Belgique – België

P.P.

5640 Mettet

BC 1655

 

 

 

Bureau de dépôt :

Mettet

Trimestriel

janvier – mars 2007

N° Agr. : P201036

Zone de Texte: Bulletin des Amis d’Ermeton N° 21
Mars 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Édit. resp. : Sœur Loyse Morard, Monastère Notre-Dame
	 Rue du Monastère 1, 5644 Ermeton-sur-Biert

Monter vers Pâques

 

"Bonne montée vers Pâques !" Il nous arrive souvent d'échanger ce souhait au long du carême. La formule laisse supposer que ces quarante jours de préparation à "la Fête des fêtes" se vivent comme on gravit un sommet, avec effort, peine, endurance, en attendant en récompense l'exaltation des hauteurs et des grands horizons. Jésus l'avait déclaré à ses disciples, tandis qu'il effectuait le dernier voyage qui devait le conduire à la mort sur la croix: "Voici que nous montons à Jérusalem". À ce moment, il s'apprêtait à leur annoncer sa passion pour la troisième fois. Et sa "montée" était bien autre chose qu'une escalade géographique.

"Monter", c'est le mouvement qui, tout au long de l'histoire biblique, a conduit Israël vers son salut. Dieu l'a fait "monter du pays d'Égypte" vers la terre qu'il lui avait promise. Après quarante ans d'exil à Babylone, il a fait "monter" les dispersés "du pays du Nord pour qu'ils demeurent sur leur propre sol". Le peuple de Dieu n'est jamais "monté" de lui-même dans la terre promise. Il y est "monté" sur l'initiative de son Dieu et sous la conduite de ses prophètes, Moïse ou d'autres. Pour qui monte, aspirer au sommet ne suffit pas; il faut un guide expérimenté, prêt à affronter le premier tous les risques de l'itinéraire. Encore faut-il s'y fier. Or Dieu se plaint de son peuple: "Ils n'ont pas écouté ma voix" (Jr 9,12). La montée suppose toujours l'épreuve de la foi.

"Monter" se dit ainsi de tout ce qui mène à Dieu. Chaque pèlerinage est une "montée". Les fidèles "montent" à Jérusalem pour les grandes fêtes annuelles; ils "montent" au temple pour adorer, pour offrir les sacrifices qui eux aussi "montent vers Dieu". La montagne est le lieu de cette rencontre où Dieu, inaccessible, "descend" pour rejoindre mystérieusement ceux qui le cherchent.

En lisant les évangiles qui nous mènent à Pâques, nous trouvons souvent Jésus sur la montagne: tenté au désert "sur une haute montagne"; transfiguré sur le Thabor; en agonie au mont des Oliviers; au calvaire enfin, sur la croix. Du mont des Oliviers, quarante jours plus tard, il "remontera vers son Père". Si la montagne est lieu de rencontre, elle est aussi lieu d'épreuve. Le chemin de Jésus passe de celle-ci vers celle-là. Le nôtre à sa suite emprunte le même itinéraire. Car la "montée" ne va pas sans risque, ni sans ambiguïté toujours possible. Le peuple d'Israël avait succombé souvent à la séduction des hauteurs, lui qui fréquentait "les hauts lieux" pour y adorer ses idoles. Dans un poème grandiose, le prophète Isaïe dénonçait en bloc "tout ce qui est élevé, orgueilleux et hautain": les cèdres, les chênes, les collines, les montagnes, les remparts (Is 2,12-17). On peut se tromper en voulant "monter".

Jésus, lui, sur la montagne de la tentation, a déjoué le piège. L'évangile que la liturgie propose à chaque premier dimanche du carême le montre bien. Le diable veut pervertir la prière du Fils de Dieu en défi; transformer sa relation au monde en possession et en pouvoir. Jésus lui oppose sa soumission radicale à la parole de Dieu. Au moment de sa transfiguration (deuxième dimanche de carême), "monté" sur le Thabor pour prier, il n'y rencontre pas seulement l'amour de son Père mais aussi Moïse et Élie qui lui parlent de son "exode à Jérusalem". Les deux prophètes qui jadis ont, eux aussi, gravi la montagne, s'entretiennent avec lui d'une autre "montée", sur une autre montagne, en vue d'une autre Terre Promise. En réalité, la "montée" que Jésus a entreprise se poursuivra plutôt comme une descente. Elle sera un abaissement, une obéissance, une dépossession. C'est elle que le carême met sous nos yeux pour que nous la vivions avec lui.

La liturgie est bonne pédagogue. Elle sait nous enseigner la manière humaine de suivre les voies de Dieu, de monter en descendant ou de descendre en montant. "Monter" sur la croix pour y mourir, "descendre aux enfers" pour ressusciter avec le Christ. Comment effectuer notre "montée" vers Pâques, vers le lieu d'épreuve et de rencontre où Dieu nous attend pour nous donner la vie ? La patience de Dieu nous cherche au creux de notre pauvreté et c'est là qu'il nous faut descendre. L'évangile du troisième dimanche de carême nous le rappelle: nous ne sommes pas meilleurs que les autres. L'avenir s'ouvre à qui le reconnaît. Le vrai repentir est d'abord une lucidité. Avant de s'approcher du Sinaï, le peuple hébreu a traversé la mer. Pour accueillir l'amour de Dieu, il nous faut passer par l'expérience de notre faiblesse, admettre l'impuissance de notre amour. Dieu n'en est pas rebuté, au contraire, car c'est là – et non ailleurs – qu'il vient déverser l'énergie qui nous sauve.

Au quatrième dimanche de carême, la parabole du Père miséricordieux le dit encore autrement. Pour l'aîné comme pour le prodigue, seule compte la miséricorde du Père dont tous les deux ont besoin. L'évangile du cinquième dimanche montre cette même miséricorde à l'œuvre en Jésus qui l'incarne pour la femme prise en flagrant délit d'adultère. Celle-ci n'a pas d'échappatoire; il faut la condamner. Mais Jésus, lui, "s'incline vers le sol". Il "descend" jusqu'à elle. Puisqu'il ne la condamne pas, c'est que lui-même ne se considère pas "sans péché". Il fait pour elle ce qu'il fera pour tous sur la croix: il s'identifie. "Il s'est fait péché pour nous", écrit saint Paul dans une formule presque choquante.

Ainsi la liturgie nous amène progressivement à comprendre le vrai sens de notre "montée vers Pâques". Dans l'évangile du Mercredi des Cendres, Jésus mettait en garde contre les malfaçons du jeûne, de l'aumône et même de la prière. Les meilleures actions se pervertissent quand la satisfaction de soi ou l'ostentation s'y mêlent. La conversion authentique opère dans le secret. Elle nous y fait "descendre" pour rencontrer le Père. La fin du carême nous achemine vers le lieu concret de cette rencontre: celui de la miséricorde et du pardon, imploré pour soi et donné aux autres; un "haut lieu" où la prière est toujours exaucée - "pardonne-nous comme nous-mêmes, nous pardonnons" – Là, l'épreuve se change en rencontre, et la mort coïncide avec la vie. C'est le lieu de Pâques, la montagne que l'on gravit en descendant.

Après que Jésus fût ressuscité, ses disciples ont parlé de la vision qu'ils avaient eue sur le Thabor. D'autres disciples aujourd'hui le font encore, non pas avec des mots mais en suivant, jour après jour, le chemin qui monte en descendant, le chemin de l'amour, de la miséricorde et du pardon… À tous donc, bonne "montée vers Pâques" !

Sœur Loyse

 

 

Dernière minute !

Monsieur Eric Chardon, qui habite la commune de Mettet, enseigne la Musique de Chambre au Conservatoire Royal de Musique de Mons. Il a groupé de jeunes musiciens passionnés par le violoncelle dans l'ensemble musical "Cellomania" et se propose d'offrir un concert au bénéfice de nos travaux.
Ce concert est fixé au

dimanche 15 avril 2007 à 16h,

dans la chapelle du monastère.

Tous nos amis y sont cordialement bienvenus (voir invitation ci-jointe).

Nous remercions chaleureusement monsieur Chardon et ses amis de leur sympathique initiative.

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tresser des paniers

                            comme les moines des premiers siècles ?

 

L'Amandier continue à informer ses lecteurs sur les activités de la communauté d'Ermeton. Aujourd'hui, il interroge sœur Betsy sur son travail de vannerie.

 

L'Amandier: Sœur Betsy, la vannerie pratiquée par les moines, n'est-ce pas une activité qui remonte aux premiers siècles du monachisme ? Déjà, en ce temps-là, les historiens nous disent que les moines "tissaient des nattes et des paniers, un travail qui laissait du champ à l'esprit et ne gênait pas la prière" ? Aujourd'hui, je vous vois faire les mêmes gestes. Qu'en pensez-vous ?

Sœur Betsy: La vannerie pratiquée par les moines du 4e siècle est-elle comparable avec la vannerie en rotin d'aujourd'hui ? … Les nattes et les paniers d'alors étaient fabriqués de façon très rudimentaire avec le matériau naturel du pays. Le rotin appartient à la famille botanique des palmiers, un palmier grimpant – une liane – qui croît dans les zones tropicales et atteint une longueur de 150 mètres et plus. On le trouve en particulier dans les forêts vierges de l'Inde, d'Indochine, d'Indonésie (dans les îles de Bornéo, Java ou Sumatra) et aussi dans l'Himalaya, où il pousse jusqu'à 3000 mètres d'altitude. Le rotin brut, après avoir été nettoyé de ses feuilles et épines, arrive dans le monde entier. Sa préparation industrielle se fait, pour l'Europe, principalement en Allemagne, mais aussi en Hollande et en France. Le rotin que nous employons est calibré en mm. Et même en fractions de mm, 1 ¼ mm, 1 ½ mm, 2 mm etc, jusqu'à 10 mm. Voilà déjà une grande différence avec le 4e siècle. Même l'esprit de l'homme a changé... Et on n'avait pas alors à s'occuper de TVA, ni à s'inquiéter de la concurrence des objets – très jolis mais de moindre qualité – en provenance de Taiwan ou de Chine. Et ne parlons pas d'internet ! Et pourtant, malgré cette grande différence de mode de vie, pratiquer la vannerie reste un travail idéal pour un moine, un travail qui laisse du champ libre pour rentrer en soi-même pour y rencontrer une présence !

Comment en êtes-vous venue à pratiquer cet artisanat, car c'en est un ?

Après avoir contracté la maladie de Parkinson et me trouvant très limitée dans mes mouvements, j'étais devenue incapable d'assumer encore ma charge de comptable. Sœur Loyse a eu alors pour moi l'idée de ce travail, créatif et compatible avec mes forces. Heureusement, j'aime bien cette activité et, grâce au mouvement nécessaire, la vannerie m'a rendu une certaine souplesse. J'y trouve aussi une source de créativité joyeuse.

Avez-vous suivi des cours de vannerie ? Des stages ?  Je n'ai suivi ni cours ni stages. Mais une Petite Sœur de l'Assomption, ergothérapeute de son métier, a bien voulu venir m'initier. Avec l'aide d'un livre venant de Suisse, "Vannerie en rotin", j'étais bien en route.

Quelles sont les différentes étapes à réaliser pour arriver à confectionner une pièce?

Chaque pièce différente demande des étapes différentes. Le détail serait trop long à expliquer, mais je vous énumère les principales manipulations: pour un objet sur fond de bois, il faut tracer, découper, percer, poncer, vernir le bois. Le fond de l'objet peut être aussi en plein rotin, rond ou ovale, avec un nombre impair ou pair de rayons. Le corps du travail – la "clôture" – consiste à poser les montants et à procéder au "tissage" qui peut se faire à brin simple ou double, à deux brins successifs, à trois brins, ou avec une clôture "à jours". Il faut ensuite "border" le travail: la bordure peut être à arceaux simples ou entrecroisés, à 5 ou 7 brins, en tresse simple ou à brin double. Enfin, on fabrique anses et poignées.

Cela demande-t-il beaucoup d'heures de travail ?

Oui, l'artisanat demande beaucoup de manipulations et d'heures de travail, surtout quand on a de l'imagination. Mais la rémunération n'est évidemment pas proportionnée !

Quels genres de réalisations faites-vous ? Pour quelles utilisations ?

Vu mon âge, je me limite à tresser des objets pas trop grands et simples, comme des corbeilles à papiers, des cache-pots, des paniers à pain ou à fruits, des vide-poches, des plateaux de toutes sortes, avec ou sans anses; toutes sortes de sous-plats aussi, des claies à fromage ou à tarte. J'ai fait aussi des corbeilles pour la quête, des plumiers, des paniers pour enfants, etc…

Les paniers que je confectionne servent aussi à présenter à la vente des produits d'autres monastères: pâtes de fruits de Valognes, champignons de Brialmont, biscuits de Clairefontaine, huile de Bose. Ainsi mes paniers garnis se retrouvent au magasin d'Ermeton, mais aussi à Valognes, à Brialmont, à Clerlande.

Êtes-vous aidée dans ce travail ?

Oui, un ami d'Ermeton me prépare les fonds en bois. Il découpe, perce et ponce le bois selon les formes qu'on me commande.

La vannerie se trouve, comme d'autres ateliers, sur le site Internet du monastère. La vente se faisant aussi par ce moyen de communication, peut-on imaginer que ce que vous faites s'en va un peu partout ?

Oui, en France surtout, dans les monastères ou les abbayes et même jusqu'à Lourdes. En Hollande aussi – Friesland et Walkenburg – et à travers la Belgique. Grâce à ma famille, mes paniers sont même allés jusqu'aux Antilles !

Peut-on venir, au monastère, vous demander quelque chose de bien précis, avec les mesures nécessaires ?

Oui bien sûr, tant que je me sens encore capable d'y satisfaire, j'accepte bien volontiers toutes les commandes et vous remercie de tout cœur de vous intéresser à mon travail.

Sœur Betsy

 

 

Découvrir Bose

 

Monsieur Rahier, un ami d'Ermeton bien connu de tous les autres, est revenu émerveillé d'un week-end passé en Italie, dans la communauté monastique de Bose qui est elle-même amie d'Ermeton depuis une dizaine d'années. Nous lui avons demandé de partager son enthousiasme avec les lecteurs de l'Amandier.

 

À l'automne dernier, je suis allé passer quelques jours à Bose, un monastère du Haut Piémont situé à 60 km de Turin et à 1000 km d'ici. Le Frère Enzo Bianchi y a fondé, immédiatement après le Concile Vatican II, une communauté mixte et œcuménique qui compte actuellement 80 moines et moniales de nationalités diverses mais majoritairement italiens et d’un âge moyen de 40 ans. Trois Églises chrétiennes y sont présentes : catholique (majoritaire), protestante et orthodoxe. Bose a un rayonnement profond dans toute l'Europe et même au-delà. J'en suis revenu émerveillé, profondément interpellé et renouvelé.

On m'a demandé au Monastère de rédiger à cette occasion un billet pour l'Amandier. Dans un premier temps, j'ai refusé. Je ne me sentais pas capable d'exprimer par écrit ce que j'avais si intensément vécu. J'aurais préféré partager simplement avec qui le souhaitait, au hasard d'une rencontre, ce qui m'était arrivé. Une amie oblate à laquelle je confiais mes difficultés m'a dit de façon assez péremptoire : "Écoute, quand tu es revenu de Bose, tu n'étais plus le même. Tu étais émerveillé, tout plein de vie, de joie et de paix. On ne te demande pas l'impossible. Alors essaie de nous dire tout simplement, comme si tu étais à nos côtés, ce qui s'est passé là-bas." Je me suis senti coincé, et j'ai capitulé.

Comment j’ai découvert Bose

Bose s'est révélé à moi, il y a bien longtemps déjà, par la lecture du "petit" livre du frère Enzo : "Prier la Parole, une introduction à la Lectio Divina", qui est un traité pratique de lecture de l'Écriture Sainte. Très interpellé par ce premier livre du frère Enzo, j’ai lu beaucoup de ceux qui furent publiés dans la suite, au fur et à mesure de leur traduction française.

Le monastère de Bose après des débuts humbles, pauvres et discrets, difficiles et héroïques, s’est développé lentement mais solidement. La maison se construisait sur le roc. C'est grâce à la Bible que le monastère Notre-Dame d'Ermeton est entré en contact avec Bose. Ayant lu quelques articles écrits par elle dans la Lettre de Maredsous, le frère Enzo a invité sœur Loyse à donner à Bose, pour les jeunes frères et sœurs en formation, une session sur la règle de Saint Benoît. Suite à cette rencontre, des liens solides se sont tissés. Des sœurs d'Ermeton se sont rendues et se rendent encore à Bose qui leur est de plus en plus proche. Elles y ont participé à des sessions et colloques, ou passé simplement quelques jours de repos. Grâce à toutes celles qui revenaient enthousiastes et renouvelées de ce qu'elles avaient découvert là de neuf, de vivant, d'exigeant, de beau, d'évangélique, de monastique et par ma présence permanente au monastère, j’ai été exposé à une contagion bienfaisante.

Au fil du temps, des moines et des moniales de Bose sont venus à leur tour séjourner au monastère d'Ermeton où ils partageaient ce qu'ils vivaient chez eux. L'année 2006 a été marquante à ce point de vue. Lorenza, une jeune moniale, a passé un mois à Ermeton au début de l'année. Le monastère m’ayant demandé de lui réserver deux heures chaque jour pour la pratique de la conversation française, nous avons eu des échanges particulièrement riches. Nous avons parlé de ce qui se vivait à Bose, nous avons fait de la Lectio Divina, parlé de la vie quotidienne, de l'Amour de Dieu (la première encyclique de Benoît XVI venait de sortir), des livres du Père Varillon "Joie de croire, joie de vivre" et "L'humilité de Dieu", d’écrits de Maurice Zundel. Ce fut très enrichissant pour les deux parties et Lorenza m’a rapproché encore davantage de Bose. J'ai été frappé de son attachement à sa communauté et de son aspiration à la rejoindre. Quand elle est repartie, je lui ai dit : "À Dieu." Je ne comptais jamais plus la revoir ici-bas.

Sabino est venu ensuite donner à Ermeton une retraite sur Isaac le Syrien. Connaissant parfaitement le syriaque et imprégné de ce qu'il nous apportait si profondément, il a atteint durablement le cœur des participants. Quelque chose de neuf leur était transmis. J'ai eu la grande joie d'un partage chez moi avec lui. Nos échanges ont été fraternels et chaleureux. Quand il m’a quitté, il m’a dit : "Albert, vous devez absolument venir à Bose, on vous y attend. Zaventem – Turin ne représente qu'une heure et demie en avion. On viendra vous chercher à Turin, on veillera à ne pas vous fatiguer outre mesure". Quelques jours après, Guido, qui avait donné la retraite annuelle aux moines de Clerlande et de Wavreumont, est repassé à Ermeton avant son retour en Italie et m’a rendu visite. Il m’a tenu le même langage convaincant que Sabino. C'est ainsi qu’en juillet de l'année dernière j'ai pensé que je pourrais découvrir Bose, "aller voir". Cette pensée bienfaisante s’est faite présente chaque jour.

Ce qui n'était qu'un rêve va se réaliser

Je ne pouvais, en raison de mon âge, aller seul à Bose. J'en ai parlé à mon fils Jacques et à sa femme Marie-Louise. Ils étaient tous deux intéressés à découvrir Bose. Ils font partie depuis plusieurs années, à Bruxelles, d'une communauté catholique de rite grec melchite, dénommée Cana, dont certains prêtres qui y célèbrent la Divine Liturgie sont des assidus de Bose. Notre voyage a été programmé pour la mi-octobre et tous les détails parfaitement mis au point grâce à la collaboration bienveillante et efficace de sœur Nicole d'Ermeton, de Lorenza de Bose et de Marie-Louise. Grâce à ce trio, le rêve allait devenir réalité.

Le 13 octobre 2006, Marie-Louise, Jacques et moi sommes arrivés à Bose vers 13 heures, après un excellent voyage en avion de Zaventem à Turin. Il faisait très beau et le survol des Alpes a été merveilleux. Nous étions déjà dans un autre temps et un autre monde. À notre arrivée au monastère, sous un délicieux soleil d'automne, dans le silence total qui régnait, Marie-Louise a improvisé cette entrée :

"Nous y voici,

L'aventure commence.

Il fait beau.

Quelle joie d'y être!"

Le ton est donné. Je peux enfin y croire et je ne me sens pas fatigué.

Premières impressions

La première moniale qui nous apparut fut Lorenza. Elle courut vers nous trois, pour nous accueillir. Je fus très ému de la revoir dans ses lieux de vie dont elle m'avait souvent parlé à Ermeton et que je n'avais jamais espéré découvrir un jour. Je restai quelques instants avec elle dans une cour intérieure de la clôture à l'abri du soleil. Le silence absolu et l'atmosphère monastique m'impressionnaient. On ne parlait pas. Lorenza rompit le silence "Vous ne pouvez plus désormais dire jamais. » Depuis ce moment, j'ai promis de supprimer ce mot de mon vocabulaire.

Quelques instants après, Sabino vint nous rejoindre pour peu de temps. Il fit la connaissance de Marie-Louise et de Jacques. Je lui dis tout mon bonheur d'être là. Sabino dut repartir rapidement. Il avait ce jour-là la responsabilité de la cuisine. On nous apporta le repas dans un clair local à l’hôtellerie. Il était à taille humaine. Lorenza resta près de nous. Elle nous apprit que la communauté l'avait déchargée d'une partie de ses tâches durant notre séjour,

-            pour nous faire découvrir tous les lieux, les usages et les rythmes du Monastère,

-            pour nous présenter à un maximum de moines et de moniales et revoir ceux et celles que je connaissais déjà,

-            pour être notre interprète et répondre à toutes nos questions.

Au fil des jours passés à Bose, j'ai ainsi pu faire la connaissance de nombreux frères et sœurs. J'ai eu la conviction - Marie-Louise et Jacques aussi - que nous étions attendus. Nous n'étions pas des visiteurs mais des hôtes vraiment accueillis. Tous ces contacts m'ont laissé un souvenir impérissable. Je n'avais pas imaginé un accueil si simple, si vrai, si discret, si spontané, si humble surtout. J'ai éprouvé le sentiment que je les connaissais tous de longue date, que nous n'étions pas étrangers l'un à l'autre. Lorenza avait eu la délicate attention, avant les tout premiers contacts, de m'offrir un petit carnet qu'elle dénomma "Bréviaire des petites choses, des personnes, des souvenirs heureux qui constellent vos journées" où elle nota les prénoms de tous les frères et sœurs rencontrés, le lieu de leur travail ou tel détail qui avait marqué notre rencontre. Je retrouve ainsi aujourd'hui encore à Ermeton, ces visages et ces cœurs amis. Cela aide à maintenir la communion. Nous avons pu visiter tous les lieux du monastère : le jardin (potager, fruitier, couches et serres), l'atelier de poterie, de menuiserie, les éditions, les ateliers d'icônes, la salle d'exposition des icônes, la bibliothèque, l'imprimerie, les divers locaux composant l'ensemble, l'église et les locaux en sous-sol.

Sabino me consacra beaucoup de temps aussi pour des partages, pour répondre à mes questions sur les livres du Père Varillon, sur les œuvres d'Isaac le Syrien déjà abordées à Ermeton. J'avais tout le temps pour formuler clairement mes questions, demander des éclairages supplémentaires. Cela se passait dans une écoute mutuelle et pacifiante, dans une authentique communion, ce furent pour moi des "heures royales". Sabino me fit entrer dans la clôture monastique. Je pus y découvrir notamment la première chapelle de départ, symbole encore vivant des commencements. Il fait bon y prier. Je revis en sa compagnie certains lieux de travail. Tout respirait la paix et la joie tranquille. Les fleurs étaient omniprésentes. Tout était remarquablement entretenu. J’avais l’impression d’être dans un autre temps, dans un autre monde. Et quelle présence !

Découverte des lieux

Comme j'ai été impressionné par les immenses espaces de verdure où se blottit le monastère ! Des prairies fraîches à longueur de vue, bien entretenues, sans clôture, sans fils barbelés, coupées de multiples chemins accueillants où aucun obstacle n'oblige à l'attention quand on les parcourt. Tout est recueilli. Les bâtiments ont respecté le style des villages du Piémont. Pas de trace de béton. Tout est harmonieux, rien d'écrasant, tout est à taille humaine. Tout est riant, simple, discret. On a l’impression que le monastère s’est installé là comme sur la pointe des pieds. Et, à l'horizon, un collier de montagnes aux cimes neigeuses. L'eau y coule en abondance, elle est potable et à portée de main. On respire un air absolument pur.

J'ai été frappé par les nombreux blocs de pierre, assez immenses, extraits du sol sur place et qui bordent tous les chemins. Ils donnent du poids à ces lieux. Un silence absolu règne, et des fleurs encore partout en ce temps d'automne. Sous peu, tout va entrer en sommeil. Tout rejaillira irrésistiblement au printemps. Tout cet environnement est en parfaite harmonie avec ce que l'on perçoit qui se vit en ces lieux. Rien d'agressif, rien de triomphal, rien de fastueux. Simplicité de la beauté première. Tout est mystérieusement inspiré. J’ai envie d’écrire que les lieux eux-mêmes sont pleins d’humilité.

Les meubles des locaux sont en bois, les sièges solides et confortables. Tout a été soigneusement conçu. On sent partout le travail bien fait, l’œuvre sacrée de l'artisan. La grande église aussi est sobre dans son style cistercien. Les vitraux éclatent dans la lumière mais ils n'écrasent pas. Tout est simple et beau, partout. J'ai été frappé près de l'église par deux blocs de pierres blanches où l'artiste a sculpté deux visages qui regardent vers le ciel et sont comme attirés par lui. Je les ai longuement contemplés chaque fois que je suis allé à l'église. Ils font penser à l'éternité. Nous ne regardons pas assez le ciel et pourtant il est toujours neuf.

J'ai aimé l'ensemble des cloches qui rythment toute la vie de ces lieux. Vie qui s'épanouit dans la beauté, l'effacement, le silence, la prière, le travail quotidien. Bose est aussi une vraie ruche mais sans qu’on aperçoive la moindre tension et toujours dans le silence.

Je répète souvent les mêmes mots parce qu’on découvre la même simplicité au fur et à mesure qu’on découvre les lieux. C’est irrésistible. Le même refrain remonte en moi. Cela relève du mystère. Le lieu est vraiment habité et je l'ai perçu lors de mes tout premiers contacts. Il faut se laisser prendre et immerger. J'ai été émerveillé et je ne trouve que de pauvres mots et je répète les mêmes pour faire partager ce que j'ai éprouvé. Mais il est bon de s'arrêter en pareils lieux et d’y dresser sa tente pour quelques jours, le cœur est tout plein d’étincelles.

Je n’oublierai jamais le saisissant spectacle, à la limite des terres du monastère, de l’église de San Secundo, sur fonds de montagnes toutes proches et couvertes de neige, sur la commune de Magnano, où se trouve, rappelons-le, ce qui fut le hameau de Bose autrefois avant l’exode de ses habitants vers la ville proche de Turin. Elle est le symbole de la nouvelle communauté de Bose. Cette église romane du 11e siècle avec son élégant campanile et ses deux absides, envahie par une végétation dévastatrice, fut restaurée de 1968 à 1970 par la communauté naissante. On ne peut s’empêcher de penser à François d’Assise réparant San Damiano et les églises en ruines des alentours.

(à suivre)

Albert Rahier

 

Quelques nouvelles de la communauté

 

Novembre 2006

Le 5, le Père Ignace Baise, de Maredsous, récemment ordonné, vient célébrer sa première messe au monastère. Il est accompagné par le Père abbé Nicolas.

Le 8, sœur Nicole va à Malonne rencontrer le comité de l’Union des Religieuses Contemplatives et leur parler du "comité de pilotage" dont elle fait partie. Celui-ci a été créé par le Centre Interdiocésain, à Bruxelles, pour aider les communautés religieuses dans la gestion de leur patrimoine.

Sœur Marie-André se rend au couvent franciscain du "Chant d’oiseaux" à Bruxelles pour participer à la session des "Assises pastorales européennes", organisée par "Les voies de l’Orient".

Des jeunes de Flone et de Jambes séjournent à l'accueil pour une retraite animée par sœur Élisabeth et sœur Marie-Paule.

Des membres de la chorale du Beffroi Notre-Dame de Namur viennent chanter au monastère (une fois par mois) avec les sœurs qui le souhaitent.

Le 9, sœur Marie-Élisabeth parle aux inspecteurs diocésains de religion de son « regard sur les enfants ».

Le 11, le doyen de Charleroi vient avec une trentaine de personnes de la paroisse de Charleroi (ville haute).

Le 18, réunion des oblats et de leurs responsables à l’abbaye La Paix Notre-Dame à Liège. Sœur Marie-François remplace sœur Bénédicte. Les conférences sont animées par le Père Jean-Daniel, de Maredsous, sur le thème de la "circularité".

Le 21, nous recevons Mgr Harpigny, évêque de Tournai. Il nous parle de la pastorale de son diocèse dont il est le centième évêque. Après l’eucharistie et le repas, il échange avec nous et affirme quelques convictions : "La liturgie est le paradigme de la catéchèse"; "nous sommes des évangélisateurs, non des animateurs"…

Le 22, accueil de six sœurs de confessions chrétiennes différentes, noyau porteur des sessions "Kaïre", rencontres œcuméniques de femmes engagées dans la vie de l'Église (voir Amandier n° 18).

Réunion de l’équipe liturgique de Biesmerée pour préparer Noël avec sœur Marie-Paule et l’Abbé Demaret.

Le 25, le Père Nicolas de Maredsous donne une journée de conférences sur le sujet : "Le moine et l’humilité".

Décembre

Le 1er, sœur Élisabeth participe à une session de cithare à Rixensart.

Le 2, un marché de Noël organisé à Anthée au profit de "Télévie", mobilise pendant deux jours nos amis autour de Luc Hendrickx pour vendre les produits réalisés dans nos ateliers. Répondant à la gentillesse des organisateurs, quelques sœurs y font une visite.

L’abbé Delcoigne passe une journée au monastère avec des membres de ses paroisses. Sœur Marie-Paule leur donne deux causeries.

Le 5, réunion de la fraternité Emmaüs.

Du 8 au 10, l’abbé Paul De Clerck accompagne un groupe de foyers pour le week-end.

Le 12, sœur Marie-Élisabeth participe à la réunion de l’Action Catholique Rurale Féminine, à Biesmerée. Elle y fait un commentaire de l'icône de la Nativité.

Le 13, réunion des membres du DIM (Dialogue Interreligieux Monastique) à Hurtebise. Sœur Marie-André y participe.

Du 15 au 17, session d’hébreu animée par le frère Étienne Demoulin, de Wavreumont.

Le 21, sœur Marie-Pierre Fosse participent au 70ième anniversaire de l’Institut Orientaliste à Louvain.

Le 23, première conférence du Père Xavier Dijon en préparation à la fête de Noël. Commentaire des premiers chapitres de l’épître aux Hébreux.

Le 24, deux conférences. Office des Vigiles à 22h.30, suivi de la messe de minuit. Tout le monde est invité à l’accueil.         

Le 25, Eucharistie à 10h.

Le 26, les sœurs qui le désirent regardent, en vidéo-cassette, le film "Le chameau qui pleure".

Le 29, causerie du Père Francis Hulsen, petit frère de l’Évangile, sur la Bolivie où il séjourne depuis trente ans.

Le 31, après l’office des vigiles et une homélie de Mère Loyse en ce dernier jour de l’an, nous nous retrouvons pour une veillée récréative dont le thème est "la musique". Chacune anime la soirée à sa façon. Puis, à la Vierge du cloître, bénédiction finale et chant à Marie.

Une année se termine, une autre va commencer. Bonne année à chacun !

Janvier 2007

Le 4, rencontre des maître(sse)s de novices à Malonne, sur l'usage de l’Internet . La réunion, animée par le Père Berleur s.j., est ouverte aux frères et aux sœurs plus spécialement concernés par le sujet. Mère Loyse et sœur Marie-Paule y participent.

Le 5, un souper est offert à nos proches amis qui ont travaillé pour nous au marché de Noël. Ambiance très conviviale et tirage des Rois comme il se doit !

Du 7 au 14, retraite communautaire. Les instructions sont données par l’Abbé Paul De Clerck.

Le 15, sœur Nicole participe, à Bruxelles, à une réunion de libraires et de diffuseurs de livres religieux.

Le 16, sœur Marie-Pierre Fosse participe, à Namur, à une réunion d’archivistes, organisée par l'Union des Religieuses de Belgique.

Le 17, promenade, pour les sœurs qui le souhaitent, avec quelques frères de Maredsous. La pluie était de la partie et pour réchauffer tout le monde, partage de délicieuses tartes, à l’accueil.

Le 19, sœur Marie-Cécile et sœur Marie-Pierre Fosse vont aux funérailles de sœur Marie-Jérôme, à Béthanie (Loppem).

Le 24, les internes du collège Saint Benoît qui séjournent au monastère offrent à la communauté le souper confectionné par leurs soins.

Le 25, réunion de la fraternité Cana.

Le 26, réunion pour les supérieures bénédictines à Liège, à la Paix Notre-Dame, sur le thème de l’autorité. Mère Loyse et Mère Marie-Cécile y participent.

Session de cithare pour sœur Élisabeth.

Arrivée d’un groupe ADIC (Association chrétienne des dirigeants et des cadres) pour une retraite animée par le Père Herr s.j..

Le 27, Mère Loyse donne une conférence sur les Prophètes au groupe ADIC.

Le 30, réunion de la fraternité Emmaüs.

Sœur Nicole va à Clerlande pour une réunion de libraires monastiques.

Départ de Mère Loyse pour trois semaines de repos, à Bose et à Fribourg (Suisse).

Février

Le 1er, sœur Marie-Pierre Fosse assiste à la séance académique organisée à l’occasion de la promotion des nouveaux docteurs "Honoris Causa" à Louvain-la-Neuve.

Le 4, sœur Nicole se rend à Paris pour les assemblées générales de "Théophile" et de "Monastic".

Le 7, sœur Marie-Christine se rend à la Paix Notre-Dame pour la journée de formation des chantres.

Du 9 au 11, session animée par sœur Marie-Paule à l'hôtellerie : "L'initiation à  la Liturgie des Heures".

Le 10, fête de sainte Scholastique. Dans l'après-midi, projection du Film "Le grand silence" sur la vie des Chartreux. Quelques moines de Maredsous se joignent à nous.

Le 12 et le 13, deux groupes d'une quarantaine d'enfants du collège Saint-Louis de Liège se succèdent pour découvrir le monastère. Réponses à leurs questions, visite des ateliers et de la chapelle, prière de midi avec la communauté… Ils sont pris en charge par un groupe de sœurs qui se répartissent les diverses activités.

Le 15, nous apprenons le décès de Stella Soyeur, sœur de sœur André qui séjournait à la maison de repos du Balloir à Liège.

Le 17, accueil de deux groupes de foyers pour le week-end. L'un est animé par l'abbé Scolas, l'autre par sœur Élisabeth.

Le 18, monsieur l'abbé Scolas rencontre la communauté après les vêpres.

Le 19, funérailles de la sœur de sœur André. Sœur Marie-François, sœur Bénédicte et sœur Marie-David y accompagnent sœur André. Célébration simple et très priante animée par l'aumônier du Balloir assisté de l'abbé Klinkenberg qui a été très proche de Stella. Plusieurs personnes expriment leur peine de voir partir une amie qui leur laisse le meilleur souvenir.  Nous nous rendons ensuite au cimetière de Sainte-Walburge où Stella repose auprès de ses parents.

Le 20, retour de sœur Loyse.

Le 27, nous accueillons sœur Marie-Paule, Bernardine de Peruwelz, et deux sœurs Congolaises de Goma. Ces deux dernières sont inscrites à l'ITIM.
Le 28, répétition avec la chorale du Beffroi Notre-Dame.

Sœur Marie-François

 

La lampe et le lampadaire

 

"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire pour qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison" (Mt 5,15).

Sous la rubrique "La lampe et le lampadaire", l'Amandier informe les Amis d'Ermeton sur l'avancée du projet de restauration des locaux de l'accueil et les nécessités qui s'y attachent.

 

Grâce à un hiver exceptionnellement clément, les travaux du chantier de la ferme se sont poursuivis, depuis décembre, presque sans interruption.

Dans ce qui était la grange et l'étable, les deux niveaux de chambres n'attendent plus que la toiture dont la pose est prévue pour avril. L'ancien corps de logis est "vidé"; il n'en reste pour l'instant que les murs porteurs. Les fenêtres et l'escalier de secours de la partie magasin ont été posés.

Le ruisseau coule maintenant dans son nouveau lit. Il chante à quelques mètres du corps de logis, formant une jolie cascade.

Après une étude minutieuse, option a été prise pour une installation de chauffage combinant le bois et l'énergie solaire. Le plan de l'installation électrique est en cours. Parallèlement, nous poursuivons la réflexion en ce qui concerne l'aménagement intérieur du futur magasin.

De nombreux amis continuent à s'intéresser à nos projets et à les soutenir concrètement. Un groupe de jeunes musiciens, formé autour d'un professeur de violoncelle habitant la commune de Mettet, s'est proposé d'offrir un concert au bénéfice de nos travaux, le dimanche 15 avril 2007 à 16h, dans la chapelle du monastère. Tous nos amis y seront cordialement bienvenus (voir invitation ci-jointe).

Petit pas par petit pas, comme les tortues, notre projet se concrétise. S'il mobilise beaucoup d'énergie, il nous stimule aussi dans l'espérance et, surtout, il renforce jour après jour les liens qui nous unissent à tous nos amis. Ces lignes nous donnent, une fois de plus, l'occasion d'exprimer à tous un chaleureux merci.

 

Comptes bancaires

DEXIA : 776-5976771-19 (IBAN : BE39 7765 9767 7119 BIC : GKCCBEBB)

 

Pour la France :

Société Générale Givet : 0003729001810 (IBAN : FR76 30003 00581 00037290018 10),

(BIC–ADRESSE SWIFT : SOGEFRPP)

avec la mention "la lampe et le lampadaire"

 

 

Sur les pas de saint Benoît…

 

Toujours dans le prolongement de la session intitulée "La Règle sur le terrain" (voir Amandier, n° 17 et 20), sœur Marie-Christine partage sa découverte de la ville où naquit saint Benoît.

 

En route pour Nursie

Sortant de la vallée couverte de forêts et de rochers dissimulant des grottes, nous arrivons devant la petite ville fortifiée de Nursie. C’est impressionnant de se trouver sur le lieu d’origine de notre fondateur. N’est-il pas appelé saint Benoît de Nursie ?

Que savons-nous de cette région à l’époque de saint Benoît ?

D’après la tradition orale, la mère de saint Benoît habitait Nursie et son père, qui était un officiel militaire à Rome, y fut envoyé pour régler une situation politique difficile.

L’enfance et l’adolescence de Benoît font comprendre son choix de vie.

Il naît d'une famille libre, dans un coin de la Valérie, la région de Nursie située à 130 km au Nord de Rome.

Dans cette région, à cette époque, vivent des gens austères, des montagnards. Beaucoup ont quitté Rome, ville pillée, pour se réfugier à Nursie, dans la chaîne des Apennins, à l’écart de la voie romaine. Les constructions de la ville sont faites de pierres blanchies à la chaux, les fenêtres sont étroites et rares pour se protéger du vent, les portes basses. On ignore la date de l’évangélisation de cette région mais quelques rares documents, dont deux lettres du pape Grégoire, font mention du siège épiscopal de Nursie, vacant en 503.

La famille de Benoît est issue de la haute bourgeoisie; une nourrice est attachée à l’enfant dès sa naissance et jouera un rôle important dans sa première éducation. Jeune garçon, il reçoit chez lui ses premières connaissances intellectuelles, ses parents engagent un « gramaticus » qui lui apprend à écrire, à lire, à découvrir les arts… Benoît deviendra un jeune homme cultivé. Il est présenté, conformément à son nom, comme béni de Dieu et celui qui bénit, qui dit du bien. Dès son enfance, il veut répondre à Dieu.

Nous pénétrons à pied et sillonnons des ruelles étroites jusqu’à la basilique Saint-Benoît. Cet édifice est bâti sur la maison natale de saint Benoît ou sur une maison, une « basilique » pré-chrétienne. La famille résida dans la maison située à côté de cette basilique où seraient nés Benoît et Scholastique.

La façade du bâtiment est du 13ème siècle tandis que l’essentiel de l’aménagement intérieur est du 17ème. La crypte où nous avons célébré l’eucharistie comporte des éléments plus anciens notamment des piliers carrés du 1er siècle après Jésus-Christ et des fresques représentant l’annonciation et la nativité datant du 14ème siècle.

Le monastère actuel, attenant à cette basilique est occupé par des moines américains d’une congrégation suisse ! Oui, la « famille » bénédictine est vaste et diversifiée !

Nous refranchissons ensuite les murs de la ville pour nous rendre un peu plus loin, juste à côté du cimetière actuel. Là, le monastère Sainte-Scholastique est dans un triste état de délabrement mais ne manque pas d’intérêt. Est-ce la maison natale de saint Benoît ? (les avis divergent) ou/et est-ce le premier monastère bénédictin féminin ? Ce qui semble assez sûr, c’est que ce fut un lieu de pèlerinage dès le 8ème siècle.

Les murs laissent apparaître deux couches de fresques qui se superposent. La première relate la vie de sainte Scholastique et date du 14ème siècle. La seconde retrace la vie de saint Benoît d’après les Dialogues de saint Grégoire et date du siècle suivant. Aujourd’hui, le hasard a dégagé et mis face à face le frère et la sœur qui ont l’air de converser.

Nous restons un bon moment à scruter tous les détails dans ce lieu très parlant.

(à suivre)

Sœur Marie-Christine

 

Page des jeunes

 

Un mysmo sur Élie et les prophètes ! Cela tombe bien après la dernière journée biblique !

Chaque mysmo de cette page est un jeu combinant les lettres différentes d'un nom de prophète ou d'un mot présent dans "cycle d'Élie" (1 R 12, 1 – 22 ; 2 R 1 – 17). Chacune de ces lettres ne doit figurer qu'une fois dans chaque colonne, dans chaque ligne et dans chaque carré ou rectangle de cases. A l'aide des lettres déjà posées, retrouvez, dans la partie grisée de chaque grille, un mot important. (jeu extrait de la revue Ta Biblia,n°57, mars 2007)

 

 

 

 

 

O

S

 

 

 

 

M

O

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A

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M

 

 

 

S

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E

 

 

 

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I

A

 

N

E

 

T

 

M

H

 

 

 

T

E

 

U

S

E

 

 

 

M

A

I

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ajoutant la voyelle A

aux trois lettres O, M, S déjà posées.

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


M

L

R

C

 

L

 

 

 

 

C

A 

 

 

 

 

M

 

E

C

A

L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Avec les lettres A, E, H, I, M, N, S, T, et U

Zone de Texte: Avec les lettres A, C, E, L, M et R

 

 


 

Contenu

Monter vers Pâques

Sœur Loyse

2 – 4

Tresser des paniers… Comme les moines des 1ers siècles

Sœur Betsy

5 – 7

Découvrir Bose

Albert Rahier

7 – 12

Nouvelles de la communauté

Sœur Marie-François

13 – 16

La lampe et le lampadaire

 

16 – 17

Sur les pas de Saint Benoît

Sœur Marie-Christine

17 – 19

Page des Jeunes

 

19

Calendrier

 

20

Calendrier

Mars

19

Récollection Lectio Divina

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

 

23 - 25

Retraite pour tous

Sr Hildegard Geerinck, Ermeton

Avril

5 - 8

Célébrations de Pâques

Abbé André Haquin

 

11 - 13

Apocalypse – Session pour jeunes

Sr Marie-Paule Somville, Ermeton

 

13 - 15

Retraite en allemand

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

Mai

7

Récollection – Lectio Divina

Sr Birgitta Drobig, Ermeton

28 Mai - 1er Juin

Jean Cassien

Mme Françoise Morard

Juin

2

Amos

Sr Loyse Morard, Ermeton

Juillet

3 – 7

Hébreu biblique

Fr. Étienne Demoulin, Wavreumont

 

9 - 13

Grec biblique

Abbé Robert Henrotte

 

16 - 23

Retraite en silence pour tous

Père Jacques de l’Arbre, s.j.

30 Juillet -  3 Août

Camp prière et travail

Quelques sœurs d’Ermeton

Août

6 – 10

Traditions juives et Nouveau testament

Père Claude Tassin

 

11 - 15

Retraite en néerlandais

Sr Hildegard Geerinck, Ermeton

 

19 - 24

Session « L’année liturgique »

Abbé Paul De Clerck