Bulletin des Amis d’Ermeton N° 17

Avril 2006

 

Éditeur resp. : Sœur Loyse Morard, Monastère Notre-Dame

Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert

 

Contenu

 

C'est Pâques                                                                                  Sœur Loyse

L'Abbaye Sainte-Gertrude                                                            Sœur Madeleine

Les portiers du Monastère                                                            Interview

Nouvelles de la communauté                                                        Sœur Marie-François

La Règle sur le terrain                                                                  Sœur Marie-Christine

Les amis de nos amis sont nos amis                                              Mélodie

La lampe et le lampadaire                              

Quelques représentations iconographiques de St Benoît              Père Daniel Misonne

Page des jeunes                                                                             Raphaël Maes

                                                                       

 

C'est Pâques !

 

 

L'octave pascale touche à sa fin. Nous avons célébré largement, sur toute une semaine, ce que nous rappelons chaque dimanche, voire chaque jour, à chaque eucharistie: le Christ est ressuscité. Cette semaine de Pâques n'est pas isolée dans le temps : quarante jours pour la préparer et cinquante pour la prolonger. Quarante jours pour creuser l'espace où accueillir la joie; cinquante jours pour la laisser mûrir avant que le souffle de l'Esprit la répande à la Pentecôte, partout et pour toujours. Nous voilà emportés dans le mouvement, non pas tant grâce à nos discours que portés par nos actes; non pas à force de réfléchir mais à force de célébrer: "Faites ceci en mémoire de moi". À force de "raconter" l'Événement par les gestes qui le prolongent et lui donnent vie aujourd'hui, ces gestes qui refont inlassablement ce que tant d'autres ont refait avant nous, depuis deux mille ans. Non pas commenter, mais commémorer.

Pâques est bien plus qu'une fête, même la plus grande. C'est une réalité vivante, un fait humain auquel personne n'est étranger. Sa célébration remonte à la nuit des temps. Elle accompagne, dès l'origine, une expérience que nous faisons et refaisons tous chaque jour: celle de la traversée, ce moment décisif, nécessaire et angoissant, toujours dangereux, du "passage" d'un état à un autre; une forme de mort pour une nouvelle chance de vie. Les nomades "passaient" avec leurs troupeaux d'un pâturage à l'autre, meilleur. Les Israélites sous la conduite de Moïse, ont "passé" la mer; quitté l'esclavage d'Égypte pour la liberté de la terre promise. Cinq cents ans plus tard, le roi Josias décidait, à Jérusalem, la célébration d'une fête de Pâque solennelle pour marquer la conversion de ses contemporains, leur retour à l'Alliance, leur "passage" de l'idolâtrie à la foi. Retour éphémère, mais la célébration, elle, a continué d'année en année à rappeler aux enfants d'Israël qu'ils devaient rester toujours prêts à de nouveaux départs en vue de nouvelles libérations.

Et voici que, six siècles plus tard encore, à l'occasion toujours de la même célébration, Dieu a voulu révéler totalement son mystère, nous dire qu'il est amour et jusqu'où va son amour. C'est à Pâques qu'il s'est donné. À Pâques que Jésus de Nazareth a traversé la mort et a été ressuscité, qu'il est "passé" de ce monde à son Père, de la vie mortelle à la vie éternelle; qu'il a quitté les siens pour une terre promise dont il nous montre le chemin et où il nous appelle à la liberté. Depuis lors, il nous attend là. Et maintenant, d'une fête de Pâques à l'autre, d'un dimanche à l'autre, d'une eucharistie à l'autre, nous "passons" avec lui de la mort à la vie; nous marchons à sa suite vers l'amour et la liberté. Nous revivons son propre passage, comme les Israélites revivent chaque année le passage de la mer. Nous "faisons mémoire". 

La mémoire, silencieuse et active, se renouvelle à chaque célébration; elle s'approprie l'événement pascal, nous en rend contemporains, nous y engage. Pâques est de tous les instants. Chaque "passage", chaque souffrance, incertitude, contradiction, surprise quotidiennes, est un appel à ressusciter avec le Christ, d'une vie autre, toujours neuve, toujours inattendue, qui déroute nos attentes et dépasse nos espérances. Chaque mort est aussi une naissance. Comme à Emmaüs le soir de Pâques, le Christ vivant est là, qui accompagne nos déceptions et nos doutes. Il se révèle au moment où nous partageons sa parole et son pain. S'il demeure invisible, sa mémoire pourtant continue à brûler nos cœurs. Depuis 2000 ans, la contagion de son feu ne cesse pas de nous envahir.

Des "passages", nous en vivons tous, tous les jours, plus ou moins risqués, douloureux ou vertigineux. Depuis Pâques, nous savons qu'ils sont toujours chargés d'espérance. En cette année 2006, notre communauté en vivra deux, importants. L'arrivée de nos sœurs de Louvain-la-Neuve, fixée au 7 août prochain, marquera un tournant dans son histoire en la renouvelant d'un tiers de ses effectifs. À notre manière et de toute notre amitié fraternelle, nous partageons et partagerons l'expérience "pascale" de nos sœurs. D'autre part, le chantier de restauration de la ferme, qui doit s'ouvrir dans le courant du mois de mai, sera lui aussi le lieu d'un "passage", laborieux sans aucun doute mais que nous espérons fécond. Déjà il a mobilisé à la fois le courage de la communauté et la solidarité de nombreux amis. Avec eux, nous sommes convaincues que nous ferons la traversée tous ensemble ou que nous ne la ferons pas.

Nous connaissons tous ce célèbre passage de la vie de saint Benoît par le Pape saint Grégoire: Benoît s'est retiré depuis deux ans dans la complète solitude. Un prêtre de passage vient lui apporter un repas de fête et lui annonce que "c'est Pâques aujourd'hui". Le jeune ermite qui a perdu toute notion du temps, même et y compris du temps liturgique, lui répond: "c'est Pâques puisque je te vois".

Même si nous ne savons pas encore exactement par où et jusqu'où toutes nos "pâques" nous conduiront, nous sommes sûres en tout cas que le Christ vivant nous y accompagne et que, si nous avons quitté la rive avec lui, il nous guide, par delà les remous de la traversée, jusqu'au "port du salut". C'est Pâques puisque nous voulons nous ouvrir plus largement au partage, avec nos sœurs, avec nos hôtes, présents et futurs. C'est Pâques puisque nous voulons accueillir la vie par delà les incertitudes et les "morts" qu'elle nous réserve. L'expérience de Pâques ne s'explique pas; elle ne se commente pas; elle se vit. Qu'elle nous unisse, tous ensemble, dans la joie du Christ ressuscité. Bonne fête de Pâques à chacune et chacun !

 

Sœur Loyse, 23 avril 2006

 


 

L'abbaye Sainte-Gertrude

 

 

 

Troisième étape

A Louvain-la-Neuve

Du 17 novembre 1978 au 6 août 2006

 

 

 "... Notre implantation à Louvain-la-Neuve nous apparaît comme une grâce et un bonheur. Il s'agit à présent d'éviter l'écueil grave de "l'installation". C'est en Dieu seul que nous mettons notre espérance. Qu'il nous maintienne dans notre propos de pauvreté, dans notre souci d'être attentives à toute détresse, dans notre volonté de vivre l'Evangile au jour le jour."

 

Ainsi se terminait notre premier dépliant paru à Louvain-la-Neuve. Vivre l'Evangile au jour le jour est pour tout chrétien une aventure. Entre les différentes définitions du mot "aventure" proposées par le "Petit Robert", je retiens celle-ci: "ensemble d'activités, d'expériences comportant du risque, de la nouveauté, et auxquelles on accorde une valeur humaine." Elle me paraît bien caractériser la période que notre communauté a vécue à Louvain-la-Neuve de 1978 à 2006.

 

1978-1988

Notre implantation à Louvain-la-Neuve nous a provoquées à nous impliquer totalement dans une "ville en chantier". L'expression n'est pas trop forte. Notre quartier "l'Hocaille" commence en 1978 à sortir de terre, à s'équiper de rues et d'habitations pour résidants et pour étudiants. Nous sommes tous dans la situation de "nouveaux". Nous nous sentons bien accueillies par nos voisins, l'échange de services est quasi quotidien et nous vivons dans l'enthousiasme d'un commencement. Notre chapelle inaugurée peu de jours après notre arrivée devient vite familière à nos voisins, ne fût-ce que par le son des cloches... L'heure matinale de nos eucharisties en semaine tient compte de ceux et celles qui travaillent sur le site. La fermeture tardive de la porte de la chapelle le soir est très appréciée.

 Notre abbesse, M. Michaël Lange nous entraîne à bien prendre le tournant et à discerner l'essentiel de notre vie monastique dans ce nouveau cadre de vie, car prière, travail, vie communautaire et accueil doivent s'harmoniser dans des locaux beaucoup plus petits. Nous sommes passées du jour au lendemain de l'Abbaye traditionnelle au monastère-maison. Quant à la formation permanente, elle est favorisée par des conférences - au monastère, à l'U.C.L., en ville. Nous avons entre autres bénéficié bien souvent de la compétence biblique du P. Jacques Dupont, moine de Clerlande.

 En arrivant à Louvain-la-Neuve, la communauté compte 22 sœurs. Le travail est réparti entre des équipes de sœurs: celles de la liturgie, de l'accueil des hôtes, de la bibliothèque, des ateliers de reliure et de céramique, de l'entretien des bâtiments. Plusieurs sœurs, comme nous l'avons dit dans le numéro précédent de l'Amandier, travaillent en dehors du monastère. Elles expérimentent les contraintes et les avantages d'un travail professionnel; des liens se nouent avec les collègues côtoyés chaque jour. L'amitié naît de l'écoute réciproque, et nous espérons que notre simple présence révèle quelque chose de l'Évangile et de la bonté de Dieu pour tous ses enfants. L'oisiveté ne guette pas la communauté, d'autant plus que nous sommes de plus en plus sollicitées dans cette ville qui s'agrandit d'année en année.

 La population étudiante de Louvain-la-Neuve se renouvelle sans cesse et laisse la ville déserte les week‑ends et les vacances. Les amitiés, les groupes de vie, de prière et d'activités culturelles et spirituelles ont un caractère éphémère. Ils se font et se défont au rythme des arrivées et des départs. Notre monastère tente d'offrir un contrepoids à cette situation par un propos très net de stabilité: stabilité des personnes, du groupe, des temps de prière, du projet de vie ancré dans la tradition bénédictine.

 Nous accueillons pour une ou plusieurs journées "les hôtes qui surviennent au monastère", comme le demande saint Benoît. Ils sont très divers, nous étonnent parfois, nous émerveillent! Equipes de catéchèse, élèves de classes terminales en retraite, souvent interpellées par la vie communautaire, personnes en recherche de sens ou désireuses de silence et de prière, étudiant(e)s en blocus se succèdent. L'U.C.L. nous demande parfois d'accueillir des professeurs belges ou étrangers le temps d'un congrès, d'un colloque, d'une défense de thèse. Nous avons alors des rencontres intéressantes avec eux.

Notre quartier a vu se construire le "Placet", un centre où vivent des familles d'étudiants originaires d'autres horizons: Afrique, Asie, Amérique latine, etc. Les "résidants" ont opté pour une vie plus simple, plus saine, plus solidaire qu'ailleurs. Cela se concrétise par toute une gamme de gestes, d'attitudes, d'activités: une fête de quartier, des journées "portes ouvertes", des échanges de menus services. Toutes situations inédites pour nous et qui demandent du discernement quant à notre participation concrète.

M. Michaël Lange donne sa démission d'abbesse en 1981 après avoir été à la tête de la communauté pendant quarante ans. Quarante années ponctuées par des événements tels que le bombardement de 1944, la reconstruction de l'Abbaye, la mise à jour de notre mode de vie à la suite du Concile, la construction du nouveau monastère à Louvain-la-Neuve et le transfert de la communauté. Seul le Seigneur est à même de lui rendre ce qu'elle considérait comme un "service". La communauté se donne comme prieure sr Marie Claes revenue du prieuré de Quévy où elle a exercé un priorat pendant plusieurs années.

En 1982, Anne puis Marie-Christine se joignent à notre communauté. C'est l'occasion de repenser la formation de jeunes appelées à la vie monastique. Sr Marie-Cécile, responsable de la formation, est aidée par une équipe de soeurs. Cette même année, le chantier de l'église Saint-François est inauguré à Louvain-la-Neuve. Sr Elisabeth participe à la réunion mensuelle de l'équipe pastorale et transmet aux sœurs ce qui peut les intéresser. Comme toutes les communautés, après la parution du Nouveau Code de Droit Canonique, nous sommes invitées à élaborer de nouvelles constitutions dans l'esprit de Vatican II. Ce travail nous prend plusieurs mois et sera approuvé par Rome.

En 1986, le P. Pierre de Bethune demande à sr Marie-André d'être la personne contact du monastère dans le "Dialogue interreligieux monastique" qui se met en place. Depuis 1996, elle collabore avec lui au Bulletin International du DIM, publié en anglais et en français qui deux fois par an informe les monastères de tout ce qui touche au dialogue interreligieux. Grâce à sr Marie-André, la communauté s'ouvre à un domaine qui ne lui était pas familier.

 

1988-1998

Le 20 juin 1988, Mère Marie-Cécile Claeys est élue abbesse de la communauté. Le Cardinal Danneels lui confère la bénédiction abbatiale et nous fêtons le 10e anniversaire de notre arrivée à LLN dans la joie.

Notre curé, l'abbé Raymond Thysman, demande à sr M.-André d'assurer un groupe biblique. Le "groupe Isaïe" se réunit deux fois par mois depuis 12 années. Plusieurs dans ce groupe expriment le désir de mieux connaître notre spiritualité; ainsi naît le groupe "Saint-Benoît". D'autre part, sr Elisabeth lance l'"Ecole de la Parole", une "lectio divina" faite en commun.

Mère Michaël, après sa démission comme abbesse, s'est effacée mais, gardant tout son dynamisme, elle rayonne autour d'elle le bonheur de vivre au service du Seigneur et de sa communauté. Elle dispense aux plus jeunes ses encouragements à suivre le Christ, mais ses forces l'abandonnent et elle nous quitte le 10 mars 1995. Dans la communauté, nos rangs se sont éclaircis depuis que nous sommes à LLN, et la relève ne se fait pas.

 

1998-2006

En 1998, l'année de nos 20 ans, nous nous posons la question: que serons-nous dans 5 ans ? Soyons lucides. L'âge de la communauté sera plus élevé, pourrons-nous continuer à assurer la liturgie et le travail ? Qui pourrait nous aider ? Plusieurs perspectives sont envisagées et nous associons à notre réflexion quelques amis de la communauté. Bientôt le groupe, "Les Amis de Sainte-Gertrude", se constitue puis s'agrandit. Une équipe de trois sœurs et de plusieurs amis organise une grande réunion en 2001 et les questions sont posées: Qu'attendez-vous du monastère et que peut-il attendre de vous? Il y a une attente de part et d'autre, attente spirituelle et attente d'aide pratique. Depuis lors un petit bulletin "Ste-Gertrude.Com" facilite la com-munication. Les réunions d'octobre 2005 et janvier 2006 à Ermeton ont démontré que "les amis de nos amis sont nos amis" (voir article dans ce numéro).

Le départ de LLN préparé par de multiples échanges communautaires reste dans nos perspectives. La rumeur de notre départ alerte les sœurs salésiennes de Don Bosco. Elles marquent leur intérêt pour nos bâtiments et se portent acquéreur. D'autre part les démarches faites auprès des communautés bénédictines aboutissent. La communauté d'Ermeton accepte de nous accueillir. Sept d'entre nous demandent à se joindre à elle. Sr Marie-Paul opte pour l'Abbaye de la Paix-Notre-Dame à Liège.       Dès lors, M. Loyse et les sœurs d'Ermeton nous préparent une place, au prix de quelques aménagements dans le monastère; nous percevons à quel point elles désirent nous intégrer comme des sœurs dans leur communauté: inventer ensemble l'avenir à recevoir comme un don de Dieu. Nous leur en sommes très reconnaissantes.

 

- "Que cherchez-vous?", dit Jésus à ses disciples

- "Maître, où demeures-tu?"

- "Venez et vous verrez."

Et ils demeurèrent auprès de Lui...

                                               Jn 1, 38-39

Sœur Madeleine

 

 

Les portiers du Monastère

 

 

La Règle de saint Benoît consacre tout un chapitre au "portier du monastère". En voici les premiers versets :

 

"A la porte du monastère on placera un sage vieillard, qui sache recevoir et rendre un message, et dont la maturité le préserve de toute oisiveté. Le portier devra avoir sa cellule près de la porte, afin que ceux qui viennent trouvent toujours à qui parler. Et aussitôt qu'on aura frappé ou qu'un pauvre aura appelé, il répondra "Deo gratias" ou "Benedic". Puis, avec toute la mansuétude que donne la crainte de Dieu, il s'empressera de donner réponse avec une charité fervente.

Si le portier a besoin d'aide, on lui donnera un frère plus jeune." (RB 66, 1-5)

 

Nous avons interrogé, au sujet de ce service important, les sœurs et les amis qui forment "l'équipe de la porterie": sœur Josyane, sœur Marie-Élisabeth, Bernadette Pierrequin, Gilberte De Backer et Robert Berger.

 

L'Amandier : Pourquoi, à votre avis, Saint Benoît a-t-il consacré un chapitre entier de la Règle au portier ?

Sœur Josyane : Chaque sœur assure un "service", utile à la communauté, qui lui est confié par la Prieure. Moi qui assume le service de la porterie depuis plusieurs années, je trouve que le premier contact avec les personnes qui arrivent au monastère est très important, surtout pour ceux qui n'y sont jamais venus.

Robert : La porterie du monastère est, en effet, le premier point de contact entre celui-ci et le monde extérieur.

Sœur Marie-Élisabeth : Il est communément admis que, dans la première rédaction de la Règle, le chapitre 66 était le dernier. Mais actuellement, ce chapitre est suivi d'un autre qui parle "des frères que l'on envoie en voyage". Le portier apparaît ainsi comme celui qui fait le lien entre le "dedans" et le "dehors". Saint Benoît semble donc accorder une certaine importance à ce rôle dans le monastère.

 

L'Amandier : Pourquoi la présence permanente d'un portier est-elle si importante?

Sr J. : Saint Benoît dit, en effet, que le portier ne doit pas se promener partout; il doit être là dès que l'hôte se présente pour l'accueillir, afin que l'hôte soit "reçu comme le Christ en personne" (RB 53, 1) . C'est pourquoi je tâche d'accueillir chacun avec mon plus beau sourire pour le mettre à l'aise, puis je lui adresse quelques mots et le dirige vers la sœur hôtelière qui les accueillera plus amplement. Mon rôle n'est pas de faire de grandes conversations. Saint Benoît demande aussi que le portier ait l'assistance d'un frère plus jeune. Mais ici, l'aide nous vient également de bénévoles de tous âges qui veulent bien nous rendre ce service.

Bernadette : Lors des journées de récollection de groupes, beaucoup sont étonnés de me voir ouvrir autant de fois la porte, me relever aussi souvent pour accueillir, toujours avec le même sourire… La réponse que je donne alors est : "Je suis là pour ça".

 

L'Amandier : Qui accueillez-vous au monastère ?

B. : La personne qui sonne au monastère vient tantôt pour un séjour, tantôt pour demander un renseignement, pour la librairie ou pour un des ateliers. Il y a aussi le "touriste" : "Nous passions… nous venons voir ce qu'on peut visiter…". Quelquefois, c'est un "pauvre" qui vient demander de l'aide. Nous accueillons aussi les familles ou les amis des sœurs.

Sr J. : Les pauvres que nous accueillons sont dans le besoin matériel, mais plus souvent encore dans le besoin d'être écouté…

Sr M.-E. : Il me semble qu'il faut aussi signaler l'accueil des enfants. Ils viennent à la porterie à des occasions très variées : la saint Nicolas, la fête du patro, les marches parrainées des différentes écoles… Les groupes de retraite de profession de foi, de confirmation… Certains entrent aussi par la chapelle Saint Benoît … et il faut parfois leur apprendre ce que signifie ce lieu de prière ! C'est alors toute la communauté qui, à l'office, participe à la mission d'accueil des portiers. Le rôle du portier est d'ailleurs de manifester l'accueil de la communauté. Il ne fait rien en son nom personnel.

L'Amandier: Le portier doit-il avoir des qualités particulières ?

Gilberte : La portière est censée connaître plus ou moins les fonctions et occupations de chacune. Non seulement elle ouvre la porte, mais elle fait office de standardiste, de conseillère pour les achats en librairie ou au magasin. Elle peut orienter les visiteurs vers les endroits accessibles au public, comme la chapelle, indiquer les différentes promenades dans les alentours… A la demande de certains, elle peut dire encore quelques mots sur la fondation du monastère et … elle est aussi disponible pour de petits travaux !

B. : Le portier doit être quelqu'un qui soit "capable" de "recevoir et de rapporter" un message, et aussi "qui n'aille pas se promener partout". Il est la personne qui examine les motifs de visite et prend les mesures voulues pour mettre en contact les visiteurs et les sœurs concernées, en dérangeant le moins possible la communauté.

R. : Pour certains visiteurs de passage, la rencontre avec le portier est le premier et peut-être le seul contact avec le monastère. En quelques instants, le portier doit donner une juste vision de l'atmosphère qui règne à l'intérieur du monastère, tout en faisant preuve d'une grande discrétion.

 

L'Amandier: Pourquoi des laïcs à la porterie ?

R. : Le portier laïc doit connaître le monastère et lui être attaché par des relations fraternelles et spirituelles, ceci afin de pouvoir communiquer aux visiteurs les principales valeurs que les moniales vivent.

B. : Une dame extérieure à la communauté comme portière, cela peut parfois surprendre! Dès qu'une personne - à la porte ou au téléphone – me dit "Bonjour, ma sœur", je dis immédiatement que je suis laïque pour que, informée, mon interlocuteur ne me fasse pas de confidences destinées à une moniale. Ce service que je rends au monastère soulage le travail de la communauté.

Sr M.-E. : Oui, il faut le dire, la participation des portiers bénévoles est une aide précieuse pour la communauté. Elle permet aux sœurs de se consacrer de manière plus suivie aux travaux des ateliers ou aux divers services communautaires.

 

L'Amandier : Quelle est la valeur évangélique de cette charge ?

B. : Répondre au téléphone, transmettre les messages, accueillir les visiteurs, les retraitants, s'occuper de la vente à la librairie… sont des services d'une richesse incroyable. Que de personnes rencontrées, que d'échanges ! Cette tâche est vraiment formidable. Depuis 15 ans que je rends ce service un jour par semaine, j'apprends encore et toujours à être d'une disponibilité plus adéquate. Portière, c'est aussi être une oreille, une écoute pour les personnes qui viennent régulièrement chercher de l'assistance. Au fil du temps, ces personnes voient dans la portière un visage connu et, parfois, en attendant la sœur qui les recevra en privé, elles se laissent aller à des confidences que je reçois avec beaucoup de respect et d'attention. C'est un service d'écoute qui demande de la discrétion. Tout ce que je reçois de ces entretiens, les bonnes et les moins bonnes nouvelles, je les porte dans la prière. D'ailleurs certains le demandent avec empressement.

G. : Le contact avec les vrais pauvres est souvent émouvant. Et il est important de les recevoir avec gentillesse, avec un sourire qui peut parfois redonner du courage à des personnes que la vie n'a pas gâtées et dont la détresse est grande. Ils éveillent en nous un sentiment de compassion et un besoin d'aider ceux que nous rencontrons hors du monastère. "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait."

R. : Lorsqu'un pauvre sonne, l'accueil que je lui réserve est le même que pour toutes les personnes qui se présentent, car il n'y a pas d'indice de pauvreté. De toute façon, l'écoute des misères humaines a beaucoup d'importance. Que ce soit par une moniale ou par un portier laïc, le fait d'être écouté peut changer une vie, redonner espoir. Outre ces échanges, il m'est aussi possible, lorsque je suis portier, d'assister à l'Office du milieu du jour et ainsi de structurer ma journée dans le calme et la prière.

Sr Josyane, sr Marie-Élisabeth, Gilberte, Bernadette, Robert

 

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Janvier 2006

Du 8 au 15, retraite communautaire. Les instructions sont données par le Père Simon-Pierre Arnold, prieur de Chucuito au Pérou.

Le 14, l'eucharistie est présidée par le Père abbé Nicolas, de Maredsous, qui fête aujourd'hui le cinquantième anniversaire de sa profession monastique. Nous prenons ensemble le verre de l'amitié et la retraite continue...

Le 15, pour marquer la fin de la retraite, le Père Simon-Pierre nous parle de sa communauté et de la situation du Pérou.

Le 16, sœur Bénédicte participe à une réunion des responsables de l'oblature, à Rixensart. Il s'agit de donner une suite au congrès international des oblats bénédictins qui a eu lieu à Rome en 2005 et de créer des liens plus forts entre les oblats des différents monastères.

Le 17, sœur Lorenza Campagna, de Bose (Italie) arrive pour un séjour d'un mois en communauté.

Le 18, sœur Marie-David part à Strasbourg pour le lancement de la deuxième année de licence en théologie.

Le 20, sœur Marie-Paule participe à la réunion de la commission diocésaine de liturgie, à Ciney.

Le 22, nous recevons les amis les plus proches de nos sœurs de Louvain-la-Neuve afin qu'ils puissent prendre connaissance du monastère qui va les accueillir en août prochain. "L'équipe porteuse" des amis d'Ermeton est venue nous aider à préparer la réception et participer à la rencontre. Après l'accueil en début d'après midi, chacun se présente. Visite de la maison, chant des Vêpres, et goûter­-souper. Sans nul doute, des liens se sont créés entre tous. Cela ne peut que continuer dans l'avenir. (cf. p. 15-16)

Du 22 au 24, sœur Nicole se rend chez les bénédictines de Jouarre pour une session des libraires monastiques.

Le 23, sœur Cécile d'Urt, petite sœur de Jésus qui séjourne depuis un mois parmi nous, donne une causerie sur le Pakistan.

Le 28, arrivée d'un groupe ADIC (Association chrétienne des dirigeants et des cadres) avec le père Herr, s.j. Mère Loyse leur donne une conférence sur le Notre Père et les Psaumes.

 

Février

Le 4, sœur Lalini, religieuse du Bon Pasteur, membre du mouvement "Le Nid", donne une causerie sur son travail dans les milieux de la prostitution à Bruxelles. Occasion de reprendre conscience de certaines réalités de la vie et des conditions précaires suscitées par la pauvreté.

Le 4 et le 5, sœur Nicole se rend à Paris pour l'assemblée annuelle de "Théophile" (vente sur internet) et de "Monastic", dont nous avons obtenu le label commercial pour certains produits de notre artisanat.

Le 7, Mère Loyse se rend à Liège aux funérailles de sœur Bruno Colin.

Le 10, fête de sainte Scholastique, un spectacle sur l'Île de La Réunion est organisé pour la communauté.

Le 11, commence, à l'accueil, une retraite donnée par le Père Jean-Daniel Mischler, de Maredsous, sur la prière. Sœur Marie-Paule se rend à Arlon où elle assure un atelier sur la prière des psaumes dans le cadre d'un projet pastoral organisé par l'abbé Jadot, doyen : "24h. de la prière".

Le 12, quatre sœurs vont à Liège à La Paix-Notre-Dame pour la bénédiction abbatiale de sœur Madeleine Boland,

Le 14, nous accueillons Monseigneur Warin, évêque auxiliaire de Namur. Il participe au chant des vêpres, donne une causerie sur son travail pastoral et prend le repas du soir avec nous.

Du 17 au 20, Mère Loyse et sœur Marie-Paule participent à la session de l'UBB (Union des Bénédictines de Belgique), à Hurtebise.

Le 22, arrivée des sœurs Anna et Ilaria, de Bose, pour un séjour d'une dizaine de jours parmi nous.

Le 23, au sanctuaire de sainte Rita à Marchienne-au-Pont, sœur Birgitta parle de la Lectio Divina.

Le 25, journée biblique animée par Mère Loyse sur David, pour un bon nombre de participants.

 

Mars

Le 8, l'abbé Henrotte passe la journée avec un groupe de jeunes. Sœur Elisabeth leur donne un témoignage. Après les Vêpres, ils exécutent un chant pour la paix.

Le repas du soir est offert par nos internes du collège de Maredsous. Elles ont tout préparé avec soin et beaucoup de savoir-faire. Nous passons la soirée ensemble dans une ambiance bien agréable.

Le 10, sœur Marie-Paule participe à la réunion de la commission diocésaine de liturgie, à Ciney.

Le même jour, nous apprenons avec grand soulagement l'octroi du permis de construire à la ferme. Cela vaut bien un bon verre, pris toutes ensemble, pour fêter cela!

Le 14, récollection des prêtres du Doyenné. Sœur Marie-Paule leur parle de l'office et commente l'hymne de carême: "Venez au jour".

Le 15, départ de sœur Marie-Élisabeth pour Rome. Elle rejoint le groupe de moines et de moniales qui pendant quinze jours étudieront la Règle de saint Benoît et les Dialogues de saint Grégoire "sur le terrain". (cf p.14)

Le 16, récollection des prêtres du Doyenné de Wa1court.

Du 17 au 19, "Ateliers de la Parole" par Madame Lesage.

Le 20, récollection sur la Lectio Divina , animée par sœur Birgitta.

Le 22, accueil des élèves du Collège de Bonne Espérance pour une retraite de trois jours.

Le 26, causerie d'Aline Van Pel sur le congrès des oblats bénédictins qui s'est tenu à Rome du 19 au 25 septembre 2005. (cf. Amandier n°16, p. 12 – 15)

Le 28, récollection animée par Mère Loyse, sur le prophète Isaïe, pour les prêtres et agents pastoraux de la région de Charleroi.

Le 30, retour de sœur Elisabeth qui nous donne le soir, un premier aperçu de ce qu'elle vient de vivre à Rome.

Sœur Marie-Paule se rend à la prison de Jamioulx pour y parler des psaumes.

 

Sœur Marie-François

 

 

La Règle de saint Benoît sur le terrain…

une expérience monastique hors du commun.

 

Du 15 au 30 mars dernier, 35 moines et moniales venus des 4 coins du monde, se sont retrouvés à Rome pour y vivre un temps monastique particulièrement fort. Loin d’un simple séjour touristique, c’est à un véritable "voyage intérieur" que nous avons été invités et confrontés.

 

Toutes les conditions étaient réunies pour nous garantir la bonne réussite de cette session : l’accueil chaleureux de la communauté des sœurs bénédictines de Tutzing, le climat fraternel qui régnait au sein de notre groupe multiculturel, l’organisation discrète et efficace du frère Ignace de Maredsous, la compétence du frère Lambert de Chevetogne, historien et guide tout terrain.

Nous avions la chance d’être accompagnés dans l’étude de la Règle par sœur Aquinata Böckmann, tandis que sœur Véronique Dupont commentait les "Dialogues" de Grégoire le Grand. Journées de cours et journées de visites s’alternaient et s’éclairaient mutuellement.

Nous avons découvert un portrait très vivant de notre fondateur, homme avant tout pétri d’Ecriture et bien de son temps. En replaçant saint Benoît dans le contexte historique du 6ème siècle (contexte politique, socio-culturel, de la nature et des coutumes, ecclésial, monastique) certains passages de la Règle ont reçu un éclairage renouvelé. On comprend mieux, par exemple, l’insistance et le souci pour tous les frères quand on connaît les différences de classes sociales qui se côtoyaient dans un même monastère : "l’abbé ne fera pas acception des personnes, tous les frères travailleront, tous se serviront, tous auront du travail manuel et tous vaqueront à la lecture, que le Seigneur nous conduise tous ensemble… ", ou encore ses mises en garde discrètes mais fermes contre les dérives morales et sexuelles de son temps : "on accordera rarement les bains pour les jeunes, pas de viande de quadrupèdes, des vêtements assez longs…"

Le chemin intérieur de saint Benoît, son passage du monde au monde, sont mis en parallèle avec son itinéraire géographique. Benoît est envoyé de Nurcie à Rome pour étudier, il quittera cette ville et renoncera aux dangers d’une vie facile et mondaine pour rejoindre le Christ dans la solitude, en menant une vie d’ermite à Subiaco. Là, il sera rejoint par des frères et fondera des monastères. Enfin, au Mont-Cassin, il organisera (rédaction de la Règle) la vie de la communauté au service du "monde".

Visualiser les lieux, se rendre compte des sites géographiques, des grottes, des montagnes, se rendre dans la petite ville de Nurcie, parcourir les rues de Rome et ses vestiges archéologiques, grimper à Subiaco, être vu de toute la vallée à partir du Mont-Cassin nous ont fait pénétrer dans cet itinéraire intérieur de saint Benoît, itinéraire auquel chaque disciple de saint Benoît est appelé.

Au terme de la session, le portrait de saint Benoît nous est apparu clairement : un homme habité par la radicalité de l’évangile, ayant les pieds sur terre (jamais en extase), les oreilles et les yeux ouverts percevant profondément et au-delà de l’immédiateté, les bras tendus vers Dieu et en même temps entourant les frères, le cœur enflammé pour le Christ.

Il est difficile, voire impossible de rendre compte de l’ensemble de cette session. Outre ce qui est propre à la vie de saint Benoît, nous avons été mis en contact avec la vie de l’Eglise des premiers siècles : le tombeau de saint Pierre, les catacombes, les baptistères, tant et tant d’églises richement décorées de mosaïques et de fresques, de vestiges témoins de la vie de l’Eglise et de la cité durant les siècles écoulés… Et que dire de nos rencontres avec la population et les communautés locales d’aujourd’hui : la foule à la place saint Pierre pour l’Angélus du dimanche et celle contrastée où se côtoient riches et pauvres dans les rues de Rome, les communautés monastiques à saint Anselme, à saint Paul hors les murs, la communauté de Sant’Egidio…

Nous en restons éblouis, enrichis, reconnaissants envers les organisateurs et nos communautés monastiques respectives, un peu plus conscients d’appartenir à une histoire et à une tradition vivante.

Sœur Marie-Christine

 

 

Les amis de nos amis sont nos amis

 

Le 22 janvier, une rencontre fraternelle et cordiale a rassemblé à Ermeton, d'une part quelques sœurs de Louvain-la-Neuve avec les amis les plus proches de leur monastère et, d'autre part, la communauté d'Ermeton, élargie elle aussi de ses amis les plus proches. Il s'agissait de faire découvrir Ermeton aux amis de Sainte Gertrude, de leur permettre de nous rencontrer et de découvrir les lieux où vivront bientôt leurs sœurs et les nôtres. (Voir les nouvelles de la communauté, page 12). Mélodie, une jeune congolaise de 16 ans, a tenu à accompagner sa mère, ce jour-là. Elle partage ses impressions.

 

Vous avez dit Ermeton ? Depuis le 22 janvier 2006, je vous avouerai que ce nom sonne différemment dans ma tête.

Pourquoi ? Laissez-moi le temps de vous expliquer.

Voici quelques années déjà que ma mère fréquente les bénédictines du Monastère Sainte Gertrude. Que se soit pour leur prêter main forte, ou aux fêtes des amis, ou encore aux conférences, je m’y suis toujours rendue avec beaucoup d’enthou-siasme. Et en apprenant qu’elles allaient nous quitter d’ici l’été prochain, j’ai ressenti un petit pincement au cœur. J’ai donc voulu savoir où elles allaient s’installer, vivre en communauté et continuer de s’épanouir. Elles m’ont gentiment proposé de les accompagner dans leur futur logis, ce que bien entendu, je n’ai pas refusé. C’est donc au bras de ma mère, accompagnées d’autres amis des sœurs, qu’on s’en est allé, en début d’après-midi, vers le Monastère Notre-Dame situé à Ermeton-sur-Biert, à une vingtaine de kilomètres de Namur.

Arrivée là-bas, une première chose me frappe: le paysage. Si on le compare au Monastère Sainte Gertrude de Louvain-La-Neuve, le Monastère Notre-Dame est entouré de magnifiques jardins et situé dans une vallée, la vallée de la Molignée, dont les paysages ruraux m'ont laissée sans voix. Quant au Monastère, lui aussi m’a interpellée, dans sa grandeur mais aussi dans sa splendeur.

Après un accueil chaleureux des bénédictines d’Ermeton, nous voilà dans une grande salle pour un tour de table. Chacun à son tour prendra la parole, les sœurs comme les invités, les plus jeunes comme les plus âgés et, c’est avec timidité qu’à mon tour, je m’introduis. Après quelques mots de bienvenue

présentés par la Mère Prieure, nous traversons la cour et commençons notre visite. Une visite agréable pendant laquelle j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs personnes présentes mais, avant tout, de m’amuser.

Ce fût une visite pour le moins intéressante et que je ne regrette en rien. Les bénédictines d’Ermeton nous ont accueillis avec le sourire, nous ont fait visiter leur domaine et ont pris une après-midi entière pour nous faire plaisir. J’en ai bien plus appris sur la vie d’une bénédictine que je n’en savais déjà et j’en suis bien contente. J’espère que les sœurs de Louvain-La-Neuve se sentiront bien dans leur nouvel environnement et c’est ici que je leur souhaite un grand bonheur auprès de leur future communauté. En espérant leur rendre visite le plus souvent possible, …accompagnée de ma mère ou, pourquoi pas, seule, car je suis devenue aussi leur amie et je les soutiendrai aussi longtemps que je le pourrai…

Amicalement et bonne chance à Ermeton

Mélodie

 

 

 

 

La lampe et le lampadaire

 

"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15). Sous la rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

                                                                                                                       

 

Enfin, nous y sommes ! Beaucoup le savent déjà: en date du 10 mars 2006, le permis d'urbanisme nous a été accordé après une longue et laborieuse attente. Merci, encore et toujours, à tous ces amis fidèles qui se sont dépensés, de tant de manières, pour soutenir notre labeur ! Nous sommes heureuses que leur dévouement si actif soit maintenant récompensé.


Et pourtant, aujourd'hui, tout reste à faire ! Mais qu'allons-nous donc faire? Le projet autorisé n'a pas été soumis à des modifications importantes: seul un crépi gris doit remplacer la brique (ce qui entraînera, malheureusement, quelque augmentation des frais…). Le chantier devrait s'ouvrir vers la mi-mai. L'entrepreneur a été choisi. Une information concernant le projet va être communiquée au voisinage au cours d'une réunion à laquelle ont été invités tous les habitants d'Ermeton. Nous pensons, en effet, que notre environnement et ce que nous en faisons ne nous concerne pas seules. 

 

Zone de Texte: Façade côté rue
Zone de Texte: Façade côté parcLa ferme, à cinquante mètres environ de l'entrée du monastère, abritera, dans le corps de logis, l'étable et la grange, 23 chambres permettant de loger une trentaine de personnes et deux sœurs. Il s'y ajoutera deux salles de séjour pouvant servir aussi de salles à manger, une cuisine, un oratoire, un parloir et un ascenseur. Une nouvelle aile remplacera les garages actuels et comprendra au rez-de-chaussée un magasin et, au premier étage, une vaste salle polyvalente permettant l'accueil de groupes d'un jour, indépendants des hôtes en séjour prolongé.

Le magasin qui se trouve aujourd'hui à la porterie, sera donc déplacé et agrandi. Il offrira non seulement un choix de livres plus large avec les produits actuels de notre propre artisanat (cartes, vannerie, bougies, étains) mais encore les céramiques de l'atelier de nos sœurs de Louvain-la-Neuve transféré à Ermeton, et les objets produits ou fabriqués dans d'autres monastères: peintures et produits forestiers de Wavreumont, champignons de Brialmont, savons de Brecht, pâtes de fruits de Valognes, biscuits de Clairefontaine, etc… etc… L'entraide matérielle entre toutes nos communautés est une nécessité. Elle fait aussi pour nous l'objet d'un choix délibéré de soutien mutuel et d'amitié. Dès aujourd'hui, dans les limites de nos locaux actuels, nous anticipons un peu – toujours avec le précieux soutien de plusieurs amis – le développement de notre petit magasin, afin de préparer déjà son transfert à la ferme d'ici environ deux ans.

Tels sont nos projets – patiemment élaborés et réfléchis – en passe maintenant de se réaliser. L'avancée de leur mise en œuvre fera bien sûr l'objet d'une information régulière dans l'Amandier. Si nous pouvons passer aujourd'hui à la phase de réalisation, c'est que de très nombreux amis et communautés nous ont manifesté généreusement leur intérêt et qu'ils continuent à le faire. Cette sympathie tangible est l'assise qui nous permet d'oser commencer à "bâtir notre tour" dans l'espérance de pouvoir l'achever, comme le recommande l'évangile lui-même (cf. Lc 14,28-30)… Car c'est bien "sur les chemins de l'Évangile" avant tout que nous voulons marcher en communion avec nos amis, toujours guidés par saint Benoît.

Comptes bancaires

 

DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC : GKCCBEBB)

Pour la France :

Société Générale Givet : 0003729001810 (IBAN : FR76 30003 00581 00037290018 10),

(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)

avec la mention "la lampe et le lampadaire"

 

 

 

Quelques représentations iconoraphiques de saint Benoît

 

Comme annoncé dans le dernier numéro de l’Amandier, voici la deuxième partie de l’article du Père Daniel Misonne paru dans la"Lettre de Maredsous" (1996/2). Nous le remercions encore de nous avoir permis de le reprendre.

 

Saint Benoît et la Règle

Zone de Texte: Magister Conxolus, Saint Benoît, fresque du 13e s.. Subiaco, Sacro Speco, église inférieureLa plus ancienne représentation connue de Saint Benoît est la fresque du VIIIe siècle découverte en 1940 dans la catacombe de Saint-Hermès à Rome. Le saint soutient de la main gauche un livre ouvert qu’il désigne de la main droite : la Règle. C’est un des thèmes les plus répandus de l’iconographie bénédictine ; on le retrouve dans toutes les régions et à toutes les époques : Benoît est législateur. Sur la fresque de Saint-Chrysogone de Rome (Xe siècle), représentant le saint guérissant un homme malade, l’artiste a tenu à l’identifier par la Règle qu’il porte de la main gauche, comme si le livre était ce qui le personnalise le plus sûrement, son signe caractéristique en quelque sorte. Sur la grande miniature qui ouvre le Codex Benedictus, manuscrit du Xe siècle exécuté au Mont-Cassin, Benoît assis, revêtu de l’ample coule bleu sombre, a dressé ostensiblement la Règle sur le genou gauche : le livre, bien mis en évidence, est presque aussi important que le saint.

Assurément, le livre de la Règle est l’attribut le plus ancien et le plus fondamental. Toutefois, plutôt que de l’utiliser, on s’est plu parfois à mettre en évidence un geste suggestif ou un thème relevé dans certains de ses chapitres : la prière, l’humilité, le silence, le travail, etc. Nous ne retiendrons ici que deux thèmes : Benoît et le fouet, Benoît et le silence.

 

Saint Benoît et le fouet

Zone de Texte: Piero della Francesca, Saint Benoît, détail du polyptique de la Vierge de la Miséri-corde vers 1450-1460 Dans quelques œuvres italiennes des XIVe et XVe siècles, florentines surtout, Saint Benoît serre d’une main ferme, mais paisiblement, un fouet ou un faisceau de verges. On a voulu y reconnaître une référence aux passages de la Règle où le saint demande de corriger les enfants et les récidivistes inintelligents par les châtiments corporels, selon la coutume de l’époque. Il est peu vraisemblable pourtant que ces rares mentions de la Règle puissent expliquer la présence du fouet comme symbole de la physionomie du saint. En réalité, s’il convient d’établir une relation entre cet attribut et la règle, c’est plutôt dans les tout premiers mots de celle-ci qu’on en discernera la raison. Elle débute par cette phrase : "Écoute, mon fils, l’enseignement du maître". En effet, au moyen âge, le symbole du Magister scolae était précisément le fouet, tout comme dans l’Antiquité, la Grammaire, premier des Arts Libéraux enseignés dans les écoles, était fréquemment représentée par une femme tenant un faisceau de verges. Donc, plutôt qu’un instrument de pénitence, un moyen de correction ou même la rigueur de la discipline monastique, le fouet de Saint Benoît symbolise le maître qui enseigne.

Des peintres et des sculpteurs florentins, notamment Fra Angelico, le Maître de la chapelle Rinuccini de Florence, Bertoldo di Giovanni, Lorenzo Monaco, Lucca della Robbia, et un peu plus tard, Raphaël et Perugino, ont conçu Benoît avec un faisceau de verges. Signalons aussi une peinture sur bois d’un anonyme italien du XVe siècle (actuellement conservée à Maredsous), où Benoît est figuré avec le même attribut. On peut affirmer que le thème du fouet est très localisé dans le temps et dans l’espace. En tout cas, il est totalement ignoré au nord des Alpes. En Allemagne, aux XVe et XVIe siècles, quand on veut représenter Benoît comme Magister, on le coiffe du bonnet de docteur.

 

Saint Benoît et le silence

Zone de Texte: Mariano di Matteo da Roma, St Benoît, fresque de la seconde moitié du 15e s., Monte Oliveto Maggiore, cloître.Benoît consacre tout le chapitre 6 de sa Règle à la retenue dans les paroles et il y revient encore en d’autres endroits (ch. 7, 38 et 52). Pour rappeler aux moines l’importance du silence, le saint sera représenté un doigt sur les lèvres. C’est dans cette attitude que Mariano di Matteo da Roma le peindra au XVe siècle à Monte Oliveto Maggiore. Pour nos régions, on retiendra surtout la très fine gravure de Corneille Galle, dit le Vieux (1576 – 1650), où le saint supporte de la main gauche le livre de la Règle sur lequel est posé la coupe brisée (dont on parlera plus loin) et met l’index à la bouche comme pour inviter au recueillement. Cette gravure reproduit une peinture ovale qu’un Abbé de Liessies, dans la seconde moitié du XVIe siècle, avait fait exécuter, avec d’autres effigies de saints fondateurs d’Ordre, pour orner les stalles de son abbaye. La gravure, éditée à Anvers en 1630, fut copiée par le graveur Michel Van Lochom en 1635 ; cette copie servit, peu après, de modèle au sculpteur Pierre Enderlin pour les très riches stalles de l’abbaye de Floreffe. Un autre exemple nous est donné dans une sculpture du XVIIe siècle (A. Quellin ou J. Willemssens ?) qui se voyait dans les stalles de l’abbaye cistercienne de Saint-Bernard-sur-l’Escaut : saint Benoît, un doigt sur les lèvres, rappelle aux moines l’importance du recueillement. Le thème du silence a connu un certain succès dans nos régions.                   

(À suivre…)

Père Daniel Misonne,  Maredsous

 

Page des jeunes

 

 

Une retraite au monastère

 

Le 4 juin 2006, je ferai ma profession de foi. Sœur Marie-Élisabeth, étant ma marraine, m'a invité à rejoindre un groupe de jeunes de la région qui se préparaient à la profession de foi par une retraite à Ermeton que, précisément, elle animait avec sœur Marie-Paule.

 

1er jour : le premier jour de cette retraite était le dimanche 2 avril. Je suis donc arrivé pour l'heure de la messe après laquelle le groupe est arrivé. J'ai fait connaissance avec les jeunes, puis la retraite a commencé. Nous nous sommes rendus aux Vêpres. Là, sœur Loyse a désigné une sœur qui allait prier pour nous afin que nous restions fidèles à notre profession de foi.

 

2ème jour: Dès que les jeunes arrivent la retraite reprend. Nous avons vu la vie d'Abraham et de saint Pierre. Pour cela nous avons mis en œuvre des figurines modelées (pour Abraham) et une pièce de théâtre (pour saint Pierre).

 

3ème jour : Nous avons reçu un enseignement sur l'icône de la Trinité. Les explications nous ont invité à méditer et à prier en même temps. Nous avons aussi eu la joie de recevoir le sacrement de la réconciliation, donné par un prêtre de Maredsous. De plus, nous avons eu l'occasion de faire un credo avec nos mots.

 

Suite à cette retraite, nous avons reçu un carnet. Le soir du 3e jour, aux Vêpres, la sœur qui priait pour nous nous a remis la croix de profession de foi. Mais, moi, comme j'en avais déjà composé une le 20 mars, j'ai reçu à la place une médaille de Saint Benoît. Les catéchistes étaient super sympa et le groupe, aussi ! Vraiment, j'en garderai un excellent souvenir !!!

Raphaël Maes

 

Mots mêlés du pardon

Retrouve les mots suivants dans la grille :

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accueil – aider – ami – amour – appel – bonté – charité – chrétien – clémence – cœur – confession – conversion – dévouement – Dieu – Église – envoi – Esprit – fête – foi – générosité – grâce – Jésus – louange – merci – miséricorde – paix – parole – péché – prière – réconciliation – sacrement – soutien – témoin – tolérance – voir

 

 

Bravo ! Retrouve maintenant la phrase cachée en utilisant les lettres restantes. Il faut lire de gauche à droite et de haut en bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: ABONNEMENT A L’AMANDIER

L’Amandier est le Bulletin des Amis d’Ermeton. Il paraît quatre fois par an : en janvier, avril, juillet et octobre. Il donne régulièrement des nouvelles de la communauté et de ses projets et rappelle les activités proposées à l’accueil. Il est soutenu et promu par un groupe d’Amis qui proposent : 
 
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