l'école du service du Seigneur"  (Prologue de la RB).

 

Jean Pierrequin et sœur Élisabeth

Page des Jeunes

 

Apocalypse "now" : toute une révélation !

 

Après la retraite pour jeunes donnée à Pâques par sœur Marie-Paule, nous avons demandé à l'un des participants de faire partager ses impressions aux lecteurs de l'Amandier :

 

Si je vous dis "apocalypse", à quoi pensez-vous ? 

            Certainement à la fin du monde ou à une catastrophe…

 

Mais que veut dire ce mot ?

            Voilà une bonne question ! C’est même la première question de la session sur l’Apocalypse de Jean à laquelle j’ai participé lors des vacances de Pâques. C’est à notre demande (Marie-Alice et moi) que sœur Marie-Paule nous a initiés à la compréhension de ce texte pour le moins difficile. Elle en est une grande passionnée. Nous étions quatre à suivre l’enseignement "révélateur" (Alice, Adeline, Lucie et moi ). Ma sœur étant à Rome avec l’école n'a pas pu y participer.

 

            Mais revenons à la question ! Je vais vous répondre : "apocalypse" signifie RÉVÉLATION. Hé! oui, c’est loin de tout ce que nous pouvions imaginer ! C’est cette révélation que nous avons découverte. L'Apocalypse étant bourrée de symboles, nous avons dû "jouer" au détective pour en déchiffrer les sens. Mais l’Apocalypse est tellement vaste et trois jours sont tellement courts que nous n’avons approfondi que les deux premiers chapitres (l’introduction et les sept lettres aux sept Églises). Mais nous avons découvert aussi que l’Apocalypse a suscité beaucoup d’artistes : principalement dans la peinture, mais aussi dans la musique. De fait, nous avons écouté tout le livre, mis en musique, avec des passages lus. Nous l’avons quand même trouvé un peu long. Mais, le chant était très beau.

 

            Nous ne restions pas tout le temps dans l’Apocalypse. Pendant les temps libres, soit nous jouions de la musique et nous chantions, soit nous nous promenions dans le bois (il faisait passablement beau). Nous étions assez fatigués, car nous n’étions pas tous entièrement remis de la Vigile pascale. Nous avons eu, lors de la dernière soirée, la chance de pouvoir aller en récréation avec les sœurs. Occasion de mieux les connaître.

 

            Voilà ce que nous avons fait lors de cette session fort instructive. J’invite tous ceux qui pourront venir découvrir la suite, l’année prochaine. Vous n’aurez pas de mal à nous rattraper.

            En attendant la suite.

Adrien Maes.