
Éditeur resp. : Sœur
Loyse Morard, Monastère Notre-Dame
Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert
Contenu
C'est Pâques Sœur
Loyse
L'Abbaye Sainte-Gertrude Sœur
Madeleine
Les portiers du Monastère Interview
Nouvelles de la
communauté Sœur
Marie-François
La Règle sur le terrain Sœur
Marie-Christine
Les amis de nos amis sont
nos amis Mélodie
La lampe et le lampadaire
Quelques représentations
iconographiques de St Benoît Père
Daniel Misonne
Page des jeunes Raphaël
Maes
C'est Pâques !
L'octave pascale touche à sa
fin. Nous avons célébré largement, sur toute une semaine, ce que nous rappelons
chaque dimanche, voire chaque jour, à chaque eucharistie: le Christ est
ressuscité. Cette semaine de Pâques n'est pas isolée dans le temps : quarante
jours pour la préparer et cinquante pour la prolonger. Quarante jours pour
creuser l'espace où accueillir la joie; cinquante jours pour la laisser mûrir
avant que le souffle de l'Esprit la répande à la Pentecôte, partout et pour
toujours. Nous voilà emportés dans le mouvement, non pas tant grâce à nos
discours que portés par nos actes; non pas à force de réfléchir mais à force de
célébrer: "Faites ceci en mémoire de moi". À force de "raconter"
l'Événement par les gestes qui le prolongent et lui donnent vie aujourd'hui,
ces gestes qui refont inlassablement ce que tant d'autres ont refait avant
nous, depuis deux mille ans. Non pas commenter, mais commémorer.
Pâques est bien plus qu'une
fête, même la plus grande. C'est une réalité vivante, un fait humain auquel
personne n'est étranger. Sa célébration remonte à la nuit des temps. Elle
accompagne, dès l'origine, une expérience que nous faisons et refaisons tous
chaque jour: celle de la traversée, ce moment décisif, nécessaire et
angoissant, toujours dangereux, du "passage" d'un état à un autre;
une forme de mort pour une nouvelle chance de vie. Les nomades
"passaient" avec leurs troupeaux d'un pâturage à l'autre, meilleur.
Les Israélites sous la conduite de Moïse, ont "passé" la mer; quitté
l'esclavage d'Égypte pour la liberté de la terre promise. Cinq cents ans plus
tard, le roi Josias décidait, à Jérusalem, la célébration d'une fête de Pâque
solennelle pour marquer la conversion de ses contemporains, leur retour à
l'Alliance, leur "passage" de l'idolâtrie à la foi. Retour éphémère,
mais la célébration, elle, a continué d'année en année à rappeler aux enfants
d'Israël qu'ils devaient rester toujours prêts à de nouveaux départs en vue de
nouvelles libérations.
Et voici que, six siècles plus
tard encore, à l'occasion toujours de la même célébration, Dieu a voulu révéler
totalement son mystère, nous dire qu'il est amour et jusqu'où va son amour.
C'est à Pâques qu'il s'est donné. À Pâques que Jésus de Nazareth a traversé la
mort et a été ressuscité, qu'il est "passé" de ce monde à son Père,
de la vie mortelle à la vie éternelle; qu'il a quitté les siens pour une terre
promise dont il nous montre le chemin et où il nous appelle à la liberté.
Depuis lors, il nous attend là. Et maintenant, d'une fête de Pâques à l'autre,
d'un dimanche à l'autre, d'une eucharistie à l'autre, nous "passons"
avec lui de la mort à la vie; nous marchons à sa suite vers l'amour et la
liberté. Nous revivons son propre passage, comme les Israélites revivent chaque
année le passage de la mer. Nous "faisons mémoire".
La mémoire, silencieuse et
active, se renouvelle à chaque célébration; elle s'approprie l'événement
pascal, nous en rend contemporains, nous y engage. Pâques est de tous les
instants. Chaque "passage", chaque souffrance, incertitude,
contradiction, surprise quotidiennes, est un appel à ressusciter avec le
Christ, d'une vie autre, toujours neuve, toujours inattendue, qui déroute nos
attentes et dépasse nos espérances. Chaque mort est aussi une naissance. Comme
à Emmaüs le soir de Pâques, le Christ vivant est là, qui accompagne nos
déceptions et nos doutes. Il se révèle au moment où nous partageons sa parole
et son pain. S'il demeure invisible, sa mémoire pourtant continue à brûler nos
cœurs. Depuis 2000 ans, la contagion de son feu ne cesse pas de nous envahir.
Des "passages", nous
en vivons tous, tous les jours, plus ou moins risqués, douloureux ou
vertigineux. Depuis Pâques, nous savons qu'ils sont toujours chargés
d'espérance. En cette année 2006, notre communauté en vivra deux, importants.
L'arrivée de nos sœurs de Louvain-la-Neuve, fixée au 7 août prochain, marquera
un tournant dans son histoire en la renouvelant d'un tiers de ses effectifs. À
notre manière et de toute notre amitié fraternelle, nous partageons et
partagerons l'expérience "pascale" de nos sœurs. D'autre part, le
chantier de restauration de la ferme, qui doit s'ouvrir dans le courant du mois
de mai, sera lui aussi le lieu d'un "passage", laborieux sans aucun
doute mais que nous espérons fécond. Déjà il a mobilisé à la fois le courage de
la communauté et la solidarité de nombreux amis. Avec eux, nous sommes
convaincues que nous ferons la traversée tous ensemble ou que nous ne la ferons
pas.
Nous connaissons tous ce
célèbre passage de la vie de saint Benoît par le Pape saint Grégoire: Benoît
s'est retiré depuis deux ans dans la complète solitude. Un prêtre de passage
vient lui apporter un repas de fête et lui annonce que "c'est Pâques
aujourd'hui". Le jeune ermite qui a perdu toute notion du temps, même et y
compris du temps liturgique, lui répond: "c'est Pâques puisque je te
vois".
Même si nous ne savons pas encore exactement par où et jusqu'où toutes
nos "pâques" nous conduiront, nous sommes sûres en tout cas que le
Christ vivant nous y accompagne et que, si nous avons quitté la rive avec lui,
il nous guide, par delà les remous de la traversée, jusqu'au "port du
salut". C'est Pâques puisque nous voulons nous ouvrir plus largement au
partage, avec nos sœurs, avec nos hôtes, présents et futurs. C'est Pâques
puisque nous voulons accueillir la vie par delà les incertitudes et les
"morts" qu'elle nous réserve. L'expérience de Pâques ne s'explique
pas; elle ne se commente pas; elle se vit. Qu'elle nous unisse, tous ensemble,
dans la joie du Christ ressuscité. Bonne fête de Pâques à chacune et chacun !
Sœur
Loyse, 23 avril 2006

L'abbaye
Sainte-Gertrude
Troisième étape
A Louvain-la-Neuve
Du 17 novembre 1978 au 6
août 2006
"... Notre implantation à
Louvain-la-Neuve nous apparaît comme une grâce et un bonheur. Il s'agit à
présent d'éviter l'écueil grave de "l'installation". C'est en Dieu
seul que nous mettons notre espérance. Qu'il nous maintienne dans notre propos
de pauvreté, dans notre souci d'être attentives à toute détresse, dans notre
volonté de vivre l'Evangile au jour le jour."
Ainsi se terminait notre premier dépliant paru à Louvain-la-Neuve. Vivre l'Evangile au jour le jour est pour tout chrétien une aventure. Entre les différentes définitions du mot "aventure" proposées par le "Petit Robert", je retiens celle-ci: "ensemble d'activités, d'expériences comportant du risque, de la nouveauté, et auxquelles on accorde une valeur humaine." Elle me paraît bien caractériser la période que notre communauté a vécue à Louvain-la-Neuve de 1978 à 2006.
1978-1988
Notre implantation à
Louvain-la-Neuve nous a provoquées à nous impliquer totalement dans une
"ville en chantier". L'expression n'est pas trop forte. Notre
quartier "l'Hocaille" commence en 1978 à sortir de terre, à s'équiper
de rues et d'habitations pour résidants et pour étudiants. Nous sommes tous
dans la situation de "nouveaux". Nous nous sentons bien accueillies
par nos voisins, l'échange de services est quasi quotidien et nous vivons dans
l'enthousiasme d'un commencement. Notre chapelle inaugurée peu de jours après
notre arrivée devient vite familière à nos voisins, ne fût-ce que par le son
des cloches... L'heure matinale de nos eucharisties en semaine tient compte de
ceux et celles qui travaillent sur le site. La fermeture tardive de la porte de
la chapelle le soir est très appréciée.
Notre abbesse, M. Michaël Lange nous entraîne
à bien prendre le tournant et à discerner l'essentiel de notre vie monastique
dans ce nouveau cadre de vie, car prière, travail, vie communautaire et accueil
doivent s'harmoniser dans des locaux beaucoup plus petits. Nous sommes passées
du jour au lendemain de l'Abbaye traditionnelle au monastère-maison. Quant à la
formation permanente, elle est favorisée par des conférences - au monastère, à
l'U.C.L., en ville. Nous avons entre autres bénéficié bien souvent de la
compétence biblique du P. Jacques Dupont, moine de Clerlande.
En arrivant à Louvain-la-Neuve, la communauté
compte 22 sœurs. Le travail est réparti entre des équipes de sœurs: celles de
la liturgie, de l'accueil des hôtes, de la bibliothèque, des ateliers de
reliure et de céramique, de l'entretien des bâtiments. Plusieurs sœurs, comme
nous l'avons dit dans le numéro précédent de l'Amandier, travaillent en
dehors du monastère. Elles expérimentent les contraintes et les avantages d'un
travail professionnel; des liens se nouent avec les collègues côtoyés chaque
jour. L'amitié naît de l'écoute réciproque, et nous espérons que notre simple
présence révèle quelque chose de l'Évangile et de la bonté de Dieu pour tous
ses enfants. L'oisiveté ne guette pas la communauté, d'autant plus que nous
sommes de plus en plus sollicitées dans cette ville qui s'agrandit d'année en
année.
La population étudiante de Louvain-la-Neuve se
renouvelle sans cesse et laisse la ville déserte les week‑ends et les
vacances. Les amitiés, les groupes de vie, de prière et d'activités culturelles
et spirituelles ont un caractère éphémère. Ils se font et se défont au rythme
des arrivées et des départs. Notre monastère tente d'offrir un contrepoids à
cette situation par un propos très net de stabilité: stabilité des personnes,
du groupe, des temps de prière, du projet de vie ancré dans la tradition
bénédictine.
Nous accueillons pour une ou plusieurs
journées "les hôtes qui surviennent au monastère", comme le demande
saint Benoît. Ils sont très divers, nous étonnent parfois, nous émerveillent!
Equipes de catéchèse, élèves de classes terminales en retraite, souvent
interpellées par la vie communautaire, personnes en recherche de sens ou
désireuses de silence et de prière, étudiant(e)s en blocus se succèdent.
L'U.C.L. nous demande parfois d'accueillir des professeurs belges ou étrangers
le temps d'un congrès, d'un colloque, d'une défense de thèse. Nous avons alors
des rencontres intéressantes avec eux.
Notre quartier a vu se
construire le "Placet", un centre où vivent des familles d'étudiants
originaires d'autres horizons: Afrique, Asie, Amérique latine, etc. Les
"résidants" ont opté pour une vie plus simple, plus saine, plus
solidaire qu'ailleurs. Cela se concrétise par toute une gamme de gestes,
d'attitudes, d'activités: une fête de quartier, des journées "portes
ouvertes", des échanges de menus services. Toutes situations inédites pour
nous et qui demandent du discernement quant à notre participation concrète.
M. Michaël Lange donne sa
démission d'abbesse en 1981 après avoir été à la tête de la communauté pendant
quarante ans. Quarante années ponctuées par des événements tels que le
bombardement de 1944, la reconstruction de l'Abbaye, la mise à jour de notre
mode de vie à la suite du Concile, la construction du nouveau monastère à
Louvain-la-Neuve et le transfert de la communauté. Seul le Seigneur est à même
de lui rendre ce qu'elle considérait comme un "service". La communauté
se donne comme prieure sr Marie Claes revenue du prieuré de Quévy où elle a
exercé un priorat pendant plusieurs années.
En 1982, Anne puis
Marie-Christine se joignent à notre communauté. C'est l'occasion de repenser la
formation de jeunes appelées à la vie monastique. Sr Marie-Cécile, responsable
de la formation, est aidée par une équipe de soeurs. Cette même année, le
chantier de l'église Saint-François est inauguré à Louvain-la-Neuve. Sr
Elisabeth participe à la réunion mensuelle de l'équipe pastorale et transmet
aux sœurs ce qui peut les intéresser. Comme toutes les communautés, après la
parution du Nouveau Code de Droit Canonique, nous sommes invitées à
élaborer de nouvelles constitutions dans l'esprit de Vatican II. Ce travail
nous prend plusieurs mois et sera approuvé par Rome.
En 1986, le P. Pierre de
Bethune demande à sr Marie-André d'être la personne contact du monastère dans
le "Dialogue interreligieux monastique" qui se met en place. Depuis
1996, elle collabore avec lui au Bulletin International du DIM, publié
en anglais et en français qui deux fois par an informe les monastères de tout
ce qui touche au dialogue interreligieux. Grâce à sr Marie-André, la communauté
s'ouvre à un domaine qui ne lui était pas familier.
1988-1998
Le 20 juin 1988, Mère Marie-Cécile Claeys
est élue abbesse de la communauté. Le Cardinal Danneels lui confère la
bénédiction abbatiale et nous fêtons le 10e anniversaire de notre arrivée à LLN
dans la joie.
Notre curé, l'abbé Raymond
Thysman, demande à sr M.-André d'assurer un groupe biblique. Le "groupe
Isaïe" se réunit deux fois par mois depuis 12 années. Plusieurs dans ce
groupe expriment le désir de mieux connaître notre spiritualité; ainsi naît le
groupe "Saint-Benoît". D'autre part, sr Elisabeth lance l'"Ecole
de la Parole", une "lectio divina" faite en commun.
Mère Michaël, après sa
démission comme abbesse, s'est effacée mais, gardant tout son dynamisme, elle
rayonne autour d'elle le bonheur de vivre au service du Seigneur et de sa
communauté. Elle dispense aux plus jeunes ses encouragements à suivre le
Christ, mais ses forces l'abandonnent et elle nous quitte le 10 mars 1995. Dans
la communauté, nos rangs se sont éclaircis depuis que nous sommes à LLN, et la
relève ne se fait pas.
1998-2006
En 1998, l'année de nos 20
ans, nous nous posons la question: que serons-nous dans 5 ans ? Soyons lucides.
L'âge de la communauté sera plus élevé, pourrons-nous continuer à assurer la
liturgie et le travail ? Qui pourrait nous aider ? Plusieurs perspectives sont
envisagées et nous associons à notre réflexion quelques amis de la communauté.
Bientôt le groupe, "Les Amis de Sainte-Gertrude", se constitue puis
s'agrandit. Une équipe de trois sœurs et de plusieurs amis organise une grande
réunion en 2001 et les questions sont posées: Qu'attendez-vous du monastère et
que peut-il attendre de vous? Il y a une attente de part et d'autre, attente
spirituelle et attente d'aide pratique. Depuis lors un petit bulletin "Ste-Gertrude.Com"
facilite la com-munication. Les réunions d'octobre 2005 et janvier 2006 à
Ermeton ont démontré que "les amis de nos amis sont nos amis" (voir
article dans ce numéro).
Le départ de LLN préparé
par de multiples échanges communautaires reste dans nos perspectives. La rumeur
de notre départ alerte les sœurs salésiennes de Don Bosco. Elles marquent leur
intérêt pour nos bâtiments et se portent acquéreur. D'autre part les démarches
faites auprès des communautés bénédictines aboutissent. La communauté d'Ermeton
accepte de nous accueillir. Sept d'entre nous demandent à se joindre à elle. Sr
Marie-Paul opte pour l'Abbaye de la Paix-Notre-Dame à Liège. Dès lors, M. Loyse et les sœurs d'Ermeton
nous préparent une place, au prix de quelques aménagements dans le monastère;
nous percevons à quel point elles désirent nous intégrer comme des sœurs dans
leur communauté: inventer ensemble l'avenir à recevoir comme un don de Dieu.
Nous leur en sommes très reconnaissantes.
- "Que cherchez-vous?", dit
Jésus à ses disciples
- "Maître, où demeures-tu?"
- "Venez et vous verrez."
Et ils demeurèrent auprès de Lui...
Jn
1, 38-39
Sœur
Madeleine
Les portiers du
Monastère
La Règle de saint Benoît
consacre tout un chapitre au "portier du monastère". En voici les
premiers versets :
"A la porte du
monastère on placera un sage vieillard, qui sache recevoir et rendre un
message, et dont la maturité le préserve de toute oisiveté. Le portier devra
avoir sa cellule près de la porte, afin que ceux qui viennent trouvent toujours
à qui parler. Et aussitôt qu'on aura frappé ou qu'un pauvre aura appelé, il
répondra "Deo gratias" ou "Benedic". Puis, avec toute la
mansuétude que donne la crainte de Dieu, il s'empressera de donner réponse avec
une charité fervente.
Si le portier a besoin
d'aide, on lui donnera un frère plus jeune." (RB 66, 1-5)
Nous avons interrogé, au
sujet de ce service important, les sœurs et les amis qui forment "l'équipe
de la porterie": sœur Josyane, sœur Marie-Élisabeth, Bernadette
Pierrequin, Gilberte De Backer et Robert Berger.
L'Amandier : Pourquoi, à votre
avis, Saint Benoît a-t-il consacré un chapitre entier de la Règle au portier ?
Sœur Josyane : Chaque sœur
assure un "service", utile à la communauté, qui lui est confié par la
Prieure. Moi qui assume le service de la porterie depuis plusieurs années, je
trouve que le premier contact avec les personnes qui arrivent au monastère est
très important, surtout pour ceux qui n'y sont jamais venus.
Robert : La porterie du
monastère est, en effet, le premier point de contact entre celui-ci et le monde
extérieur.
Sœur
Marie-Élisabeth : Il est communément admis que, dans la
première rédaction de la Règle, le chapitre 66 était le dernier. Mais
actuellement, ce chapitre est suivi d'un autre qui parle "des frères que
l'on envoie en voyage". Le portier apparaît ainsi comme celui qui fait le
lien entre le "dedans" et le "dehors". Saint Benoît semble
donc accorder une certaine importance à ce rôle dans le monastère.
L'Amandier : Pourquoi la
présence permanente d'un portier est-elle si importante?
Sr J. : Saint Benoît dit,
en effet, que le portier ne doit pas se promener partout; il doit être là dès
que l'hôte se présente pour l'accueillir, afin que l'hôte soit "reçu comme
le Christ en personne" (RB 53, 1) . C'est pourquoi je tâche d'accueillir
chacun avec mon plus beau sourire pour le mettre à l'aise, puis je lui adresse
quelques mots et le dirige vers la sœur hôtelière qui les accueillera plus
amplement. Mon rôle n'est pas de faire de grandes conversations. Saint Benoît
demande aussi que le portier ait l'assistance d'un frère plus jeune. Mais ici,
l'aide nous vient également de bénévoles de tous âges qui veulent bien nous
rendre ce service.
Bernadette : Lors des journées
de récollection de groupes, beaucoup sont étonnés de me voir ouvrir autant de
fois la porte, me relever aussi souvent pour accueillir, toujours avec le même
sourire… La réponse que je donne alors est : "Je suis là pour ça".
L'Amandier : Qui
accueillez-vous au monastère ?
B. : La personne qui
sonne au monastère vient tantôt pour un séjour, tantôt pour demander un
renseignement, pour la librairie ou pour un des ateliers. Il y a aussi le
"touriste" : "Nous passions… nous venons voir ce qu'on peut
visiter…". Quelquefois, c'est un "pauvre" qui vient demander de
l'aide. Nous accueillons aussi les familles ou les amis des sœurs.
Sr J. : Les pauvres que
nous accueillons sont dans le besoin matériel, mais plus souvent encore dans le
besoin d'être écouté…
Sr M.-E. : Il me semble
qu'il faut aussi signaler l'accueil des enfants. Ils viennent à la porterie à
des occasions très variées : la saint Nicolas, la fête du patro, les marches
parrainées des différentes écoles… Les groupes de retraite de profession de
foi, de confirmation… Certains entrent aussi par la chapelle Saint Benoît … et
il faut parfois leur apprendre ce que signifie ce lieu de prière ! C'est alors
toute la communauté qui, à l'office, participe à la mission d'accueil des
portiers. Le rôle du portier est d'ailleurs de manifester l'accueil de la
communauté. Il ne fait rien en son nom personnel.
L'Amandier: Le portier
doit-il avoir des qualités particulières ?
Gilberte : La portière est
censée connaître plus ou moins les fonctions et occupations de chacune. Non
seulement elle ouvre la porte, mais elle fait office de standardiste, de
conseillère pour les achats en librairie ou au magasin. Elle peut orienter les
visiteurs vers les endroits accessibles au public, comme la chapelle, indiquer
les différentes promenades dans les alentours… A la demande de certains, elle
peut dire encore quelques mots sur la fondation du monastère et … elle est
aussi disponible pour de petits travaux !
B. : Le portier doit
être quelqu'un qui soit "capable" de "recevoir et de
rapporter" un message, et aussi "qui n'aille pas se promener
partout". Il est la personne qui examine les motifs de visite et prend les
mesures voulues pour mettre en contact les visiteurs et les sœurs concernées,
en dérangeant le moins possible la communauté.
R. : Pour certains
visiteurs de passage, la rencontre avec le portier est le premier et peut-être
le seul contact avec le monastère. En quelques instants, le portier doit donner
une juste vision de l'atmosphère qui règne à l'intérieur du monastère, tout en
faisant preuve d'une grande discrétion.
L'Amandier: Pourquoi des
laïcs à la porterie ?
R. : Le portier laïc
doit connaître le monastère et lui être attaché par des relations fraternelles
et spirituelles, ceci afin de pouvoir communiquer aux visiteurs les principales
valeurs que les moniales vivent.
B. : Une dame
extérieure à la communauté comme portière, cela peut parfois surprendre! Dès
qu'une personne - à la porte ou au téléphone – me dit "Bonjour, ma
sœur", je dis immédiatement que je suis laïque pour que, informée, mon
interlocuteur ne me fasse pas de confidences destinées à une moniale. Ce
service que je rends au monastère soulage le travail de la communauté.
Sr M.-E. : Oui, il faut le
dire, la participation des portiers bénévoles est une aide précieuse pour la
communauté. Elle permet aux sœurs de se consacrer de manière plus suivie aux
travaux des ateliers ou aux divers services communautaires.
L'Amandier : Quelle est la
valeur évangélique de cette charge ?
B. : Répondre au
téléphone, transmettre les messages, accueillir les visiteurs, les retraitants,
s'occuper de la vente à la librairie… sont des services d'une richesse incroyable.
Que de personnes rencontrées, que d'échanges ! Cette tâche est vraiment
formidable. Depuis 15 ans que je rends ce service un jour par semaine,
j'apprends encore et toujours à être d'une disponibilité plus adéquate.
Portière, c'est aussi être une oreille, une écoute pour les personnes qui
viennent régulièrement chercher de l'assistance. Au fil du temps, ces personnes
voient dans la portière un visage connu et, parfois, en attendant la sœur qui
les recevra en privé, elles se laissent aller à des confidences que je reçois
avec beaucoup de respect et d'attention. C'est un service d'écoute qui demande
de la discrétion. Tout ce que je reçois de ces entretiens, les bonnes et les
moins bonnes nouvelles, je les porte dans la prière. D'ailleurs certains le
demandent avec empressement.
G. : Le contact avec
les vrais pauvres est souvent émouvant. Et il est important de les recevoir
avec gentillesse, avec un sourire qui peut parfois redonner du courage à des
personnes que la vie n'a pas gâtées et dont la détresse est grande. Ils
éveillent en nous un sentiment de compassion et un besoin d'aider ceux que nous
rencontrons hors du monastère. "Ce que vous avez fait à l'un de ces
petits, c'est à moi que vous l'avez fait."
R. : Lorsqu'un pauvre
sonne, l'accueil que je lui réserve est le même que pour toutes les personnes
qui se présentent, car il n'y a pas d'indice de pauvreté. De toute façon,
l'écoute des misères humaines a beaucoup d'importance. Que ce soit par une
moniale ou par un portier laïc, le fait d'être écouté peut changer une vie,
redonner espoir. Outre ces échanges, il m'est aussi possible, lorsque je suis
portier, d'assister à l'Office du milieu du jour et ainsi de structurer ma
journée dans le calme et la prière.
Sr Josyane, sr
Marie-Élisabeth, Gilberte, Bernadette, Robert
Du 8 au 15, retraite communautaire. Les
instructions sont données par le Père Simon-Pierre Arnold, prieur de Chucuito
au Pérou.
Le 14, l'eucharistie est présidée par le Père
abbé Nicolas, de Maredsous, qui fête aujourd'hui le cinquantième anniversaire
de sa profession monastique. Nous prenons ensemble le verre de l'amitié et la
retraite continue...
Le 15, pour marquer la fin de la retraite, le
Père Simon-Pierre nous parle de sa communauté et de la situation du Pérou.
Le 16, sœur Bénédicte participe à une réunion des responsables de
l'oblature, à Rixensart. Il s'agit de donner une suite au congrès international
des oblats bénédictins qui a eu lieu à Rome en 2005 et de créer des liens plus
forts entre les oblats des différents monastères.
Le 17, sœur Lorenza Campagna, de Bose (Italie)
arrive pour un séjour d'un mois en communauté.
Le 18, sœur Marie-David part à Strasbourg pour le lancement de la
deuxième année de licence en théologie.
Le 20, sœur Marie-Paule participe à la réunion
de la commission diocésaine de liturgie, à Ciney.
Le 22, nous recevons les amis les plus proches
de nos sœurs de Louvain-la-Neuve afin qu'ils puissent prendre connaissance du
monastère qui va les accueillir en août prochain. "L'équipe porteuse"
des amis d'Ermeton est venue nous aider à préparer la réception et participer à
la rencontre. Après l'accueil en début d'après midi, chacun se présente. Visite
de la maison, chant des Vêpres, et goûter-souper. Sans nul doute, des liens se
sont créés entre tous. Cela ne peut que continuer dans l'avenir. (cf. p. 15-16)
Du 22 au 24, sœur Nicole se rend chez les
bénédictines de Jouarre pour une session des libraires monastiques.
Le 23, sœur Cécile d'Urt, petite sœur de Jésus
qui séjourne depuis un mois parmi nous, donne une causerie sur le Pakistan.
Le 28, arrivée d'un groupe ADIC (Association
chrétienne des dirigeants et des cadres) avec le père Herr, s.j. Mère Loyse
leur donne une conférence sur le Notre Père et les Psaumes.
Février
Le 4, sœur Lalini, religieuse du Bon Pasteur,
membre du mouvement "Le Nid", donne une causerie sur son travail dans
les milieux de la prostitution à Bruxelles. Occasion de reprendre conscience de
certaines réalités de la vie et des conditions précaires suscitées par la
pauvreté.
Le 4 et le 5, sœur Nicole se rend à Paris pour
l'assemblée annuelle de "Théophile" (vente sur internet) et de
"Monastic", dont nous avons obtenu le label commercial pour certains
produits de notre artisanat.
Le 7, Mère Loyse se rend à Liège aux funérailles
de sœur Bruno Colin.
Le 10, fête de sainte Scholastique, un spectacle
sur l'Île de La Réunion est organisé pour la communauté.
Le
11, commence, à l'accueil, une retraite donnée par le Père Jean-Daniel
Mischler, de Maredsous, sur la prière. Sœur Marie-Paule se rend à Arlon où elle
assure un atelier sur la prière des psaumes dans le cadre d'un projet pastoral
organisé par l'abbé Jadot, doyen : "24h. de la prière".
Le 12, quatre sœurs vont à Liège à La Paix-Notre-Dame pour la bénédiction
abbatiale de sœur Madeleine Boland,
Le 14, nous accueillons Monseigneur Warin,
évêque auxiliaire de Namur. Il participe au chant des vêpres, donne une causerie sur son travail pastoral et prend
le repas du soir avec nous.
Du 17 au 20, Mère Loyse et sœur Marie-Paule
participent à la session de l'UBB (Union des Bénédictines de Belgique), à
Hurtebise.
Le 22, arrivée des sœurs Anna et Ilaria, de
Bose, pour un séjour d'une dizaine de jours parmi nous.
Le 23, au sanctuaire de sainte Rita à
Marchienne-au-Pont, sœur Birgitta parle de la Lectio Divina.
Le 25, journée biblique animée par Mère Loyse
sur David, pour un bon nombre de participants.
Mars
Le 8, l'abbé Henrotte passe la journée avec un groupe de jeunes. Sœur
Elisabeth leur donne un témoignage. Après les Vêpres, ils exécutent un chant
pour la paix.
Le repas du soir est offert par nos internes du collège de Maredsous.
Elles ont tout préparé avec soin et beaucoup de savoir-faire. Nous passons la
soirée ensemble dans une ambiance bien agréable.
Le 10, sœur Marie-Paule participe à la réunion
de la commission diocésaine de liturgie, à Ciney.
Le même jour, nous apprenons avec grand
soulagement l'octroi du permis de construire à la ferme. Cela vaut bien un bon
verre, pris toutes ensemble, pour fêter cela!
Le 14, récollection des prêtres du Doyenné. Sœur
Marie-Paule leur parle de l'office et commente l'hymne de carême: "Venez
au jour".
Le 15, départ de sœur Marie-Élisabeth pour Rome.
Elle rejoint le groupe de moines et de moniales qui pendant quinze jours étudieront
la Règle de saint Benoît et les Dialogues de saint Grégoire
"sur le terrain". (cf p.14)
Le 16, récollection des prêtres du Doyenné de
Wa1court.
Du 17 au 19, "Ateliers de la Parole"
par Madame Lesage.
Le 20, récollection sur la Lectio Divina ,
animée par sœur Birgitta.
Le 22, accueil des élèves du Collège de Bonne
Espérance pour une retraite de trois jours.
Le 26, causerie d'Aline Van Pel sur le congrès
des oblats bénédictins qui s'est tenu à Rome du 19 au 25 septembre 2005. (cf. Amandier
n°16, p. 12 – 15)
Le 28, récollection animée par Mère Loyse, sur
le prophète Isaïe, pour les prêtres et agents pastoraux de la région de
Charleroi.
Le 30, retour de sœur Elisabeth qui nous donne
le soir, un premier aperçu de ce qu'elle vient de vivre à Rome.
Sœur
Marie-Paule se rend à la prison de Jamioulx pour y parler des psaumes.
Sœur Marie-François
Toutes les conditions
étaient réunies pour nous garantir la bonne réussite de cette session :
l’accueil chaleureux de la communauté des sœurs bénédictines de Tutzing, le
climat fraternel qui régnait au sein de notre groupe multiculturel,
l’organisation discrète et efficace du frère Ignace de Maredsous, la compétence
du frère Lambert de Chevetogne, historien et guide tout terrain.
Nous avions la chance d’être
accompagnés dans l’étude de la Règle
par sœur Aquinata Böckmann, tandis que sœur Véronique Dupont commentait les
"Dialogues" de Grégoire le
Grand. Journées de cours et journées de visites s’alternaient et s’éclairaient
mutuellement.
Nous avons découvert un
portrait très vivant de notre fondateur, homme avant tout pétri d’Ecriture et
bien de son temps. En replaçant saint Benoît dans le contexte historique du 6ème
siècle (contexte politique, socio-culturel, de la nature et des coutumes,
ecclésial, monastique) certains passages de la Règle ont reçu un éclairage renouvelé. On comprend mieux, par
exemple, l’insistance et le souci pour tous
les frères quand on connaît les différences de classes sociales qui se
côtoyaient dans un même monastère : "l’abbé ne fera pas acception des
personnes, tous les frères
travailleront, tous se serviront, tous auront du travail manuel et tous vaqueront à la lecture, que le
Seigneur nous conduise tous
ensemble… ", ou encore ses mises en garde discrètes mais fermes
contre les dérives morales et sexuelles de son temps : "on
accordera rarement les bains pour les jeunes, pas de viande de quadrupèdes, des
vêtements assez longs…"
Le chemin intérieur de saint
Benoît, son passage du monde au monde, sont mis en parallèle avec son
itinéraire géographique. Benoît est envoyé de Nurcie à Rome pour étudier, il
quittera cette ville et renoncera aux dangers d’une vie facile et mondaine pour
rejoindre le Christ dans la solitude, en menant une vie d’ermite à Subiaco. Là,
il sera rejoint par des frères et fondera des monastères. Enfin, au
Mont-Cassin, il organisera (rédaction de la Règle)
la vie de la communauté au service du "monde".
Visualiser les lieux, se
rendre compte des sites géographiques, des grottes, des montagnes, se rendre
dans la petite ville de Nurcie, parcourir les rues de Rome et ses vestiges
archéologiques, grimper à Subiaco, être vu de toute la vallée à partir du
Mont-Cassin nous ont fait pénétrer dans cet itinéraire intérieur de saint
Benoît, itinéraire auquel chaque disciple
de saint Benoît est appelé.
Au terme de la session, le
portrait de saint Benoît nous est apparu clairement : un homme habité par
la radicalité de l’évangile, ayant les pieds sur terre (jamais en extase), les
oreilles et les yeux ouverts percevant profondément et au-delà de
l’immédiateté, les bras tendus vers Dieu et en même temps entourant les frères,
le cœur enflammé pour le Christ.
Il est difficile, voire
impossible de rendre compte de l’ensemble de cette session. Outre ce qui est
propre à la vie de saint Benoît, nous avons été mis en contact avec la vie de
l’Eglise des premiers siècles : le tombeau de saint Pierre, les
catacombes, les baptistères, tant et tant d’églises richement décorées de
mosaïques et de fresques, de vestiges témoins de la vie de l’Eglise et de la
cité durant les siècles écoulés… Et que dire de nos rencontres avec la
population et les communautés locales d’aujourd’hui : la foule à la place
saint Pierre pour l’Angélus du dimanche et celle contrastée où se côtoient
riches et pauvres dans les rues de Rome, les communautés monastiques à saint
Anselme, à saint Paul hors les murs, la communauté de Sant’Egidio…
Nous en restons éblouis,
enrichis, reconnaissants envers les organisateurs et nos communautés
monastiques respectives, un peu plus conscients d’appartenir à une histoire et
à une tradition vivante.
Les amis de nos amis
sont nos amis
Le
22 janvier, une rencontre fraternelle et cordiale a rassemblé à Ermeton, d'une
part quelques sœurs de Louvain-la-Neuve avec les amis les plus proches de leur
monastère et, d'autre part, la communauté d'Ermeton, élargie elle aussi de ses
amis les plus proches. Il s'agissait de faire découvrir Ermeton aux amis de
Sainte Gertrude, de leur permettre de nous rencontrer et de découvrir les lieux
où vivront bientôt leurs sœurs et les nôtres. (Voir les nouvelles de
la communauté, page 12). Mélodie, une jeune
congolaise de 16 ans, a tenu à accompagner sa mère, ce jour-là. Elle partage
ses impressions.
Vous avez dit Ermeton ? Depuis le 22 janvier
2006, je vous avouerai que ce nom sonne différemment dans ma tête.
Pourquoi ? Laissez-moi le
temps de vous expliquer.
Voici quelques années déjà que ma mère fréquente les
bénédictines du Monastère Sainte Gertrude. Que se soit pour leur prêter main
forte, ou aux fêtes des amis, ou encore aux conférences, je m’y suis toujours
rendue avec beaucoup d’enthou-siasme. Et en apprenant qu’elles allaient nous
quitter d’ici l’été prochain, j’ai ressenti un petit pincement au cœur. J’ai
donc voulu savoir où elles allaient s’installer, vivre en communauté et
continuer de s’épanouir. Elles m’ont gentiment proposé de les accompagner dans
leur futur logis, ce que bien entendu, je n’ai pas refusé. C’est donc au bras
de ma mère, accompagnées d’autres amis des sœurs, qu’on s’en est allé, en début
d’après-midi, vers le Monastère Notre-Dame situé à Ermeton-sur-Biert, à une
vingtaine de kilomètres de Namur.
Arrivée là-bas, une première
chose me frappe: le paysage. Si on le compare au Monastère Sainte Gertrude de
Louvain-La-Neuve, le Monastère Notre-Dame est entouré de magnifiques jardins et
situé dans une vallée, la vallée de
la Molignée, dont les paysages ruraux m'ont laissée sans voix. Quant au
Monastère, lui aussi m’a interpellée, dans sa grandeur mais aussi dans sa
splendeur.
Après un
accueil chaleureux des bénédictines d’Ermeton, nous voilà dans une grande salle
pour un tour de table. Chacun à son tour prendra la parole, les sœurs comme les
invités, les plus jeunes comme les plus âgés et, c’est avec timidité qu’à mon
tour, je m’introduis. Après quelques mots de bienvenue
présentés
par la Mère Prieure, nous traversons la cour et commençons notre visite. Une
visite agréable pendant laquelle j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs
personnes présentes mais, avant tout, de m’amuser.
Ce
fût une visite pour le moins intéressante et que je ne regrette en rien. Les
bénédictines d’Ermeton nous ont accueillis avec le sourire, nous ont fait
visiter leur domaine et ont pris une après-midi entière pour nous faire
plaisir. J’en ai bien plus appris sur la vie d’une bénédictine que je n’en
savais déjà et j’en suis bien contente. J’espère que les sœurs de
Louvain-La-Neuve se sentiront bien dans leur nouvel environnement et c’est ici
que je leur souhaite un grand bonheur auprès de leur future communauté. En
espérant leur rendre visite le plus souvent possible, …accompagnée de ma mère
ou, pourquoi pas, seule, car je suis devenue aussi leur amie et je les soutiendrai
aussi longtemps que je le pourrai…
Amicalement et bonne chance à Ermeton
"On n'allume
pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire
pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15). Sous la
rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis
d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et
les nécessités qui s'y attachent.
Enfin, nous y sommes ! Beaucoup le savent déjà: en
date du 10 mars 2006, le permis d'urbanisme nous a été accordé après une longue
et laborieuse attente. Merci, encore et toujours, à tous ces amis fidèles qui
se sont dépensés, de tant de manières, pour soutenir notre labeur ! Nous sommes
heureuses que leur dévouement si actif soit maintenant récompensé.


Et pourtant,
aujourd'hui, tout reste à faire ! Mais qu'allons-nous donc faire? Le projet
autorisé n'a pas été soumis à des modifications importantes: seul un crépi gris
doit remplacer la brique (ce qui entraînera, malheureusement, quelque
augmentation des frais…). Le chantier devrait s'ouvrir vers la mi-mai.
L'entrepreneur a été choisi. Une information concernant le projet va être
communiquée au voisinage au cours d'une réunion à laquelle ont été invités tous
les habitants d'Ermeton. Nous pensons, en effet, que notre environnement et ce
que nous en faisons ne nous concerne pas seules.
![]()
La ferme, à cinquante mètres
environ de l'entrée du monastère, abritera, dans le corps de logis, l'étable et
la grange, 23 chambres permettant de loger une trentaine de personnes et deux
sœurs. Il s'y ajoutera deux salles de séjour pouvant servir aussi de salles à
manger, une cuisine, un oratoire, un parloir et un ascenseur. Une nouvelle aile
remplacera les garages actuels et comprendra au rez-de-chaussée un magasin et,
au premier étage, une vaste salle polyvalente permettant l'accueil de groupes
d'un jour, indépendants des hôtes en séjour prolongé.
Le magasin qui se trouve
aujourd'hui à la porterie, sera donc déplacé et agrandi. Il offrira non
seulement un choix de livres plus large avec les produits actuels de notre
propre artisanat (cartes, vannerie, bougies, étains) mais encore les céramiques
de l'atelier de nos sœurs de Louvain-la-Neuve transféré à Ermeton, et les
objets produits ou fabriqués dans d'autres monastères: peintures et produits
forestiers de Wavreumont, champignons de Brialmont, savons de Brecht, pâtes de
fruits de Valognes, biscuits de Clairefontaine, etc… etc… L'entraide matérielle
entre toutes nos communautés est une nécessité. Elle fait aussi pour nous
l'objet d'un choix délibéré de soutien mutuel et d'amitié. Dès aujourd'hui,
dans les limites de nos locaux actuels, nous anticipons un peu – toujours avec
le précieux soutien de plusieurs amis – le développement de notre petit
magasin, afin de préparer déjà son transfert à la ferme d'ici environ deux ans.
Tels
sont nos projets – patiemment élaborés et réfléchis – en passe maintenant de se
réaliser. L'avancée de leur mise en œuvre fera bien sûr l'objet d'une
information régulière dans l'Amandier. Si nous pouvons passer
aujourd'hui à la phase de réalisation, c'est que de très nombreux amis et
communautés nous ont manifesté généreusement leur intérêt et qu'ils continuent
à le faire. Cette sympathie tangible est l'assise qui nous permet d'oser
commencer à "bâtir notre tour" dans l'espérance de pouvoir l'achever,
comme le recommande l'évangile lui-même (cf. Lc 14,28-30)… Car c'est
bien "sur les chemins de l'Évangile" avant tout que nous voulons
marcher en communion avec nos amis, toujours guidés par saint Benoît.
Comptes
bancaires
DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC :
GKCCBEBB)
Pour la France :
Société Générale
Givet : 0003729001810 (IBAN : FR76 30003 00581
00037290018 10),
(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)
avec la mention "la lampe et le
lampadaire"
Comme
annoncé dans le dernier numéro de l’Amandier, voici la deuxième partie de
l’article du Père Daniel Misonne paru dans la"Lettre de Maredsous"
(1996/2). Nous le remercions encore de nous avoir permis de le reprendre.
Saint Benoît et la Règle
![]()
La
plus ancienne représentation connue de Saint Benoît est la fresque du VIIIe
siècle découverte en 1940 dans la catacombe de Saint-Hermès à Rome. Le saint
soutient de la main gauche un livre ouvert qu’il désigne de la main
droite : la Règle. C’est un des thèmes les plus répandus de l’iconographie
bénédictine ; on le retrouve dans toutes les régions et à toutes les
époques : Benoît est législateur. Sur la fresque de Saint-Chrysogone de
Rome (Xe siècle), représentant le saint guérissant un homme malade,
l’artiste a tenu à l’identifier par la Règle qu’il porte de la main gauche,
comme si le livre était ce qui le personnalise le plus sûrement, son signe
caractéristique en quelque sorte. Sur la grande miniature qui ouvre le Codex
Benedictus, manuscrit du Xe siècle exécuté au Mont-Cassin,
Benoît assis, revêtu de l’ample coule bleu sombre, a dressé ostensiblement la
Règle sur le genou gauche : le livre, bien mis en évidence, est presque
aussi important que le saint.
Assurément,
le livre de la Règle est l’attribut le plus ancien et le plus fondamental.
Toutefois, plutôt que de l’utiliser, on s’est plu parfois à mettre en évidence
un geste suggestif ou un thème relevé dans certains de ses chapitres : la
prière, l’humilité, le silence, le travail, etc. Nous ne retiendrons ici que
deux thèmes : Benoît et le fouet, Benoît et le silence.
Saint Benoît et le fouet
Dans
quelques œuvres italiennes des XIVe et XVe siècles,
florentines surtout, Saint Benoît serre d’une main ferme, mais paisiblement, un
fouet ou un faisceau de verges. On a voulu y reconnaître une référence aux
passages de la Règle où le saint demande de corriger les enfants et les
récidivistes inintelligents par les châtiments corporels, selon la coutume de
l’époque. Il est peu vraisemblable pourtant que ces rares mentions de la Règle
puissent expliquer la présence du fouet comme symbole de la physionomie du
saint. En réalité, s’il convient d’établir une relation entre cet attribut et
la règle, c’est plutôt dans les tout premiers mots de celle-ci qu’on en
discernera la raison. Elle débute par cette phrase : "Écoute, mon
fils, l’enseignement du maître". En effet, au moyen âge, le symbole
du Magister scolae était précisément le fouet, tout comme dans
l’Antiquité, la Grammaire, premier des Arts Libéraux enseignés dans les écoles,
était fréquemment représentée par une femme tenant un faisceau de verges. Donc,
plutôt qu’un instrument de pénitence, un moyen de correction ou même la rigueur
de la discipline monastique, le fouet de Saint Benoît symbolise le maître
qui enseigne.
Des peintres et des sculpteurs
florentins, notamment Fra Angelico, le Maître de la chapelle Rinuccini de
Florence, Bertoldo di Giovanni, Lorenzo Monaco, Lucca della Robbia, et un peu
plus tard, Raphaël et Perugino, ont conçu Benoît avec un faisceau de verges.
Signalons aussi une peinture sur bois d’un anonyme italien du XVe
siècle (actuellement conservée à Maredsous), où Benoît est figuré avec le même
attribut. On peut affirmer que le thème du fouet est très localisé dans le
temps et dans l’espace. En tout cas, il est totalement ignoré au nord des
Alpes. En Allemagne, aux XVe et XVIe siècles, quand on
veut représenter Benoît comme Magister, on le coiffe du bonnet de
docteur.
Saint Benoît et le silence

Benoît
consacre tout le chapitre 6 de sa Règle à la retenue dans les paroles et il y
revient encore en d’autres endroits (ch. 7, 38 et 52). Pour rappeler aux moines
l’importance du silence, le saint sera représenté un doigt sur les lèvres.
C’est dans cette attitude que Mariano di Matteo da Roma le peindra au XVe
siècle à Monte Oliveto Maggiore. Pour nos régions, on retiendra surtout la très
fine gravure de Corneille Galle, dit le Vieux (1576 – 1650), où le saint
supporte de la main gauche le livre de la Règle sur lequel est posé la coupe
brisée (dont on parlera plus loin) et met l’index à la bouche comme pour
inviter au recueillement. Cette gravure reproduit une peinture ovale qu’un Abbé
de Liessies, dans la seconde moitié du XVIe siècle, avait fait exécuter, avec
d’autres effigies de saints fondateurs d’Ordre, pour orner les stalles de son
abbaye. La gravure, éditée à Anvers en 1630, fut copiée par le graveur Michel
Van Lochom en 1635 ; cette copie servit, peu après, de modèle au sculpteur
Pierre Enderlin pour les très riches stalles de l’abbaye de Floreffe. Un autre
exemple nous est donné dans une sculpture du XVIIe siècle (A.
Quellin ou J. Willemssens ?) qui se voyait dans les stalles de l’abbaye
cistercienne de Saint-Bernard-sur-l’Escaut : saint Benoît, un doigt sur
les lèvres, rappelle aux moines l’importance du recueillement. Le thème du
silence a connu un certain succès dans nos régions.
(À suivre…)
Père Daniel Misonne, Maredsous
Page des jeunes
Une retraite au monastère
Le 4 juin 2006, je ferai ma
profession de foi. Sœur Marie-Élisabeth, étant ma marraine, m'a invité à
rejoindre un groupe de jeunes de la région qui se préparaient à la profession
de foi par une retraite à Ermeton que, précisément, elle animait avec sœur
Marie-Paule.
1er jour : le premier jour de cette
retraite était le dimanche 2 avril. Je suis donc arrivé pour l'heure de la
messe après laquelle le groupe est arrivé. J'ai fait connaissance avec les
jeunes, puis la retraite a commencé. Nous nous sommes rendus aux Vêpres. Là,
sœur Loyse a désigné une sœur qui allait prier pour nous afin que nous restions
fidèles à notre profession de foi.
2ème jour: Dès que les jeunes arrivent
la retraite reprend. Nous avons vu la vie d'Abraham et de saint Pierre. Pour
cela nous avons mis en œuvre des figurines modelées (pour Abraham) et une pièce
de théâtre (pour saint Pierre).
3ème jour : Nous avons reçu un
enseignement sur l'icône de la Trinité. Les explications nous ont invité à
méditer et à prier en même temps. Nous avons aussi eu la joie de recevoir le
sacrement de la réconciliation, donné par un prêtre de Maredsous. De plus, nous
avons eu l'occasion de faire un credo avec nos mots.
Suite à cette retraite, nous
avons reçu un carnet. Le soir du 3e jour, aux Vêpres, la sœur qui
priait pour nous nous a remis la croix de profession de foi. Mais, moi, comme
j'en avais déjà composé une le 20 mars, j'ai reçu à la place une médaille de
Saint Benoît. Les catéchistes étaient super sympa et le groupe, aussi !
Vraiment, j'en garderai un excellent souvenir !!!
Raphaël Maes
Retrouve les mots suivants dans la grille :
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accueil –
aider – ami – amour – appel – bonté – charité – chrétien – clémence – cœur –
confession – conversion – dévouement – Dieu – Église – envoi – Esprit – fête –
foi – générosité – grâce – Jésus – louange – merci – miséricorde – paix –
parole – péché – prière – réconciliation – sacrement – soutien – témoin –
tolérance – voir
Bravo ! Retrouve maintenant la phrase cachée en
utilisant les lettres restantes. Il faut lire de gauche à droite et de haut en
bas.
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